Notes ou smileys ?

L’éternel retour du même

Régulièrement, on a l’impression que l’on invente, alors qu’en fait, on recycle. Et c’est l’effet que me fait la vague de fond actuelle qui vise à substituer à la célèbre note de devoir en classe, l’évaluation par compétences. Finis les « plombs » ou les « 20 sur 20 ». À la place, il y aura un smiley plus ou moins souriant en face des exigences que sont la recherche, la représentation, la communication… et d’autres.

notes-smileys

De nos jours encore, les notes fascinent et il est amusant de voir les savants calculs d’élèves pour savoir combien ils doivent avoir au contrôle suivant pour avoir telle ou telle moyenne, qu’ils ont promis à leurs parents en échange de ce nouveau smartphone à Noël.  Pour autant, l’argument qui consiste à dire que la note encourage ceux qui sont déjà bons et freine les autres est parfaitement recevable. De façon plus générale, l’éducation n’est pas une compétition et chaque élève devrait disposer de son propre temps. Ce ne serait plus aux programmes de scander le temps, mais aux élèves de découper les apprentissages en fonction de leurs aptitudes. Le risque étant, au-delà de la difficile mise en place de tels enseignements d’un point de vue logistique, que sur une scolarité de quinze ans, les disparités soient phénoménales.

50 nuances d’acquisition

Pour autant, soyons ouverts et essayons de faire disparaître la note. À mes yeux, ces notes d’antan, c’est presque notre culture. Il n’est pas rare dans un repas de famille, lors d’une « séquence émotion », comme disent les jeunes, de se rappeler collectivement de ce professeur de français austère qui notait sévèrement, ou encore de ce professeur de dessin, plus fantaisiste, qui valorisait nos gribouillages, comme s’il ne voulait pas passer à côté du futur Picasso. Ces notes ont rythmé nos vies, mais ça, il semble que c’était avant. Aujourd’hui la tendance est aux couleurs de l’arc en ciel, que l’on peut affiner en vingt nuances en fonction des teintes, pour traduire le niveau d’acquisition de l’enfant : non, je blague pour les vingt nuances… Un vert clair traduirait un 18/20 quand un rouge vif pointerait un 03/20. On le voit, changer de thermomètre ne fait pas baisser la température. Mais, s’il faut en passer par là pour faciliter les apprentissages, ce serait dommage de s’en priver. Qui sait, une autre culture se mettra en place et les futurs repas de famille ne tarderont pas à s’approprier ces nouveaux supports. L’écueil pouvant être, si on en juge par les réactions de certains parents du primaire qui reçoivent ces bulletins par compétences depuis déjà quelques années, de considérer, parce que leur enfant a du vert partout, qu’il est génial et qu’à ce titre ce serait bien qu’il saute une classe alors même que la couleur verte est là pour traduire une acquisition et rien d’autre. Il faudra suivre les évolutions et espérer que les notes négatives de nos grands-parents en grec ne deviennent pas des notes ultra-violettes.

Dans tous les cas, on devine que l’on n’échappe pas à l’évaluation, en couleur ou chiffrée.

 

Une chronique d’Octave

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