La politique éducative selon Tchoupi (épisode 1)

Un regard neuf sur l’école

À l’heure où se dessinent les grands lignes de la réforme qu’engagera notre Ministre de l’Éducation Nationale, je vous propose d’aller plus loin et de porter un regard neuf sur l’école.

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Pour moi, tout a commencé cet été alors que ma plus jeune fille, en manque de son école, m’a réclamé de regarder des épisodes de Tchoupi à l’école. Je me suis assise à côté d’elle devant l’ordinateur et alors que le premier épisode commençait je me suis désintéressée de ce que je pensais être un simple dessin animé.

Mais mon attention a été captivée à l’insu de mon plein gré et j’ai progressivement réalisé que sous couvert d’une fiction destinée aux plus jeunes, Tchoupi était en réalité rien de moins qu’un manifeste engagé et visionnaire sur le système éducatif, une véritable œuvre de vulgarisation d’un génie de la pédagogie

Ayant eu la chance de regarder six vidéos, je ne pouvais pas ne pas partager avec vous les propositions tchoupesques qui ont révolutionné ma façon de voir les choses.

Les effectifs

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Vous avez là une photo représentant l’enseignante (Sybille de son petit nom) et sa classe. Oui sa classe entière. Et non, je vous vois venir, aucune gastro n’avait sévi ce jour-là qui expliquerait ces effectifs. Il y a bien… attendez, je vais compter ça va aller vite : 1… 2… 3… 4… 5… 6… 7… 8 élèves. Oui, c’est bien ça : HUIT élèves.

Autant dire qu’avec ces effectifs de classe, les scandinaves peuvent aller se rhabiller : Tchoupi leur nique leur race fait une belle démonstration de ce que peut être une classe à taille humaine.

 

La visite d’inspection

Dans l’épisode « De petits anges », nous découvrons que derrière son visage mi-pingouin/mi-taupe, Sybille est parfaitement humaine : devant ses élèves agités (enfin « agités » c’est relatif hein, personnellement quand mes élèves sont agités on est sur un autre level d’agitationnage) et se sachant inspectée le lendemain, elle laisse échapper dans un soupir (je cite) « Oh… j’espère que demain sous serez moins excités avec l’inspecteur » et leur explique ensuite que « c’est un monsieur qui vient contrôler [son] travail ».

Après une ellipse temporelle, nous retrouvons donc le lendemain matin les huit élèves (huit élèves, putain, je n’m’en remets toujours pas) de la classe de Tchoupi le matin de l’inspection. Il se mettent en rang avec un silence et une rigueur à faire pâlir d’envie le commandement général de l’armée nord-coréenne et c’est en chœur qu’ils disent « Bonjour Monsieur l’Inspecteuuuuuur » quand celui-ci arrive.

Malgré toute leur bonne volonté d’être sages, tétanisés par la présence de l’inspecteur, ils foutent littéralement par terre la séance de Sybille sur « les châteaux » (séance dont, soit dit en passant, je demande à voir la fiche de prep car elle me semble un peu légère quand même m’enfin bon passons…) mais heureusement l’inspecteur intervient à deux reprises pour aider Sybille (c’est vrai que c’est pas facile de faire classe avec huit élèves…) à s’en sortir et sa visite se termine donc super positivement pour Sybille.

Une fois l’inspecteur parti (sans le moindre entretien entre Sybille et lui), l’enseignante annonce alors aux élèves que « pour se détendre, on va faire une récréation surprise » (je ne sais pas à quelle compétence des programmes elle rattache cette « «récréation surprise » dans son cahier-journal mais passons là encore…) sauf que l’inspecteur revient à l’improviste car il a oublié sa sacoche (pauvre homme victime d’une évidente surcharge cognitive).

On aurait pu imaginer que le scénario de l’épisode devienne alors un peu plus sombre pour le rapport d’inspection de Sybille mais que nenni : avec son imperturbable sourire il approuve d’un « Continuez de jouer les enfants ; jouer, c’est aussi important que de travailler » et là-dessus sort de l’école en faisant un petit entrechat que je vous ai immortalisé ci-dessous car je vois bien que vous ne me croyez pas quand je vous raconte ça.

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Je ne dis pas que je n’aimerais pas voir ça dans la vraie vie, hein, au contraire, je dis JUSTE que je n’ai jamais entendu de collègue raconter qu’à la fin de son inspection l’IEN soit parti sur un entrechat. Mais bon, ça doit être parce que je suis toute nouvelle dans l’Éducation Nationale…

 

(À suivre dans le monde merveilleux de Tchoupi : les remplacements, le PPMS et la décharge du directeur)

 

Une chronique de Sophie Pouille

Commentaires

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8 Comments

  1. Marie-Laure 23 septembre 2017
  2. haliimyn 23 septembre 2017
  3. Littérature enfantine 22 septembre 2017
    • Sophie Pouille 28 septembre 2017
  4. Rayus 22 septembre 2017

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Vous n'êtes pas un bot hein ? *