La politique éducative selon Tchoupi (épisode 2)

L’ATSEM, la remplaçante et le directeur

Si vous avez manqué l’épisode précédent :

  • Dans l’école de Tchoupi, les classes ont huit (HUIT !!!) élèves.
  • Dans l’école de Tchoupi, les IEN font des entrechats à la fin de leur inspection.

 

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La semaine dernière, j’exposais ici combien le système éducatif tchoupien pouvait surprendre et envoyer du rêve comparé à la réalité quotidienne de l’école. Aujourd’hui, je voudrais vous montrer à quel point la pensée tchoupignolesque propose un modèle éducatif complet en revenant pour commencer sur la structure de l’école de Tchoupi.

Dans l’école de Tchoupi il y a donc UNE classe. Pourquoi pas : après tout, même si elles se font rares, les écoles à classe unique existent également dans notre système éducatif.

Même si dans l’Éducation nationale, le moindre élève en moins fait planer le risque d’une fermeture de classe et que là, ouakatépé, il y a 8 élèves (HUIT ELEVES NOMDIDIOU !!!) mais tout va bien, ça ne semble pas déranger l’Inspection tchoupadémique.

Ça aurait pourtant de la gueule un épisode « Tchoupi et le comptage des élèves le jour de la rentrée »… Si vous voyez passer cet épisode un jour, faites-moi signe, je VEUX voir la tête du DASEN chez Tchoupi !

L’ATSEM

Breeeef. Dans l’école il y a une classe donc. Et pour accueillir dans de bonnes conditions les huit élèves de cette classe (je vous avais déjà dit qu’ils n’étaient que huit ???), évidemment Sybille n’est pas seule : elle est secondée par une ATSEM que l’on voit ci-dessous au premier plan.

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J’aimerais juste si vous le permettez faire un petit coucou à l’ATSEM avec qui je travaillais l’an dernier quand j’étais en maternelle.

Enfin sauf quand elle était dans la classe de ma collègue avec qui nous mutualisions sa présence.

Et sauf quand elle était mise dans une autre classe pour pallier en urgence à un arrêt-maladie d’une de ses collègues.

Et sauf quand elle était en réunion, ou en formation ou… Mais je m’égare. Sybille a une ATSEM, tant mieux pour elle et surtout tant mieux pour ses élèves. 

Les remplacements

J’aimerais aussi revenir sur un point important de l’organisation tchoupiquienne, que l’on peut résumer avec cette phrase mythique prononcée dans l’épisode « L’autre maîtresse » :

« Votre maîtresse a un gros rhume alors je la remplace » (Émilie)

Stoooooooop. Pardon ? Sybille a « un gros rhume » ? Et du coup est arrêtée ? Et remplacée en plus ? Et dès le premier jour ?

Là, j’avoue que je ne peux pas m’empêcher de penser à toutes les fois où j’ai fait classe avec le nez qui coule, mal au crâne, de la fièvre et mes défenses immunitaires en coton et je me dis que visiblement on n’a pas les mêmes conditions de travail avec Sybille.

À tous les coups en plus, je parie l’intégralité de mes stocks de kleenexs que dans l’Éducation tchoupignale, les enseignants en arrêt-maladie, même pour « un gros rhume », n’ont pas de jour de carence. Décidément tout a l’air teeeeeellement easy au pays merveilleux de Tchoupi…

Bref, je disais donc que Sybille étant coincée chez elle avec ses mouchoirs, c’est Émilie qui reprend la classe et ce sans discontinuité pour les apprentissages scolaires de Tchoupi et ses bestahs, ce qui va éviter au directeur de devoir répondre aux parents inquiets sur ce point ; on voit d’ailleurs bien le soulagement dans ses yeux à ce moment précis de l’épisode :

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Point non négligeable : chez Tchoupi, évidemment, aucun risque de tomber sur un remplaçant recruté contractuellement et à l’arrache et sans expérience ou sur un ZIL appelé en urgence par la secrétaire de la circonscription le matin même.

Émilie, la remplaçante de Sybille, n’est que sérénité et connaît parfaitement son métier. J’en veux pour preuve ultime qu’elle ne prend même pas la peine de regarder si Sybille a laissé un cahier-journal à son attention : elle a suffisamment d’expérience pour savoir que la probabilité est infime.

Et bien entendu, chez Tchoupi, quand t’es enseignante et que t’as fini une journée de remplacement avec des élèves qui se sont ouvertement foutu de ta gueule (parce que c’est le cas dans cet épisode), tu n’as rien d’autre à faire que de leur faire une démonstration de jongle avec un ballon de foot.

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Bref, Émilie elle est posey…

La décharge du directeur

Pour en revenir au directeur – mais appelons-le François car tel est son prénom– : en voilà un qui a tiré le gros lot au mouvement !

Parce que bon, si on résume, dans l’école qu’il dirige : il y a huit élèves, il y a une classe, il y a une enseignante et une ATSEM, l’enseignante est remplacée quand elle a le nez qui coule… Mais lui, évidemment, il est déchargé à temps plein. Normal. La base, quoi !

Autant dire qu’il doit être attendu au tournant par son IEN sur le niveau de pilotage pédagogique, la qualité de ses relations avec les parents d’élèves et qu’il a intérêt à ne pas être en retard ses constats d’effectifs (surtout avec huit élèves…) !

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Bref, chez Tchoupi, quand tu es directeur d’école, tu peux papoter tranquillou bilou dans la cour de récréation (même si probablement qu’après il ira s’atteler à la lourde tâche de mettre à jour les dossiers des HUIT élèves de l’école dans ONDE, voire qu’il aura même le temps de rédiger un pur projet d’école).

 

(À suivre dans le prochain épisode : les fiches de prep de Sybille)

Une chronique de Sophie Pouille

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