Écrire… oui, mais pour quoi faire ?

Du concret !

Quand j’étais stagiaire, j’ai mis du temps à me rendre compte que mes élèves voyaient les séances d’expression écrite comme une torture… Moi-même ayant toujours été une bonne élève, les séances de rédaction étaient alors pour moi le paradis : une heure pour écrire un texte, sans avoir rien à réviser ! Bien plus reposant que n’importe quel autre contrôle !

ecrire-concret

 

Mais j’ai dû me rendre rapidement à l’évidence : mes élèves détestaient écrire. Et, finalement, je peux les comprendre… Car, foncièrement, à quoi ça sert de faire des rédactions dans la vraie vie ? De répondre à un sujet d’invention par une belle description ? Un joli dialogue ?

Alors voilà, je vais vous parler aujourd’hui de mes rédactions « utiles ». Tout d’abord, définissons ce qu’est un travail d’écriture « utile ». Déjà, il faut qu’il soit « utile » du point de vue de mes élèves : il nous faut donc du concret. Il s’agit donc de créer des situations d’écriture que nos élèves pourront retrouver dans la « vraie vie », et qui leur sont ou leur deviendront familières : petites annonces, lettre, agenda, top 10, formulaire de demande d’emploi…  Concrètement, voici quelques situations d’écriture que j’ai testées et approuvées avec mes élèves :

  • en classe de 4e, lors d’une séquence sur le roman réaliste : faire rédiger le CV de Denise Baudu, personnage du roman Au Bonheur des Dames de Zola, afin qu’elle décroche un travail dans le magasin éponyme ;
  • toujours en 4e, faire écrire à la maman de David Copperfield une lettre de plainte contre le directeur du pensionnat qui a infligé un châtiment honteux à son fils (la fameuse pancarte « attention, il mord » !) ;
  • en 5e : écrire une lettre à l’illustrateur de la couverture du roman Le Tour du monde en 80 jours. En effet, mes élèves trouvaient que l’illustrateur avait pris un peu trop de liberté (!) dans sa représentation des personnages, j’ai donc rebondi sur cette remarque et leur ai proposé d’écrire directement à l’illustrateur (qui nous a répondu !).

Vous pouvez bien évidemment demander à vos élèves de réaliser leurs travaux d’écriture sur un logiciel de traitement de texte, ce qui rendra l’exercice encore plus concret : les lettres de motivations à écrire à la main se font rares de nos jours…

Textes multi-genres

Enfin, si vous souhaitez aller plus loin, vous pouvez même vous lancer dans l’écriture « multi-genres ». Le principe ? Demander à vos élèves de rédiger plusieurs textes de genres très différents, autour d’un même thème. Si cela vous intéresse, je vous recommande cette présentation qui explique bien l’idée et donne un exemple très précis à partir du cycle Le Combat ordinaire, bande dessinée de Manu Larcenet. Personnellement, je n’ai pas encore eu l’occasion de tester, mais je vais sûrement me lancer là-dedans cette année.

Voici la liste (non exhaustive) des genres de textes que vous pouvez faire avec vos élèves qui est donnée à la fin de la présentation mentionnée ci-dessus.

genres-écrits

Comme vous pouvez le constater, j’ai encore plein de choses à tester ! Et avant de conclure, je rassure mes collègues de français : mes élèves font aussi des rédactions plus « classiques », notamment dans l’optique de les préparer à l’écriture d’invention du brevet. Mais ça, cela fera l’objet d’un autre article ! Et vous, quels sont vos secrets pour faire écrire vos élèves ?

Une chronique de Cécile Thivolle-Gonnet

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