P.E.A.C…e and LOVE !

Organiser un projet artistique et culturel

PEAC… un nouveau slogan à l’arrière-goût révolutionnaire de mai 68 ? Non, pas vraiment…

Un nouvel acronyme qui désigne le : Parcours d’Éducation Artistique et Culturelle de l’élève de l’école au lycée. Un nouveau regard, un nouvel élan, un regain d’ouverture d’esprit au patrimoine culturel et artistique de notre beau pays ? Bref, une nouvelle façon d’aborder l’enseignement des fameux préhistoriques « arts plastiques » devenus ensuite « arts visuels » avant de revenir à leur consonance de jeunesse.

PEAC

Certains enseignants disent qu’ils le font déjà, d’autres s’exclament « qu’est ce que c’est que ça encore ? », d’autres trouvent l’idée délicieuse tandis que certains ragent face aux nouveaux documents écrits qu’il va falloir créer et que cela implique… La réaction épidermique ou pédagogique que le PEAC 2017 provoque mérite qu’on y regarde un peu de plus près.

D’un œil OFFICIEL :

« De l’école au lycée, le parcours d’éducation artistique et culturelle a pour ambition de favoriser l’égal accès de tous les élèves à l’art à travers l’acquisition d’une culture artistique personnelle. Rendu obligatoire par la loi d’orientation et de programmation pour la refondation de l’école de la République du 8 juillet 2013, il fait l’objet d’une circulaire interministérielle, publiée le 9 mai 2013, qui en précise les principes et les modalités, et d’un arrêté du 7 juillet 2015 qui fixe les objectifs de formation et les repères de progression à la mise en œuvre de ce parcours. »

D’un œil PERSONNEL :

Il s’agit donc d’amener l’art et la culture près des élèves par une dimension spatiale plus élargie.

Ne plus vivre sa peinture, son dessin, sa création dans le cadre clos de sa petite classe.

Ne plus se limiter à sa petite BCD d’école et au spectacle de fin d’année…

Ce PEAC, nous invite et nous incite donc à sortir de l’école : je love !!

D’un œil PRATIQUE :

Comment faire ? Comment sortir de ma classe vers l’Art, vers la culture ?

Pour trouver une réponse, je décide d’ouvrir la porte de la grille de l’école dans laquelle je me trouve : j’avance de quelques pas espérant aussitôt trouver une réponse à cette question…

Devant moi : des pâtures et des champs, le cimetière désert, une rue pavée… un chien errant qui me regarde l’air curieux et interrogateur. Peu nombreux sont les promeneurs en ce jour de grand vent. C’est un vent de folie d’ailleurs qui me pousse à explorer les fins fonds de mon petit village de campagne à la recherche de PEAC nouveau.

Soit, je continue, je souffle, je lutte contre le temps et les idées noires qui traversent mon esprit puis, j’avoue, je désespère… J’accélère le pas, tout comme mon pouls accélère son rythme… Il me faut trouver ce fameux PEAC pour cette année… Je n’en ai déjà pas fait l’année dernière… L’heure est grave… Je sens la menace d’une inspection, l’obligation d’une formation, je sens tomber le bilan lourd d’un « non acquis », je sens la pluie qui commence à tomber… comme l’espoir de trouver l’idée du siècle.

Au détour de la rue, la boulangerie…

Je répète dans ma tête PEAC… P-E-A-C… Culture ? Oui, pourquoi pas !? Par la fabrication du pain ?

Non, ça c’est plutôt du « questionner le monde »… et 29 élèves… autour du four…

C’est juste un PEAC… PEAC… P-E-A-C … Que de temps et d’énergie il faut encore dépenser, en faut-il autant que cela d’ailleurs pour parler d’art et de culture ? Faut-il se résigner à dépenser… pour voir de l’art ou approcher la culture ? Payer le transport ? Le musée ?…

Je continue ma route et décide de mettre fin à ma recherche et de faire demi-tour au petit panneau que j’aperçois là-bas.

Non loin de la boulangerie, ce petit panneau publicitaire local annonce, comme une délivrance soudaine :

Concours photo 2017 : jeux de lumières

Ça y est, je tiens mon A de mon PEAC !!

MISE EN PLACE de mon 1e PEAC

Idée : faire participer chaque enfant en tant qu’« artiste exposant » au concours photo du village.

Création du lien social : contact pris avec un des membres du Comité des Fêtes du village qui me donne l’accord pour ce PEAC.

Présentation à la classe : à partir de l’affiche aperçue lors de nos déplacements jusqu’à la salle de sport, puis projetée en classe, mise en motivation (facile !) pour devenir « artistes exposants photographes ».

Préparation :

Avant la prise des photos, préparation lors des séances d’arts plastiques :

    • recherche des objets qui produisent de la lumière et de ceux qui réfléchissent la lumière,
    • établissement d’un listing
    • apport de matériel par chaque élève (implication des parents en « bonus »)
    • quant au choix du lieu pour réaliser les photographies sur le thème « jeux de lumières »… une idée lumineuse a mûri en route car, en plus de permettre de jouer avec les contrastes de lumière, elle donnera du sens au C (Culture) de mon PEAC : l’église du village servira de studio photo
    • composition de son tableau de lumière : choix d’un objet lumineux et d’un objet qui réfléchit, choix du « décor culturel » (le chœur, la chaire, la chapelle, le confessionnal…).

 

Action :

Le jour J :

  • déplacement jusqu’au lieu de photographie avec des parents accompagnateurs équipés d’appareils photo et de trépieds
  • visite de l’église (après un rappel des règles de respect)
  • préparation de son décor
  • prise d’une photographie par l’élève

Finition, disposition :

    • préparation d’un décor sur papier noir autour de sa photo
    • mise en sous-verre dans la salle d’exposition par les élèves avec l’aide des membres du comité des fêtes du village
    • accrochage de la photo expo sur des supports par les élèves

 

Invitation :

Comme pour toute exposition, les petits élèves artistes se sont ensuite appliqués à préparer un courrier d’invitation à leurs parents.

Lesquels se sont mobilisés en partie pour aller voir l’œuvre artistique de leur progéniture… ImPEACble ! Heu impeccable !

 

Un moment artistique donc sous découverte culturelle d’un lieu inédit, finalement…

 

c’est plutôt agréable les PEAC…e

and… LOVE !

 

 

 

 

 

 

Une chronique de Claire Maurage

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One Response

  1. Patrick 20 janvier 2018

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Vous n'êtes pas un bot hein ? *