La triste fin des contrôles de lecture

Mon obsession : faire lire mes élèves

Comme vous le savez, faire lire mes élèves est un sujet qui me passionne. À tel point que j’achète des étagères sur mes deniers personnels et que je lègue de précieuses minutes de cours à mes collègues documentalistes pour qu’ils vantent les mérites de tel ou tel livre ! Bref, j’adore faire lire mes élèves. Parfois je n’y arrive pas… mais parfois j’y parviens trop bien !

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Et, des fois, oh oui, je l’avoue, quelle audace, je demande à mes élèves de lire le même livre. Car, oui, quand même un programme à respecter… Et puis je peux vous le confier à vous : mes élèves ne liront pas Au Bonheur des Dames de Zola sans que je les y pousse un peu ! Et qui dit lecture obligatoire dit…

Évaluation de lecture ?

Pfffff. Je vous vois déjà soupirer derrière votre bureau, votre stylo rouge tout mâchonné au coin des lèvres, en train de lire la 27e copie qui vous recrache un résumé trouvé la veille sur Internet. Déprimant, n’est-ce pas ? C’est pourquoi je vous propose de… ruser ! Voilà pour vous, en exclusivité, le produit miracle :

Les rédactions de lecture !

Quésako ? Eh bien je viens d’inventer le titre, je l’avoue. Mais il explique très bien l’idée : transformer l’insipide et traditionnel contrôle de lecture en un exercice d’écriture qui permet d’une part de vérifier que l’œuvre a été lue, et d’autre part d’évaluer des compétences rédactionnelles. Je suis loin d’être la pionnière en ce domaine, on trouve plein de listes de sujets plus intéressants icilà, ou encore ce document très lisible sous forme de tableau. Depuis que j’ai adopté les « rédactions de lecture », je ne m’ennuie plus en corrigeant, c’est prodigieux ! Je vous livre ici mes idées préférées et adoptées depuis plusieurs rentrées :

  • l’interview d’un personnage : les élèves doivent rédiger les questions du journaliste, puis les réponses du personnage. L’occasion de valider les compétences sur les types de phrases et le formulation des questions !
  • le journal intime d’un personnage : idéal pour les 3e qui ont le genre autobiographique au programme ! Et bien sûr on peut l’utiliser pour n’importe quel roman.
  • l’abécédaire : trouver 26 mots qui caractérisent le roman lu, et donner une brève explication pour chaque mot. On peut différencier selon les niveaux : 8 lettres pour les plus faibles, une quinzaine pour la majorité de la classe, et l’alphabet entier pour ceux qui sont très forts ! (Chaque fois je suis surprise par l’ingéniosité de mes élèves à trouver des mots pour les lettres « difficiles » du genre K, X ou Y !).
  • le résumé illustré : pour les livres comportant des illustrations (plutôt en 6e, soyons clairs), je sélectionne 8 illustrations de moments clés et je les regroupe sur un document texte dans le désordre. Les élèves doivent les découper et les remettre dans l’ordre, puis légender chaque image.
  • la page de vente Amazon du livre : idée piquée à une collègue américaine et vue sur son blog : demander aux élèves de créer la book review page de leur livre. Ce type d’évaluation permet de brasser les connaissances sur le livre en tant qu’objet : éditeur/collection/ISBN… tout en vérifiant la lecture via la rédaction du résumé et des commentaires clients.
  • et enfin, « l’apprenti prof » : je demande à mes élèves de jouer au prof et d’inventer un contrôle de lecture (avec les réponses, bien sûr !).

J’essaye de varier les approches toute l’année, de manière à ce que mes élèves n’aient pas le temps de s’habituer… et je tâche également de proposer à chaque fois 2 sujets possibles. Et vous, avez-vous également déclaré la guerre au contrôle de lecture traditionnel ?

Une chronique de Cécile Thivolle-Gonnet

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