Le carnaval et la manipulation

Superman à Singapour

Voilà, on a fait carnaval. Je ne sais pas si le carnaval s’inscrit dans la méthode de Singapour mais on s’est bien amusés. Les vilains portaient un masque de clown tueur, les clowns étaient en tenue, les princesses étaient en princesse et moi, en cow-boy. Je portais une arme, factice, ça se voyait, un petit pistolet tout bidon, rien à voir avec quelques mitraillettes que nous avons vite confisquées, ne sachant pas parfois si elles étaient véritablement factices.

manipulation

Une élève m’a demandé de la maquiller, je lui ai recommandé de demander à quelqu’un d’autre. On a bien rigolé. On a paradé, classe après classe, la grande classe, on a fait la ronde, je n’ai pas toujours l’occasion de porter des Santiags, j’étais bien. On a pris des photos. J’avais emporté le costume de romain de mon fils pour le petit A. qui, je l’avais pressenti, n’avait pas de costume. Il a fait le torero avec la grande cape rouge alors je lui ai dit : non, A., ce n’est pas un costume de torero, c’est un costume de romain. Alors il a fait Superman, avec la grande cape rouge.

 

Notre ministre et un député de carnaval recommandent de manipuler avec les petits élèves pour leur faire comprendre les notions mathématiques avant de leur coller le nez dans des fiches. On se fait insulter régulièrement dans ce métier. Les parents, parfois. Les élèves, très rarement. Notre tutelle, souvent. Mes élèves de CP manipulent quasiment tous les jours des bouchons, des boîtes de dix œufs, des stylos, des boutons, des trucs et des machins dont ils font une dizaines et puis plusieurs. Ils manipulent aussi des étiquettes pour apprendre à lire, des objets pour découvrir le monde, des bulbes pour les voir pousser. Je ne pourrais pas procéder autrement, ça s’appelle l’école, le cycle 2, les petites classes, les apprentissages fondamentaux et préparatoires. On m’a rapporté que notre ministre était du sérail. Mais que lui a-t-il pris de nous reprendre ?

On fait ce qu’on peut

On rêverait de travailler avec de plus petits effectifs, d’avoir davantage de temps de concertation, on aimerait que les heures supplémentaires soient payées, on aimerait dégeler le point d’indice. On nous fait payer de n’avoir rien à nous proposer. Manipuler avec les élèves. Et pourquoi ne pas les faire écrire dans des cahiers ? On devrait également leur apprendre à lire avec des livres. Soyons dingos les collègues et innovons : nous pourrions écrire sur un tableau, tant qu’on y est !

 

Nous avons fait carnaval et c’était chouette. Une chouette pagaille. On fait avec les moyens du bord : des bouchons, des boîtes de dix œufs, des déguisements. On s’en sort comme on peut.

 

Je ne sais pas ce qu’il se passe à Singapour, mais ici, en France, on se paie vraiment notre tête. Et c’est avec notre argent.

Une chronique de Papa Lion

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One Response

  1. pcremieu 21 février 2018

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Vous n'êtes pas un bot hein ? *