LeWebPédagogique - Partagez la connaissance !
proviseure

L’interview décalée de la proviseure adjointe

Moi, plus tard, je veux être chef d’établissement…

Cette fois, on se penche sur le métier de proviseur… Toute nouvelle dans la fonction, cette proviseure adjointe a bien voulu jouer le jeu de l’interview un peu décalée. Elle a pris du temps sur son temps pour nous faire découvrir sa vision de la fonction.

proviseure

  • Tu es à un poste de chef depuis combien de temps ? Quel est ton statut exact ?

Proviseure adjointe depuis le 4 septembre 2017.

 

  • Alors heureuse ?

Heureuse d’avoir choisi cette fonction et de l’assumer. C’était comme plonger dans le grand bain sans filet ; mais après avoir nagé à contre-courant, par-dessus les vagues et dans les creux, j’ai sorti la tête de l’eau et aujourd’hui, je nage.

 

  • Les horaires ? C’est la « fête » (Fugain quand tu nous tiens) ?

C’est fou ! Une dimension spatio-temporelle autre : je mange à 16 h parfois, ou pas…

  • Tu veux dire que Docteur Who n’a qu’à bien se tenir ?

Exactement. J’arrive le matin à 7 h et ne repars jamais avant 19 h 30 hors période de conseils de classe ou CA, où, là, c’est plutôt 21 h… Je crois que c’est lié à cet établissement et au fonctionnement interne (réunions adjointes quotidiennes, réunions administratives deux fois par semaine, commissions de suivi ou encore absentéisme… Bref !)

 

  • Qu’est-ce que cela fait de passer de l’autre côté ? Ne regrettes-tu pas ton poste de prof ?

Je ne regrette absolument pas mon poste de prof. Pourtant, j’ai adoré être prof d’EPS. J’en garde de merveilleux souvenirs. Une chose me manque, cependant, dans un lycée d’une telle envergure : le volet éducatif qui est plus prégnant en collège mais aussi le contact avec les élèves. 

 

  • Ton coup de griffe ?

Certains profs mais aussi les commandes ministérielles de dernière minute !

  •  Ah, les profs… drôles de zigs, hein ? Pour les commandes, vous avez des actions chez FedEx, pour livrer rapidement ?

Dans certaines circonstances, il est parfois urgent d’attendre. Ce que j’ai appris au cours de ces quelques mois, c’est que la seule urgence en EPLE, c’est la sécurité. Concernant les profs, on croise davantage d’enseignants engagés, investis et passionnés que de profs qui manquent de sérieux. 

 

  • Ton coup de cœur ?

Certains élèves, mon boss mais aussi certaines personnes de la communauté éducative.  

 

  • Les devoirs d’un chef : quel est celui qui te paraît primordial ?

La bienveillance, la confiance.

  • Étrange que ce ne soit pas le même pour tous, non ?

Je crois que tout le monde, quelle que soit la fonction qu’il occupe dans l’Éducation Nationale, est bienveillant. N’est-ce pas une des caractéristiques du service public ?

  • Je ne répondrai qu’en présence d’un avocat ! Je préfère garder le silence…

 

  • Le plus joli souvenir ?

Les remerciements d’une famille.

  • Tu peux nous en dire un peu plus (sans rentrer, bien sûr, dans les détails) ?

J’ai toujours enseigné dans le souci de « ne laisser personne au bord du chemin ». Que ce soit en EPS ou comme professeure principale. Prendre en compte la diversité des élèves et surtout ceux à besoins spécifiques est un défi que je tente de relever aussi dans ma fonction de proviseure adjointe. Chargée des dossiers PAP, j’ai œuvré pour qu’une élève obtienne des aménagements d’examen (dossier qui avait été négligé par le PP…).

 

  • Ton pire souvenir ?

La disparition d’un jeune parti se suicider, mais aussi la démission d’une élève de terminale victime de harcèlement. Actuellement, le harcèlement est la pierre d’achoppement de l’école. Nous savons prendre en charge les élèves en situation de handicap, les allophones, ceux qui ont besoin de PAI, PAP, PPS ou autre, les élèves décrocheurs, ceux qui sont en situation de pauvreté, mais nous ne parvenons pas à enrayer le cercle du harcèlement, surtout quand les réseaux sociaux sont partie prenante de cette spirale « victime-harceleur-spectateurs ».

  • J’en profite pour glisser le numéro 3020 « non au harcèlement » et le site du Ministère de l’Éducation Nationale : https://www.nonauharcelement.education.gouv.fr
  • Complète cette phrase : « Pour vivre heureux au collège/lycée, vivons… »

Vivons ensemble ! Marchons dans la même direction.

 

  • Si je te chante « un jour vous verrez le chef d’établissement s’en aller… » que vas-tu ajouter ?

… Pour sa retraite méritée !

 

  • Pour terminer, quelle chanson résumerait ton métier ?

Je réfléchis… Pour les autres, ma prise de fonction s’est résumée à « Je suis malade » de Lama. Pour moi… je réfléchis encore…

 

  • Merci Mme la proviseure adjointe ! Quelquefois on tombe sur de bons chefs ! C’est comme partout !

Il n’y a pas de bons chefs sans bons profs, sans bons CPE, sans bons gestionnaires, sans bon personnel et sans élèves…

Et toc !

Une chronique de Tara Tata

Commentaires

commentaires

Tara Tata

Prof en collège

Un petit commentaire ?