Travailler en groupe, oui mais…

comment faire les groupes ?

Faire travailler nos élèves en groupe, voilà un projet motivant, ambitieux et utile : les élèves s’entraident, travaillent leurs compétences sociales, l’émulsion permet d’accomplir des choses conséquentes, etc. Bref, vous l’aurez compris, j’aime beaucoup faire du travail de groupes.

groupes

Mais comment construit-on ces groupes ? Par exemple, si nous avons 30 élèves, et que nous souhaitons faire 5 groupes de 6, comment on les forme ? Le but de cet article est de vous présenter les différentes méthodes que j’ai pu tester pour la formation de mes groupes, et de vous donner mon avis personnel. Évidemment, selon les enseignants, les types d’élèves (âge, nombre, etc.) et les affinités de chacun, les avis peuvent changer. N’hésitez pas à me signaler des méthodes que je n’aurais pas tester, et à me donner vos avis sur celles que j’ai utilisées.

Méthode 1 : Le choix des élèves, dit « la voix du peuple »

Nous pouvons laisser les élèves décider d’eux-mêmes de faire les groupes. L’avantage : cela fait des groupes choisis par les élèves, ils sont donc généralement motivés à travailler ensemble, car ils sont avec leurs copains. L’inconvénient est qu’il arrive que 4 groupes se forment naturellement et qu’un dernier groupe se fasse avec « les autres » qui le ressentent forcément. De plus, les élèves se mettent par affinités personnelles, or bien s’entendre ne veut pas dire bien travailler ensemble. Attention, une fois qu’on dit aux élèves qu’ils vont former les groupes, un conseil, faites-le avant la récréation ou une pause, car il y a beaucoup de tractations ! 🙂

Méthode 2 : Le choix de l’enseignant, dit « Le choix du roi »

Je vais faire 2 « sous-méthodes » pour celle-ci :

Méthode 2.1 : Faire des groupes homogènes

C’est la façon qu’on nous apprend souvent en cours de pédagogie : faire des groupes avec à chaque fois « 2 forts », « 2 moyens » et « 2 plus en difficultés », afin que les plus à l’aise aident les plus en difficultés. L’avantage est bien de faire des groupes homogènes, par contre les « plus faibles » peuvent se sentir stigmatisés et ne pas oser participer activement dans le groupe, voire se laisser porter par les autres sans beaucoup travailler.

Méthode 2.2 : Faire des groupes « de niveau »

C’est-à-dire un groupe avec les plus à l’aise, un groupe avec les plus faibles, etc. Pour l’anecdote, j’étais réticent à tester cette méthode, avant qu’un collègue me convainque d’essayer. En fait, les différents groupes avancent à leur vitesse et avec leurs propres objectifs. Cela permet à des élèves en difficultés d’être dans un groupe où ils peuvent se sentir plus en sécurité et donc travailler davantage. Les aléas ? Du découragement dès la formation de certains groupes ; voir des groupes avancer plus vite et devoir gérer des avancées très disparates.

Méthode 3 : La méthode dite « Choix de l’EPS »

Méthode qui était (est ?) utilisée par certains professeurs d’EPS, qui consiste à choisir des « capitaines » qui à tour de rôle choisissent dans les élèves restants. L’intérêt est de pouvoir faire des groupes mélangés en laissant les élèves le faire par affinités. Cela permet aussi de responsabiliser certains élèves en les nommant « capitaines ». Personnellement, je n’aime pas trop cette méthode : c’est selon moi humainement difficile pour les élèves qui ne sont pas choisis rapidement (devoir attendre et voir les autres choisis n’est pas forcément facile à vivre), cela donne aussi une sorte de « hiérarchie ». Pour limiter ces effets, je vous conseille de mettre des élèves « timides » ou en difficultés scolaires comme « capitaines ».

Méthode 4 : Le hasard, dit « Random style »

Eh oui, on oublie souvent cette méthode, mais pourquoi ne pas laisser faire le hasard ? Que ce soit par un tirage au sort ou un programme informatique, on explique aux élèves qu’ils seront mis de manière complètement aléatoire. C’est une méthode que j’utilise le plus souvent, car elle uniformise statistiquement les groupes et sans stigmatisation. Ça évite les a priori des élèves (ou les nôtres !) sur d’autres élèves. De plus, il est facile de faire une activité pédagogique sur la « conception » de ce hasard.

Remarque : si pendant l’année scolaire vous faites un deuxième projet avec vos élèves, n’hésitez pas à modifier les groupes, soit en changeant de méthode, soit en ré-utilisant la méthode du hasard, c’est toujours bénéfique pour leurs apprentissages.

 

Et vous, quelle méthode utilisez-vous ? Et que pensez-vous de celles présentées ? Je sais qu’Internet peut regorger de commentaires passionnants…

Une chronique de Jean-Baptiste Caignaert

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