AIPRT ? Quésaco ?

Rencontre avec la capitaine Spock du collège

Dans les méandres du collège, il y a une salle où la capitaine Spock est à son navire. À son service, trois ordinateurs. Au volant de sa super navette, la capitaine fait en sorte que le système informatique fonctionne. Mais qui est-elle ? Allons à la rencontre de cette femme, professeur d’espagnol et Assistante Technique pour les équipements des Réseaux Informatiques Pédagogiques… mais que fait-elle vraiment ? Le savez-vous ?

AIPRT

Petites précisions :

AIPRT : Animateur Informatique Personne Ressource Technique.

Maintenant on parle de RN : Référent Numérique.

 

  • Tu es en poste depuis combien de temps ?

J’ai commencé en tant qu’AIPRT en 1998 quand on commençait à équiper des salles multimédia autres que les salles de technologie.

 

  • Quelle est ta formation ? Tes formations ?

J’ai suivi une formation d’une année scolaire à raison d’une journée par semaine. C’était le vendredi de 9 h à 17 h à la Canopé d’Annecy. C’était une formation très complète puisque nous faisions du hardware (démonter et remonter des ordinateurs/réparation physique) et du software (installation de logiciels, utilisation de différentes plateformes, réparation des bugs…). Je me souviens qu’à l’époque (j’ai l’impression d’avoir 100 ans !) dans la formation il n’y avait que des collègues hommes : des professeurs de technologie ou de mathématiques. J’étais la petite chose rare et d’ailleurs le premier jour, quand je suis arrivée au CDDP (à l’époque) devant la salle de formation on m’a gentiment dit que je me trompais de salle et que l’on attendait un Monsieur Ferrod (ah les machos !!!). J’ai passé une année à devoir faire mes preuves. Maintenant, quand je croise mes collègues on en rigole et quand ils ont un problème technique, ils n’hésitent pas à me demander conseil (les temps changent !!!). J’ai adoré cette formation. Maintenant le rectorat ne propose plus cette formation qui doit coûter trop cher. On forme des référents numériques en quelques jours : on leur demande d’être capables d’analyser un problème et d’appeler les techniciens du PISIUN (Pôle de l’Innovation, des Systèmes d’Information et des Usages Numériques) pour une prise en main à distance. Chaque année, j’ai une formation de 3 jours pour une mise à jour. Il y a deux ans, j’ai suivi une formation pour la gestion de deux classes mobiles (2 caissons de 15 iPads – élève chacun et 8 tablettes pour les professeurs) dans notre établissement.

Donc, je gère un parc informatique de 160 ordinateurs et 38 tablettes et malheureusement je suis la seule à le gérer.

 

  •  Alors heureuse ?

J’adore cette mission même si parfois c’est un peu rude. J’aime être confrontée à la difficulté et résoudre un problème dans l’urgence !

 

  • Tes horaires en plus des cours?

Ah mes horaires ! Trop d’heures, je suppose ! Chaque jour, je passe au moins une heure sans compter certains mercredis après-midi où je viens travailler au minimum 2 heures. Je note tout ce que je fais et le temps que j’y passe. Quand, en fin d’année, je fais le bilan sur les heures passées, cela m’effraie mais ne m’empêche pas de recommencer l’année suivante.

 

  • Es-tu rémunérée pour ce que tu fais en plus de ton travail de professeur?

Avant nous avions 2 HSA et quelques heures supplémentaires rajoutées en fin d’année. Mais cela ne correspondait pas au nombre d’heures effectuées. Maintenant, nous avons des IMP (Indemnité pour Mission Particulière). Il y a 5 taux annuels forfaitaires. J’ai une IMP de taux 3 pour la gestion du parc et une autre pour la formation et le numérique. C’est censé couvrir le nombre d’heures mais ce n’est pas la réalité !

 

  • Ton coup de griffe ?

J’ai malheureusement habitué mes collègues à intervenir le jour même pour régler les problèmes et de ce fait ils ne savent pas attendre et c’est tout de suite la panique à bord ! Ils reconnaissent mon travail mais leur impatience est parfois lourde à porter.

 

  • Ton coup de cœur ?

Quand ton travail est reconnu par ton inspection et par les techniciens du conseil départemental (je m’occupe aussi du site académique d’espagnol : mise en ligne et veille numérique).

 

  • Ton pire souvenir en tant qu’AIPRT ?

Mon pire souvenir est la fois où nous avons eu un problème de serveur et d’Internet pendant trois jours. J’ai passé des heures au téléphone (mes pauvres élèves pendant ce temps faisaient des batteries d’exercices !) avec des techniciens du rectorat qui pensaient que cela venait de mon matériel – sans vouloir écouter les techniciens du conseil départemental qui me soutenaient – alors que cela venait de chez eux !

 

  • Un conseil pour ceux qui aimeraient devenir AIPRT ? D’ailleurs, comment devient-on AIRPT ?

Pour devenir RN de nos jours :

  • Ne pas croire que tu es super bien payé ;
  • Avoir du temps ;
  • Être réactif ;
  • Savoir être diplomate avec les collègues ;
  • Ne pas compter ses heures.

 

Quand un collègue abandonne sa mission, le principal lance une annonce aux collègues pour reprendre le flambeau. Après acceptation, le principal demande une formation rapide et le collègue se lance à l’eau avec les conseils et les points importants de l’ancien RN.

 

  •  Complète cette phrase : « Pour vivre heureux au collège, vivons… »

Pour vivre heureux au collège, vivons connectés !

  •  Quelle chanson résumerait ta casquette d’AIPRT?

Plusieurs chansons me viennent à l’esprit :

L’informatique de Chanson Plus Bifluorée : https://www.youtube.com/watch?v=QYWvyRCNqMI

Cyber de Zazie : https://www.youtube.com/watch?v=GJyax_eryBg

One more time de Daft Punk : https://www.youtube.com/watch?v=n6RTF4OPzf8

Get lucky de Daft Punk : https://www.youtube.com/watch?v=h5EofwRzit0

 

  • Pour terminer, et parce qu’une touche de couleur ne fait pas de mal, as-tu une illustration, un peintre, une photo qui pourrait venir clore cette interview un peu décalée ? Aux lecteurs d’interpréter, même sous la torture, nous nous tairons.

Une peinture : Mondrian, Victory Boogie Woogie

Et pour le côté obscur de la force : les peintures de Pierre Soulages avec le travail de la matière.

Un film ou deux : Matrix et Ennemi d’État.

Alors ? Y a-t-il des RN dans la salle ? Merci pour votre travail ! Que ferions-nous sans vous ? Imaginez nos petites salles, nos collèges, lycées sans ordinateur ! J’ai connu un temps où utiliser un rétro-projecteur (pas un vidéoprojecteur) c’était déjà le top !

Une chronique de Tara Tata

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