de Didier Lévy et Catherine Meurisse. Editions Sarbacane
cote au CDI = A LEV

Sans être album, ni conte, ni BD, « Elza » est une interrogation sur le fait de grandir et raconte l’éveil du désir chez une adolescente : désir d’avoir de la poitrine, de plaire… « Elza » est présentée au format italien avec sur la couverture fond rouge, un portrait de l’héroïne allongée nonchalamment par terre et sur son visage, on peut lire un certain dédain. A l’intérieur, des illustrations sorties des archives familiales offrent une plongée saisissante dans le monde de la préadolescence où il faut que les mots et les illustrations obéissent, suivent, foncent, s’organisent, car l’élan qui les emporte est juvénile et tout puissant ! « Elza » est un récit plein de vie, comique, tonique, composé de mots savoureux, percutants, de réflexions riches d’évocations, de notations réelles, d’incidents burlesques, touchants, de jaillissements spontanés, d’images hautes en couleurs qui éclatent dans le moindre enchaînement comme dans le moindre des dessins esquissés à la plume. Les petits bonheurs qui s’ensuivent arrachent le lecteur à sa torpeur morose. A 11 ans, l’âge où un destin peut prendre forme, Elza Petipa possède la précocité de la gent féminine. Précocité du corps, de l’esprit, du coeur. Amoureuse de Johnny Depp un jour, de Justin Timberlake le lendemain plutôt que de son copain Robert Louis qui a pour elle les yeux de Chimène ! Entière et passionnée, Elza découvre avec consternation et plaisir mélangés, les avantages et inconvénients d’être née…. fille ! Lorsque les tourments de l’adolescence commencent à pointer leur nez, Elza a tendance à transformer tout ce qui l’entoure parce qu’elle n’est pas en parfait accord avec elle-même et avec le monde qui l’entoure. Jamais, la même, contradictoire, déjà différente la minute suivante… des questions plein la tête : vie, amour, sentiments, autant de sujets d’inspiration… Nous la voyons vivre et surtout regarder vers l’avenir. Les auteurs ont une connaissance profonde de ce qu’ils évoquent. Ils ne cherchent pas à dépasser le stade d’une constatation. Ils veulent simplement donner une forme artistique aux questions que se pose Elza.
Il n’y a plus qu’à se laisser emporter par le torrent tendre et grave, sentimental et cocasse des mésaventures d’Elza et par la verve extraordinaire de cette adolescente très attachante.
