Les jeunes ne lisent plus ? les adultes non plus…

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A lire sur Le Monde de vendredi dernier (édition du 30 janvier 2009), une interview de l’auteure Danièle Sallenave, après la parution de son dernier roman Nous, on n’aime pas lire (Editions Gallimard, Collection Blanche, Janvier 2009 – 160 pages – 11,50€).

Dans cet ouvrage, l’auteure raconte et analyse son expérience : elle s’est rendue plusieurs fois en 2008 dans un collège “ambition réussite”, pour voir si elle pouvait aider les professeurs à donner aux élèves le goût des livres et de la lecture… 
Dans l’interview, Danièle Sallenave commence son propos par : “Les écrivains morts ne sont pas dans leur tombe, ils sont dans leurs livres. Et les livres sont vivants. Ceux d’hier tout autant. Voilà ce qu’il faut dire aux élèves”. Puis elle s’interroge sur la relation à la lecture dans la société, et se pose les questions suivantes : “comment transmettre le meilleur au plus grand nombre ? Et surtout : comment faire que les hommes soient plus instruits, plus performants, mais surtout plus justes et plus humains ?”. La transmission est méprisée et on apporte beaucoup plus de valeurs à la consommation et aux valeurs marchandes qu’à la transmission des valeurs, du patrimoine, de la culture. Il faut “offrir à chacun cette occasion unique d’être soi que donne la fréquentation des grands livres. D’être soi et d’être au monde.” Le problème chez les jeunes qui ne lisent pas, c’est l’apprentissage mais aussi la pratique de la lecture. C’est à la fois une question scolaire et une question sociale. Mais le problème de la relation livres/jeunes n’est pas si flagrant je pense car il ne s’est jamais autant vendus de livres que ces derniers mois et la littérature jeunesse est riche et foisonnante. Enfin, elle termine l’interview en évoquant la formation des enseignants : “Alors on assomme les enseignants de directives pédagogiques pour pallier l’insuffisance de leurs connaissances, et on multiplie dans les classes les intervenants extérieurs”. Les enseignants vont devenir de plus en plus spécialisés et moins généralistes, et plus encore avec la masterisation et la suppression des IUFM…
Le goût de la lecture s’entretient. La lecture forme la jeunesse ! La lecture est le travail de l’école, des parents, de la presse, des auteurs, des libraires, des bibliothécaires, des profs-docs.

Jeunes ou moins jeunes, lisez !

 

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Un été outremer

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Un été outremer / Anne Vantal. – Actes sud junior

uneteoutremer.jpgSuperbe récit abordant le difficile sujet de la recherche de ses origines biologiques par un jeune homme adopté, Un été outremer est écrit avec finesse et justesse.

Le jour de ses 18 ans, Félicien peut enfin accéder à son dossier d’adoption dans les bureaux de la DASS. Il y découvre un nom, Samira Maziane, celui de sa mère biologique, et une adresse, celle du plus grand hôpital d’Alger. Stupeur et incompréhension, il est né à Alger et c’est toute une vie qui se trouve remise en question. Honte, peur et colère sont les sentiments de Félicien et l’auteur excelle à les mettre en mots dans un récit très bien construit. Bouleversé par ces informations, il rate son bac et fugue pour partir à la recherche de sa mère. Il nous emmène à la découverte de sa nouvelle identité en Algérie et de sa famille.

Le style, simple, poétique, soutient une intrigue très bien amenée et traitée avec subtilité. La psychologie du personnage principal est explorée sans excès d’analyse ni mièvrerie : le désir profond de retrouver ses origines empêche Félicien de suivre son chemin tracé de jeune bachelier et le pousse à mûrir rapidement et à prendre son autonomie. L’auteur sait à merveille restituer une atmosphère : on sue au soleil d’Alger, on grelotte dans les petits matins de Kabylie, on assiste à la naissance d’un homme qui se construit tout au long du récit dans la difficulté et les souffrances, en assumant sa deuxième naissance au monde. C’est aussi l’occasion pour le lecteur de voyager dans cette Algérie moderne qui n’a pas perdu sa chaleureuse hospitalité malgré les désastres de ces dernières années. La façon dont Félicien l’appréhende permet de mettre en évidence les préjugés habituels sur ce pays et l’aide qu’il reçoit de tous dans sa recherche déjoue bon nombre d’idées reçues.Une histoire touchante et écrite avec beaucoup de talent et de délicatesse.

En utilisant la première personne, l’auteur nous fait partager la quête de Félicien dans la recherche de ses origines, Les mots d’Anne Vantal font mouche, et la quête de Félicien, devient celle du lecteur tout entier associé aux espoirs et aux doutes du personnage principal.

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L’odyssée d’Oleg Lerner

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L’odyssée d’Oleg Lerner / Larissa Cain. – Syros, 2006. (Les Uns les autres)

oleglerner.gifJeune juif de 12 ans enfermé dans le ghetto de Varsovie en 1940, Oleg se révèle un enfant courageux et protecteur envers sa famille. C’est d’ailleurs ce qui va le sauver. En sortant clandestinement du ghetto pour essayer de trouver du pain, Oleg échappe aux flammes et à une mort certaine. Après une halte chez Mathieu un marchand de bois, Oleg rejoint les partisans, connaît la peur et la faim et perd encore et encore des camarades. Se sentir indésirable, abandonné, Oleg éprouve dans sa tête et dans son corps tout ce que cela signifie vraiment. A chaque fois qu’un espoir renaît, que les choses semblent aller mieux, tout s’écroule. Oleg connaîtlogo_incos_petit.jpg beaucoup d’épreuves ; la mort rôde autour de lui. Le malheur habite cette histoire, noire d’un bout à l’autre. Pour avoir elle-même vécu à l’époque du nazisme et avoir été aussi enfermée dans le ghetto de Varsovie, Larissa Cain, l’auteure, cerne avec justesse les ressentis de cette époque-là. Elle ne juge pas, ne met pas d’un côté les bons et de l’autre les méchants. Elle observe juste la terrible réalité du monde qu’elle fait réapparaître dans une fiction.

QCM sur l’Odyssée d’Oleg Lerner

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