MONDIALISATION:le problème de la hausse des prix des produits agricoles.

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Comment faire baisser les cours des produits agricoles

LE MONDE | 26.02.08

La nourriture est un besoin humain universel. Mais quand les prix des produits alimentaires s’envolent - comme ils l’ont fait récemment -, l’ajustement est bien plus difficile pour les pays pauvres que pour les riches. Les dirigeants politiques voudraient des marchés plus calmes. Parmi d’autres choses, ils devraient dire au revoir et pour toujours à l’argent facile.

Dans les pays riches, les consommateurs pourraient avoir à se serrer la ceinture, mais seulement de façon imagée. La faim n’est pas un grand risque. Le principal danger résultant d’une hausse de 70 % du blé et du soja au cours des six derniers mois est le taux d’inflation. Même ce risque est limité, car les dépenses alimentaires représentent moins de 10 % des budgets des ménages et les matières premières une petite proportion de cela.

AUGMENTER LA PRODUCTION

Dans les pays pauvres, des troubles politiques liés à la famine sont une possibilité bien réelle. Plus de la moitié de la population vit dans les villes et la nourriture, très largement non industrielle, compte pour plus d’un quart des dépenses des ménages.

Les gouvernements ont déjà introduit des restrictions aux exportations de nourriture et ont augmenté les aides pour les produits de première nécessité. Mais de telles politiques d’urgence sont loin d’être idéales. Il serait bien mieux d’empêcher les prix de flamber. Comment faire ?

La première étape consiste à augmenter la production. Cela est déjà en train de se faire, car les prix élevés encouragent les agriculteurs et les gouvernements à développer les cultures plutôt qu’à les restreindre. L’étape suivante consiste à mettre fin aux subventions absurdes pour les biocarburants à base de maïs, qui réduisent à peine les émissions de dioxyde de carbone et retirent une part significative de nourriture du marché.

Il n’y a aucune raison de s’en prendre à la demande. Mais une meilleure politique financière peut au final réduire la souffrance des pauvres quand la nourriture manque. Plus le consommateur dispose d’argent ou de facilité pour emprunter, plus les prix doivent monter avant que les acheteurs potentiels décident qu’ils ne peuvent plus se permettre d’acheter un produit. Ce qui permet alors enfin aux prix de baisser. Le plus grand nombre paye un prix élevé pour cette politique d’argent facile.

Edward Hadas

Article paru dans l’édition du 27.02.08.

MONDIALISATION et crise du dollar:l’EURO à 1,50 dollar!

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L’euro s’envole face à un dollar affaibli par les déboires de l’économie américaine

LE MONDE | 28.02.08

  Après avoir dépassé, mardi 26 février, le niveau symbolique de 1,50 dollar pour la première fois de son histoire, la monnaie unique européenne s’est hissée, jeudi 28 février, en fin de journée jusqu’à 1,5225 dollar.

L’euro gagne du terrain face à un dollar affaibli par des perspectives économiques médiocres aux Etats-Unis. L’économie américaine, affectée par la crise des subprimes, semble de plus en plus menacée par une récession. Pour l’éviter, les analystes estiment que la Réserve fédérale américaine (Fed) baissera le niveau des taux d’intérêt.

                                    L'économie américaine, affectée par la crise des subprimes, semble de plus en plus menacée par une récession. Pour l'éviter, les analystes estiment que la Réserve fédérale américaine baissera le niveau des taux d'intérêt.

AFP/PHILIPPE DESMAZES

L’économie américaine, affectée par la crise des subprimes, semble de plus en plus menacée par une récession. Pour l’éviter, les analystes estiment que la Réserve fédérale américaine baissera le niveau des taux d’intérêt.

Maintes fois frôlée au cours des derniers mois, la barre symbolique de 1,50 dollar a finalement été franchie par l’euro mardi 26 février dans la soirée, sur le marché des changes new-yorkais. La monnaie européenne est montée jusqu’à 1,5047 dollar. Mercredi matin, elle continuait à progresser, atteignant 1,5055 dollar dans les premiers échanges à Londres. Le précédent record remontait au 23 novembre, où l’euro avait coté 1,4967 dollar.

Cette flambée de l’euro s’explique par le décalage de croissance apparent de part et d’autre de l’Atlantique. Alors que les Etats-Unis s’enfoncent dans la crise, affectés par la déroute des subprimes, les économies européennes semblent au contraire faire preuve d’une certaine résistance.Les mauvais indicateurs économiques s’accumulent outre-Atlantique. On a ainsi appris mardi que la confiance des ménages était tombée, en janvier, à son plus bas niveau depuis dix-sept ans. De leur côté les prix de l’immobilier continuent de chuter et les procédures de saisies de logement augmentent. Le tout dans un contexte d’accélération du rythme d’inflation. L’économie américaine semble profondément malade.

Toujours mardi, le baromètre IFO, qui mesure le moral des chefs d’entreprise allemands, a été publié. Il est remonté en février à 104,1 points, après 103,4 points en janvier, alors qu’un recul à 102,7 points était attendu. Cette progression semble indiquer que l’Europe résiste à la crise et à la menace d’une récession outre-Atlantique.

Jusqu’ici, les économistes avaient coutume de dire que lorsque les Etats-Unis éternuaient, l’Europe s’enrhumait. Ils en sont aujourd’hui moins convaincus. “Nous avons le sentiment d’une désynchronisation de la croissance entre Europe et Etats-Unis”, atteste Christian Parisot, économiste chez Aurel Leven.

Ce sentiment a été encore renforcé par les propos du vice-président de la Réserve fédérale américaine, Don Kohn, mardi soir. Ce dernier s’est dit préoccupé par la santé de la première économie mondiale secouée depuis le moins d’août par une violente crise financière provoquée par l’effondrement du marché des crédits immobiliers à risque, les fameux subprimes. Aujourd’hui la Fed est suffisamment inquiète pour envisager une nouvelle baisse des taux d’intérêt en dépit des menaces inflationnistes. Depuis le mois d’août 2007, l’autorité monétaire américaine a déjà réduit de 2,25 points le coût de l’argent au jour le jour, aujourd’hui à 3 %.

De ce côté-ci de l’Atlantique, la Banque centrale européenne (BCE) se montre en revanche beaucoup plus sensible à la dérive des prix qu’aux troubles de l’économie. “La BCE ne bougera pas si l’économie tient”, présage M. Parisot. La BCE pourrait ainsi maintenir les taux au niveau de 4 %. Ce décalage de politiques monétaires ne fait qu’amplifier le renchérissement de l’euro par rapport au dollar.

Mais si cet écart entre la monnaie européenne et le dollar semble témoigner d’un “découplage” entre les deux économies, il n’est pas une bonne nouvelle pour le Vieux continent. L’envolée de l’euro s’accompagne en effet de nombreux effets pervers. En particulier pour le commerce extérieur. En Allemagne l’industrie, plus spécialisée dans la fourniture de biens d’équipements, destinés notamment aux pays asiatiques en forte croissance, est compétitive et peut faire face à un euro fort. “L’Allemagne a une sorte de monopole sur son secteur et peut imposer ses prix”, estime Philippe Brossard, économiste. “Mais la France, l’Italie, l’Espagne et dans une moindre mesure la Belgique en paient le prix”, poursuit-il.

L’aggravation du déficit commercial record de la France en 2007 à plus de 39 milliards d’euros en témoigne. Et pour garder coûte que coûte leurs clients, les entreprises doivent, ou devront, faire des sacrifices, en rognant sur leur marge ou en réduisant leurs coûts, optant par exemple pour des délocalisations. “L’industrie perd chaque année entre 40 000 et 60 000 emplois en France chaque année”, signale M. Brossard. Les plus petites entreprises, qui n’ont pas les moyens de se doter d’outils de couverture de change, sont les plus vulnérables.

Le seul “mini-avantage”, selon Alexander Law, économiste chez Xerfi, est que l’euro fort atténue les tensions inflationnistes et a “une légère incidence” positive sur le pouvoir d’achat, permettant aux ménages d’acheter moins cher les produits importés.

Claire Gatinois

Evolution:le dernier grand ancêtre en date…

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Toumaï, 7 millions d’années, est le “doyen de l’humanité”

Photo non datée du crâne de Toumaï.

AFP/MPFT

Photo non datée du crâne de Toumaï.

LE MONDE | 27.02.08

L’âge de Toumaï (Sahelanthropus tchadensis), le plus ancien préhumain connu, est bien de 7 millions d’années, ainsi que le confirme une étude réalisée par une équipe française et publiée dans la revue américaine Proceedings of the National Academy of Sciences du lundi 25 février.

Le fossile avait été découvert au Tchad, dans le désert du Djourab, en 2001, dans le cadre d’une mission dirigée par Michel Brunet, professeur au Collège de France. Dans un premier temps, une équipe de scientifiques menée par celui-ci avait estimé l’âge de Toumaï à 7 millions d’années en se fondant sur le degré d’évolution des faunes de mammifères présentes à ses côtés, par comparaison avec d’autres faunes africaines similaires.

Mais le paléoanthropologue français était à la recherche d’une autre datation pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté. C’est maintenant chose faite. Une datation absolue vient d’être réalisée grâce au béryllium 10, isotope radioactif du béryllium, un métal. Elle donne à Toumaï l’âge de 7,04 millions d’années. Selon les signataires de l’article, cette estimation fait de Sahelanthropus tchadensis le “doyen de l’humanité”. Il était probablement très proche de la divergence chimpanzés-hominidés, qui recule ainsi à au moins 8 millions d’années.L’étude précise aussi l’âge de l’australopithèque Abel (Australopithecus bahrelghazali), découvert au Tchad, en 1995, par Michel Brunet. Il est crédité de 3,58 millions d’années, alors que son âge précédent était estimé entre 3 et 3,5 millions d’années.

Jusqu’à présent, les méthodes de datation absolues connues et utilisables en paléontologie - potassium/argon ou carbone 14 - ne pouvaient être utilisées pour le désert du Djourab. En effet, la datation au carbone 14 ne peut aller au-delà de 50 000 ans. Et les cendres volcaniques - dont la présence sur les sites d’hominidés d’Afrique de l’Est date de manière absolue les terrains fossiles - sont extrêmement rares au Tchad.

ANALYSE DES SÉDIMENTS

Les chercheurs ont donc eu l’idée de recourir à la datation au béryllium 10, déjà utilisée pour les sédiments marins, et dont la technique a été mise au point par Didier Bourlès, directeur adjoint du Centre européen de recherche et d’enseignement des géosciences de l’environnement (Cerege), à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône). Ce dernier a adapté cette méthode aux sédiments terrestres présents sur les sites où ont été mis au jour Toumaï et Abel.

Il s’agit de comparer les quantités de béryllium 9, un isotope stable fabriqué dans la nucléosynthèse stellaire et incorporé à la Terre lors de sa formation, et celles du béryllium 10, un isotope radioactif produit par le choc des rayons cosmiques sur les molécules de l’atmosphère terrestre. Cet isotope s’accroche aux particules en suspension, reste dans l’atmosphère environ une année, puis arrive sur Terre avec les précipitations et se retrouve piégé dans les sédiments.

Christiane Galus

BRESIL:écologie ou developpement?face à la déforestation de l’Amazonie…

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Amazonie brésilienne : la déforestation s’aggrave

CHIFFRES

SUPERFICIE.
L’Amazonie brésilienne couvre 5 millions de km2 (répartis sur 9 Etats), dont 100 000 km2 de réserves indiennes, 200 000 km2 de zones pour l’exploitation durable et 1,9 million dekm2 de forêt publique.
POPULATION.
22 millions d’habitants y vivent, dont 480 000 Indiens répartis en 220 tribus.
DESTRUCTION.
En trente ans, 17 % de la végétation originale ont disparu, soit 700 000 km2. En 2007, quelque 22 000 foyers d’incendie (brûlis) ont été signalés. Chaque km2 de forêt détruit produit 22 000 tonnes de CO2.

En baisse depuis 2004, la déforestation a repris au Brésil depuis août 2007, en dépit des mesures adoptées. | SILVESTER Hans

SILVESTER Hans

En baisse depuis 2004, la déforestation a repris au Brésil depuis août 2007, en dépit des mesures adoptées.

Le MONDE | 29.02.08

Officiellement, l’objectif du président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, est de parvenir à une “déforestation zéro” en Amazonie. Mais le Brésil en est très loin. Les destructions ont repris de plus belle entre août et décembre 2007. Quelque 7 000 km2 de forêts ont alors été rasés, a constaté en janvier l’Institut national de recherches spatiales (INPE) sur ses relevés satellites, pour faire place au soja, au bétail et à la canne à sucre.

Au total, le déboisement entre août 2007 et juillet 2008 pourrait augmenter de 34 %, alors que les autorités brésiliennes se vantaient à la conférence sur le climat à Bali, en décembre 2007, d’avoir jugulé le phénomène, les chiffres montrant depuis trois ans un recul des destructions.Le président Lula da Silva a réclamé des mesures urgentes pour inverser la tendance. Aussi la police fédérale a-t-elle lancé, le 26 février, une vaste opération avec 300 hommes, qui seront un millier début avril, pour combattre le déboisement illégal dans les Etats du Para, du Mato Grosso et du Rondonia, les plus concernés.

Pas moins de treize ministres sont responsables de la lutte contre la déforestation en Amazonie, mais ils ne parlent pas tous le même langage. Le gouvernement est écartelé entre deux défis : préserver la forêt tropicale et favoriser la croissance économique.

Deux femmes incarnent ce dilemme au sommet. Marina Silva, ministre de l’environnement, enfant de l’Amazonie, est auréolée de son passé aux côtés du militant assassiné Chico Mendes. Mais elle a souvent cédé aux pressions. Elle a ainsi autorisé la construction de deux centrales électriques sur le Madeira, un affluent de l’Amazone. L’autre est Dilma Rousseff, chef de cabinet du président Lula, responsable du Plan d’accélération de la croissance, élaboré pour multiplier les infrastructures à travers le pays, notamment en Amazonie, où fourmillent des projets de routes, ports et usines hydroélectriques.

Après le sombre record entre août 2003 et juillet 2004, où 27 429 km2 de bois étaient partis en fumée, Marina Silva a réorganisé la surveillance par satellite, mais sans moyens ni personnel. “Les amendes infligées par l’Etat sont ridiculement basses et le déboisement se poursuivra”, prédit l’un des directeurs de Greenpeace-Brésil, Sergio Leitao. Selon lui, seulement 2 % des contraventions sont payées par les destructeurs.

100 000 KM DE VOIES CLANDESTINES

“Les autorités conçoivent le développement de l’Amazonie sur un modèle des années 1950″, critique Sergio Abranches, sociologue spécialiste en écologie politique. Il cite en exemple les routes conçues pour évacuer les denrées agricoles, la BR 163 Cuiaba-Santarem, à moitié asphaltée, et celle à l’étude entre Porto Velho et Manaus.

Les relevés cartographiques prouvent que le goudron se transforme en boulevard de déboisement pour les trafiquants de bois, orpailleurs, aventuriers et agriculteurs. Quelque 100 000 km de chemins clandestins existeraient déjà.

Marina Silva encourage des activités d’“exploitation durable” dans des zones baptisées “unités de conservation”, et une gestion surveillée des forêts publiques, qui couvrent 40 % de la surface forestière. Ainsi les 2 200 km2 de forêt à Jamari (Rondonia) seront bientôt cédés à des concessionnaires privés pour une “exploitation propre”. Un début.

Neuf organisations non gouvernementales (ONG) brésiliennes et internationales ont élaboré un ambitieux Pacte pour la valorisation de l’Amazonie, afin d’éradiquer la déforestation d’ici à 2015. “Il faut valoriser l’entretien de la forêt sur pied et rémunérer ceux qui la protègent”, plaide Adriana Ramos, de l’ONG Instituto Socioambiental, signataire du pacte.

Le Brésil veut démontrer qu’il se préoccupe de l’Amazonie de crainte d’une internationalisation de la gestion de la plus grande forêt tropicale de la planète, dont la déforestation, par brûlis, contribue à l’émission de gaz à effet de serre. Dans son ouvrage Brésil, le capital naturel (non traduit en français), l’agronome brésilien Mauro Victor se dit convaincu que “si le Brésil ne freine pas la destruction de l’Amazonie par conviction, il y sera contraint par des pressions extérieures, d’abord économiques et commerciales, puis politiques, voire militaires”.

Les élections municipales sont prévues en octobre. La ministre de l’environnement craint que des maires d’Amazonie ferment les yeux, cette année, sur les destructions illégales perpétrées par leurs électeurs.

Annie Gasnier (Rio de Janeiro, correspondance)

TAIWAN , CHINE: l’Asie à la conquête de l’informatique du “Nord”…

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Le Taïwanais Acer annonce le rachat de Gateway et devient le troisième fabricant mondial de PC

  En rachetant Packard-Bell, Acer deviendra numéro trois aux Etats-Unis avec 12 % du marché.

AP

En rachetant Packard-Bell, Acer deviendra numéro trois aux Etats-Unis avec 12 % du marché.

LE MONDE | 27.02.08

Le constructeur informatique taïwanais Acer a annoncé, lundi 27 août, l’acquisition amicale de l’américain Gateway. Il passe ainsi devant le chinois Lenovo et se hisse à la 3e place mondiale des fabricants d’ordinateurs dans le monde.
Dans un communiqué, Acer et Gateway annoncent que la firme californienne est valorisée à environ 710 millions de dollars (520 millions d’euros), soit 1,90 dollar par action - une prime de 57 % sur sa dernière cotation de vendredi 24 août. Les conseils d’administration des deux entreprises ont approuvé la fusion, qui devrait être effective en décembre, après l’approbation des autorités de régulation américaine et taïwanaise.

Combinés, les deux groupes représenteraient un chiffre d’affaires de plus de 15 milliards de dollars (11 milliards d’euros), pour une production d’environ 20 millions d’ordinateurs par an, selon le communiqué. Le nom “Gateway”, très connu aux Etats-Unis, devrait être conservé, pour former une entité multimarque, selon le président d’Acer, J.T. Wang.L’acquisition de Gateway, marque icône de l’informatique américain des années 1990, par Acer met en lumière l’expansion remarquable du taïwanais, qui est déjà devenu l’une des marques les plus connues en Asie. Elle lui permet aussi de mettre un pied sur le marché américain, en s’offrant le troisième fabricant d’ordinateurs des Etats-Unis, derrière Hewlett-Packard et Dell, les deux leaders mondiaux. “Notre complémentarité géographique et de produits fait d’Acer un excellent partenaire pour Gateway, qui nous pousse à accepter cette offre”, a déclaré Ed Coleman, le PDG de Gateway.

PERCÉE SUR LE MARCHÉ GRAND PUBLIC

Cette fusion devrait aussi relancer la guerre des acquisitions dans le secteur informatique. Le chinois Lenovo, devenu le troisième constructeur mondial en 2005 en rachetant la division PC d’IBM, se fait non seulement dépasser par Acer, mais pourrait aussi se faire ravir une proie de choix, le néerlandais Packard Bell, numéro 3 en Europe.

Le groupe chinois avait en effet annoncé le 8 août son intention de racheter le fabricant de PC hollandais, avec qui il était en pourparlers. Mais dans un communiqué, publié lundi 27 août, juste avant l’annonce de son rachat par Acer, Gateway a indiqué qu’il entendait utiliser le droit de préemption qu’il détient sur le capital de Packard Bell. Ce droit a été obtenu en mai 2006 en contrepartie d’un accord de non-concurrence entre les deux sociétés.

Packard Bell avait jusqu’à maintenant nié toute discussion avec Acer. En mettant la main à la fois sur Gateway et Packard Bell, Acer se renforce significativement aux Etats-Unis et en Europe, où son concurrent Lenovo est peu implanté.

Fondé en 1976, Acer s’est montré “très offensif depuis deux ans et a fait une percée sur le marché grand public, avec une croissance extrêmement forte en Europe”, explique Bertrand Huck, analyste chez Gfk. Acer a notamment profité de l’essor des ordinateurs portables, son point fort.

Mais la réussite de l’offre du groupe taïwanais n’est pas encore assurée. A la Bourse de Taïpeh, Acer perdait 6,9 % mardi, certains analystes jugeant son offre sur Gateway surévaluée. Ce dernier bondissait en revanche de 49 % au New York Stock Exchange, à 1,80 dollar.

Michel Rose

ETATS-UNIS:3000 milliards de dollars pour la guerre menée en IRAK…

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3 000 milliards de dollars, le coût de la guerre en Irak selon Joseph Stiglitz

LEMONDE.FR | 28.02.08

Combien coûte la guerre en Irak ? Cher, très cher. Et pas seulement à l’économie américaine. Joseph Stiglitz, le Prix Nobel d’économie, et Linda Bilmes, professeur à Harvard, spécialiste des questions budgétaires, estiment qu’elle a déjà coûté 3 000 milliards de dollars aux Etats-Unis, dans un livre intitulé The Three Trillion Dollar War : The True Cost of the Iraq Conflict (éditions W. W. Norton, sortie le 3 mars). Une commission du Congrès devrait se pencher sur la question, jeudi 28 février, et auditionner Joseph Stiglitz, qui devrait répéter ce qu’il écrit dans ce livre : Bush s’est fourvoyé sur les bénéfices et les coûts de la guerre en Irak.

Le coût des opérations a déjà dépassé celui des douze ans de la guerre du Vietnam, et représente le double du coût de la guerre de Corée. Les Etats-Unis dépensent pour la guerre 16 milliards de dollars par mois, soit l’équivalent du budget annuel de l’ONU. Joseph Stiglitz et Linda Bilmes indiquent que les 3 000 milliards de dollars auraient pu financer la construction de 8 millions de logements, 15 millions de professeurs, les soins de 530 millions d’enfants, des bourses d’études pour 43 millions d’étudiants, offrir une couverture sociale pour cinquante ans aux Américains. Le Prix Nobel remarque que les Etats-Unis ne versent que 5 milliards de dollars pour l’aide au développement en Afrique, et craignent d’être dépassés par la Chine. Cinq milliards de dollars, ce sont dix jours de combat de l’armée américaine.

TOUTE L’ÉCONOMIE MONDIALE EN PAIE LE PRIX

Les auteurs s’attaquent surtout au mythe qu’une guerre est toujours bonne pour l’économie. L’un des buts de la guerre était de sécuriser les approvisionnements pétroliers, relèvent-ils. En cinq ans, le baril est passé de 25 dollars à 100 dollars, note le Prix Nobel d’économie. “Les gens ne s’attendaient pas à ce que l’économie remplace la guerre comme thème dans les élections”, explique Joseph Stiglitz dans le Guardian. L’un des enseignements du livre est de montrer que la guerre et la situation économique des Etats-Unis ne sont pas deux sujets distincts, mais un seul et même sujet. Surtout, les coûts de cette guerre dépassent la seule économie américaine pour toucher le système mondial.

Parce que les Etats-Unis n’ont pas d’épargne, l’administration Bush doit emprunter à l’étranger, à la Chine, par exemple, observe les auteurs. “Le déficit de l’Amérique est tel qu’elle ne peut sauver ses propres banques.” Des établissements comme Citigroup ou Merrill Lynch, qui étaient l’orgueil de Wall Street, ont été contraints d’aller quémander des fonds auprès de fonds asiatiques ou moyen-orientaux pour ne pas sombrer. Au risque de perdre leur indépendance et de passer sous pavillon koweïtien ou singapourien.

Le Monde.fr

ETATS-UNIS,laicité et religion …

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Laïques et dévots d’Amérique

Denis Lacorne directeur de recherches au Ceri-Sciences-Po.

QUOTIDIEN : lundi 25 février 2008

Liberation

Affirmer qu’il existe une «laïcité» américaine paraît parfaitement incongru. Les devises et les serments religieux, les invocations de Dieu, les moments de prière au Congrès ou dans les bureaux du Président, la défense d’un récit national fondé sur un credo anglo-républicano-protestant, tout indique que la religion a sa place dans l’espace public américain et qu’elle est surtout chrétienne. «Mon philosophe préféré, disait George W. Bush lors des primaires de 2000, est le Christ, parce qu’il a sauvé mon cœur.»

A la veille des primaires, Mike Huckabee s’affirmait comme un «leader chrétien». Hillary Clinton insistait sur l’importance de la prière, Barack Obama évoquait sa conversion à l’âge adulte, Mitt Romney, le mormon, disait haut et fort que Jésus-Christ était bien pour lui «le fils de Dieu et le sauveur de l’humanité», et McCain parlait miracle dans un spot publicitaire évoquant sa vie de prisonnier au Vietnam : un garde traçait une croix, sous ses pieds, un jour de Noël… Tout semble donc baigner dans le religieux en politique américaine. Pourtant, deux événements inaperçus en France signalèrent qu’il n’en était rien et qu’au camp des dévots s’opposait celui des «sécularistes» (secularists), l’équivalent américain du mot laïque. Dans son discours du 6 décembre 2007 sur la foi en Amérique, Romney dénonçait deux ennemis redoutables : les «islamistes» partisans du jihad et les «sécularistes» acharnés à «effacer de l’espace public toute référence à Dieu». Mike Huckabee, quant à lui, déclarait lors des primaires du Michigan qu’il était temps d’amender la Constitution des Etats-Unis, rédigée en 1787, afin d’y incorporer certains «préceptes divins».

Ces attaques répétées laissent entendre qu’il y a une laïcité ancienne, persistante, insidieuse, suscitant la juste colère du parti des dévots. D’où vient-elle ? Qu’en reste-t-il dans l’Amérique d’aujourd’hui ? La réponse, inconfortable pour un chrétien, surtout s’il est born again, est que les pères fondateurs de l’Amérique républicaine étaient eux-mêmes des hommes des Lumières qui luttèrent, très tôt, pour établir une véritable séparation de l’Eglise et de l’Etat, d’abord en Virginie, puis, l’expérience ayant réussi, dans le reste des Etats-Unis. La question scolaire était au cœur du débat politique. Fallait-il donner le droit au Parlement de Virginie de lever une taxe pour financer les écoles religieuses, toutes confessions confondues ? La réponse, défendue dans une pétition rédigée par Madison en 1785, fut un non catégorique : tout impôt religieux, même réparti selon des principes d’équité, est contraire à la liberté de pensée des citoyens. Le projet de loi sur la liberté religieuse, voté en 1786, adoptait ce même point de vue : l’Etat de Virginie cesserait de financer les activités des Eglises…

Dans une lettre à la congrégation hébraïque de Newport, dans le Rhode Island, le général Washington, une fois élu président, rassurait ses correspondants : le gouvernement, écrivait-il, n’avait pas pour objet de «favoriser la bigoterie ou d’encourager une quelconque forme de persécution religieuse». Il fallait simplement que «chacun reste tranquillement assis sous sa vigne ou son figuier», sans être le moins du monde inquiété pour ses convictions. La liberté de conscience, garantie par l’Etat, était donc totale, et cette liberté s’appliquait aussi à l’irréligion, comme le laissait entendre Jefferson dans ses Observations sur la Virginie (1786). Quel est, en effet, l’objet central du gouvernement ? La paix civile, et par conséquent l’interdiction de toute activité lésant les intérêts d’autrui. «On ne porte pas atteinte à son voisin lorsqu’on affirme qu’il y a vingt dieux ou aucun dieu. Cela ne me vide pas les poches, ni ne me brise la jambe», écrivait Jefferson.

La Constitution des Etats-Unis, au grand désespoir des dévots, exclut toute référence à Dieu ou à une religion fondatrice. Elle interdit les professions de foi religieuse comme condition d’accès aux emplois publics. Son premier amendement interdit aussi toute création d’une Eglise d’Etat. Une telle construction permettrait-elle l’élection d’un président juif, mahométan, sinon même adorateur du dieu Baal, se demandaient les critiques du modèle fédéral ? Oui, répondaient ses partisans, rien ne l’interdit… On comprend donc l’inquiétude des adhérents du parti des dévots et leur désir d’apporter un correctif au texte fondateur de la démocratie américaine.

Si le haut lieu de la laïcité américaine est la Constitution fédérale, ses gardiens sont les juges de la Cour suprême, qui ont élaboré les principes d’une séparation juridique de l’Eglise et de l’Etat. Selon ces principes, toute loi qui porterait atteinte à l’interdiction du premier amendement — pas d’Eglise officielle et donc pas de point de vue religieux officialisé - doit être jugée contraire à la Constitution. C’est pourquoi la Cour interdit la prière à l’école, la prière dans une enceinte sportive, l’affichage des dix commandements dans des écoles ou des tribunaux, l’enseignement du créationnisme, et surtout tout financement public direct des écoles confessionnelles. Et comme le juge refuse de se prononcer sur les vérités religieuses, toutes les religions, même les plus ésotériques, ont droit de cité. C’est pourquoi la Cour a refusé d’interdire les sacrifices animaux pratiqués par l’Eglise du Lukumi Babalu Aye, une secte afro-cubaine de Floride, au prétexte que, même si ces rituels étaient cruels, ils étaient religieux et comparables aux sacrifices, eux aussi cruels, pratiqués par l’islam ou le judaïsme. La garantie d’un Etat neutre était à ce prix. En d’autres termes, toutes les religions sont traitées sur pied d’égalité, même si certaines pratiques restent interdites, comme la polygamie chez les mormons. Jusqu’où va la neutralité de l’Etat ? La jurisprudence de la Cour suprême est particulièrement choquante pour le parti des dévots, car elle interdit non seulement toute mesure favorisant une église au détriment d’une autre, mais aussi toute préférence pour la religion contre l’athéisme ou l’irréligion. «Les athées, écrivent les juges, sont des membres à part entière de la communauté nationale.»

Il y a un paradoxe américain : la stricte séparation juridique de l’Eglise et de l’Etat n’empêche pas un fort enchevêtrement du religieux et du politique dans les campagnes électorales. Cela tient au calendrier des primaires et à la croyance qu’un président ne peut être élu sans faire appel aux partisans des «valeurs morales traditionnelles». Et pourtant, trop de religion tue le religieux, et ce n’est sans doute pas un hasard si les deux finalistes pressentis - Obama et McCain — sont les moins religieux des candidats depuis le début des années 80.

Auteur de De la religion en Amérique. Essai d’histoire politique, Gallimard, 2007.

MONDIALISATION des épidémies:la grippe aviaire,le risque qui grandit…

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L’OMS annonce une transmission interhumaine du virus H5N1

LE MONDE | 28.12.07

L’organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé, jeudi 27 décembre, l’existence d’un cas démontré de transmission interhumaine du virus H5N1 responsable de l’actuelle épizootie de grippe aviaire. La victime est un Pakistanais qui est mort de la maladie sans jamais avoir été à proximité de volailles contaminées.

Les autorités sanitaires internationales se veulent toutefois rassurantes quant à un possible risque d’émergence d’une souche virale qui pourrait être à l’origine d’une pandémie analogue à celle de la grippe espagnole de 1918.

De multiples flambées épizootiques dues au H5N1 ont été observées depuis 2006 au Pakistan chez des volailles d’élevage et, en 2007, chez des oiseaux sauvages. “Dans leur majorité, les flambées découvertes sont survenues dans la “ceinture avicole” du pays, dans la province de la frontière du nord-ouest, notamment dans les zones d’Abbottabad et de Mansehra, précise-t-on auprès de l’OMS. On a aussi repéré des cas d’infection chez des oiseaux sauvages dans le territoire de la capitale fédérale, Islamabad.”Début décembre, le ministère pakistanais de la santé avait informé l’OMS de huit cas suspects d’infection humaine par le virus H5N1 dans la zone de Peshawar (nord-ouest). Ces cas avaient été diagnostiqués après une série d’opérations d’abattage de volailles. Deux des personnes infectées étaient alors mortes. Des échantillons biologiques prélevés sur les cas suspects avaient été adressés aux laboratoires de référence de l’OMS pour des analyses virologiques complémentaires. Ces analyses, couplées à une enquête épidémiologique de terrain, permettent aujourd’hui d’affirmer qu’il y a bien eu une transmission interhumaine du virus H5N1.

FAO/H.D. Nam

Les poulets morts de grippe aviaire ou abattus sont enterrés dans une ferme de la province de Long An, près de Hô Chi Minh-Ville, au Viet Nam.

Ce type de contamination avait déjà été observé dans différents pays asiatiques (Vietnam, Indonésie, Cambodge, Chine) sans que la démonstration scientifique ait toujours pu être apportée. Dans tous les cas, aucune chaîne de transmission de l’infection virale n’a été notée, comme c’est le cas avec les virus grippaux responsables des épidémies saisonnières. Les experts estiment que seule une mutation génétique relativement importante pourrait conférer au virus H5N1 la possibilité de devenir hautement contagieux dans l’espèce humaine. Seules des mutations mineures ont, jusqu’ici, été observées sur les souches prélevées chez l’animal ou chez l’homme.

Jean-Yves Nau

Le virus H5N1 a fait trois victimes humaines en quelques jours

LE MONDE | 27.12.07

En l’espace de quelques jours, le virus H5N1 hautement pathogène de la grippe aviaire a provoqué la mort de trois personnes dans trois pays différents. C’est tout d’abord un enfant de 4 ans qui est décédé au Vietnam, dimanche 16 décembre. Selon un responsable du ministère de la santé vietnamien, les parents de l’enfant ont rapporté que des volailles mortes avaient été découvertes près de la maison familiale. Ce décès, le cinquième au Vietnam depuis le début de l’année, porte à 47 le nombre de personnes tuées par la grippe aviaire dans ce pays depuis la réapparition du virus en 2003.

Mardi 25 décembre, deux femmes ont succombé au H5N1, une Egyptienne de 25 ans et une Indonésienne de 24 ans. Des volailles étaient élevées dans le domicile de la première, et tous les membres de sa famille vont subir des analyses, a annoncé le porte-parole du ministère de la santé égyptien. Celui-ci a déploré un relâchement des mesures de précaution en raison de la “conviction que le virus avait disparu”. Le dernier décès dû à la grippe aviaire remontait au mois de juin.

UN FOYER EN ALLEMAGNE

Avec 16 cas mortels, l’Egypte est le pays d’Afrique le plus durement touché. Quant à l’Indonésie, elle totalise désormais 94 décès imputés au virus H5N1, ce qui en fait la triste championne du monde en la matière puisqu’elle cumule à elle seule près de la moitié des 212 morts de la maladie. Le virus s’est propagé dans la grande majorité des 33 provinces que compte l’archipel.

Par ailleurs, le H5N1 a été détecté en Allemagne, dans un petit poulailler du Brandebourg, ont annoncé, mercredi 26 décembre, les autorités locales. Il s’agit du troisième cas confirmé depuis la mi-décembre dans cet Etat régional. Les 15 poules ont été abattues ainsi que 31 volailles appartenant à un voisin, que le propriétaire du poulailler contaminé avait eu en charge pendant les fêtes de Noël. Conformément aux mesures prévues par l’Union européenne, une zone de protection d’un rayon de 3 km et une zone de surveillance de 10 km ont été mises en place autour de ce foyer. - (AFP.)

Résurgence de la grippe aviaire en Chine et au Bangladesh

LEMONDE.FR | 25.02.08  avec Reuters

Les autorités sanitaires de la province de Guangdong, dans le sud de la Chine, ont annoncé, lundi 25 février, la mort d’une Chinoise de 44 ans des suites de la grippe aviaire. Elle aurait contracté le virus H5N1 au contact de volailles.

La travailleuse migrante originaire du sud du pays est la quatrième victime de la grippe aviaire depuis le début de l’année en Chine et porte à 233 le nombre de décès attribués au virus H5N1 depuis 2003, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

De son côté, le Bangladesh a confirmé, lundi, que la souche H5N1 du virus s’était propagée à Chandpur, à 170 km de Dacca, portant à 45 – sur 64 – le nombre de districts affectés. Mais, selon un responsable chargé des questions animales :“La situation est à présent en grande partie sous contrôle.”
Avec près d’un million de volailles abattues depuis mars 2007, le Bangladesh applique consciencieusement les directives de précaution de l’OMS, menaçant un secteur-clé de l’économie bangladeshie et l’emploi de 5 millions d’habitants  sur 140 millions.

TRÈS VIRULENT

Apparu chez l’homme pour la première fois en 1997, à Hongkong, le virus H5N1 est décrit par l’OMS comme étant un virus très virulant et évoluant de manière agressive. Avec une incubation se situant entre deux et huit jours, le virus ne se transmet pas encore d’un humain à un autre mais pourrait muter et être à l’origine d’une pandémie particulièrement dévastatrice dans les pays en développement.

Les premiers symptômes comportent une forte fièvre, des diarrhées, des vomissements, des douleurs abdominales, thoraciques et des saignements du nez et des gencives chez certains patients.

Les derniers foyers de grippe aviaire enregistrés en Europe, en Grande-Bretagne en novembre 2007 et en Pologne où 100 000 poulets ont été abattus en décembre 2007, n’ont été à l’origine d’aucune transmission de la maladie à l’homme.

ECOLOGIE:agriculture et épuisement des sols:une menace grandissante…

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LE MONDE | 26.02.08

Claude et Lydia Bourguignon.VINCENT ARBELET POUR “LE MONDE” Claude et Lydia Bourguignon.

Deux gros boeufs tractant une charrue trônent dans le laboratoire de Claude et Lydia Bourguignon. Cette aquarelle originale du peintre animalier Olivier de Penne (1831-1897) est un clin d’oeil : les Bourguignon, spécialistes des sols, ne peuvent pas voir le labourage en peinture. Ni les techniques agricoles intensives qui contribuent, selon eux, à tuer la terre.

Le couple ne police plus son discours sur la dégradation des sols, fine pellicule sur laquelle repose l’essentiel de la vie de la planète. “C’est la fin de la civilisation, alerte Claude Bourguignon. Nous sommes dans la phase d’effondrement. Partout on voit baisser les rendements agricoles.”Voilà bientôt vingt ans, les Bourguignon ont quitté l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), où ils estimaient ne pas pouvoir travailler sur les vrais enjeux de l’agriculture.

Depuis leur laboratoire, une superbe grange de 1754, à Marey-sur-Tille, au nord de Dijon, ils alertent les agriculteurs et étudient leurs sols. En francs-tireurs. Gens de terrain, ils ont à leur actif quelque 5 500 analyses - en France et à l’étranger.

D’une formule, Lydia résume le problème : “La plante est incapable de sucer le caillou. Il faut que des microbes le dissolvent.” Sans ce grouillement souterrain, les plantes végètent, le sol se dérobe. Elle montre ces photos de champs ravinés, dans la Somme : “Des canyons, les tracteurs ne peuvent plus passer !” Leur solution : renoncer au travail mécanique du sol et laisser microbes, champignons et vers de terre s’en charger, sous un couvert végétal qui étouffe les mauvaises herbes et réduit l’érosion.

Pour Claude, l’agriculture intensive est devenue “de la gestion de pathologies végétales” : les variétés à haut rendement, fragiles, sont protégées en permanence par des batteries d’engrais, d’insecticides et de pesticides. En conséquence, les sols souffrent et “l’humanité ne mange que des plantes malades”.

L’épidémie d’obésité, la montée des allergies ? Ce n’est qu’un début, assurent les Bourguignon. L’espérance de vie va chuter. “Les vieux d’aujourd’hui ont été nourris aux produits bio, avant l’intensification agricole, dit-il. Les jeunes générations n’auront pas ce capital.”

Leurs arguments, bien charpentés, s’imbriquent - même s’ils mériteraient parfois d’être réactualisés. Leurs coq-à-l’âne finissent par faire sens, voire système : “Les mêmes boîtes produisent les engrais, les pesticides, les médicaments : de l’or en barre, indéracinable”, lâche Claude.

Leur unité de pensée est née de mondes opposés. Lui, Parisien d’origine, issu d’une lignée de scientifiques médicaux. Elle, née en Bourgogne d’un père menuisier et d’une remailleuse de bas italiens, arrivés en France en 1945.

Enfant, Claude se passionne pour la vie sauvage, fonde avec des copains de lycée le “groupe ornithologique parisien”. “Il savait tout des animaux, se souvient Brice Lalonde, qui fréquentait alors sa soeur aînée. Il m’a ensuite influencé comme ministre. J’admire ces ouvreurs de chemin, qui ont raison avant tout le monde.” Cette grande soeur fameuse, l’actrice Anémone, est toujours admirative du “courage” de son érudit de frère, “un peu professeur Nimbus”, qui a converti l’ensemble de la famille à l’écologie.

Le jeune homme se rêve gardien de réserve naturelle. Mais une mission de comptage des tigres pour le WWF, en Inde, lui ouvre les yeux : “Les gens crevaient de faim. J’ai décidé de faire l’Agro.” Ses réticences face à ce qu’il y apprend - “nourrir les bovins avec de la viande, l’abattage de masse” - lui valent parmi ses condisciples le surnom de “Papillon”, en référence à l’évadé de Cayenne, Henri Charrière.

Il se spécialise en microbiologie. Nommé au centre INRA de Dijon, il développe une méthode de mesure de l’activité microbienne des sols, au moment où sa discipline s’étiole. “Elle a été rejetée parce que les microbes, contrairement aux engrais, travaillent gratuitement.”

A l’INRA, on lui demande de se concentrer sur le cycle de l’azote, pour trouver des micro-organismes capables de nettoyer les nappes phréatiques polluées aux nitrates. “J’ai dit qu’il serait peut-être plus simple d’épandre moins d’engrais.” Le message est mal passé.

De son côté, Lydia, contrainte par son père à travailler dès 16 ans, poursuit ses études en cours du soir. Sa maîtrise de biologie lui ouvre les portes du laboratoire “graisses chauffées” de l’INRA à Dijon. Elle y est aux premières loges pour suivre la controverse de l’huile de colza érucique qui, bien que mauvaise pour le coeur, sera produite jusqu’à ce qu’une nouvelle variété soit développée. Elle est vaccinée vis-à-vis des discours lénifiants des scientifiques officiels, amiante, OGM, nucléaire… Et assume des vices dénoncés par la Faculté : elle tolère le cigare et goûte le vin - elle est diplômée d’oenologie, toujours en cours du soir.

Leur rencontre à l’INRA conduira finalement à un divorce avec cette institution. Ils y sont aujourd’hui perçus comme des amateurs trop peu soucieux d’étayer scientifiquement leurs discours alarmistes. Ou comme des “idiots utiles”, capables d’attirer l’attention sur la fragilité des sols. L’INRA évoque d’ailleurs le sujet dans un colloque, le 26 février, lors du Salon de l’agriculture.

En 1989, lorsqu’ils se “défonctionnarisent” pour s’installer à leur compte, c’est d’abord “la galère”. Claude enchaîne les conférences, autour de son livre Le Sol, la Terre et les Champs (édition La Manufacture/Sang de la Terre, épuisé).

C’est grâce à l’une d’elles qu’Anne-Claude Leflaive, responsable d’un prestigieux domaine de Puligny-Montrachet, décide de produire ses vins en suivant ses préceptes. “En dégustation, ils ont davantage de complexité aromatique”, se félicite-t-elle aujourd’hui. L’approche fait tache d’huile. Aujourd’hui, 90 % des clients des Bourguignon sont viticulteurs. “Ils vont vite et parfois choquent, note Anne-Claude Leflaive, mais ils sont écoutés dans notre secteur.”

L’agriculture fait encore la sourde oreille, plus confiante dans les analyses de sol gratuites des vendeurs d’engrais que dans leurs prestations payantes (800 euros hors taxes). Mais en Argentine, John Waymel, un Français qui exploite blé, maïs et soja en rotation sur 22 000 hectares, les a fait venir sur ses terres. Il ne tarit pas d’éloges sur la méthode Bourguignon. Même si, en passant aux OGM, il a commis une entorse que ceux-ci déplorent. “Ils proposent une agriculture réfléchie, soutenable dans le temps, à l’inverse de l’Europe où on applique des recettes subventionnées”, juge John Waymel, qui souhaite aux Bourguignon de faire école. La situation n’est pas désespérée : leur fils travaille actuellement, en Nouvelle-Zélande, à une thèse en… microbiologie des sols.

Hervé Morin

MONDIALISATION et course à l’innovation:la guerre des brevets

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Les brevets sont devenus des armes sophistiquées de guerre commerciale

LE MONDE | 26.02.08

Les brevets deviennent une arme essentielle dans la bagarre que se livrent les entreprises innovantes. En 2007, 156 100 brevets mondiaux ont été déposés - près de 5 % de plus que l’année précédente - selon les chiffres communiqués, le 21 février, par l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI). Cette hausse intervient après des années de croissance ininterrompue.

Les raisons en sont multiples. L’entrée des pays émergents sur ces champs de bataille en est une. Ce phénomène a démultiplié le nombre d’acteurs, c’est-à-dire d’entreprises innovantes, et donc le nombre de brevets déposés. Car ceux-ci ont pour objectif de permettre aux entreprises de tirer profit de leurs efforts de recherche et développement (R & D), en empêchant un rival d’exploiter leurs inventions, pendant les vingt ans qui suivent la date de dépôt du brevet, sauf à en payer la licence.L’importance croissante donnée à l’innovation, dans les pays développés, a aussi contribué à augmenter les dépôts de brevets. Pour rester compétitives face aux firmes des pays à bas coût de main-d’oeuvre, les entreprises établies en ont déposé davantage, les start-up, aussi. Selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le rapport entre le nombre de brevets déposés à l’Office européen des brevets (OEB) et la dépense intérieure de R & D des pays de l’Organisation aurait augmenté de moitié entre 1982 et 2000.

Cet afflux a déréglé le système d’octroi. Aux Etats-Unis surtout, où l’Office américain des brevets (US Patent Office ou USPTO) a fini par accorder des brevets de piètre qualité, c’est-à-dire protégeant des inventions déjà couvertes par des brevets antérieurs. Pour Rémi Lallement, du Centre d’analyse stratégique (CAS), auteur d’une “note de veille”, publiée en novembre 2007, sur ce sujet, une “bulle de brevets” s’est ainsi créée outre-Atlantique. Et les entreprises de déposer davantage encore pour profiter de cette faille.

Des sociétés se sont alors créées en achetant des brevets, déposés par d’autres. Car “les deux-tiers des brevets accordés ne sont pas valorisés”, affirment Arnaud Gasnier, chercheur à l’université de Delft (Pays-Bas), et auteur d’une thèse récente sur la propriété intellectuelle. Ces entreprises, détentrices d’un portefeuille de brevets, en tirent parfois profit pour le meilleur, en permettant aux inventions de voir le jour. Mais aussi parfois pour le pire, dans le seul but de barrer la route à une firme, en arguant du fait que cette dernière utilise un brevet de son portefeuille. Bien souvent, la société attaquée préfère alors négocier, pour ne pas perdre du temps et de l’énergie dans une bagarre juridique coûteuse et incertaine. Ces “patent trolls”, “pécheurs de brevets”, agissent comme des maîtres chanteurs. La société canadienne Research in Motion (RIM), concepteur du célèbre Blackberry, avait été victime de l’un d’entre eux, et avait fini par négocier pour clore, en 2006, une bagarre qui menaçait son existence. Ces chasseurs de primes se sont multipliés aux Etats-Unis.

En Europe, l’Office européen des brevets (OEB), et en France, l’Institut national de la propriété industrielle (INPI), également confrontés à un surcroît de dépôts, auraient néanmoins réussi à maintenir un meilleur niveau de qualité. Et de fait les “pécheurs de brevets” ne se développent pas en Europe, remarque Laurent Lucas, directeur associé du bureau français de Marks & Clerk, spécialiste de la propriété intellectuelle. Ce qui n’empêche pourtant pas un fort accroissement des litiges. Sans que cela n’apparaisse souvent au grand jour. “ En France, 150 affaires seulement ont donné lieu à une action en justice. Mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Beaucoup de litiges se règlent en secret. Le “précontentieux” est en forte augmentation”, observe M. Lucas.

Mais il y a de grandes différences selon les secteurs. Dans le domaine de l’électronique, il semble que près de 30 % des brevets fassent l’objet de négociations entre concurrents. Et les budgets consacrés à la création, au maintien et à la défense d’un portefeuille de brevets peuvent atteindre plusieurs millions d’euros.

Les chiffres sont dix fois plus élevés dans les biotechnologies, dont les brevets constituent le principal actif. “Les brevets sont le nerf de la guerre”, selon André Choulika, directeur général et cofondateur de Cellectis, une société française spécialisée dans l’ingénierie du génome. “Si on n‘est pas attaqué, c’est qu’on n’est pas sur un bon sujet”, ajoute David Sourdive, cofondateur et vice-président de Cellectis.

A l’inverse, il faut aussi savoir attaquer les brevets des autres, soit parce qu’ils sont postérieurs, soit parce qu’il s’agit d’un brevet dit “champ de mines” qu’un concurrent met en place dans l’unique but de bloquer les développements ultérieurs de son adversaire. Ou d’une “interférence”, copie de brevet, déposée peu de temps après l’original, qui va provoquer la méfiance des examinateurs et retarder de plusieurs années l’acceptation. Une sorte de bombe à retardement dans une vraie guerre de tranchée.

Annie Kahn

MONDIALISATION financère:les fonds souverains,des capitaux et des moyens d’action énormes.

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Fonds souverains : prédateurs ou sauveurs ?

LE MONDE | 16.01.08
La planète compte près de quarante “fonds souverains”. Ce terme abscons et un peu inquiétant se réfère à des investisseurs étatiques hétéroclites dont la puissance financière est estimée à plus de 3 000 milliards de dollars (2 035 milliards d’euros). C’est l’équivalent du PIB de la France et assez pour racheter toutes les entreprises du CAC 40. Les plus puissants sont issus des pays émergents d’Asie et du Moyen-Orient. Mêlant intérêts politiques et économiques, ces fonds suscitent l’inquiétude en Occident.

Qu’est-ce qu’un fonds souverain ? Il s’agit de fonds d’investissement dont les revenus sont propriété de l’Etat. Leur objectif est de faire fructifier des excédents budgétaires, dopés par les revenus pétroliers (Norvège, pays du Golfe, etc.) ou par les excédents commerciaux (Chine). Ils prennent la forme d’entités dédiées, comme le fonds ADIA d’Abu Dhabi, la China Investment Corp. (CIC) en Chine, ou d’entreprises étatiques, comme Dubaï Holding.Leur existence ne date pas d’hier. Le premier fonds a été créé au Koweït dans les années 1950, celui de Singapour (Temasek) dans les années 1970. Mais l’explosion de leurs revenus, concomitante à l’envolée des prix des matières premières, les a mis sur le devant de la scène mondiale.

Où investissent-ils ? Les fonds souverains “font leur shopping” dans les grands groupes internationaux. Ils multiplient les participations directes dans des groupes emblématiques : du distributeur britannique Sainsbury (Qatar), au Nasdaq (Dubaï), la Bourse électronique de New York, en passant par la banque américaine Morgan Stanley (Chine) ou l’écurie de formule 1 McLaren (Bahreïn).

Ce phénomène est récent. Jusqu’à présent, les Etats investissaient dans des produits sans risque, comme des bons du Trésor américains. Mais “la nouvelle génération de leurs gérants, formée à la City ou à Wall Street, s’est familiarisée avec des techniques financières sophistiquées”, note Julien Faye, associé pour le cabinet de conseil Bain à Dubaï. Les fonds ont développé des stratégies plus agressives. Mumtalakat, au Bahreïn, promet ainsi un rendement supérieur à 15 % par an et utilise “l’effet de levier”, empruntant massivement pour doper ses rendements.

A quoi sert leur argent ? Aux Emirats arabes unis, où le revenu par habitant dépasse 41 700 dollars, “on sait que la richesse ne durera pas”, confie Ashraf Hambi Fouad, chez Mubadàla à Abu Dhabi. Les fonds préparent ainsi activement l’après-pétrole, faisant fructifier la manne pour la faire durer. Ils visent aussi à diversifier les sources de revenus et à développer l’industrie locale. CIC, le fonds de Pékin, devrait ainsi consacrer les deux tiers de ses 200 milliards de dollars au financement d’entreprises chinoises.

Faut-il les craindre ? Le flou qui les entoure fait redouter des ambitions plus politiques (espionnage industriel ou contrôle d’industries stratégiques) qu’économiques. Début 2006, l’entrée au capital de Dubaï Ports World dans les activités portuaires aux Etats-Unis a suscité une vive polémique. Et depuis, les réflexes protectionnistes se sont accentués.

L’Allemagne étudie un dispositif pour préserver ses industries-clés, soutenue par le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker. En octobre 2007, le G7 a mandaté le Fonds monétaire international (FMI) pour définir un code de conduite et obliger ces investisseurs à plus de transparence.

Début janvier, Nicolas Sarkozy a assuré que la France assumerait “le choix politique, stratégique, de protéger ses entreprises”. Mais avec une croissance en berne, le discours change : la France est “ouverte aux fonds souverains”, si leurs intentions sont “sans ambiguïté” et leur gouvernance “transparente”, vient de se raviser M. Sarkozy, lors de son passage à Riyad.

Claire Gatinois (Dubaï, Bahreïn, Abu Dhabi, envoyée spéciale)

BRESIL,pays émergent …de ses dettes!

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Le Brésil devient un pays créditeur après deux siècles d’endettement

LE MONDE | 26.02.08 RIO DE JANEIRO

La performance est historique : pour la première fois, le Brésil est devenu créditeur. Le niveau des réserves de change de la Banque centrale brésilienne a dépassé de 4 milliards de dollars (2,7 milliards d’euros), en janvier, le montant de la dette extérieure des secteurs public et privé du pays : 187 milliards de dollars, contre 183 milliards.

C’est la fin heureuse d’une longue époque - près de deux siècles - pendant laquelle le Brésil a souvent traîné sa dette comme un boulet. Le fardeau de l’endettement extérieur était devenu, au fil des décennies, une source d’instabilité chronique et un enjeu majeur pour la classe politique.

Le gouvernement du président Luiz Inacio Lula da Silva a donc tout lieu d’être satisfait de ce renversement de tendance bénéfique, qui tient d’abord à la confiance que sa discipline financière a su inspirer à l’étranger. Avec rigueur et cohérence, le Brésil s’est appliqué à contrôler ses dépenses publiques et à se désendetter. En 2005, il était même parvenu à rembourser par anticipation sa dette envers le Fonds monétaire international (FMI).

Ainsi prenait fin, de moratoires en renégociations, d’accords en ruptures, un demi-siècle d’affrontements entre le Brésil et le FMI. Un épilogue d’autant plus significatif que le Parti des travailleurs, créé par Lula en 1980, avait fait du mot d’ordre “FMI dehors !” l’un de ses cris de ralliement, à l’instar des autres formations de gauche. Sous le régime militaire (1964-1985), Delfim Netto, ministre de l’économie, avait même lancé : “La dette ne se paie pas, elle se rééchelonne.”

Le Brésil a désormais les moyens d’être vertueux grâce à une conjoncture internationale favorable. Ses exportations ont triplé en valeur depuis l’arrivée au pouvoir de Lula en janvier 2003, à cause d’une forte demande mondiale de ses produits, notamment le soja, la viande de boeuf ou le minerai de fer. Cet afflux massif de devises s’est accompagné d’une forte augmentation des investissements étrangers et d’un accroissement des acquisitions brésiliennes à l’extérieur du pays.

Ces derniers mois, la Banque centrale avait aussi procédé à des achats judicieux de dollars pour disposer d’un confortable coussin de liquidités. Résultat : les réserves du Brésil sont aujourd’hui dix fois plus importantes qu’en 2003. Ce rétablissement spectaculaire s’est accompli en douceur, sans mesure radicale ou contraignante, ni intervention intempestive de la Banque centrale.

Il a fortement profité à la monnaie, le real, qui n’a cessé de s’apprécier, principalement face au dollar. Le billet vert ne vaut plus que 1,711 real, soit son plus bas niveau depuis 1999, ce qui rend moins chères les importations dont le Brésil a besoin pour développer ses infrastructures.

En devenant créditeur, le Brésil améliore encore son image de pays émergent, sérieux et respecté. La Bourse, qui se porte bien, a rapidement compensé ses pertes subies lors de la récente crise des marchés mondiaux. L’inflation est contenue autour de 4 % et la croissance du produit intérieur brut (PIB) a atteint 5,25 % en 2007. Dans ce contexte favorable, l’annonce de “la fin de la dette” extérieure procède aussi d’une opération de marketing dont l’objectif est clairement affiché : obtenir le fameux “investment grade”, ce satisfecit accordé à un pays par les agences de notation et qui signifie que les risques encourus par les investisseurs y sont faibles.

Le Brésil obtiendra-t-il cette récompense en 2008 ? Pour l’instant les trois agences semblent encore réservées. Pour les convaincre, Brasilia devra aussi continuer à réduire sa dette publique interne, qui reste préoccupante : 800 milliards de dollars, soit 43 % du PIB. Sur ce chapitre, le gouvernement peut et doit nettement mieux faire.

Jean-Pierre Langellier

MONDIALISATION financière:des paradis fiscaux en Europe…

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Monaco, Jersey, Liechtenstein : les divisions entre Européens gênent la lutte contre les paradis fiscaux

LE MONDE | 26.02.08
Les boîtes aux lettres s’agitent dans les paradis fiscaux. Depuis que l’Allemagne a révélé, le 15 février, que près d’un millier de ses contribuables avaient détourné 5 milliards d’euros au fisc, ces dernières années, en plaçant leur argent dans la minuscule principauté du Liechtenstein, la dizaine de petits Etats similaires qui subsistent en Europe s’alarment des menaces de rétorsion.

Après le chef du gouvernement du Liechtenstein, Otmar Hasler, le 20 février, c’est au tour du prince Albert de Monaco, mercredi 27 février, de se rendre en visite officielle en Allemagne. Objectif : calmer la chancelière Angela Merkel, qui ne cesse d’en appeler à la communauté internationale pour supprimer les régimes dérogatoires des havres fiscaux.

Du haut de leurs dizaines de kilomètres carrés, la principauté du Liechtenstein, celle de Monaco, d’Andorre, Gibraltar ou encore les îles anglo-normandes paraissent a priori démunies face au concert des puissances européennes et de l’OCDE. La douceur de leurs régimes d’impôts et l’étanchéité de leur secret bancaire pourraient-elles être mises à mal par ces manoeuvres coalisées ?

“Les rayer juridiquement de la carte du monde ne prendrait pas plus d’une ligne”, commentent Christian Chavagneux et Ronen Palan (Les Paradis fiscaux, La Découverte, 2007). Il “suffirait, notent-ils, que les marchés financiers importants inscrivent dans leur loi que toute transaction en provenance ou à destination de ces territoires est illégale.” Mais l’histoire a ses méandres et ces pays “confettis”, en 2008, sont en mesure de défendre comme il se doit les régimes qui ont fait leur prospérité.

Dans la vallée alpine, longue de 24 km, du Liechtenstein, coincée entre la Suisse et l’Autriche, le revenu par habitant est ainsi deux fois plus élevé qu’en France. Sur les 2 km2 de rives méditerranéennes de Monaco, à la frontière franco-italienne, le taux de chômage ne dépasse pas les 3 %. Andorre, vallée encaissée des Pyrénées entre les frontières française et espagnole, est riche de 3 000 commerces pour 70 000 habitants. Quant à Jersey et Guernesey, îles lilliputiennes au large du Cotentin, elles sont assez prospères pour ne pas avoir à prélever de TVA.

Sans ressources ni industrie, souvent isolés, ces territoires moribonds ont choisi de se développer en adoptant un régime fiscal attractif. Le Liechtenstein, Jersey, Guernesey, Gibraltar s’en sont dotés dès les années 1930. Législation qu’ils renforcent dans les années 1940 en imitant le secret bancaire suisse, dont la violation est devenue pénalement répréhensible en 1934. Andorre et la République de San Marin, enclavée dans le massif des Appenins, en Italie, rejoignent le club dans les années 1970. La libération des mouvements de capitaux en Europe, réalisée en 1992, et la sophistication de la finance mondiale permettent aux fonds de circuler sans avoir recours aux traditionnelles valises de billets et renforcent l’engouement pour ces paradis fiscaux.

Le mouvement de contestation à l’encontre de ces lieux ne s’organise que depuis les années 2000. Via la création de listes noires, diligentée par l’OCDE ou le Groupe d’action financière (Gafi) et de multiples rapports, comme ceux des députés socialistes français Vincent Peillon et Arnaud Montebourg en 2002. “La traque à l’évasion fiscale s’accentue à cause du vieillissement de la population mais aussi car la mondialisation impose aux Etats d’augmenter leurs dépenses publiques pour être plus compétitifs dans l’éducation, les nouvelles technologies”, explique Christian Chavagneux. Traque qui s’intensifie avec la volonté de limiter le blanchiment de l’argent de la drogue ou du terrorisme. Mais pour l’heure, en vain ou presque.

Les paradis fiscaux européens, tout comme ceux de la zone Caraïbes (Bahamas, Iles vierges…), sont au coeur de la finance internationale. La moitié des transactions bancaires mondiales passent par ces Etats. L’Union européenne (UE) n’est pas toujours bien placée pour les attaquer de front. Après des années de négociation, elle a été incapable de lever le secret bancaire chez elle. Une directive européenne de 2005 a seulement organisé une taxation des fonds déposés par des non-résidents en Europe. Résultat, le Luxembourg, la Belgique et l’Autriche, mais aussi Chypre, Malte et le Royaume-Uni sont, à bien des égards, des paradis fiscaux et bancaires, même s’ils sont jugés plus respectables, car ils ont souscrit à des conventions. Comment, dans ces conditions, exiger plus de transparence des “confettis”, qui ont pris les services de grands cabinets de conseils internationaux pour coordonner leurs actions ?

Résultat, les accords se font à petits pas, par des accords bilatéraux, chacun gérant ses relations avec ses dépendances. Le Royaume-Uni a négocié avec les îles anglo-normandes un principe d’échange d’informations entre administrations fiscales. Mais cet accord ne concerne pas un entrepreneur avisé qui aurait par exemple créé une société-écran au Bahamas entre ses mouvements à la City et son compte en banque à Jersey…

Le général de Gaulle a réglé le cas de Monaco dans les années 1960, en obtenant que les Français ne puissent y être résidents fiscaux. Depuis, la France traque peu Monaco ou Andorre, jugés peu “attractifs”. “La France a empêché que Monaco devienne le paradis fiscal des Français, pourquoi s’opposeraient-elle à ce que la principauté soit le paradis fiscal des Belges ou des Allemands ?”, persifle Jean-Yves Mercier, avocat associé au CMS Bureau Francis Lefebvre. La France se concentre sur les autres places et devrait signer en 2008 des accords avec la Suisse et le Qatar. Aujourd’hui, les avis sont donc partagés sur le ton agressif de l’Allemagne vis-à-vis des paradis fiscaux. “Intox” pour les uns, “virage” pour les optimistes. Les capitaux seraient en train de prendre la route de Hongkong et de Singapour.

Elise Vincent

ECOLOGIE et MONDIALISATION:les biocarburants,pas de solution miracle…

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Agrocarburants : les pétroliers pour un objectif plus modeste

LE MONDE | 22.02.08 |

Les pétroliers n’ont jamais été de chauds partisans des agrocarburants (fabriqués à partir du maïs ou de la betterave). Ils dénoncent aujourd’hui les objectifs du gouvernement, supérieurs aux normes européennes. Celui-ci a fixé un taux d’incorporation de 5,75 % de “pétrole vert” dans l’essence et le gazole en 2008 (3,50 % en 2007). “Nous ne sommes pas sûrs que les objectifs soient atteignables”, a prévenu, mercredi 20 février, Jean-Louis Schilansky, délégué général de l’Union française des industries pétrolières (UFIP).

Si les compagnies n’atteignent pas cet taux, a poursuivi M. Schilansky, elles devront payer la taxe générale sur les activitéspolluantes, d’un montant de l’ordre de 100 millions d’euros qui sera “forcément répercuté sur les prix à la pompe”. Même si Total a réalisé 12 milliards d’euros de bénéfices en 2007… L’UFIP réclame donc un “retour au rythme européen” prévoyant un objectif de 10 % d’agrocarburants incorporés en 2020 (2015 en France).

Alors premier ministre, Dominique de Villepin avait fait preuve, dès 2005, de volontarisme sur les agrocarburants afin d’offrir de nouveaux débouchés aux agriculteurs et de “préparer l’après-pétrole”. Il avait aussi lancé l’E 85 (85 % d’éthanol pour le diesel), qui a du mal à séduire les automobilistes : il n’existe que 211 points de ventes en France, au lieu des 500 prévus.

L’ENTHOUSIASME EST RETOMBÉ

Avec un baril à 100 dollars, la filière de l’éthanol (agriculteurs, raffineurs, constructeurs automobiles, grandes surfaces) reste cependant confiante, affirme son coordinateur, Alain Jeanroy. En 2007, la production (3 millions d’hectolitres) a doublé par rapport à 2006. Et l’objectif est de 15 millions d’hectolitres en 2015 avec la construction de six usines.

L’enthousiasme pour les agrocarburants de première génération (utilisation très partielle de la plante) est pourtant retombé. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) est très critique. Dans son récent rapport sur l’énergie à l’horizon 2050, Jean Syrota recommande “l’arrêt des investissements nouveaux dans la production de biocarburants de première génération” en raison de “coûts élevés”, d’une “utilisation importante des surfaces agricoles” et d’un “renchérissement des matières premières”.

Jean-Michel Bezat

L’essor des agrocarburants pourrait aggraver le réchauffement climatique

LE MONDE | 24.09.07

Le développement des agrocarburants pourrait considérablement aggraver le changement climatique en cours. L’avertissement n’émane pas d’un inconnu, mais de Paul Crutzen (Max-Planck-Institut für Chemie, Mainz, Allemagne), lauréat du prix Nobel de chimie, en 1995, pour ses travaux sur la dégradation de la couche d’ozone stratosphérique. Selon ses calculs, cosignés par une équipe internationale de chercheurs et publiés dans la revue Atmospheric Chemistry and Physics Discussions, la production d’un litre de carburant issu de l’agriculture peut contribuer jusqu’à deux fois plus à l’effet de serre que la combustion de la même quantité de combustible fossile.

Le constat semble paradoxal. La combustion d’un agrocarburant est en effet neutre du point de vue du carbone : elle ne relâche dans l’atmosphère que le carbone préalablement absorbé par la plante. Mais, dans leurs travaux, Paul Crutzen et ses coauteurs se sont penchés sur les émissions de protoxyde d’azote (N2O) dues à l’agriculture intensive. Gaz qui, à quantité égale, contribue 296 fois plus à l’effet de serre que le dioxyde de carbone (CO2).Or le N2O est produit en quantité par l’agriculture. Une part des engrais azotés utilisés pour augmenter les rendements est en effet dégradée - par les sols, en particulier - en N2O. Le fait est connu : le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) estime, dans son dernier rapport, le “taux de conversion” de l’azote des fertilisants en protoxyde d’azote à environ 1 %. Selon M. Crutzen et ses coauteurs, ce taux est plus vraisemblablement situé entre 3 % et 5 %. Cette différence change la donne. Surtout pour les plantes dont la croissance exige de grandes quantités d’azote.

Avec un tel “taux de conversion”, la combustion de biodiesel issu du colza (80 % de la production européenne de cet agrocarburant) contribue ainsi 1 à 1,7 fois plus au réchauffement que l’utilisation d’une énergie fossile en quantité équivalente. Ce même coefficient est compris entre 1,3 et 2,1 pour le bioéthanol issu du blé et entre 0,9 et 1,5 pour celui issu du maïs. La seule culture dont l’utilisation sous forme de combustible est, selon les estimations des chercheurs, bénéfique au regard du changement climatique, est la canne à sucre, dont le coefficient est toujours inférieur à 1 (compris entre 0,5 et 0,9).

Pour parvenir à un “taux de conversion” de l’azote agricole en N2O d’environ 1 %, les expe