FRANCE:40 milliards de déficit du commerce extérieur français, et alors ?!

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>>..ou si vous préférez un résumé,voilà!

«L’économie innovante ne se juge pas à l’aune de ses exportations»

Débat. Pourquoi le niveau record du déficit commercial n’est-il pas un problème ?

Recueilli par CHRISTOPHE ALIX et GUILLAUME DUVAL (Alternatives économiques)

QUOTIDIEN : lundi 18 février 2008 

Fustigeant «l’hystérie du déficit commercial français» dans une intervention très commentée par les internautes sur le blog des éco-comparateurs de Libération.fr, Alexandre Delaigue soutient, à rebours du discours ambiant sur la perte de compétitivité de l’économie française, que le solde négatif de 39,2 milliards d’euros enregistré en 2007 n’a «aucune importance». Explications avec cet «éconoclaste» aux raisonnements «contre-intuitifs» et très macroéconomiques.

Pourquoi dites-vous que notre solde du commerce extérieur fortement dégradé «n’a aucune signification» ?

Le rapport entre le niveau des exportations et celui des importations de marchandises n’est pas un bon indicateur de la santé économique d’un pays. D’autres ont une signification claire – le Produit intérieur brut (PIB) qui mesure la croissance, le taux de chômage, etc. -, mais dans le cas du commerce extérieur, il ne s’agit que d’une composante d’un ensemble bien plus vaste que l’on appelle la balance des paiements. Elle inclut la totalité des activités et transactions (services, investissements, revenus…) réalisées par la France avec l’étranger. Rapporté à cet ensemble, le déficit du commerce extérieur représente finalement une toute petite somme.

En quoi cela minimise-t-il la contre-performance du commerce extérieur français ?

Selon qu’une économie est plus orientée vers l’industrie ou les services, selon qu’elle reçoit peu ou beaucoup d’investissements de l’étranger, qu’elle attire ou non des touristes, la structure de sa balance des paiements va être différente. Alors que l’Allemagne affiche un excédent commercial record de 200 milliards d’euros, elle reçoit deux fois moins d’investissements étrangers que la France, qui reste la troisième terre d’accueil mondiale dans ce domaine.

Où voulez-vous en venir ?

Ce sont justement ces arrivées de revenus qui créent une balance commerciale déficitaire et font qu’il est moins «rentable» pour une entreprise de satisfaire les marchés étrangers plutôt que son marché local. A la différence de l’Allemagne qui ne consomme plus et gèle, voire baisse, les salaires afin de doper sa compétitivité à l’export, la France a une économie plus tournée vers les biens de consommation et la satisfaction de sa demande intérieure. Sur les seize dernières années, la consommation, qui compte finalement plus que les exportations dans le bien-être national, s’est accru deux fois plus vite en France qu’en Allemagne ! A court terme, le meilleur moyen de rétablir le commerce extérieur serait de baisser les salaires, favoriser cette soi-disant «politique de l’offre» réclamée par le Medef. Mais ce qui est bon pour une firme ne vaut pas forcément pour un pays.

Vous avez des exemples ?

Ils sont légion. Ce sont les Européens qui ont connu les plus forts déficits ces dernières années, comme l’Espagne ou la Grande-Bretagne qui ont le plus bénéficié de la croissance. En France, le solde commercial s’est accru dans les périodes de récession (début des années 90) et détérioré dans des périodes de croissance plus forte (1998-2003). Le Japon qui accumule depuis quinze ans des excédents records sort à peine de son marasme économique. Quant à l’abyssal trou américain, il n’a pas empêché ce pays, au contraire, de bénéficier d’une croissance record ni de créer une richesse colossale en poussant à fond sa spécialisation dans la nouvelle économie du savoir, considérée comme la clé de la croissance au XXIe  siècle. En faisant fabriquer ses iPod en Asie, Apple creuse le déficit commercial américain. Mais au final, les revenus d’Apple n’enrichissent-ils pas l’Amérique ?

Le problème de la France n’est-il pas que son déficit ne s’accompagne pas d’une croissance forte et n’est pas «compensé» par l’émergence de Google tricolores ?

Les problèmes de l’industrie française ne sont pas uniquement structurels, comme on l’entend, mais aussi conjoncturels. Sans revenir sur le niveau de l’euro ou la facture énergétique, les difficultés d’Airbus viennent par exemple d’une gamme en fin de cycle alors que Boeing a renouvelé la sienne. A trop se focaliser sur l’impact symbolique du commerce extérieur, on risque à la fois d’exercer, comme en Allemagne, une pression à la baisse excessive sur les salaires qui serait dommageable à l’économie dans son ensemble, mais également d’aider des secteurs peu intéressants.

Que voulez-vous dire par là ?

L’idée de cibler un type d’entreprises, les PME exportatrices, et de prendre exemple sur le dynamisme allemand dans les biens intermédiaires, alors même que les besoins d’équipement des pays émergents ont un caractère moins pérenne à long terme que les biens de consommation – c’est le directeur de la Coface [Caisse française d’assurance pour le commerce extérieur, ndlr] qui le dit – risque d’égarer la France sur la voie d’une mauvaise spécialisation. Une économie innovante ne se juge plus à l’aune de ses exportations. Quitte à ce qu’elle vienne d’ailleurs,il est au fond plus rentable de diffuser l’innovation sur son territoire – pensez à ce qu’a apporté le PC à la productivité française – que de s’escrimer à la soutenir en subventionnant un Bull comme on l’a fait pendant des années. Les symboles c’est bien, mais ce qui compte pour l’économie, c’est ce dont on dispose pour la consommation.

FRANCE; supprimer des emplois ? c’est »normal »…

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Revitaliser les territoires, un travail de longue haleine

LE MONDE ECONOMIE | 18.02.08
« Je ne peux pas concevoir que l’on puisse fermer l’usine de Creil. » Cette réponse de Jacques Chirac, le 10 février 1995, en pleine campagne présidentielle, à un délégué syndical de Chausson, l’équipementier-carrossier, revient en écho aux déclarations de Nicolas Sarkozy, dix ans plus tard, devant les ouvriers de l’usine ArcelorMittal de Gandrange en Moselle menacée de 595 suppressions d’emplois. Le chef de l’Etat a promis « un contre-projet industriel » et « des investissements » publics pour « maintenir l’usine en activité ». Celle de Creil sera bel et bien fermée le 30 mars 1996, moins d’un an après l’élection de Jacques Chirac à la présidence de la République.

L’usine Kléber à Toul (826 emplois), les cristalleries d’Arques dans le Pas-de-Calais (2 600 emplois menacés), l’Imprimerie nationale…, les annonces de fermeture ou de restructuration se succèdent, et suscitent les mêmes réactions indignées des salariés – qui opposent leur situation aux résultats financiers florissants de leurs employeurs – et des élus locaux, qui dénoncent les effets de telles décisions sur leur territoire. Surtout lorsque celui-ci, comme la Lorraine, a déjà vécu le long et douloureux traumatisme de la restructuration de la sidérurgie.

« UN MODE DE GESTION NORMAL »

Pourtant, les choses ont changé. « Il y a vingt ans, les crises concernaient successivement des secteurs déterminés – le charbon, la sidérurgie, l’armement, le textile – et des sites localisés ; l’Etat pouvait déployer des moyens importants et imposer ses solutions, remarque Jean-Michel Demangeat, ancien de la sidérurgie lorraine devenu PDG de Sofred, un cabinet de conseil aux entreprises pour la gestion des restructurations. Aujourd’hui, l’accélération des mutations technologiques et la mondialisation font que les restructurations concernent tous les secteurs, tous les territoires, à tout moment. » Même si l’attention ne se porte que sur un ou deux exemples spectaculaires, le ministère du travail a reçu notification d’environ 17 000 « plans de sauvegarde de l’emploi » (plans sociaux) depuis 1995, en moyenne 1 400 par an. « Les restructurations ne sont plus seulement le résultat de crises affectant des entreprises en difficulté, mais un mode de gestion normal des firmes. Leur mise en oeuvre est dictée par un arbitrage entre des localisations d’investissements dont les avantages et les inconvénients sont mis en balance, explique José Allouche, professeur à l’Institut d’administration des entreprises de Paris. Ce qui explique qu’un groupe qui gagne de l’argent puisse fermer une usine profitable, s’il estime que sa stratégie le nécessite. »

Le « traitement » des restructurations a lui aussi changé – ce qui explique que la plupart d’entre elles ne suscitent pas l’attention des médias et des politiques. « Information et consultation des partenaires, traitement social et obligation de revitalisation des territoires financés par les entreprises : nous avons en France le dispositif le plus complet », reconnaît Frédéric Bruggeman, coordinateur international du projet Monitoring Innovative Restructuring in Europe (MIRE). La loi de modernisation sociale de Lionel Jospin (2002) en fixait les grandes lignes, mais les décrets d’application avaient tardé ; la loi Borloo (2005) les a instituées. « Nous disposons d’une palette d’outils et de financements qui permet d’obtenir de bons résultats, juge M. Demangeat. Aux acteurs locaux de les mettre en oeuvre. » L’application de ce dispositif, estime M. Allouche, permet aux travailleurs qualifiés de retrouver en général un emploi, et la coordination des acteurs – quand les querelles institutionnelles sont surmontées – permet de créer les conditions d’un nouveau développement économique, basé sur les PME et la diversification des activités. Des solutions jugées préférables par les experts à la reprise de l’activité existante, souvent privilégiée par les élus locaux et les syndicats : « Les grands groupes ne tiennent pas véritablement à laissser la place à un concurrent viable. Dans les faits, de repreneur en repreneur, on assiste à des fermetures en sifflet », note M. Demangeat. Restent les moins qualifiés, jusque-là traités par « les mesures d’âge » : l’interdiction de celles-ci, à partir de 2009, « posera de graves problèmes », estime M. Allouche.

Ce tableau reste trop optimiste aux yeux de M. Bruggeman. « Le dispositif existe mais il ne marche pas, du moins lorsque les entreprises repoussent jusqu’au dernier moment l’annonce de leur décision. » Or, une restructuration est un phénomène long, en amont de son annonce, lorsque l’entreprise prépare sa stratégie, jusqu’à son aboutissement. L’ensemble des partenaires doivent y être associés, à chaque étape, y compris en matière d’anticipation. « La loi prévoit que les entreprises mettent en place une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC). C’est le cas d’une centaine d’entre elles, il faudrait qu’elles soient des milliers ! », note M. Bruggeman. « La vraie responsabilité des entreprises, c’est l’employabilité de leurs salariés, renchérit M. Demanjeat. Elles doivent les former par rapport aux besoins du marché du travail local, et pas de leurs propres besoins. » Sinon, la crise ne peut être gérée qu’à chaud, et provoquer les rodomontades de politiques impuissants.

Antoine Reverchon

Article paru dans l’édition du 19.02.08.

ETATS-UNIS:les primaires ,résultats partiels au 21 fevrier

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TOLERANCE et laicité,l’avertissement d’Ayaan Hirsi Ali

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17 février 2008 18:02 fortephilippe 10862 Modifier le billet

L’avertissement d’Ayaan Hirsi Ali

Ayaan Hirsi Ali. Photo reuters

LE MONDE 2 | 14.02.08

L’ex-députée néerlandaise a été condamnée à mort par des islamistes d’Amsterdam, parce qu’elle défend la laïcité à la française. Les thuriféraires du fait religieux devraient y réfléchir.

Certes, pour mille raisons, la comparaison ne vaut pas. Mais livrons-nous cependant à l’exercice de religion-fiction suivant : quelle serait la réaction de l’opinion publique française si le chef de l’Eglise catholique, disons l’archevêque de Paris, déclarait que l’adoption, pour partie, de la charia – la loi islamique – était devenue en France inévitable ? Il y a fort à parier qu’il s’ensuivrait un tollé considérable et que la perspective de voir certaines affaires familiales – divorce, garde des enfants, héritage, etc. – confiées à des tribunaux musulmans déchaînerait les passions. C’est, cette fois pour de vrai, exactement ce qui vient d’arriver en Grande-Bretagne après les déclarations de l’archevêque de Canterbury, Rowan Williams. Réputé progressiste au point de considérer qu’Al-Qaida a “de vrais objectifs moraux”, le chef de l’Eglise anglicane a en effet estimé qu’il “est possible de trouver ce qui serait un arrangement constructif avec certains aspects de la loi islamique comme nous le faisons déjà avec des aspects d’autres lois religieuses”. Il n’en fallut évidemment pas davantage pour que les éditorialistes des quotidiens anglais fustigent cette curieuse annonce et que le premier ministre Gordon Brown prenne immédiatement ses distances avec les déclarations de l’archevêque.

D’une manière générale, ainsi que le montrait la semaine dernière le dossier principal de Courrier international, l’Europe fait face aujourd’hui à une offensive des Eglises ; offensive relayée par le président de la République française, Nicolas Sarkozy, qui dans deux discours récents, à la basilique Saint-Jean-de-Latran à Rome et, quelques jours plus tard, à Riyad, s’en prit à la culture laïque en ces termes : “Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, même s’il est important qu’il s’en approche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance.” Le pape Benoît XVI qui, le 13 septembre 2006 à l’université de Ratisbonne, avait invité les religions du Livre à occuper l’espace laissé vacant par les idéologies modernes peut être satisfait. Un peu partout en Europe, le militantisme religieux reprend de la vigueur.C’est dans un tel contexte qu’Ayaan Hirsi Ali est arrivée à Paris pour y recevoir le prix Simone-de-Beauvoir. Ex-députée néerlandaise, cette jeune femme d’origine somalienne a été condamnée à mort il y a un peu plus de trois ans par des groupes islamistes d’Amsterdam. Son crime ? Avoir fait voter une loi contre l’excision des petites filles et défendre sans cesse, où qu’elle se trouve, les principes de la “laïcité à la française”. Benoît XVI et Nicolas Sarkozy ne sont évidemment pour rien dans son malheur, mais sa seule présence à Paris résonnait comme une sorte d’avertissement. Quant à l’archevêque de Canterbury, on ne saurait trop lui conseiller la lecture du dernier ouvrage d’Abdelwahab Meddeb : Sortir de la malédiction. L’islam entre civilisation et barbarie (Seuil), dans lequel il dénonce les incohérences entre la charia et la tradition juridique européenne. Un exemple : dans la sourate “Les Femmes”, s’agissant de l’héritage, on peut lire : “Au mâle, portion semblable à celle de deux filles…”

Franck Nouchi

UNION EUROPEENNE et independance du Kosovo:dislocation ou unification du continent?

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Edito du Monde

L’Europe et le Kosovo

LE MONDE | 16.02.08

De l’indépendance du Kosovo, qui devait être proclamée dimanche 17 février, on pourrait dire ce que disait Churchill à propos de la démocratie : c’est la pire des solutions, à l’exception de toutes les autres. L’Union européenne, qui tiendra le nouvel Etat sur les fonts baptismaux, le sait bien. Elle s’apprête à envoyer dans l’ancienne province de Serbie la plus importante mission qu’elle ait jamais décidée dans le cadre de sa politique de sécurité et de défense. Quelque 2 000 policiers, juges, douaniers vont s’ajouter aux 15 000 soldats de la KFOR pour « surveiller » l’indépendance du Kosovo.

Certes, les albanophones, qui représentent 90 % des deux millions d’habitants du Kosovo, sont favorables, dans leur écrasante majorité, à une indépendance qui apparaît comme l’issue logique de la guerre de 1999. Ils estiment même avoir fait preuve d’une longue patience après des années de résistance passive contre l’oppression serbe exacerbée à la suite de l’arrivée au pouvoir à Belgrade de Slobodan Milosevic, à la fin des années 1980, et après dix ans de tutelle onusienne. Mais l’indépendance, soutenue aussi par les Etats-Unis, suscite de fortes oppositions. De la part des Serbes, d’abord. Ceux-ci considèrent le Kosovo, où se trouve le Champ des Merles, haut lieu de leur défaite contre les Ottomans en 1389, comme le berceau de leur nation. Des Russes aussi, qui se sentent floués par les Occidentaux. De certains pays de l’UE, qui craignent, par contagion, de voir leurs minorités revendiquer les mêmes droits que les Kosovars.L’Europe se présente encore une fois dans les Balkans en ordre dispersé. A la différence des années 1990 cependant, quand la Yougoslavie s’est effondrée, elle ne se déchirera pas. Elle est décidée à sauver les apparences. Même si certains parmi les vingt-sept membres de l’UE ne reconnaîtront pas le nouvel Etat, aucun ne s’est opposé à la mission au Kosovo.

Il n’en demeure pas moins que l’Europe joue à contre-emploi. Fondée sur le dépassement des nationalismes, elle donne l’impression de récompenser le nationalisme kosovar. Au nom de quoi refusera-t-elle l’autodétermination des Serbes de la région de Mitrovica, au nord du Kosovo, voire celle des Serbes de la Republika Srpska en Bosnie-Herzégovine ? Au nom de la raison d’Etat ?

Loin d’être comme chacun l’espère le dernier soubresaut de la dissolution de la Yougoslavie, l’indépendance du Kosovo ne serait alors qu’un nouvel épisode de l’instabilité balkanique. Pour conjurer ce danger, l’UE devra s’investir, plus encore qu’elle ne le fait actuellement, dans toute la région. Et en particulier en Serbie, qui doit pouvoir croire en son avenir européen. Cette politique coûtera cher en ressources matérielles et humaines. Les Européens doivent en être conscients.

RUSSIE:Poutine,au delà de la propagande.

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Poutine et la Russie:pour aller au delà de sa propagande

15 février 2008 21:18 fortephilippe 41) T-HISTOIRE, 42)T-GEO, Term. Modifier le billet

-Une analyse et des references:

Russie : L’empire contre-attaque ?

(documentaire FRANCE 2)

Le 2 décembre, les élections législatives russes devraient sacrer la victoire écrasante des listes du parti Russie Unie, emmenées par Vladimir Poutine. Après 8 ans de présidence, l’homme fort du Kremlin envisage de devenir Premier ministre. Autant dire que Vladimir Poutine va rester au pouvoir, ou dans son périmètre, probablement pour très longtemps… Selon les sondages, une large majorité de Russes est d’ailleurs favorable à ce scénario. La côte de popularité de Poutine atteint 70 %. Rien de vraiment étonnant quand les prix du pétrole et du gaz, dont la Russie est le premier producteur mondial, sont au plus haut. Le niveau de vie général s’élève comme les ambitions internationales du Kremlin. Vladimir Poutine a rendu la fierté à son peuple. Moscou a aujourd’hui les moyens financiers de sa politique, qu’elle plaise ou non aux Occidentaux. Et les médias russes sont aux ordres… Quels sont les mécanismes de la popularité de Vladimir Poutine ? Comment agit-il en profondeur sur la société russe ? Qui sont ses conseillers ? Ses mentors ? Est-il encore possible de s’opposer à ses desseins ? La Russie redevient-elle une menace pour l’Occident ? Première puissance énergétique mondiale, mais aussi deuxième marchand d’armes, la Russie est à nouveau incontournable sur la scène internationale. Ce qui s’y passe influera, que nous le souhaitions ou non, sur l’avenir de notre monde.
Russie : l’empire contre-attaque ? c’est le 19e numéro d’Un oeil sur la planète.

Reportages:

Fiers d’être russe ?
Un reportage de Ioulia Kapoustina et Thierry Breton.

La popularité du président russe tient à la fierté retrouvée de la population qui gratifie Poutine d’avoir rendu son prestige à la Russie. Symboles, hymne, religion, armée, tout est prétexte à exalter la grande histoire russe, quitte parfois à la re-écrire. Des organisations de jeunes nationalistes n’hésitent à montrer leur force quand “l’honneur russe est bafoué”. Dans une fédération russe multiple et multiconfessionnelle, les dérapages sont inévitables…

De l’or sous les pieds
Un reportage de Tania Rakhmanova et Andreï Erastov.

Khanty-Mansiysk est la vitrine d’une Russie qui se découvre immensément riche, avec de l’or sous les pieds. 60 % du pétrole russe sont extraits de ce sous-sol en Sibérie occidentale. Dans ce petit Koweit russe, l’argent coule à flots. L’aéroport est moderne, la ville très bien entretenue, l’hôpital dernier cri. Et la classe moyenne se développe et consomme comme dans les capitales occidentales. Mais ce tableau n’est-il pas trop beau ? Il suffit de gratter un peu pour découvrir l’envers du décor…

Un Tsar sous influence ?
Un reportage de Anne Ponsinet et Volodia Poliansky.


 

Vladimir Poutine a fait sa carrière au KGB avant de rejoindre la mairie de Saint-Pétersbourg, puis l’administration présidentielle au Kremlin. A chaque fois, il s’est constitué des réseaux. Aujourd’hui, ses hommes de confiance sont aux postes-clé de la finance, de l’administration, des médias et de l’industrie russe. Mais les clans s’affrontent dans un système opaque. Vladimir Poutine a-t-il vraiment tous les leviers du pouvoir ? est-il l’arbitre ou l’otage de ses clans ?

La flamme de la résistance
Un reportage de Manon Loizeau et Didier Dahan.

Il faut être courageux pour s’opposer aujourd’hui au Kremlin. Malheur à celui qui ose déranger l’hégémonie de Vladimir Poutine. Au mieux, on l’ignore – les médias boycottent les rassemblements de l’opposition – au pire, on lui nuit. Menaces, sanctions, intimidations, violences, la gamme des coups portés aux récalcitrants est variée. 21 professionnels de la presse ont déjà payé de leur vie des enquêtes dérangeantes pour le pouvoir. Mais dans un pays qui a déjà connu le goulag, des hommes, comme l’ancien champion du monde d’échecs, Garry Kasparov, se battent encore pour des idéaux de liberté et de démocratie.

Vivre à 101 kilomètres de Moscou
Un reportage de Laurent Boussié et Didier Dahan.

Tout le monde ne bénéficie pas des retombées du boom économique. Si la frénésie de consommation gagne les villes, les campagnes restent les grandes oubliées. Les Russes disent que la civilisation s’arrête à 100 kilomètres de Moscou. Une de nos équipes est allée voir ce qui se passait au-delà. Edifiant. La Russie profonde, c’est encore un autre monde…

Bibliographie

De Thierry Wolton « Le KGB joue, perd et gagne »
Editions Buchet-Chastel- Janvier 2008

De N.Bokov, Elena Bonner, Marc Dugain, Galia Ackerman « Hommage à Anna Politkovskaïa »
Editions Buchet-Chastel- Octobre 2007

De Garry Kasparov « La vie est une partie d’échecs »
Editions J C Lattès- Octobre 2007

De Jean Radvanyi « La nouvelle Russie »
Editions Armand Colin- Collection U- Septembre 2007

De Pascal Marchand « Atlas géopolitique de la Russie »
Editions Autrement-Collection Atlas/ Monde- Octobre 2007

De Jean-Robert Raviot « Qui dirige la Russie ?»
Editions Lignes de Repères- Novembre 2007

De Jean-Louis Buër « La Russie »
Editions Le Cavalier bleu Septembre 2007

De François Benaroya « L’économie de la Russie »
Editions La Découverte- Janvier 2006

« La Russie » Questions internationales N°27-
Editions La Documentation française Sept-Oct 2007

De Michel Nazet « La Russie et ses marges : nouvel empire ? »
Editions Ellipses Juin 2007

De Joseph Martinetti «  Peuplement et territoire en Russie »
Editions Ellipses- collection le Bac en tête- Août 1998
Sous la direction d’Yves Boyer et Isabelle Facon « La politique de sécurité de la Russie»
Editions Ellipses- Collection Repères stratégiques- Mars 2000

D’Arnaud Kalika « La Russie en guerre – Mythes et réalités tchétchènes »
Editions Ellipses- Collection mondes réels. Décembre 2004

De Fred Hilgemann « Le Tatarstan- pays des musulmans de Russie »
Editions Autrement Frontières- Octobre 2007

Sous la direction de Pierre Thorez « La Russie »
Editions Armand Colin- CNED- Sedes- collection Capes/Agregation- Septembre 2007

De C. Cabanne et E. Tchistiakova « La Russie- perspectives économiques et sociales »
Editions Armand Colin- Collection U- Juin 2002

De Minassian et Raviot- « La civilisation soviétique de l’URSS à la Russie, de 1917 à nos jours »
Editions Ellipses- Juin 2006

De Patricia Foucart et Bruno Ruffin « La Russie en recomposition »
Editions Ellipses- Collection Zoom Géo- Juin 2004

De Laurent Vinatier « Russie l’impasse tchétchène »
Editions Armand Colin- avril 2007

De Pascal Marchand « Géopolitique de la Russie »
Editions Ellipses- Collection Référence Géopolitique- Aout 2007

Hors série 2007-«  La Russie, géographie des territoires »
In « Revue d’études comparatives Est-Ouest »- Editions Armand Colin-

Volume 37- « Estimation du niveau de vie et de la pauvreté en France et en Russie »
In « Revue d’études comparatives Est-Ouest »- Editions Armand Colin-

Volume 38- « Les mutations du droit et de la justice en Russie »
In « Revue d’études comparatives Est-Ouest »- Editions Armand Colin-

« La Russie »
Guide de voyage Le petit futé

Une sélection de sites sur le web
http://www.france.mid.ru/index_fr.html
Ambassade de la Fédération de Russie en Francehttp://www.rsnet.ru/main/page8.html
Le site officiel (traduit en anglais) du gouvernement russehttp://president.kremlin.ru/eng/
Le site officiel (traduit en anglais) du Président Poutinehttp://www.theotherrussia.org/
Le site officiel (traduit en anglais) de « l’Autre Russie » de Garry Kasparovhttp://www.kprf.ru/
Le parti communiste de la fédération de Russiehttp://dpr.ru/index_e.htm
Le parti Démocratique de la Russiehttp://www.mikhailgorbachev.org/
Le site de l’Ancien Président Mikhail Gorbachevhttp://www.russomania.com/annuaire/index.php?PHPSESSID=
L’annuaire des sites web russes

Interview
Patrick Boitet, rédacteur en chef d’Un oeil sur la planèteLa Russie, le plus vaste Etat du monde, un territoire hybride qui s’étend de l’Europe à l’Asie. Un paradoxe parmi tant d’autres. Plus que jamais, le pays multiplie les antagonismes et les contradictions. Le magazine international de la rédaction – présenté par Thierry Thuillier – est parti à la rencontre de la nébuleuse Russie de Vladimir Poutine. Pour nous guider dans ce dédale, Patrick Boitet, rédacteur en chef d’Un œil sur la planèteLe deuxième numéro de la saison est consacré à la Russie, pourquoi maintenant ?
Au départ, cette émission était prévue au printemps prochain et devait coïncider avec l’élection présidentielle de mars 2008. Mais lorsque Vladimir Poutine a annoncé qu’il comptait mener la liste du parti Russie Unie aux législatives du 2 décembre, Thierry Thuillier et moi-même avons immédiatement estimé qu’un changement d’agenda s’imposait. Ces élections risquent de se transformer en plébiscite pour Poutine : on peut légitimement s’attendre à ce que le parti réalise un score colossal.De quelle manière avez-vous observé la Russie ?
Nous avons essayé d’analyser le fonctionnement et la situation actuelle du pays en proposant comme toujours des entrées multiples et des angles d’études divers : la politique, l’économie, etc. Il était donc évident que la personnalité complexe et ambiguë de Vladimir Poutine constituerait le fil d’Ariane de notre réflexion. Pour appréhender les mutations et les réalités de la Russie d’aujourd’hui, il était indispensable de saisir les mécanismes de la popularité de son dirigeant et de définir les rouages de son système politique.Vladimir Poutine est controversé hors de ces frontières et plébiscité par ses concitoyens. Comment expliquer ce phénomène ?
Pour nous, Occidentaux, Poutine incarne avant tout une figure dictatoriale, une menace idéologique. Mais il faut comprendre que, pour la population russe, il a accomplit des choses positives : il a redoré le blason de l’armée en remportant la seconde guerre de Tchétchénie, il est parvenu à faire respecter le pouvoir du Kremlin, à restructurer l’identité nationale russe et à accroître le pouvoir d’achat… Aujourd’hui, et au terme de sept années de pouvoir, force est de constater que le niveau de vie en Russie – productrice de pétrole et de gaz – a considérablement augmenté et que le chaos et l’anarchie – provoqués par l’éclatement de l’URSS – ont laissé place à un semblant d’ordre. Il ne s’agit pas de le dédouaner, mais d’étudier toutes les facettes du personnage et les raisons objectives de sa popularité.L’opposition parvient-elle encore à exister et à se faire entendre ?
Les nouvelles règles électorales du scrutin législatif contribuent à éliminer les partis d’opposition. De ce fait, seuls le parti du président et les communistes sont réellement représentés. Les opposants n’ont pas leur place en Russie : ils sont privés d’antenne, interdit de médias et malmenés – psychologiquement et physiquement. La lutte pour éradiquer les détracteurs du chef du Kremlin n’a jamais été aussi forte. Depuis que Vladimir Poutine est au pouvoir, dix-neuf journalistes ont été assassinés. A l’heure actuelle, il faut un courage considérable pour s’ériger contre les sbires du régime.Justement, dans un pays où la liberté de la presse est menacée, de quelle manière les journalistes qui ont collaboré à l’émission se sont-ils préparés au tournage ?
Pour des raisons de discrétion et de sécurité, tous ont demandé à partir avec une équipe légère. Dans un tel contexte politique, ils ont estimé qu’il était préférable de se déplacer en prenant les précautions maximales. Les Russes peuvent être imprévisibles dans ce genre de situation, nous avons donc préféré jouer la carte de la prudence…Au final, quelle Russie avez-vous découvert ?
Même si le pays redresse la tête, les problèmes subsistent. Certes Moscou est sans conteste l’une des villes les plus chères au monde, certes il existe désormais une classe moyenne qui consomme et voyage, mais la réalité n’est pas identique partout. A seulement quelques kilomètres de la capitale, certains villages ne disposent pas de l’eau courante, ne reçoivent la visite d’un médecin qu’une fois par an et subissent une véritable crise démographique. Une partie du pays vit dans un dénuement total… Ce constat relativise la menace d’un régime que certains décrivent comme étant sous la coupe d’une puissante clique mafieuse. Une fois encore, Un œil sur la planète tente de montrer la réalité telle qu’elle est et non pas telle qu’on voudrait qu’elle soit.Propos recueillis pas Sandra Lonchamp

-pour regarder le documentaire:

——–)   http://oeil-sur-la-planete.france2.fr/36826204-fr.php

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CHINE:QUELLE LIBERTE D’EXPRESSION ?

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Liberation-09 02 08

Chine: Reporters sans frontières déplore le bal «des faux-culs et des lâches»

Un Chinois se fait photographier avec le T-shirt de RSF vendredi à Paris (AFP).

L’association de défense de la liberté de la presse organisait vendredi une opération à Paris pour dénoncer la répression en Chine, à 6 mois des JO.

François Meurisse

LIBERATION.FR : vendredi 8 février 2008

Robert Ménard est très en colère. A six mois des Jeux olympiques d’été de Pékin, le secrétaire général de Reporters sans frontières fustige sans retenue l’attitude des autorités chinoises. «Quand les Chinois ont obtenu les JO en 2001, ils ont promis une liberté de la presse totale. Les engagements n’ont pas été respectés. Ils se sont foutus de nous.»

Des déclarations faites vendredi à la mi-journée dans le quartier des Grands Magasins à Paris où RSF organisait une opération «Pékin 2008» : les Parisiens étaient invités se faire prendre en photo avec un T-shirt noir, représentant les anneaux olympiques en forme de menottes. Objectif de la manifestation, réaliser une affiche – prochainement visible dans les gares parisiennes et peut-être dans le métro – avec tous les portraits. Selon l’association de défense de la liberté de la presse, 31 journalistes sont emprisonnés en Chine ainsi qu’une cinquantaine de cyberdissidents.
Mais Robert Ménard, qui porte lui-même le T-shirt de son organisation, ne s’en prend pas seulement aux Chinois. Selon lui, le Comité international olympique (CIO) et son président Jacques Rogge entretiennent un silence coupable. «Jacques Rogge avait dit qu’il réagirait chaque fois qu’il serait informé d’une atteinte aux droits de l’homme. Or, il n’a jamais rien dit. Tout ce qui l’intéresse, c’est la qualité des hôtels et les sponsors !» Dernier visé, Nicolas Sarkozy, «pas à la hauteur de ses engagements» non plus vis-à-vis du pouvoir chinois. En résumé, «on a l’impression d’avoir à faire à des faux-culs et des lâches». Pour autant, le secrétaire général de Reporters sans frontières refuse d’appeler au boycott des Jeux. «On n’est pas contre les JO, ni contre le sport ou la Chine. Nous, on ne veut pas gâcher la fête mais les autorités chinoises sont en train de le faire.»

Dans la rue piétonne, les passants font la queue pour qu’on leur tire le portrait. Un haut-parleur crache une petite musique chinoise. Jean-Jules vient de poser pour la photo : «Il est indispensable que les journalistes puissent travailler en liberté et surtout critiquer. Je ne sais pas si la situation peut évoluer rapidement en Chine mais avec la pression internationale, les choses bougent».

La preuve ce vendredi même puisque Yu Huafeng, directeur du journal libéral Nanfang Dushi Bao et emprisonné depuis 4 ans, vient d’être libéré. Mais pour Vincent Brossel, responsable du bureau Asie de RSF, le pouvoir souffle le chaud et le froid. «Le journaliste hongkongais Ching Cheong a lui aussi été libéré récemment mais le dissident Hu Jia a, lui, été arrêté le 27 décembre dernier pour «incitation à la subversion au pouvoir de l’Etat». Il y a des avancées du côté des journalistes mais chez les dissidents, ça tape !»

Un autre secteur où «ça tape», c’est sur le web selon Clotilde Lecoz, responsable du bureau Internet et libertés : «A l’heure où tout le monde se demande s’il faut réguler Internet et comment le faire, la Chine est en train d’installer un modèle juridique très restrictif qui risque de faire tâche d’huile au Vietnam, en Birmanie, etc.»

Entre les curieux, les volontaires pour la photo et les journalistes, un vieil homme est très énervé. C’est un dissident chinois installé de longue date à Paris. «En Chine, on dit que les Jeux, c’est pour le peuple. C’est faux, les JO c’est pour le régime ».

CHINE: JO et restriction des libertés.

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La liberté d’expression des athlètes sera encadrée pendant les Jeux olympiques de Pékin

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LE MONDE | 15.02.08 |
Un peu moins de six mois avant le début des Jeux olympiques, qui se dérouleront à Pékin du 8 au 24 août, la question de la liberté d’expression des athlètes pendant la compétition vient en troubler les préparatifs. En quelques jours, plusieurs prises de position sont venues rappeler que, malgré le souci des autorités chinoises de ne donner à l’événement qu’un visage sportif et festif, la situation des droits de l’homme dans le pays, les relations avec Taïwan et l’implication de la Chine auprès du Soudan en pleine guerre civile au Darfour seront difficilement absentes du feuilleton olympique d’ici le début du mois d’août.

La règle 51 de la Charte olympique stipule, dans son alinéa 3, qu’« aucune sorte de démonstration ou de propagande politique, religieuse ou raciale n’est autorisée dans un lieu, site ou autre emplacement olympique ».

Intitulée « Publicité, démonstrations, propagande », cette règle s’attache avant tout à encadrer les possibilités d’afficher des marques commerciales sur les tenues et équipements des participants aux Jeux selon les principes édictés par le Comité international olympique (CIO), que développe le texte d’application de cette règle, joint dans la Charte. Les termes relativement vagues de la règle et de son texte d’application permettent aux instances olympiques, lorsqu’elles le souhaitent, d’inclure sous leur contrôle toute expression politique par les athlètes dans les enceintes où se déroulent les Jeux.

Le texte d’application de la règle 51 prévoit, par ailleurs, que « toute violation (…) peut entraîner la disqualification ou le retrait de l’accréditation de la personne concernée. Les décisions de la commission exécutive du CIO à ce sujet seront sans appel ». Une épée de Damoclès au-dessus de la tête des athlètes.

Ces derniers jours, le débat a été ravivé par une initiative de la British Olympic Association (BOA), le comité olympique britannique, révélée par l’hebdomadaire dominical Mail on Sunday. La BOA a concocté dans le plus grand secret un contrat dont une clause interdit à ses athlètes de s’exprimer sur des sujets « sensibles » lors des JO, sous peine d’exclusion. Le comité olympique britannique s’appuie notamment sur la règle 51 de la Charte olympique, qui interdit toute forme de « démonstration ou propagande politique, religieuse ou raciale ».Par ailleurs, la BOA a prévu d’organiser des stages de formation aux médias pour les athlètes afin de cadrer leur réponse à des questions éventuelles sur les droits de l’homme, le Darfour, le Tibet ou Taïwan. L’argument invoqué est simple : la nécessaire neutralité des sportifs. Selon un porte-parole de la BOA, il s’agit d’éviter « des prises de position publiques fortes telles que le port d’un tee-shirt marqué « Libérez le Tibet«  ». Un point de vue qui n’est pas étranger au sport britannique puisque, lors des matches de football du championnat anglais, il est interdit aux joueurs d’arborer un maillot frappé d’un slogan politique sous peine de lourdes pénalités.

Cette initiative de la BOA a provoqué de nombreuses réactions. En apprenant la tentative du comité olympique de museler les athlètes à Pékin, Richard Vaughan, champion britannique de badminton, s’est fâché, le 12 février, à propos du conflit du Darfour : « Alors que beaucoup de pays ont essayé d’isoler le Soudan en rompant les relations économiques, la Chine a largement soutenu le gouvernement de Khartoum, particulièrement dans le domaine pétrolier. »

Outre la question des relations politiques entre les deux pays, les arrière-pensées économiques ne seraient pas non plus absentes de l’initiative de la BOA. Beaucoup y ont vu l’influence du 10 Downing Street, soucieux de développer les liens avec la Chine après la visite en janvier du premier ministre, Gordon Brown.

Les ONG Reporters sans frontières et Article 19 ont, de leur côté, dénoncé le « manque de courage qui caractérise certains responsables du mouvement olympique aujourd’hui ». Selon ces deux organisations, les comités olympiques du Canada, des Etats-Unis, des Pays-Bas et de la Belgique se sont publiquement engagés à respecter la liberté d’expression de leurs athlètes. De son côté, le gouvernement chinois n’est pas demandeur d’une telle clause mais exige des participants le respect de la Charte olympique qui interdit la propagande dans les enceintes olympiques. Face à la tempête, le comité olympique britannique a fait marche arrière en précisant que son projet allait être amendé, car son intention n’était pas « de limiter la liberté de parole des athlètes ».

La polémique lancée en Angleterre a suscité des réactions dans d’autres pays. En France, Bernard Laporte, secrétaire d’Etat aux sports, a expliqué, mardi 12 février, que les athlètes français ne seraient soumis à aucune consigne du gouvernement en matière de liberté de parole. « Celui qui a envie de s’exprimer a le droit de s’exprimer, chacun fait ce qu’il veut, on est en démocratie », a lancé Bernard Laporte, qui a ajouté : « Ce que l’on souhaite, c’est qu’ils courent vite et qu’ils sautent haut, c’est ça les Jeux olympiques, ramener des médailles. »

De son côté, Henri Sérandour, président du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), a précisé jeudi 14 février dans un communiqué, que le CNOSF « respecte la liberté individuelle d’expression des athlètes », en accord avec le principe fondamental no 5 de la Charte olympique qui rejette « toute forme de discrimination à l’égard d’un pays ou d’une personne fondée sur des considérations de race, de religion, de politique, de sexe ou autres ». Mais, dans le même temps, le président du CNOSF note que les athlètes ont pour « obligation de respecter les obligations de la Charte olympique », et notamment sa règle 51.

Par ailleurs, au milieu de cette série de communiqués et de prises de position, le Comité international olympique (CIO) a démenti, jeudi 14 février, que son président, Jacques Rogge, avait signé un appel demandant à la Chine d’user de son influence auprès du Soudan afin que soit mis un terme au conflit actuel au Darfour, contrairement à ce qu’avait affirmé, le même jour, le quotidien britannique The Independent. Le débat sur les prises de position politiques lors des Jeux n’est pas nouveau. Outre la confiscation des Jeux de Munich en 1936 par Hitler, et le boycott des Jeux de Moscou par une cinquantaine de nations dont les Etats-Unis, ils avaient pris un tour particulier en 1968, lors de ceux de Mexico, lorsqu’au terme de la finale du 200 mètres, les coureurs américains Tommie Smith et John Carlos, arrivés premier et troisième, avaient protesté contre la ségrégation raciale aux Etats-Unis lors de la cérémonie de remise des médailles, en baissant la tête et en pointant, lors de l’hymne américain, leur poing ganté de noir vers le ciel. Un type de manifestation que veulent à tout prix éviter les organisateurs des Jeux de Pékin, cet été.

Bertrand d’Armagnac et Marc Roche (à Londres)

Article paru dans l’édition du 16.02.08.

2è GUERRE MONDIALE et MEMOIRE:contre l’instrumentalisation des enfants et de l’Histoire…

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Shoah en CM2 : les critiques du monde éducatif

Après la lecture de la lettre de Guy Môquet, la demande de Nicolas Sarkozy que chaque élève de CM2 – c’est-à-dire des enfants d’environ 10 ans – perpétue la mémoire d’un des 11 000 enfants déportés de France et victimes de la Shoah soulève les critiques du monde éducatif. Il souligne les « risques psychologiques » pour les élèves.A partir de la rentrée 2008, chaque élève de CM2 devra connaître le nom d’un enfant mort en déportation : il devra faire « une petite enquête sur la famille, le milieu, les circonstances dans lesquelles l’enfant a disparu », a précisé hier Xavier Darcos, le ministre de l’Éducation nationale.
« Cette relation personnelle, affective pourra ensuite permettre de construire un travail pédagogique », a-t-il estimé alors que l’enseignement de la Shoah est aux programmes du CM1 et CM2.
Le SE-Unsa s’est dit « particulièrement choqué » de cette initiative, posant la question : « A-t-on réfléchi à l’impact psychologique possible sur les élèves ? »
« Il y a le risque que l’élève ait un sentiment de culpabilité pour le destin d’un élève duquel il n’est aucunement responsable », a affirmé à l’AFP le Snuipp-FSU (enseignants, majoritaire au primaire), tandis qu’au Sgen-CFDT, on soulignait le danger du « développement d’une certaine morbidité » chez certains enfants.
Un pédopsychiatre confirme : « Je suis totalement contre l’idée de porter de manière individuelle ce genre de poids : c’est beaucoup trop lourd à cet âge-là, les enfants ne sont pas prêts. En revanche c’est un travail qui peut être fait collectivement, en classe », a déclaré Frédéric Kochman, qui dirige une unité pour pré-adolescents et adolescents à l’Établissement public de santé mentale de Lille.

« Il ne faut pas que l’enfant en retire une culpabilisation », a déclaré le président du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France (Crif), Richard Prasquier (lire ci-dessus), qui conçoit cette initiative « plutôt dans son aspect pédagogique que comme un devoir de mémoire ».
Après la demande de Nicolas Sarkozy de faire lire la lettre du jeune résistant communiste fusillé Guy Môquet, le 17 octobre dans tous les lycées, les syndicats d’enseignants s’iritent de ce qu’ils perçoivent comme une nouvelle « injonction » du président : « les collègues en ont assez », souligne le Sgen-CFDT.
Le SE-Unsa déplore que le président vienne « se situer à nouveau sur le terrain de l’émotion, après l’épisode de la lettre de Guy Môquet », au détriment de la compréhension d’un contexte.
« Chaque fois qu’un événement attire l’attention d’un homme politique, il se croit obligé de le renvoyer devant l’école, a réagi Bernard Kuntz, du Snalc-Csen, classé à droite. Il serait bon de laisser faire les enseignants et de leur faire confiance pour transmettre le devoir de mémoire. »

Édition du Ven 15 fév. 2008 DNA

FRANCE: la Logan et pouvoir d’achat…

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Renault dérouté par le carton français de la Logan

Assemblage d’une logan dans une usine indienne. (photo Reuters)

Entreprise. Très courue, la low-cost fragilise le reste de la gamme du constructeur français.

LAUREEN ORTIZ

QUOTIDIEN : vendredi 15 février 2008

«Il n’y aura pas de « loganisation » de Renault», a assuré hier Carlos Ghosn, à l’annonce des résultats du groupe qu’il dirige. Pourtant la Logan a bien été le principal moteur du chiffre d’affaires 2007, en hausse de 1,8 % à 40 milliards d’euros (pour un résultat exploitation qui grimpe de 41 %). Sa percée est spectaculaire dans le monde, mais aussi – et c’est plus gênant pour Ghosn – en France. La voiture entièrement produite à l’étranger (Roumanie, Russie, Inde, Brésil, Iran…) y est arrivée en catimini en 2005, après un revirement de stratégie de Louis Schweitzer (l’ex-PDG) qui, à l’origine, devait réserver la Logan aux pays émergents. Mais pourquoi se priver d’une voiture très profitable, dont la marge (6 à 8 % du chiffre d’affaires) est au moins deux fois supérieure à celle du groupe (3,3 %) ? L’année dernière, en France, les ventes Renault ont baissé de 1,8 % quand celles de Dacia (Logan berline et Logan break) ont explosé de 75 %. Un exploit surtout dû à la très courue version break, qui ressemble de loin à une Scénic, en deux fois moins cher. D’un coup, la low-cost s’est hissée en 13e place du palmarès national, coiffant au poteau la Polo, la Golf ou la Laguna (lire ci-contre). Pris au dépourvu, les concessionnaires voient leur délai de livraison s’allonger : «Il faut compter quatre mois, bientôt cinq, pour la break», explique un vendeur du Val-de-Marne. Deux mois suffisent pour une Clio. «Ce qui plaît aux gens, au-delà de son prix, résume le commercial, c’est qu’elle est entièrement faite de pièces Renault. En plus, elle bénéficie d’une garantie de trois ans au lieu de deux.»

 
   

Involontaire. Un succès fulgurant mais presque involontaire. Le budget publicitaire est quasi nul : à peine le groupe s’accorde-t-il un mini-spot de quinze secondes. «Le business model de la Logan est un modèle à bas coûts, de la production au marketing, explique Jacques Chauvet, directeur commercial France de Renault. On se contente du bouche-à-oreille et des effets d’annonce médiatique.» Deuxième façon de limiter l’engouement, la distribution. Trouver un vendeur n’est pas toujours facile. «Mes collègues m’envoient les clients, je suis devenu spécialiste Logan malgré moi, explique le vendeur. Je le fais, mais pour une commission de 30 euros bruts, moins que pour une Renault.»

Quant aux clients, ils sont difficiles à identifier. S’il s’agit des nouvelles classes supérieures sur les marchés émergents, en France, leur profil est flou. Faisant fi du look, ces automobilistes sont pragmatiques : «Ils ont une vision plus économe, moins statutaire et moins flambeuse du véhicule», reconnaît Jacques Chauvet. La quatre roues au design très dépouillé, vendue à partir de 8 990 euros, ne constitue pas «un marché du pauvre», note Emmanuel Combe, économiste à Paris-I-Sorbonne et coauteur d’un rapport sur le low-cost destiné à Bercy. «Elle capte une clientèle énorme sur le marché de l’occasion et chez les clients qui achètent leur deuxième ou troisième voiture.»

Insaisissable, la Logan se transforme en phénomène encombrant pour le groupe si elle en vient à cannibaliser ses consœurs plus chics. Les ventes de Mégane étaient à la peine en 2007 (- 20 %), comme celle de la Clio (- 15 %). Renault, qui admet être «très attentif» à ce risque, ne constate «à ce stade aucune cannibalisation». «Le marché de l’occasion est plus de deux fois plus grand que celui du neuf», explique Chauvet. «Or, sur 100 acheteurs, 53 n’hésitent avec aucun autre modèle et 31 avec une occasion.»

Les syndicats, pourtant favorables à ce véhicule accessible aux plus modestes, pointent un risque pour l’emploi : «On se mort la queue. La fabrication de la Logan au détriment d’autres modèles pousse à déshabiller les usines françaises, ce qui veut dire moins de salariés, un pouvoir d’achat qui diminue, donc plus de besoins pour le low-cost», note Fabien Gâche, délégué central CGT à Renault. Emmanuel Combe prend lui aussi le risque au sérieux. «Pour la berline de base, l’idée était géniale. Mais le danger est de monter en gamme, en sortant le break, et bientôt le Sandero [un véhicule low-cost commercialisé cet été, ndlr]. Ils prennent le risque d’empiéter sur d’autres modèles comme la Scénic.»

«Prochaine frontière». La Logan est en situation de monopole en France. Et le rival historique de Renault, PSA, a fait le «choix stratégique» de ne pas se lancer dans la course, préférant «monter en gamme pour réaliser des marges plus importantes», confie le PDG Christian Streiff. Mais General Motors s’est déjà déclaré intéressé, via sa filiale Opel. «La Citycar d’Opel, à environ 8 000 euros, est un véhicule de la décennie à venir», a estimé son patron, Hans Demant. Le conglomérat indien Tata envisage, lui, de commercialiser en Europe, d’ici quatre ans, une version de sa fameuse Nano, voiture la moins chère du monde (1 700 euros). «On ne joue pas dans la même cour», répond une porte-parole de Renault. Reste que le français prépare un véhicule à 2 500 dollars fabriqué en Inde. «La voiture pour tous, c’est la prochaine frontière de l’industrie automobile», a déclaré Carlos Ghosn, qui a assuré qu’elle serait limitée aux marchés émergents. Qui sait…

FRANCE: de plus en plus de pub sur Internet…

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En 2007, le nombre d’annonceurs publicitaires sur Internet a progressé de 56%

LE MONDE | 12.02.08 | 11h22

Les marques se bousculent pour communiquer sur Internet. Signe de vitalité de ce média, en France, le nombre d’annonceurs a dépassé les 3 300 en 2007. Soit une progression de 56 % par rapport à 2006. C’est l’un des enseignements de l’étude TNS Media Intelligence présentée conjointement par l’IAB (Interactive Advertising Bureau) et le SRI (Syndicat des régies Internet), mardi 12 février.

« Il y a deux fois plus d’annonceurs sur Internet qu’en télévision », précise Jérôme de la Briffe, président de l’IAB. Le moindre coût d’une campagne publicitaire sur le Web – le rapport est de un à cinq – explique en partie ce différentiel. Mais le coût n’est pas le seul critère. « Parmi les 100 plus gros annonceurs français, 99 sont désormais présents sur Internet. Ce média s’ancre dans le marché publicitaire », affirme Eric Trousset, directeur marketing de TNS Media Intelligence.Tous les secteurs ont rallié le mouvement. « Y compris le luxe même si cela ne représente qu’une faible part de son budget publicitaire », souligne M.Trousset. La sophistication des formats avec le développement de la vidéo favorise l’arrivée d’acteurs soucieux de leur image.

TNS Media Intelligence cite aussi, parmi les autres secteurs dont les investissements sur le Web ont progressé en 2007, la distribution et la grande consommation avec, notamment, les produits d’hygiène et de beauté. A l’inverse, les budgets des pionniers du Web comme les opérateurs de télécommunications ou les voyagistes montrent des signes de stabilisation.

« CONVERGENCE »

Globalement, TNS chiffre la progression des investissements sur Internet à 34,5 % en 2007 avec un total estimé à 2,76 milliards d’euros. Une croissance qui a contribué pour une bonne part à la dynamique d’ensemble du marché publicitaire hexagonal, alors que la radio, la presse, l’affichage et les grandes chaînes hertziennes marquaient le pas.

Toutefois, ces indicateurs sont en données brutes – ils ne prennent pas en compte les taux de remise aux annonceurs, souvent conséquents. De plus, ils ne mesurent pas les investissements consentis par les marques pour être référencées par les moteurs de recherche, les fameux liens sponsorisés, un filon exploité surtout par Google.

C’est d’ailleurs la réticence de l’américain, leader mondial de la publicité sur le Web, à collaborer avec les autres acteurs du marché français qui rend difficile la publication de chiffres nets. « Les investissements nets sur Internet sont compris entre 1,3 et 1,5milliard d’euros, en progression de 35 % », estime Xavier Guillon, directeur de la société d’études France Pub.

Et pour 2008 ? « Même s’il est difficile de juger sur le seul mois de janvier, je ne vois pas de retournement de tendance », affirme Luc Tran-Thang, président du SRI. Mais les chantiers ne manquent pas pour conforter la place d’Internet sur le marché publicitaire. « Nous devons industrialiser ce média et améliorer la mesure d’audience », précise M. Tran-Thang. Pour M. de la Briffe : « Avec la télévision sur le Web, l’Internet mobile, les podcasts, l’heure est à la convergence. Les formats publicitaires devront s’adapter ».

Laurence Girard

MONDIALISATION: la crise boursière,un problème mondial

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Pourquoi la tempête boursière affecte toutes les économies du monde

LE MONDE | 22.01.08 | 10h47

Désormais la crise financière qui sévit depuis l’été 2007 prend des allures de krach boursier. Il faut remonter au 11 septembre 2001 pour trouver une correction d’une telle ampleur. Les marchés financiers ne semblent plus avoir de doutes sur la réalité d’une récession aux Etats-Unis.

Cette crainte et celle de ses conséquences sur les économies asiatiques et européennes ont provoqué lundi 21 et mardi 22 janvier en début de journée de véritables mouvements de panique sur les places boursières. A Paris, après avoir plongé de 6,83 % lundi, le CAC 40 abandonnait encore, mardi, 2,7 % en début de séance. Les principales Bourses européennes, Londres, Francfort et Madrid, qui avaient perdu lundi entre 5,5 % et 7,5 %, cédaient encore, mardi, de 2 % à 5%.

L’Asie a donné le ton. Le marché de Tokyo, deuxième place financière mondiale, a terminé en recul de 5,7 % mardi, à son plus bas niveau depuis septembre 2005. Toujours mardi, la séance a même été suspendue un temps pour éviter des chutes excessives sur les places de Hongkong, Bombay et Séoul. Au final, ces marchés ont enregistré de lourdes pertes, de respectivement 7 %, 8,4 % et 4,4 %.

Illustration de la peur irraisonnée qui s’est emparée un peu partout dans le monde des investisseurs, les valeurs refuges comme les bons du Trésor américains ou le franc suisse s’appréciaient nettement.

Si la Bourse de New York était fermée lundi, en raison de la journée fériée en hommage à Martin Luther King, les courtiers se préparaient à une séance très difficile à Wall Street mardi, espérant secrètement que la place américaine tiendrait.

La spirale baissière tant redoutée semble en tout cas cette fois enclenchée. Les analystes du Crédit suisse mentionnent l’entrée dans une “zone de panique”. Pour qu’un krach boursier se déclenche, “il suffit d’un grain de sable”, affirme Paul Jorion, économiste en Californie.

Pour les investisseurs, ce grain de sable est advenu avec l’annonce de nouveaux déboires dans le secteur financier. Après des pertes de plusieurs dizaines de milliards de dollars enregistrées par les banques américaines, du fait de leurs investissements hasardeux dans les crédits immobiliers à risques (les désormais fameux subprimes), le marché redoute que la contagion s’étende de façon sévère aux banques européennes et asiatiques.

Au-delà de la sphère financière, la crainte tient surtout à la contagion de la crise à l’ensemble de l’économie mondiale. “La situation continue à se détériorer. Nous avions toujours exclu au cours des derniers mois une récession américaine, mais nous ne pouvons plus totalement l’exclure aujourd’hui”, a déclaré à Bruxelles le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker. Quelques jours plus tôt, Alan Greenspan, l’ancien président de la Réserve fédérale américaine (Fed) avait déjà estimé que “les symptômes de la récession” étaient déjà présents aux Etats-Unis.

Pour les investisseurs, les déboires de l’économie américaine, première puissance mondiale, n’épargneront pas l’Asie et l’Europe. M. Juncker a indiqué lundi que la croissance de la zone euro en 2008 serait “inférieure à son potentiel”, évalué autour de 2 %. Jusqu’ici, la Commission européenne tablait sur 2,2 %.

MOUVEMENT “SAIN ET SALUBRE”

A l’occasion de son colloque annuel sur les risques pays, la Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur (Coface) prédit elle aussi un ralentissement de la croissance mondiale. “La crise sera moins forte en 2008 qu’en 2001″, tempère l’organisation. Elle redoute toutefois “la contagion du ralentissement américain au Royaume-Uni, à l’Espagne et à l’Irlande”. La Coface lance l’alerte aussi sur “les pays émergents, dont les bonnes performances ne doivent pas faire oublier les dangers des bulles et les faibleses de l’environnement des marchés”.

Pour l’heure, les marchés ne voient aucune issue rapide à la crise. Aux Etats-Unis, le plan de relance de plus de 140 milliards de dollars (97 milliards d’euros) présenté vendredi 18 janvier par le président George Bush, n’a guère convaincu. Pour les analystes, il ne touche pas le cœur du problème : les difficultés de l’immobilier et des banques. Une intervention attendue de la Réserve fédérale américaine, qui, en baissant significativement ses taux d’intérêts, pourrait relancer l’économie, semble aussi a priori insuffisante. “Croire que la Fed peut à elle seule résoudre les problèmes est un mythe”, affirme un analyste à Londres.

En Europe, le commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia, a rejeté lundi soir l’idée d’un plan de soutien à la conjoncture comparable à celui des Etats-Unis, en mettant en avant une situation économique beaucoup moins préoccupante. “Ces mesures ne sont pas nécessaires en Europe”, a-t-il assuré.

La ministre française de l’économie, Christine Lagarde, s’est aussi voulue rassurante, estimant mardi que ce qu’elle qualifie de “purge”, “en particulier dans le domaine financier américain” était un mouvement “sain et salubre”. Les “fondamentaux” de l’économie européenne sont “différents”, a-t-elle ajouté. “Il faut éviter les mots-spectres, les mots-angoisse comme krach “, a-t-elle recommandé, préférant parler d’une “correction brutale” des marchés.

Mme Lagarde a toutefois implicitement appelé la Banque centrale européenne (BCE) à intervenir en ne relevant pas ses taux d’intérêt, voire en les baissant, “si la croissance devait faiblir significativement en zone euro”. Au cas où.

Claire Gatinois

MONDIALISATION :la Bourse en crise dans touyte l’Europe…

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2008,la Bourse plonge:vers une recession économique?

21 janvier 2008 21:17 fortephilippe 43) Terminale infos Modifier le billet

Les Bourses européennes connaissent leur plus forte chute depuis le 11 septembre 2001

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 21.01.08 | 18h26 • Mis à jour le 21.01.08 | 18h45

Le CAC 40, indice vedette de la place parisienne, a lâché 347,95 points à 4 744,45 points, son plus bas de clôture depuis le 15 juillet 2006. Le volume d’échanges a battu son record historique, dépassant pour la première fois les 13 milliards d’euros, malgré la fermeture des marchés américains en raison du Martin Luther King Day.

La Bourse de Paris a dévissé dès l’ouverture, dans le sillage des marchés asiatiques, accentuant sa baisse au fil de la séance alors que le mouvement de panique gagnait tous les secteurs – aussi bien les valeurs financières que l’énergie ou la santé, traditionnels “refuges” en période de crise. La capitalisation boursière cumulée des 40 composantes du CAC a fondu de 87,7 milliards d’euros.

L’INDICE PANEUROPÉEN EN RECUL DE 5,33 %

Les principales places boursières européennes ont elles aussi enregistré leur plus forte baisse depuis les attentats d’Al-Qaida contre le World Trade center et le Pentagone. A Londres, l’indice vedette Footsie-100 a cédé 5,48 % à 5 578,20 points (la chute avait été de 5,72 % le 11 septembre 2001). A Francfort, l’indice vedette Dax a perdu 7,16 % à 6 790,19 points (- 8,49 % le 11 septembre 2001). A Madrid, l’indice Ibex-35 a terminé sur un recul de 7,54 %.

L’indice paneuropéen Eurofirst 300 a fini en recul de 5,33 %, à 1.286,14 points, son niveau le plus bas depuis juillet 2006. La chute des Bourses de Paris, Londres et Francfort a fait perdre ce lundi environ 300 milliards de dollars de capitalisation boursière, selon des calculs effectués par Reuters.

Alors que les principaux marchés européens évoluaient à la baisse dans la journée, dans la foulée de la chute des marchés asiatiques, les responsables européens avaient cherché à rassurer sur l’état de santé de leurs économies, tout en reconnaissant une inquiétude grandissante face au ralentissement aux Etats-Unis. “Il semble que les marchés envisagent la possibilité d’un ralentissement plus prononcé” qu’attendu de la croissance aux Etats-Unis, “peut-être même une récession”, a déclaré à Bruxelles le commissaire européen aux affaires économiques et monétaire, Joaquin Almunia. “J’espère qu’ils vont aussi prêter attention aux informations sur l’économie réelle, en particulier en Europe, et qu’ils vont retrouver leur calme”, a-t-il ajouté, avant une réunion des ministres des finances de la zone euro (forum de l’Eurogroupe).

MONDIALISATION:le pétrole cher,et pour longtemps…

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Baril à 100 dollars : le monde s’installe dans l’ère du pétrole cher

 

Comment analyser cette brusque poussée de fièvre sur les marchés de New York et de Londres, où le baril de brent de la mer du Nord a lui aussi atteint un sommet (97,84 dollars en clôture) ? Les experts l’expliquent par la baisse continue des stocks de brut aux Etats-Unis depuis deux mois et la faiblesse persistante du dollar, qui rend le pétrole moins cher pour les investisseurs non américains. Mais aussi par le nouvel attentat, mercredi, en Algérie et le regain de violence au Nigeria, deux grands pays producteurs d’or noir.

La Maison Blanche a immédiatement fait savoir qu’il n’est pas question de puiser dans les réserves stratégiques des Etats-Unis pour faire refluer les cours. Rien ne justifierait une telle mesure, que l’Agence internationale de l’énergie (AIE) avait dû prendre, à l’automne 2005, après les ravages causés par les ouragans Katrina et Rita sur les installations pétrolières du golfe du Mexique. En dépit d’une baisse des stocks, les réserves restent en effet importantes, et aucune pénurie de brut ne se profile dans les prochains mois.

De leur côté, plusieurs pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), qui assure 42 % de la production mondiale, ont une nouvelle fois rejeté toute responsabilité dans cette flambée des cours. Aux pays consommateurs qui lui demandent de pomper plus de pétrole, le cartel de Vienne a répondu mercredi, par les voix de la Libye et du Qatar, que le marché est bien approvisionné et que la hausse est due aux spéculateurs. Selon des sources dans l’industrie pétrolière, il a suffi d’un seul échange entre deux traders indépendants américains à New York pour que le baril atteigne les 100 dollars.

Sans crise politique majeure ni menace imminente sur l’approvisionnement des pays industrialisés, le prix du brut a augmenté de 57,2 % en 2007, un choc partiellement amorti en Europe par la vigueur de l’euro face au dollar. De nombreux facteurs semblent réunis cependant pour un recul des cours en 2008 : offre certes tendue mais suffisante pour répondre à la demande, climat géopolitique à la détente (notamment en Iran), baisse de la croissance économique et donc du surplus de la demande pétrolière.

Cette analyse ne vaut que pour le court terme. “Il est peu probable que les consommateurs aient le coeur à la fête”, avait prévenu, dès décembre, le Centre for Global Energy Studies (CGES) de Londres, qui fait autorité dans les milieux pétroliers. Il estimait que la barre des 100 dollars serait vite franchie. Pour le CGES, il faudrait que l’OPEP décide d’augmenter sa production pour que les prix baissent.

Les cabinets spécialisés, les financiers et les industriels s’accordent à dire que l’époque du pétrole bon marché est révolue et que le monde est entré dans une ère de l’énergie chère. Mises à part les années 1970 marquées par les deux chocs pétroliers violents de 1973-1974 et de 1979-1980, les prix du brut sont restés extrêmement bas au cours du siècle passé pour une énergie fossile destinée, par nature, à s’épuiser. Le prix du baril était encore à dix dollars en 1998 et il a remonté jusqu’à 25 dollars en 2003. Il a fallu attendre 2004 et une brutale hausse de la demande pour qu’il flambe vraiment.

Le directeur général de Total juge qu’“il n’y a aucune raison pour que le prix du pétrole baisse“. Pour Christophe de Margerie, “les vannes de l’OPEP sont ouvertes à fond et il n’y a pas assez de pétrole en cas de crise”. Seule l’Arabie saoudite pourrait compenser la défaillance d’un grand pays exportateur comme l’Iran, le Venezuela ou le Nigéria. Trois pays qui, depuis des années, ne parviennent pas à remplir le quota de production attribué par l’OPEP.

Faut-il croire les prévisions des analystes des grandes banques et des institutions financières ? Ces dernières années, ils ont souvent pêché par excès… d’optimisme. Selon une étude de la Deutsche Bank, ils ont systématiquement sous-estimé la progression des cours, qui a été finalement plus forte qu’ils ne l’avaient prévu.

La banque d’affaires Goldman Sachs, très impliquée sur les marchés pétroliers, pense que le brut texan américain (WTI) vaudra en moyenne 95 dollars cette année – et même 100 dollars au cours du quatrième trimestre – contre 85 dollars auparavant. La banque met en avant l’inflation des coûts de production et les incertitudes géopolitiques, qui continuent à freiner les investissements. Ils sont pourtant nécessaires aussi bien dans l’exploration-production de nouveaux gisements que dans le secteur du raffinage, où les nouvelles capacités en cours de construction au Moyen-Orient et en Asie ne seront sans doute pas suffisantes pour répondre à une demande.

MARGES DE MANOEUVRES LIMITÉES

Les économies des pays industrialisés sont moins dépendantes au pétrole qu’il y a trente ans, notamment pour produire leur électricité. La facture énergétique globale ne cesse d’augmenter. Et même d’atteindre des niveaux insupportables pour de nombreux pays en développement privés de toutes ressources en hydrocarbures. En France, la facture pétrolière représentait 4 % du produit intérieur brut (PIB) en 1980. Elle était tombée à moins de 1 % en 1998 avant de remonter à un peu plus de 2 % en 2006. Dans ce contexte, elle s’est considérablement alourdie ces dernières années pour atteindre en 2006 près de 40 milliards de dollars. La demande de pétrole est, en effet, peu “élastique” au prix puisque les deux tiers du brut consommé dans le monde le sont dans les transports, un secteur où il n’existe pas encore de véritable alternative à l’essence et au gazole en dépit du développement des agrocarburants dans certains pays (Brésil, Etats-Unis) et des véhicules hybrides (essence-électricité).Contrairement aux années 1970, l’envolée des prix pétroliers n’a pas entraîné de récession car cette flambée a été en partie alimentée par la vigueur de la croissance mondiale et la demande des pays émergents (Chine, Inde, Moyen-Orient). Mais elle a contribué à nourrir l’inflation et limite désormais lamarge de manoeuvre des banques centrales pour baisser les taux d’intérêts et limiter ainsi les effets de la crise des subprimes sur l’économie mondiale.

Jean-Michel Bezat

MONDIALISATION :petrole en hausse,inégalités en hausse…

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Pétrole et inégalité

LE MONDE | 03.01.08 | 14h04 • Mis à jour le 03.01.08 | 14h04

Sauf que tous les pays ne sont pas égaux dans leur capacité d’adaptation. Les Etats-Unis, qui consomment le quart de la production mondiale de brut, souffrent moins qu’on ne pourrait le croire de la hausse des cours, puisque l’essence absorbe seulement 4 % du revenu disponible des ménages, contre 6 % en 1980. En Europe, la force de l’euro agit comme un bouclier. Pour un pays comme la Chine, qui approche les 10 % de la consommation mondiale de brut, les énormes réserves de change accumulées grâce aux exportations ont permis jusqu’ici d’acquitter la facture sans trop de dommages. Il en va tout autrement pour les pays en développement dépourvus de ressources pétrolières. Selon une étude récente de la Banque mondiale, à chaque fois que le baril augmente de 10 dollars, cela inflige une baisse de 1,5 % au produit intérieur brut des pays les plus pauvres de la planète.

Les économies riches ont tendance à devenir plus vertueuses quand le pétrole est cher. Elles augmentent leur efficacité énergétique, investissent dans des technologies qui rendent les véhicules moins gourmands. Le Grenelle de l’environnement, en France, a profité de cette conjoncture. Mais les pays pauvres sont désarmés. Les voitures qu’ils peuvent acheter ne sont pas les modèles hybrides à faible consommation d’essence qui font fureur en Californie. Le transport, moteur essentiel du développement, reste massivement dépendant du pétrole. La plupart des Etats subventionnent l’essence et le fioul : la hausse devient vite insupportable pour des budgets étriqués, les obligeant à couper dans d’autres dépenses essentielles – le logement, l’éducation ou la santé.

En 2005, au sommet du G8, les nations riches s’étaient engagées à alléger de 50 milliards de dollars la dette des pays pauvres. Or, en 2006, le surcoût pétrolier était déjà dix fois plus important que la réduction de la dette. Puisque, selon toutes les prévisions, le monde va devoir vivre durablement avec un pétrole cher, il est urgent d’envisager non seulement de transférer aux plus pauvres les technologies innovantes permettant d’économiser l’énergie, mais aussi de leur fournir davantage d’aide financière. Qui est prêt à agir dans ce sens ?

Article paru dans l’édition du 04.01.08.

MONDIALISATION:le pétrole à 100 dollars!

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Le baril de pétrole à 100 dollars : un monde bipolaire

LE MONDE | 03.01.08 | 08h15 • Mis à jour le 03.01.08 | 12h35

Le baril de pétrole a battu mercredi 2 janvier un record historique : à plus de 100 dollars en séance, il a dépassé son pic d’avril 1980, quand la révolution islamique, en Iran, l’avait porté à 99,04 dollars (39,50 dollars de l’époque), selon les derniers calculs du Cambridge Energy Research Associates (CERA). C’est un “retour vers le futur”, jugeait récemment le président du CERA, Daniel Yergin, en rappelant que les tensions géopolitiques sont “au centre des inquiétudes sur l’offre pétrolière”.

Pour les pays producteurs, la rente pétrolière permet à leurs fonds souverains d’investir à l’étranger et de sortir peu à peu leurs économies du “tout-pétrole”. Selon le Fonds monétaire international, Abu Dhabi Investment Authority, gestionnaire des fonds pétroliers des Emirats arabes unis, serait le plus riche et gérerait 875 milliards de dollars (590millions d’euros). Le Trésor français estime que les fonds publics et privés du Moyen-Orient capitaliseraient de 750 à 1 00 milliards de dollars. Voire de 3 000 à 4 000 milliards, selon des banquiers en poste dans cette région.

A l’opposé, l’envolée des cours pénalise les pays consommateurs, même si l’enrichissement des pétromonarchies leur offre des débouchés commerciaux (Airbus…). Et c’est une catastrophe pour les pays pauvres dépourvus d’or noir, qui grèvent leur budget pour subventionner essence, gazole et fioul.

CONTRATS RENÉGOCIÉS

Le pétrole cher est aussi une arme à double tranchant pour les “Big Oil”. Elles ont réalisé des profits historiques depuis la flambée des prix en 2005. Au 3etrimestre 2007, les cinq majors (Exxon, Shell, BP, Total, Chevron) ont enregistré 20 milliards de dollars de résultat net.

Mais leurs profits, calculés en dollars, ont baissé, en moyenne, de 15 % – et leur production de 9 % – durant cette période, selon Citigroup. La baisse des marges de raffinage (différence entre le prix du brut et le prix des produits raffinés vendus par les compagnies) et le renchérissement des coûts des projets en cours rognent les profits.

A cela s’ajoutent les règles de certains contrats de partage de production, qui prévoient une baisse du nombre de barils cédés aux compagnies étrangères quand le prix du brut monte. Exxon, Chevron et ConocoPhillips ont reconnu en avoir fait les frais. Or, ces contrats vont se multiplier, passant, en 2012, à 40 %, voire 60 %, des accords signés par les compagnies européennes, estime une étude de Citigroup.

En outre, les prix élevés accélèrent le remboursement de leurs investissements et le moment où elles doivent commencer à partager la production avec les pays hôtes. Enfin, plus les prix montent et plus les pays producteurs sont poussés à renégocier – à leur profit – les contrats signés à des périodes moins favorables pour eux pour obtenir un profit plus important. Cette loi se vérifie partout : du Kazakhstan au Venezuela, de l’Algérie à la Russie.

“En général, les gouvernements sont les grands bénéficiaires quand les prix atteignent de nouveaux sommets”, souligne Robert Dudley, patron de l’anglo-russe TNK-BP. Les multinationales ne détiennent que 8 % des réserves mondiales prouvées; les compagnies nationales des pays producteurs 37 %, mais elles devraient atteindre 75 % en 2030, selon l’Agence internationale de l’énergie.

“Sur les 25 premiers pays détenteurs de réserves prouvées de pétrole et de gaz, 21 sont en développement ou en transition”, indique un rapport de la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced). Pour s’équiper, diversifier leur économie et financer des programmes sociaux nécessaires à leur stabilité politique, ils ont besoin d’énormes capitaux.

A l’inverse, les ressources en hydrocarbures des pays développés décroissent dix fois plus vite que celles de ces nations. Les majors occidentales dominaient jusque dans les années 1980. Des observateurs leur prédisent désormais le sort des “dinosaures”, il y a 65 millions d’années.

Jean-Michel Bezat

MONDIALISATION et hausse des matières premières:le lait augmente,profits des FTN(Danone) aussi!

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Les cours du lait explosent en 2007 et Danone se régale

Le PDG du groupe Danone, Franck Riboud, était très satisfait hier de ses résultats, avec un chiffre d’affaires en hausse de 5,9 %, à près de 13 milliards d’euros, et un bénéfice net qui a quadruplé. Mais, comme le précise un communiqué, «quelques vents contraires» ont impacté ces résultats. Retour sur les péripéties d’une année historique pour le numéro 1 mondial des produits laitiers.

Une hausse record des matières premières

La flambée du cours de la poudre de lait, qui a doublé en 2007, a entraîné un surcoût extraordinaire de 300 millions d’euros pour le groupe. «Nous les avons totalement absorbés en passant des hausses de tarifs de 5 à 10 % partout dans le monde, dès l’été 2007», a indiqué Franck Riboud. En France, les produits laitiers ont augmenté de 10 % en novembre, provoquant l’ire de la Coordination rurale. Pour le syndicat paysan, le prix du lait (qui a augmenté de 20 % sur un an) ne pèse que 20 % du produit fini facturé par Danone. Donc «l’impact réel de cette hausse devrait se limiter à 1,4 %» pour l’industriel français. Et là où Danone joue coup double, c’est que les hausses de prix n’ont manifestement pas freiné les consommateurs puisque ses «produits laitiers frais ont enregistré un taux de croissance record de 12,2 % dans le monde et de 5 % pour la France», selon le groupe. Une étude, publiée hier, indique par ailleurs que la consommation de yaourts a augmenté de moitié ces dix dernières années, et de 70 % pour les desserts lactés. La marge de Danone sur les produits laitiers a atteint 14 %, progressant de 62 points, «malgré les tensions sans précédent sur les coûts des matières premières». De quoi faire rager certains distributeurs…

Le relais entre Lu et l’alimentation pour enfants du néerlandais Numico

L’année 2007 a été celle de la «stratégie santé» : le groupe Danone a vendu les biscuits Lu fin novembre après avoir pris le contrôle, fin octobre, du groupe de nourriture infantile Numico, qu’il détient à 98,9 %. La plus-value de la vente de Lu à l’américain Kraft a ainsi dopé de plus de 3 milliards d’euros le bénéfice net, qui atteint 4 milliards, en augmentation de 300 % par rapport à 2006.

L’imbroglio juridique avec le fabricant d’eaux chinois Wahaha

Le nouveau directeur général délégué de Danone, Emmanuel Faber, a déclaré hier qu’il faudrait encore «plusieurs mois avant de mettre en œuvre une solution» au conflit qui oppose le groupe à son partenaire chinois Zong Qinghou. Celui-ci avait quitté cet été une quarantaine de sociétés codétenues avec Danone, s’estimant victime de pratiques tyranniques de la part des dirigeants. Et créant un pataquès diplomatico-judiciaire sans précédent. Privé de chiffres sur leur performance commerciale en Chine, Danone n’a pu se procurer des données uniquement «uniquement «grâce aux informations fournies par Qinghou à la justice», explique le directeur financier, Antoine Giscard d’Estaing.

Class action aux Etats-Unis

Franck Riboud affiche un objectif de croissance de 8 à 10 % pour 2008, alors que l’année a démarré avec une class action aux Etats-Unis pour «publicité mensongère» sur des produits dits de santé, ce qui va lui coûter cher en frais d’avocat, a reconnu Franck Riboud.

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2è GUERRE MONDIALE et MEMOIRE : ne pas instrumentaliser l’Histoire à l’école!

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Mémoire de la Shoah : Simone Veil juge« insoutenable » la proposition de Nicolas Sarkozy

LEMONDE.FR avec AFP | 15.02.08
« A la seconde, mon sang s’est glacé. » Simone Veil, présidente d’honneur de la Fondation pour la mémoire de la Shoah et ancienne déportée, était présente mercredi 13 février, au dîner du CRIF, quand Nicolas Sarkozy a proposé d’associer chaque élève de CM2 à un enfant victime des persécutions nazies.

Interrogée par L’Express.fr, elle juge, vendredi 15 février, que cette proposition est« inimaginable, insoutenable, dramatique et surtout, injuste ». « On ne peut pas infliger ça à des petits de 10 ans, on ne peut pas demander à un enfant de s’identifier à un enfant mort, souligne-t-elle, cette mémoire est beaucoup trop lourde à porter. » La suggestion de M. Sarkozy risque d’attiser les antagonismes religieux, dit-elle encore : « Comment réagira une famille très catholique ou musulmane quand on demandera à leur fils ou à leur fille d’incarner le souvenir d’un petit juif ? » Déportée à l’âge de 16 ans, elle témoigne : « Nous mêmes, anciens déportés, avons eu beaucoup de difficultés, après la guerre, à parler de ce que nous avions vécu, même avec nos proches. Et, aujourd’hui encore, nous essayons d’épargner nos enfants et nos petits-enfants. »
UNE DÉMARCHE « NÉCESSAIRE », POUR M. SARKOZY

Un peu plus tôt, en déplacement à Périgueux pour annoncer un plan de réforme de l’école primaire, Nicolas Sarkozy avait défendu à nouveau sa proposition très critiquée : « On ne traumatise pas les enfants en leur faisant ce cadeau de la mémoire d’un pays, pour leur dire un jour, c’est vous qui écrirez l’histoire de ce pays. Nous, nous en sommes la mémoire, ne refaites pas les mêmes erreurs que les autres. »

Et le chef de l’Etat de poursuivre : « Il s’agit d’une démarche contre tous les racismes, contre toutes les discriminations, contre toutes les barbaries, à partir de ce qui touche les enfants, c’est-à-dire une histoire d’enfants qui avaient leur âge. » « C’est d’autant plus nécessaire que les survivants de cette époque tragique de notre histoire vont disparaître (…), ce sont nos propres enfants qui, de génération en génération, se transmettront ce souvenir », avait-il déclaré.

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