MONDIALISATION et spéculation sur les matières premières:le risque alimentaire grandit…

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La spéculation chamboule les prix des matières premières

 

LE MONDE | 28.03.08 

Le prix du riz a bondi de 31 % en une journée, jeudi 27 mars, passant de 580 à 760 dollars, les stocks étant tombés au plus bas depuis 1976. L’Inde, l’Egypte, le Vietnam et le Cambodge ont annoncé qu’ils suspendaient leurs exportations de riz au moment où les Philippines en cherchaient désespérément 500 000 tonnes sur le marché. Les spéculateurs ont sauté sur l’occasion, comme ils ne cessent de le faire pour le blé, l’or, le pétrole ou les carcasses de porc dont les cours fluctuent de plus en plus brutalement. “On ne sait plus où on en est, s’alarme Hervé Le Stum, directeur de l’Association générale des producteurs de blé (AGPB). Depuis quelques semaines, les prix font les montagnes russes (sur les marchés de céréales) au Kansas, à Chicago ou à Minneapolis.”

L’origine de ces mouvements erratiques ne se trouve pas seulement dans les inquiétudes liées à la crise financière et à la conjoncture internationale, mais aussi dans l’activité d’une poignée de fonds spéculatifs (hedge funds). En particulier, les fonds dits “systématiques ou CTA - pour Commodities Trading Adviser”, indique Cyril Julliard, président d’Eraam, un fonds de fonds spéculatifs. Les plus importants gèrent entre 10 à 12 milliards de dollars. De quoi peser sur les cours de ces marchés très étroits par comparaison avec les marchés d’actions. Entre 8 % à 10 % de la variation des prix des matières premières leur sont aujourd’hui attribués.“Les fonds sont partout où existent des contrats à terme”, indique Eric Le Coz, gérant chez Carmignac Gestion. Les contrats à terme permettent à ces financiers d’investir sans se faire livrer physiquement la marchandise.La présence de ces “CTA” pèse d’autant plus sur les prix qu’ils “n’ont pas d’états d’âme”, indique M. Le Coz. A l’achat comme à la vente, “ils s’engouffrent sur le marché”, ajoute-t-il. Ils s’exonèrent de l’éventuelle réserve du négociant, car l’achat ou la vente sont déclenchés par des calculs mathématiques ou par les premiers signaux de vente. Le franchissement de seuils “psychologiques”, comme le prix de 100 dollars pour le baril de pétrole ou de 1 000 dollars pour l’once d’or début mars, les a laissés de marbre. Les “CTA” ont pris leurs bénéfices deux semaines plus tard. Après une action de la Réserve fédérale américaine et une série de nouvelles rassurantes de la part de banques américaines, les investisseurs ont cru que la crise des subprimes aux Etats-Unis était contrôlée, et le dollar s’est redressé.

Ce signal a eu un effet domino. La remontée de la monnaie américaine a provoqué la baisse des cours du pétrole, entraînant les prix des autres matières premières.“Les investisseurs institutionnels achètent souvent des indices globaux qui associent un peu artificiellement les cours de différentes matières premières”, explique Noël Amenc, professeur de finance à l’Edhec et spécialiste des fonds spéculatifs. Les fonds ne sont pas seuls responsables de ces fluctuations, car “ils achètent une tendance”, explique M. Amenc. “Ils accentuent les mouvements et leur brutalité sans en modifier l’évolution”, précise Jean-Claude Petit, responsable de la gestion actions chez Barclays AM.

Sur les matières premières, la plupart ont détecté la martingale il y a deux ans. La croissance explosive des pays émergents, notamment de l’Inde et de la Chine, très consommatrices d’hydrocarbures, de céréales ou de minerais, a gonflé la demande que la production peine à satisfaire.

La crise a ensuite attiré de nouveaux fonds, ceux qui désertent les autres titres financiers, devenus trop risqués. Entre janvier et février, le volume des contrats sur les produits à terme concernant les matières premières à Londres a bondi de 65 % à 70 % par rapport à la même période en 2007. Soja, colza ou maïs sont ainsi devenus des produits financiers presque au même titre qu’une action ou une obligation. Au grand dam des industriels et des consommateurs, qui souffrent des niveaux de prix dopés par cette spéculation.

Alain Faujas et Claire Gatinois

Le boom des matières premières, un réel motif d’inquiétude

LE MONDE ECONOMIE | 02.02.04 

Coton, platine, or, nickel, pétrole… nombreuses sont les matières premières qui ont connu une envolée de leurs prix au cours des deux dernières années. Entre octobre 2001 et la fin janvier 2004, l’indice CRB (Commodity Research Bureau), qui traduit l’évolution générale des prix des matières premières, a enregistré une hausse de 44 %. Le prix des métaux précieux a augmenté de 65 %, celui de l’énergie de 54 %. Les métaux industriels, utilisés pour la fabrication des produits manufacturés, ont vu leurs prix augmenter de 54 %. 

Selon Philippe Chalmin, professeur à l’université Paris-Dauphine et directeur du rapport annuel Cyclope, spécialisé sur le sujet, “2003 a été l’année d’un boom des matières premières. Elles ont pratiquement toutes enregistré une forte flambée des prix”. Mais cette explosion n’est pas homogène. Le café, le sucre sont restés à des prix relativement bas. A l’inverse, “certaines matières premières ont atteint des pics historiquement élevés. C’est le cas du nickel, du coton ou du caoutchouc”, précise-t-il. Cette remontée est d’autant plus remarquée qu’elle fait suite à une tendance baissière observée durant les décennies 1980 et 1990. Elle rend surtout légitime une question : peut-elle entraîner une élévation durable du niveau de l’inflation mondiale ?Avant d’amorcer une réponse, il faut examiner les deux principales thèses avancées pour expliquer cette envolée des prix des matières premières. La première l’attribue à la reprise mondiale, et en particulier à l’intensification de la demande provenant des pays émergents (Chine et Inde principalement). Ces pays atteignent un stade de développement qui se traduit par une accélération de la demande de matières premières. Entre 1998 et 2002, les importations d’énergie de la Chine, exprimées en valeur, sont passées de 2 à 9 milliards de dollars. Mais le lien établi entre croissance économique et hausse de la demande vaut aussi pour les Etats-Unis, également grands consommateurs de matières premières.

Selon une autre grille d’interprétation, la hausse du prix des matières premières pourrait être l’une des conséquences indirectes de l’assouplissement des politiques monétaires par les banques centrales depuis 1998, en particulier par la Réserve fédérale américaine depuis février 2001. En abaissant leurs taux directeurs, elles ont favorisé la création excessive de liquidités internationales à la recherche de rendement. Les secteurs de biens et services ne pouvant les absorber (en raison notamment de l’intensification de la concurrence), celles-ci se sont logées en partie sur le marché des matières premières, contribuant à leur renchérissement. Selon Rémy Contamin, économiste à la direction des études économiques du Crédit agricole, la hausse des cours pourrait également être liée au fait que les matières premières sont, pour la plupart, libellées en dollar : “Avec la dépréciation de cette monnaie, les producteurs ont tendance à compenser leurs pertes par une augmentation des prix. C’est particulièrement vrai pour le marché du pétrole, qui présente une courbe de demande assez peu élastique”, assure-t-il.

Selon une étude de CDC-Ixis, l’effet inflationniste a aussi été renforcé “par l’action des banques centrales asiatiques, qui ont agi, par des interventions de change, pour affaiblir leurs devises, contribuant ainsi à la croissance de la liquidité de la base monétaire mondiale”. Si la montée récente du prix des matières premières est liée à un excès de liquidités internationales, le risque d’inflation sera limité. Comme toute bulle spéculative, la bulle sur le marché des matières premières finira par éclater. A l’inverse, si cette évolution est liée à la demande croissante des pays émergents, l’inflation mondiale pourrait être tirée à la hausse durablement. Etant donné la part des importations de matières premières dans le produit intérieur brut (PIB) mondial, “une hausse de 30 % par an des prix pourrait conduire à un supplément d’inflation de 1 point chaque année”, avance CDC-Ixis. Un risque qui ne semble pas encore bien mesuré par les banques centrales.

Mathilde Bereni

MONDIALISATION:les ETATS-UNIS et la crise financière:vers un retour des régulations ?

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Henry Paulson veut élargir les pouvoirs de la Fed pour éviter les crises financières

LEMONDE.FR avec AFP | 31.03.08

Le secrétaire au Trésor américain, Henry Paulson, a officiellement présenté, lundi 31 mars, un vaste projet de refonte de la réglementation financière américaine, destiné à en améliorer l’efficacité face aux crises financières. “Notre structure de réglementation actuelle n’a pas été construite pour faire face au système financier moderne avec ses acteurs divers, son innovation, la complexité de ses instruments financiers, son intégration mondiale”, a affirmé M. Paulson. Rappelant que le gros de la législation actuelle avait été décidé au lendemain de la Grande Dépression des années 1930, il a assuré que ces textes avaient leur logique mais que, “si l’on regarde les marchés financiers aujourd’hui, le manque de conception d’ensemble est clair”. Alors que les compétences des diverses agences se chevauchent souvent, des pans entiers de l’activité financière – surtout les produits très complexes qui ont mené à la crise actuelle – échappent à toute législation. Aussi le projet de refonte vise-t-il à éliminer les redondances du système et à combler ses manques, avec des mesures échelonnées sur le court, le moyen et le long terme.

RÔLE-CLÉ POUR LA FED

L’aspect le plus spectaculaire de son projet est sans doute de confier à la Réserve fédérale (Fed) une mission considérablement accrue pour surveiller le système financier. Dans le nouveau système prévu par le Trésor, la Fed pourrait “surveiller les risques pesant sur l’ensemble du secteur financier”, y compris les banques d’investissement, compagnies d’assurances et fonds d’investissements à risque (hedge funds), alors que sa mission actuelle la confine pour l’essentiel aux banques commerciales. “Elle aura des larges pouvoirs et l’autorité nécessaire pour traiter les défaillances menaçant notre stabilité financière”, a assuré M. Paulson.

Parmi les autres mesures annoncées, on trouve la création d’une agence de surveillance des prêts immobiliers et la fusion de la Securities and Exchange Commission, autorité de régulation des marchés financiers américains, avec la Commodity Futures Trading Commission, autorité de régulation des marchés des matières premières.

Le secrétaire au Trésor a toutefois souligné que le projet, lancé en mars 2007, c’est-à-dire avant le début de la crise, ne serait pas mis en place avant plusieurs mois. Ces propositions interviennent alors que les autorités de régulation sont accusées de n’avoir pas su voir venir la menace que représentait le système des crédits immobiliers à risques (subprimes), qui a fini par s’écrouler durant l’été 2007, entraînant les Etats-Unis dans la plus grave crise financière qu’ils aient connue depuis plusieurs décennies.

Liberation 31 03 08

 La finance américaine mieux contrôlée?

Rtr1yylo_comp_2 Ce qu’il y a de bien avec les Américains, c’est qu’ils n’ont pas peur d’être pragmatiques dans le domaine économique. Ni de changer complètement de bord quand les événements leur donnent tort. Ainsi, comme attendu, le secrétaire d’Etat au Trésor, Henry Paulson (photo), a annoncé ce lundi un vaste projet de réforme des autorités de contrôle de la finance, qui vise à réguler le système et éviter le déclenchement de nouvelles crises. Le même Paulson, quand il occupait la présidence de la banque d’affaires Goldman Sachs, était un ardent partisan de la dérégulation. Qui permettait à son établissement d’engranger des milliards de bénéfices (et aujourd’hui autant de pertes)…

Il est encore un peu tôt pour analyser ce qu’impliquent véritablement toutes les propositions de Paulson, qui mettront, de son propre aveux, plusieurs années avant de se traduire en réformes concrètes. Son plan est divisé en trois: mesures à prendre à court terme, à moyen terme et à long terme. Mais, de toute façon, il devra être mis en œuvre par la prochaine administration, qui sera élue en novembre prochain. Suivant le résultat de ce vote, la réforme pourra prendre un aspect plus ou moins favorable au “Big business”…

Cependant, s’il était appliqué en l’état, le plan Paulson modifierait profondément le paysage de la finance américaine. Principaux changements: la Federal Reserve deviendait hyper-puissante, la Securities & Exchange Commission (SEC) verrait son rôle s’affaiblir et plusieurs autorités de surveillance nouvellement créées se verraient confier le soin de surveiller et réguler les marchés.

- Alors que sa mission actuelle est confinée actuellement au contrôle des banques commerciales, la Fed surveillerait ainsi l’ensemble des “risques pesant sur l’ensemble du secteur financier”, soit les banques d’investissement, les compagnies d’assurances et les hedge funds.

- La SEC, autorité de régulation des marchés financiers américains, devrait fusionner avec la Commodity Futures Trading Commission, autorité de régulation des marchés des matières premières.

- Enfin, serait notamment créée une agence de surveillance des prêts immobiliers (la Mortgage origination Commission).

Rappelons que, dans l’histoire américaine, à chaque crise a succédé une série de réformes allant vers plus de régulation (le krach de 1929 a donné naissance à la SEC, le scandale Enron à la loi Sarbanes-Oxley, etc). De quoi prendre conscience, si cela ne l’était pas déjà fait, de la gravité de la crise financière actuelle.

(Photo: Reuters)

M. Paulson veut revoir intégralement la régulation financière

LE MONDE | 01.04.08 

Une grande réforme du système de régulation du système financier est absolument nécessaire pour promouvoir plus efficacement des marchés stables et résilients.” Dans un discours prononcé lundi 31 mars à Washington, le secrétaire au Trésor Henry Paulson a présenté la réforme la plus ambitieuse du système financier américain depuis les années 1930. Elle est détaillée dans un document de 218 pages intitulé “Blueprint for a Modernized Financial Regulatory Structure” (Projet pour une modernisation de la structure de régulation financière).

Le changement proposé le plus important, et d’ores et déjà le plus controversé, concerne la Réserve fédérale (Fed). Le secrétaire au Trésor estime que la banque centrale doit désormais devenir, en quelque sorte, un super-gendarme responsable de la stabilité des marchés. La Fed abandonnerait la supervision des banques à une nouvelle entité créée pour cela et utiliserait une autorité élargie pour surveiller toute entreprise ou toute activité susceptibles de déstabiliser les marchés. “Ils auraient des pouvoirs plus importants et pourraient intervenir partout dans le système si c’est nécessaire”, explique M. Paulson.Une commission fédérale de surveillance des prêts immobiliers serait mise en place afin de “mieux protéger les consommateurs”. Elle aurait pour mission de fixer des critères pour l’attribution des licences aux courtiers en prêts immobiliers et de contrôler le système hypothécaire dans tous les Etats américains. L’autorité des marchés, la Securities and Exchange Commission (SEC), fusionnerait avec la Commodity Futures Trading Commission, l’autorité de régulation des marchés à terme. Enfin, une agence fédérale serait responsable de la régulation des compagnies d’assurance qui aujourd’hui dépendent des Etats.

Le secrétaire au Trésor est parti d’un constat unanime : le système de régulation ne fonctionne plus. Aucune des autorités de contrôle n’a été capable d’empêcher la crise des crédits immobiliers à risques (subprimes) et de prévoir qu’elle allait contaminer l’ensemble du système bancaire.

Les crises financières majeures - de la panique de 1907 à la grande dépression en passant par le krach boursier d’octobre 1987 - ont toujours été l’occasion de réformer, à chaud, la régulation financière pour tenter de corriger les erreurs passées. Le système actuel, construit par strates depuis plus d’un siècle, n’est plus du tout adapté. “Notre structure de réglementation n’a pas été construite pour faire face au système financier moderne avec ses acteurs divers, son innovation, la complexité de ses instruments financiers, son intégration mondiale”, reconnaît M. Paulson. Les critiques soulignent que trop d’organismes publics ont des compétences. Et des juridictions se chevauchent quand, dans le même temps, des pans entiers de l’activité financière sont livrés à eux-mêmes. Les spécialistes des crédits hypothécaires, par exemple, ne sont contrôlés par personne.

Ancien directeur général de la prestigieuse banque d’affaires américaine Goldman Sachs, M. Paulson est pourtant loin d’être un partisan d’un contrôle à outrance des établissements financiers. Il prône plutôt, et depuis longtemps, une simplification et un regroupement des autorités afin de leur permettre d’être plus efficaces. Il explique d’ailleurs que ces réformes ne permettront pas d’éviter toutes les futures crises. “Je ne pense pas qu’un système de régulation puisse changer cela. Nous dépendons avant tout de la discipline de marché. Cela dit, nous avons besoin d’un système plus efficace qui nous donne plus de chances et de meilleurs outils pour essayer de régler les problèmes”, déclare-t-il.

Mais les obstacles politiques sont tels que ces réformes ne sont pas prêtes de voir le jour. Il n’y a presque aucune chance pour que les principales propositions soient débattues avant la fin de la présidence Bush. Le secrétaire au Trésor peut seulement espérer qu’elles serviront de base à la réflexion que mènera la future administration, quelle que soit sa couleur politique. Il faut dire que George W. Bush n’est pas vraiment crédible dans le domaine de la régulation financière après avoir longtemps tenté de l’affaiblir, estimant qu’elle était trop lourde et handicapait les établissements financiers américains et la place de New York. Quant aux démocrates, la plupart affirment que la crise est la conséquence d’une insuffisance de contrôle.

Il y aussi un autre obstacle sérieux. Réformer au beau milieu d’une crise n’est pas forcément judicieux. “C’est probablement une mauvaise idée de passer beaucoup de temps à débattre de l’organisation des pompiers au moment où l’incendie s’étend et où aucune enquête sur son origine n’a été faite”, explique Lawrence Summers, ancien secrétaire au Trésor de l’administration Clinton.

Eric Leser

CHINE:des minorités séparatistes réprimées…

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Les minorités séparatistes chinoises

 LEMONDE.FR | 18.03.08 

 

Les minorités séparatistes chinoises | Le Monde.fr

MONDIALISATION,CHINE,DROITS de l’HOMME:le chantage économique…

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Un pays qui boycotterait les JO de Pékin paierait un prix économique et commercial très lourd”

LE MONDE.FR | 28.03.08  avec Pascal Boniface, directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques.

AFP/JEAN-LOUP GAUTREAU

Pascal Boniface, directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) et auteur d”Atlas du monde global”, avec Hubert Védrine.

       LAL : Pensez-vous réellement que les pays qui ont des intérêts commerciaux avec la Chine puissent       boycotter les JO de Pékin ?    Pascal Boniface : Sauf en cas de dégradation très forte de la situation, on peut penser qu’un boycott des Jeux olympiques est exclu, car un pays qui prendrait l’initiative du boycott serait considéré comme non seulement inamical, mais presque comme ennemi par la Chine, et effectivement, il en paierait un prix économique et commercial très lourd. Par ailleurs, un boycott, pour être efficace, ne peut pas se faire de façon individuelle, il doit être fait de façon collective. 

Carlos Cardoso : Cependant d’autres “prises de position” sont envisagées, comme par exemple le boycott de la cérémonie d’ouverture. Quelle sera la réaction probable des autorités chinoises aux prises de position possibles qui se trouveraient à la limite de ce que la charte olympique stipule ?

Pascal Boniface : Là aussi, la réponse est la même. S’il devait y avoir boycott par les chefs d’Etat et de gouvernement de la cérémonie d’ouverture, il faut que cela soit collectif, parce qu’un boycott individuel n’aurait aucun impact et serait beaucoup plus risqué. On constate par ailleurs qu’en dehors de la position des chefs d’Etat, de nombreux sportifs ont déclaré vouloir se rendre à Pékin et entreprendre là-bas une action qui attire l’attention sur la question des droits de l’homme. Et de ne pas être des acteurs muets et aveugles par rapport à la situation.

Nico : Le boycott des Jeux de Pékin pourrait-il représenter le commencement d’une future scission profonde entre les blocs occidental et chinois ?

Pascal Boniface : Une scission profonde, non. Cela ouvrirait bien sûr une crise, mais qui, comme toute crise, peut être durable ou passagère selon les réactions ultérieures des uns et des autres. Mais il est certain que cela serait ressenti comme un affront par les dirigeants chinois, et probablement par une partie de l’opinion chinoise.
 
LONDRES DANS UNE POSITION PARTICULIÈRE

archambau : L’Union européenne, par son poids politique et géographique, peut être influente dans le monde si elle reste unie. Or ne risque-t-elle pas une fois de plus de se décrédibiliser sur la scène internationale si les pays membres n’adoptent pas une position commune à l’égard de la Chine ?

Pascal Boniface : Oui, effectivement, il vaudrait mieux que les Vingt-Sept prennent une position commune. Outre les différences d’appréciation qu’il peut y avoir sur la façon de réagir, on a vu qu’il y a un pays qui est dans une situation tout à fait particulière, c’est la Grande-Bretagne, puisqu’elle sera le prochain hôte des Jeux. Et donc les Britanniques vont très naturellement être les plus modérés dans la réaction, parce qu’ils n’ont pas envie de subir un éventuel contrecoup en 2012. Il faudra bien trouver un compromis, car les Britanniques ne peuvent pas non plus être isolés par rapport aux autres membres de l’UE.

mehdi : En dehors des pays occidentaux, connaît-on la position diplomatique sur ce sujet des autres grands pays de la scène mondiale ? Je pense notamment à la Russie ou à l’Iran.

Pascal Boniface : Ils n’ont pas la même sensibilité que les pays occidentaux à ce qui se passe en Chine. D’une part, parce que ce ne sont pas des pays sensibles au thème de l’ingérence, ou plutôt que ce sont des pays qui ont une sensibilité négative par rapport à l’ingérence, et qui n’ont certainement pas envie d’aider diplomatiquement les pays occidentaux, ni de gêner diplomatiquement la Chine. Enfin, la Russie a très bien compris que ce qui se passe pour Pékin 2008 sert d’échauffement pour Sotchi 2014, où auront lieu les Jeux olympiques d’hiver.

ctipar : La Chine peut-elle réagir à la prise de position des sportifs durant les Jeux ?

Pascal Boniface : Elle ne réagira pas directement, mais demandera au CIO de le faire et là, bien sûr, il s’agit d’un rapport de forces. On peut exclure quelques sportifs qui font des actions, mais s’il y a des actions concertées qui en réunissent des centaines, il sera très difficile pour le CIO de sévir.

JAA : Quel regard portez-vous sur l’action de Reporters sans frontières ?

Pascal Boniface : C’est une opération spectaculaire par définition, donc qui est dans la lignée de l’action de Reporters sans frontières. Mais cette action spectaculaire ne doit pas masquer une réflexion approfondie de RSF, qui est passée d’une demande de boycott en 2001 à une demande de participation active aujourd’hui.

Richard : Le boycott pourrait-il avoir de réelles conséquences sur l’évolution de la Chine en général, et sur l’avenir du Tibet en particulier ?

Pascal Boniface : En fait, il faut se méfier des réponses manichéennes à cette question. Dire que l’attitude du monde extérieur n’a aucune conséquence n’est pas exact, mais penser que l’on peut faire des injonctions à l’égard de la Chine ne l’est pas non plus. Donc, dans l’affaire, il faut analyser au plus juste comment peser sur la Chine sans la braquer et comment adapter des positions et des actions qui ne se traduisent pas par une crispation nationaliste de la Chine. Et dire cela ne veut pas dire ce qu’ont tenté de faire les communiqués : ne rien faire.

LE BOYCOTT CONCERNANT L’AFRIQUE DU SUD A ÉTÉ LE SEUL EFFICACE

jackrace_1 : Les boycotts des Jeux de Moscou ou de Los Angeles ont-ils été efficaces ?

Pascal Boniface : Oui, pour permettre au pays organisateur d’avoir plus de médailles qu’il n’en aurait eu sinon. On peut cependant distinguer les deux cas. Dans le cas du boycott des Jeux de Moscou de 1980, ça a été une mesure au départ vexante et humiliante pour les Soviétiques, qui voulaient faire des Jeux un triomphe. Mais au final, une fois passée la déception, ils en ont profité pour gagner plus dans des Jeux moins universels. Et on peut dire que le boycott de 1984 a eu moins d’impact encore, dans la mesure où il a été très largement analysé comme la réponse du berger à la bergère. Et qu’il a permis un triomphe sportif aux Etats-Unis.

On parle toujours d’un boycott sportif qui a été efficace, c’est celui concernant l’Afrique du Sud de l’apartheid. Mais il faut se rappeler que le boycott sportif s’est accompagné d’un boycott économique très largement suivi. Et que ce boycott économique a joué beaucoup plus que le boycott sportif. Je n’entends encore personne proposer un boycott économique de la Chine.

Mehdi : Les dirigeants chinois n’auraient-ils pas occulté trop vite les risques que l’organisation d’une telle compétition impliquent pour un système comme le leur ?

Pascal Boniface : Je pense qu’ils ont sous-estimé l’ampleur des conséquences de la médiatisation de l’organisation d’un tel événement. Ils ont en vu les aspects positifs et en ont mésestimé les aspects potentiellement dangereux pour eux. En organisant les Jeux, ils ont attiré la lumière sur eux, c’était le but recherché. Mais l’effet non recherché, c’est qu’ils ont également attiré la lumière sur des aspects qu’ils auraient préféré garder secrets ou discrets. Car finalement, la répression chinoise au Tibet n’est pas nouvelle, et si l’on parle plus du Tibet aujourd’hui qu’auparavant, c’est bel et bien parce que les Jeux vont être organisés à Pékin au mois d’août.

ctipar : La Chine a-t-elle intérêt à étouffer tout ce qui pourrait se passer au Tibet (ou ailleurs) d’ici aux JO, ou vaut-il mieux pour elle jouer une certaine transparence vis-à-vis des médias étrangers, comme elle a tenté en vain de le faire récemment ? Je pense à la visite organisée et perturbée pour vingt-six journalistes étrangers.

Pascal Boniface : La transparence est préférable à condition qu’elle soit possible et qu’elle soit crédible. Donc l’urgence pour Pékin est bien sûr de ramener le calme, mais pas au prix d’une répression qui attirerait encore plus l’attention sur son comportement.

jack : Les Jeux olympiques vont-il devenir le moyen de montrer au monde entier les problèmes de politique intérieure des pays organisateurs ?

Pascal Boniface : Tout événement mondial médiatisé sera ce type d’occasion, et dès qu’un pays sera l’hôte d’un événement à forte valeur par rapport aux opinions publiques, plus il devra faire attention aux éventuelles zones d’ombre qu’il ne veut pas montrer, et il sera de plus en plus difficile à des pays dont le comportement est contesté d’organiser ce type d’événement sans le payer d’un prix fort en termes d’opinion. C’est l’une des conséquences de l’importance croissante du rôle des opinions publiques sur la politique internationale.

Richard : Lié au boycott des JO, des gens, sur des forums, suggèrent aussi un boycott économique du “made in China”. Qu’en pensez-vous ?

Pascal Boniface : Comme pour le reste, pour être efficace, il faut qu’il soit très largement répandu et il faut qu’il y ait une adéquation entre le citoyen et le consommateur. Mais on voit souvent que le consommateur n’a pas les mêmes réflexes que le citoyen.

pleu : Le boycott entraînerait-il un regain de confiance des pays limitrophes permettant de débloquer les quelques conflits de la région, comme les Ouïgours dans l’ouest du pays, ou l’Inde au sujet du Cachemire ?

Pascal Boniface : Il est évident que s’il y avait un boycott, cela rendrait le gouvernement chinois plus crispé. Et en même temps, n’ayant plus à craindre de pression extérieure, il se sentirait les mains plus libres. Par ailleurs, un boycott aurait pour conséquence une dégradation du climat international qui, par définition, aura des conséquences négatives dans la région.

Turambar : Quel avenir pour le Tibet après les Jeux ?

Pascal Boniface : Il y a un scénario impossible, c’est l’indépendance. Les Chinois ne l’admettent pas et les Tibétains ne le revendiquent pas. Cela posé, il reste deux scénarios majeurs : soit les Chinois comprennent que la satisfaction de la demande d’autonomie culturelle des Tibétains n’est pas dangereuse pour eux d’un point de vue stratégique, et peut leur faciliter la vie d’un point de vue politique ; et dans ce cas-là, la situation peut s’améliorer.

Soit ils maintiennent une attitude crispée, et ils en paieront toujours un prix assez lourd en termes d’image internationale, parce que si les Tibétains ne sont pas le seul peuple opprimé sur la planète, ils sont, parmi les peuples opprimés, celui qui a la meilleure image.

Guillaume : Quel avenir pour la Chine après les Jeux de Pékin ?

Pascal Boniface : Là encore, on ne peut pas répondre de façon tranchée. C’est une question de proportion, pas une question de “oui” ou “non”. La Chine est à la fois acceptée et critiquée dans la communauté internationale. Tout est affaire de proportion. A l’heure actuelle, la part de critiques est plus forte, bien sûr.

Maha : Est-ce que les réactions actuelles de certains gouvernements occidentaux représentent une soudaine prise de conscience de la situation entre la Chine et le Tibet, ou est-ce simplement un effet de mode qui prendra fin avec la clôture des JO ?

Pascal Boniface : C’est plutôt une réaction par rapport aux campagnes d’opinion, où les gouvernements ont suivi le train de l’opinion.

Richard : Qui revendique alors l’indépendance du Tibet ?

Pascal Boniface : Pas le dalaï-lama, pas la majorité des Tibétains. Quelques éléments isolés peuvent la réclamer. Il faudrait étudier de plus près la représentativité de ceux-ci. D’ailleurs, on parle beaucoup de ceux qui réclament le boycott, mais ils sont très minoritaires. Les grandes organisations de défense des droits de l’homme ne réclament pas le boycott, pas plus que le dalaï-lama. Comme ils prennent des positions radicales, on les voit plus, mais ils sont loin d’avoir une très forte audience.

Djan59 : Le boycott serait certes un geste symbolique très fort mais n’aurait d’effet que sur le court terme. Quels seraient, selon vous, les moyens de pression qui feraient que la Chine respecterait définitivement les droits de l’homme ?

Pascal Boniface : Rêver que la Chine respecte définitivement les droits de l’homme à court ou long terme sur injonction des pays occidentaux relève de l’illusion. Et il faut sortir du schéma où l’on donne des instructions à un autre pays pour qu’il s’y conforme. Tout simplement parce que ce schéma n’est plus opératoire et qu’on n’est plus dans la situation où l’on puisse, fût-ce au nom de la morale, donner des ordres à un autre pays, surtout que notre morale est parfois considérée comme étant à géométrie variable.

Greeddo : Dans le cas d’un scénario extrême – aggravation de la répression chinoise au Tibet,  puis détérioration des tensions internationales, puis boycott total par plusieurs pays “majeurs”  –, est-il concevable d’envisager une hausse des tensions pouvant aller jusqu’à un conflit armé au niveau mondial ?

Pascal Boniface :  Par définition, rien ne peut être exclu. Mais ce scénario me paraît beaucoup plus radical que probable.

Chat modéré par Luc Vinogradoff

FRANCE:une société au moral en berne…

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Moral des ménages : trente ans de blues français

 Les Français n’ont pas le moral. En janvier, février puis mars, l’indicateur de synthèse de l’Insee, qui donne une idée du “ressenti” des Français sur leur situation personnelle, a battu des records à la baisse : - 34, - 35 et enfin - 36, contre - 13 en juin 2007. Ces chiffres n’avaient jamais été atteints depuis la création de cet indicateur en 1987 (niveau le plus haut : + 10 en janvier 2001).

Ce moral en berne est une tendance de fond, ancrée dans le paysage français(…D)epuis 1972, le baromètre TNS-Sofres, de son côté, n’a jamais comptabilisé, depuis mai 1973, plus de 40 % d’optimistes. Et il enregistre, depuis septembre 1990, une constance dans le pessimisme majoritaire, à peine interrompue par de fugaces bouffées d’optimisme(…) A travers des séries statistiques longues, des “tendances lourdes” donnent à cette mélancolie collective des fondements objectifs, qui confirment des observations intuitives.

Depuis la fin des années 1970, la France a beaucoup changé. Les progrès les plus évidents touchent la santé et les révolutions technologiques. Vacances et RTT ont diminué le temps de travail. La crise du logement ne peut pas faire oublier que le confort des habitations s’est amélioré de façon spectaculaire. Mais le confort matériel ne fait pas, ou plus, le bonheur. Car de l’autre côté du fléau de la balance, le plateau de ce qui va moins bien est surchargé.

En trois décennies, la France s’est installée dans le chômage, tout en devenant plus inégalitaire, tandis que le niveau de vie piétinait. La précarité marque les esprits. La crainte de devenir SDF touche 47 % des Français, selon un sondage BVA.

De multiples autres facteurs de déprime pourraient être évoqués. Le “modèle social” s’est grippé. Pour la première fois de l’après-guerre, les Français redoutent que leurs enfants aient une vie plus difficile que la leur. Les distances domicile-travail explosent, le stress professionnel aussi. Avant 1979, presque personne ne parlait des banlieues-ghettos. Elles sont devenues la mauvaise conscience d’une société perçue comme plus dure, moins solidaire. La mondialisation libérale est souvent vécue comme une menace. Sans oublier les nouvelles angoisses liées au réchauffement climatique(…)

Jean-Louis Andreani

(extraits du MONDE 01.04.08.)

FRANCE:une société en évolution rapide:pacs, enfants tardifs et hors mariage, la famille en 2008.

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 La famille en 2008

LE MONDE | 31.03.08 

Dans les années 2000, la famille s’est éloignée du modèle proposé et très en vogue par les années 50.La famille des années 2000 est bien loin du modèle traditionnel des années 1950. Des mères plus âgées, des pacs qui se substituent de plus en plus souvent aux mariages et une majorité d’enfants qui naissent désormais hors mariage : telles sont ses nouvelles caractéristiques, décrites dans le bilan 2007 de l’Institut national d’études démographiques.

Des grossesses de plus en plus tardives. En 2007, les femmes qui ont mis un enfant au monde avaient en moyenne 29,9 ans(…). En 1977, l’âge moyen des femmes à l’accouchement était de 26,5 ans. Aujourd’hui, plus d’un nouveau-né sur cinq (21,1 %) a une mère âgée de plus de 35 ans.

L’explosion du pacs. Créé en 1999, le pacte civil de solidarité(…) connaît un immense succès : alors que le mariage ne cesse de reculer, le nombre annuel de pacs a plus que quintuplé, passant de 20 000 en 2001 à plus de 100 000 en 2007. Cette progression est liée à l’augmentation des pacs signés par des couples homosexuels (+ 50 %), mais surtout(…par) des couples hétérosexuels : en six ans, leur nombre a été multiplié par six. “En 2007, on se rapproche d’un pacs pour deux mariages”(…)Le triomphe du pacs est sans doute lié au fait qu’il s’est peu à peu rapproché du mariage : en 2005, les avantages fiscaux accordés aux pacsés ont été alignés sur ceux des couples mariés. Sa souplesse - il peut être dissous à la suite d’une simple déclaration écrite - semble en outre correspondre aux demandes des couples d’aujourd’hui(…)

 

La banalisation des naissances hors mariage. En 2007, près de la moitié des bébés sont nés au sein d’un couple non marié, contre seulement 6 % en 1970(…)Le droit a pris en compte ce bouleversement : en 1972, le législateur a proclamé l’égalité des filiations légitimes et naturelles et, en 2001, l’égalité successorale des enfants a été garantie. Cette évolution a été parachevée en 2005 par une ordonnance (…) qui a fait disparaître les mots “légitime” et “naturel” du code civil.Les naissances hors mariage ne sont plus le signe d’une absence de père : en 2005, plus de 80 % des enfants nés hors mariage ont été reconnus par leur père dès la naissance. “Les naissances hors mariage surviennent désormais le plus souvent au sein de couples stables, conclut M. Pison(…demographe). Avec la banalisation des naissances de couples non mariés, la reconnaissance paternelle est devenue la règle.”

(extraits article Anne Chemin   )

COREE DU NORD:dictature et chantage au sujet des droits de l’homme et du nucléaire…

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 Les 2 Corée(s):

http://www.macoree.com/images/Carte.gif   

La Corée du Nord:              

 Corée du Nord         Corée du Nord 

Chef de l’état:Secrétaire général du Parti communiste : Kim Jong Il (depuis 1997)-Régime politique:République populaire (dictature communiste)-Capitale:Pyongyang-Superficie:120 538 Km2-Population:22 912 000 hab. ( en 2005)-Densité de Pop.:190.08 hab./Km2-Monnaie Nationale:Won (KPW)-Cours en Euros:0.00452600 (au 30/03/2008).

 La Corée du Sud

Corée du Sud           Corée du Sud

Chef de l’état:Président:  Lee Myung -bak(depuis 2008)-Régime politique:République (démocratie)-Capitale:Séoul-Superficie:99 313 Km2-Population:48 294 000 hab. ( en 2005)-Densité de Pop.:486.28 hab./Km2-Monnaie Nationale:Won (KRW)-Cours en Euros:0.00064200 (au 29/03/2008)-Pnb:576,426 Milliard(s) de dollars-Indice de Développement Humain (rang mondial):0,901 (28) ( en 2003)

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 Regain de tension dans la péninsule coréenne … 

Parade militaire à Pyongyang

 LE MONDE | 29.03.08 

Bien que la signification des tirs d’essai de missiles à courte portée, effectués, vendredi 28 mars, en mer Jaune par la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) soit minimisée à Séoul et à Tokyo, où les experts estiment qu’il s’agit d’un “exercice de routine”, cette démonstration de force n’en témoigne pas moins d’un regain de tension dans la péninsule coréenne. Pyongyang réagit à un durcissement de la politique de Séoul à son égard. Jeudi 27 mars, dans un autre signe de mécontentement, le régime nord-coréen avait expulsé onze des treize fonctionnaires sud-coréens responsables de la zone industrielle de la ville frontalière de Kaesong (RPDC), symbole de la réconciliation Nord-Sud, où sont implantées une quarantaine de sociétés du Sud, employant 20 000 Nord-coréens.

C’est dans ce contexte que l’agence de presse officielle nord-coréenne KCNA a diffusé un communiqué du ministère des affaires étrangères mettant en garde contre les “graves conséquences sur la désactivation des installations atomiques” que pourrait entraîner le prolongement de l’impasse des négociations sur le nucléaire. En décembre 2007, dans le cadre de l’accord signé avec les Etats-Unis en février de la même année, la RPDC s’était engagée à désactiver ses installations nucléaires et à fournir la liste complète de ses programmes nucléaires en échange de la levée des sanctions américaines à son égard. Mais les pourparlers piétinent, Washington estimant que la liste des programmes nucléaires fournie par Pyongyang est incomplète. Le porte-parole de la Maison blanche a qualifié les tirs de missiles de “non constructifs”.

Le nouveau président sud-coréen, Lee Myung-bak, entend faire preuve de plus de fermeté à l’égard du Nord que ses prédécesseurs de centre gauche. http://french.peopledaily.com.cn/mediafile/200802/26/F200802260815494671255037.jpgIl exige en retour de l’assistance fournie par le Sud des progrès en matière de dénucléarisation et de respect des droits de l’homme. A la veille d’élections législatives le 9 avril en Corée du Sud, M. Lee entend montrer à son électorat de droite qu’il tient ses engagements. En début de semaine, Séoul avait rappelé que la poursuite de l’assistance - hormis humanitaire - à la RPDC, ainsi que l’expansion de la zone de Kaesong dépendaient de progrès sur le dossier nucléaire.

M. Lee Myung-bak veut tenir la “dragée haute” à Pyongyang sur un autre dossier sensible : le respect des droits de l’homme. La Corée du Sud a voté, le 27 mars, une résolution du Conseil des droits de l’homme de l’ONU condamnant les “violations graves, systématiques et généralisées” auxquelles se livre le régime. Jusqu’à présent, Séoul s’était abstenue - à deux exceptions près - de voter ces résolutions afin de ne pas risquer d’enrayer le processus de réconciliation.

Le rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l’homme en RPDC, Vitit Muntarbhorn, avait souligné, en octobre 2007, “l’attitude plus constructive” du régime en matière de respect des droits tout en appelant “à réformer le système carcéral et à en finir avec les violences contre les personnes”. Il n’a jamais été autorisé à se rendre en RPDC. Selon le département d’Etat américain, la Corée du Nord figure parmi les dix pays les plus répressifs du monde.

A la demande du président Lee, la Commission nationale des droits de l’homme sud-coréenne doit mener, pour la première fois, une enquête systématique sur la violation des libertés fondamentales en RPDC.

Philippe Pons

CHINE:propagande et contrepropagande,la guerre de l’information à propos du TIBET.

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Tibet : la guerre de l’information

LE MONDE | 29.03.08 

C’est la contre-offensive médiatique. Alors que la clameur gronde en Occident contre la politique de Pékin au Tibet, le gouvernement chinois s’emploie de son côté à décrédibiliser, voire à ridiculiser, la façon dont certaines télévisions ou magazines occidentaux ont rendu compte des récents troubles sur le Toit du monde.

L’objectif est double. Il s’agit d’abord d’accréditer la version que les émeutes du vendredi 14 mars à Lhassa se sont résumées à un déchaînement de violence de type ethnique de la part des manifestants tibétains contre les immigrés han (principale ethnie de la Chine) et hui (minorité musulmane) ; en présentant les choses sous cet angle, Pékin veut contrer les accusations de “ répression” lancées par l’entourage du dalaï-lama et relayées par les médias occidentaux. Ensuite, Pékin accuse les médias occidentaux d’avoir manipulé les photos ou les films afin d’attiser l’indignation.Cette contre-offensive chinoise a commencé dès le lendemain du 14 mars, quand la télévision nationale CCTV a diffusé un reportage tourné à Lhassa durant les émeutes. On y voit des émeutiers s’en prendre à tout ce qui est chinois dans les rues de la capitale tibétaine. Des boutiques sont mises à sac ou incendiées, des motocyclistes battus. Des commerçants fondent en pleurs. La violence des émeutes a été confirmée par plusieurs touristes étrangers, témoins de l’assaut de la vieille ville par des manifestants tibétains, moines inclus.

 Un moine tibétain interviewé le 27 mars à Lhassa. REUTERS/REUTERS TV

Un moine tibétain interviewé le 27 mars à Lhassa.

Un présentateur de l’émission de CCTV “Xinwen 1 + 1″ a jugé systématiquement antichinois les médias de l’Occident. Un site Internet “anti-CNN” créé par un étudiant de l’université pékinoise de Qinghua, et que reprend le site du Quotidien du peuple, organe central du Parti communiste, conspue la façon dont la chaîne américaine de télévision en continu a couvert les événements du Tibet. Et attaque des magazines européens.

Il est piquant de voir les médias officiels chinois, grands orfèvres en désinformation, se faire les chantres de la déontologie journalistique. Mais, en l’occurrence, ils ont beau jeu de dénoncer certains dérapages de la couverture occidentale. Car, sans préjuger d’une volonté délibérée de tromper leurs téléspectateurs ou lecteurs, certains médias ont fait montre d’un manque de professionnalisme ahurissant : sur le site de CNN, une photo, censée illustrer la répression chinoise, montre des camions militaires progressant dans des rues de Lhassa où sont visibles les traces des violences. En fait, si la photo n’avait pas été recadrée, on aurait vu, comme le montre le site “anti-CNN”, des émeutiers lancer des pierres contre ces camions.

Pire : la “une” de l’hebdomadaire allemand Bild affiche, sous le titre “Plusieurs centaines de morts à Lhassa”, une photo montrant des manifestants tibétains battus à coups de latte de bambou par des policiers… népalais au cours d’une manifestation à Katmandou, au Népal ! De son côté, la chaîne de télévision américaine Fox News, peu réputée pour son sérieux, a publié à la “une” de son site une photo de réfugiés tibétains à New Delhi évacués par des policiers indiens, avec comme légende : “Les Chinois ont fait parader dans les rues de Lhassa des prisonniers tibétains dans des camions.”

CNN a reconnu que la mise en page du site avait pu induire le lecteur en erreur, mais soutient que sa couverture des troubles est restée impartiale. La chaîne allemande de télévision RTL qui a aussi utilisé des photos prises au Népal, a publié une lettre d’excuses.

Cette contre-offensive de Pékin rencontre un vif écho dans l’opinion chinoise, persuadée que l’Occident désinforme dans cette affaire. Sur la Toile, une lettre ouverte appelle les Chinois à se lever contre les “médias nazis des Goebbels de l’Occident” et s’insurge du fait que “la nation chinoise, amoureuse de la paix, raffinée et cultivée, a trop longtemps été la cible d’insultes”.

Ailleurs, des blogueurs se sont lancés dans une diatribe anti-Sarkozy après les déclarations du chef de l’Etat français évoquant un possible boycottage de la cérémonie d’ouverture des JO. Certaines réactions versent dans un lyrisme outragé : “Les séparatistes tibétains sont plus cruels que des bêtes. (…). Un groupe d’ennemis venus de l’Occident cachent leurs mains noires derrière eux et l’on voit déjà leurs queues sortant de leurs cachettes.”

Dernier épisode de la contre-attaque de Pékin : l’invitation à Lhassa de 26 correspondants de presse étrangers et chinois, bien encadrés. Mais l’opération de relations publiques a été troublée dans le temple du Jokhang par la manifestation d’une trentaine de moines bouddhistes contestant ouvertement la version officielle chinoise des événements. La guerre de l’information fait rage au Tibet.

Bruno Philip

TAIWAN:un ancien”dragon” en pleine forme…

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Les bonnes performances économiques de TaïwanMap of Taiwan Taiwan                        Taiwan  

Capitale:Taipei-36 006 Km-22 731 000 hab. ( en 2005)-631.31 hab./Km2-Monnaie :Dollar de Taiwan (TWD)-Cours en Euros:0.02125000 (au 28/03/2008)-Pnb:306.74 Milliard(s) de dollars

 LE MONDE | 25.03.08 |

Ma Ying-Jeou a remporté l’élection présidentielle de Taïwan et son parti, le Kuomintang (KMT), détient les deux tiers des sièges de l’Assemblée législative. Sa victoire a fait bondir de 4 % l’indice Taiex de la Bourse de Taïwan lundi 24 mars, dopé par l’espoir que cette élection pourrait accentuer l’intégration économique avec la Chine. Mais cette dernière représente déjà 39 % des exportations de Taïwan, et les performances économiques obtenues par le Democratic Progressive Party (DPP) pourraient être difficiles à améliorer. Le DPP, au pouvoir depuis 2000, est le parti traditionnel du nationalisme taïwanais, tandis que le KMT, héritier du gouvernement de la Chine précommuniste, est favorable à des relations plus étroites avec la Chine tout en maintenant l’identité séparée de Taïwan. Ainsi la victoire du KTM pourrait-elle déboucher sur un accord complet de coopération économique, un revirement par rapport aux relations froides maintenues par le président sortant du DPP, Chen Shui-bian.

Néanmoins, l’impact économique du maintien à distance politique la Chine était limité. Les exportations de Taïwan vers la Chine, y compris Hongkong, qui représentaient 22 % de ses exportations globales en 2000, sont passées à 39 % en 2007. Il semble peu probable que Ma Ying Jeou puisse faire mieux en renforçant les liens économiques avec la Chine que son prédécesseur.

Les performances économiques de Chen Shui-bian étaient satisfaisantes à d’autres égards. Le taux de croissance du PIB par habitant de Taïwan, de 5 % à 6 % de 2000 à 2007, a certes été faible comparé à celui de 9 % de la Chine et celui à deux chiffres de Taïwan avant 1996. Mais Taïwan est désormais une économie riche et sophistiquée, avec un PIB par tête comparable à celui de la moyenne de l’Union européenne. Elle ne peut donc croître que plus lentement que la Chine en développement. L’inflation demeure faible elle aussi, tout comme les dépenses publiques, tandis que le déficit budgétaire reste modeste.

Les perspectives économiques de Taïwan restent bonnes et son marché boursier apparaît sous-évalué. Mais l’attitude de Chen Shui-bian avec la Chine ne permettait pas aux investisseurs de les fêter. Ils pourraient maintenant se focaliser sur l’un des contrastes de Taïwan avec la Chine : le dynamisme de son marché libre.

 Martin Hutchinson

JAPON:un pays du NORD très touché par le vieillisement…

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Au Japon, le vieillissement de la population s’accélère

LE MONDE | 28.03.08

Grisonnante et déclinante, deux qualificatifs de plus en plus caractéristiques de la population japonaise. Aujourd’hui à 127,7 millions d’habitants, elle pourrait s’établir à 117 millions en 2030 et 100 millions en 2050, selon les chiffres de l’Institut national sur la population et la Sécurité sociale.

 Une maison de retraites à Mizuho, dans la banlieue de Tokyo (Japon), le 25 décembre 2006. AFP/KAZUHIRO NOGI

Une maison de retraites à Mizuho, dans la banlieue de Tokyo

Cette baisse découle d’un taux de fécondité tombé à 1,26 enfant par femme, conséquence notamment d’un accroissement des inégalités et d’une précarisation de l’emploi qui n’encouragent pas à convoler et à avoir des enfants.

Autre explication, une certaine fuite de responsabilités chez les plus jeunes qui rejettent le modèle familial traditionnel et privilégieraient la satisfaction immédiate de leurs propres aspirations.

Les pouvoirs publics ne semblent pas prêts à s’attaquer au problème. Des projets sont évoqués pour tenter d’aider les travailleurs, surtout les femmes, à concilier vie professionnelle et familiale ou à convaincre les entreprises de permettre à leurs salariés de bénéficier du congé parental, autorisé par la loi. Mais le Japon ne prévoit toujours pas de se doter d’une véritable politique familiale.

 La population diminue donc, les campagnes se vident et l’Archipel vieillit. Les 27,44 millions de plus de 65 ans, chiffre atteint en septembre 2007 selon le ministère de la gestion publique, représentent 21,7 % de la population totale, une proportion qui devrait atteindre 35,7 % en 2050. A cette époque, les moins de 14 ans seront 10,8 %, contre 13,7 % en 2007.

Ces évolutions menacent l’avenir des retraites, de plus en plus difficiles à financer. Tokyo a adopté une réforme en 2004, alors que les dettes des différents régimes atteignaient cette année-là 650 000 milliards de yens (4 176 milliards d’euros), 1,3 fois le produit intérieur brut.

Le texte prévoit un relèvement progressif des cotisations mensuelles jusqu’en 2017 et un renforcement des contrôles pour tenter de réduire la part, aujourd’hui à 40 %, des personnes qui ne règlent pas leurs cotisations pour la retraite de base - essentiellement des intérimaires et des indépendants. Conséquence de cette nouvelle loi, les affiliés paieront plus, mais toucheront moins. Les retraites qui représentent aujourd’hui 59,2 % du salaire devraient descendre à environ 50 % en 2023.

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Philippe Mesmer

JAPON,CRISE FINANCIERE ET MONDIALISATION:le renforcement du yen face au dollar pourrait pénaliser durement les exportateurs japonais.

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  Japon        

Japon                    Japon

   Chef de l’état:Empereur Akihito (depuis janvier 1989) Premier Ministre : Yasuo Fukuda (depuis le 26-9-2007)-Régime politique:Empire, démocratie parlementaire-Capitale:Tokyo-Superficie:377 819 Km2-Population:127 728 000 hab. ( en 2005)-Densité de Pop.:338.07 hab./Km2-Monnaie Nationale:Yen (JPY)-Cours en Euros:0.00649200 (au 26/03/2008)-Pnb:4389,791 Milliard(s) de dollars-Indice de Développement Humain (rang mondial):0,943 (11) ( en 2003)

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La hausse du yen face au dollar menace les grandes entreprises japonaises

LE MONDE | 25.03.

08 

 Jusqu’en 2008, le billet vert s’échangeait contre plus de 110 yens, ce qui permettait aux groupes nippons, particulièrement à ceux du secteur automobile ou de l’électronique, de maintenir leurs ventes à l’étranger à un niveau élevé. Le yen faible a permis au Japon de sortir de dix années de crise et de vivre cinq années de croissance modérée. Depuis le début 2008, la baisse du dollar - jusqu’à près de 95 yens mi-mars - suscite des inquiétudes chez les investisseurs étrangers, principaux acteurs de la Bourse de Tokyo depuis 2005. Ils redoutent une baisse des bénéfices des sociétés de l’archipel. Ces craintes ont provoqué l’effondrement des valeurs des entreprises exportatrices. Sony a perdu 36 %, Panasonic 17 % et Sharp 15 %. De fait, plusieurs analystes annoncent un repli des profits opérationnels pour l’exercice 2008, qui débute le 1er avril. Nomura Securities prédit une baisse moyenne de 1,4 % de ces gains pour les 346 principales sociétés non financières japonaises si le cours du dollar reste autour de 95 yens. Les difficultés de l’économie américaine incitent aussi les firmes japonaises à ne pas augmenter leurs prix pour compenser les éventuels manques à gagner.

Dans ce contexte de repli boursier, plusieurs entreprises, comme le sidérurgiste Nippon Steel, renforcent leurs défenses contre des tentatives de prise de contrôle de fonds étrangers, chinois ou russes.

Ces perspectives méritent pourtant d’être relativisées, notamment parce que les exportateurs dépendent moins du marché américain.

MONDIALISATION DES ACTIVITÉS

“Nous ne sommes plus en 1995, quand les groupes nippons qui produisaient dans l’archipel avaient souffert de la chute du dollar à 80 yens, explique Yoshio Sakuma, de l’Institut des études économiques internationales, proche de Toyota. Aujourd’hui, une grande partie de la production se fait hors du Japon, ce qui limite l’impact d’un yen trop fort.” Ainsi, Toyota fabrique 2 millions de ses 9,5 millions de véhicules en Amérique du Nord et 1,7 million en Europe. La mondialisation des activités permet à Suzuki, qui produit l’essentiel de ses modèles en Inde et reste peu présent aux Etats-Unis, de maintenir une prévision de hausse de 13,8 % de ses bénéfices pour l’exercice 2008.

En outre, un renforcement de la monnaie japonaise face au dollar allège la facture énergétique et le coût des matières premières. “Cela peut compenser la baisse des bénéfices dans certains secteurs, comme la sidérurgie”, estime M. Sakuma. Les difficultés actuelles incitent aussi les syndicats à modérer leurs demandes d’augmentations salariales pour les négociations de printemps.

Ces dernières années, les bénéfices des sociétés japonaises ont bien progressé et, contrairement à 1995, elles ont une solide trésorerie. “Tirant les leçons de la bulle de la fin des années 1980, elles ne dépendent plus uniquement des banques pour leur financement, mais des marchés et de leurs fortes réserves de liquidités”, souligne Junichi Saeki, de IDC Japan. Et elles bénéficient d’une bonne maîtrise de l’économie mondialisée et d’une productivité en progrès.

Certaines pourraient se lancer dans des opérations hors du Japon. Fast Retailing, l’opérateur de l’enseigne de vêtements bon marché Uniqlo, veut ainsi profiter du yen fort pour investir, par le biais de fusions et d’acquisitions, entre 300 et 400 milliards de yens (entre 1,9 et 2,6 milliards d’euros) afin de porter son chiffre d’affaires à 1 000 milliards de yens en 2010.

Toutefois, “si le dollar tombait à 75 yens, les problèmes pourraient commencer”, juge M. Saeki. Les industries exerçant dans des domaines très spécialisés et tournées vers l’exportation seraient affectées.

Pour le moment, les autorités ne sont pas intervenues sur le marché des changes. Le Bureau du gouvernement a, dans son rapport mensuel rendu public le 19 mars, abaissé son estimation des performances de l’économie du pays, percevant “une pause dans le mouvement de reprise”. Mais il reste confiant pour les exportations, notamment vers les économies émergentes, susceptibles de compenser une baisse des ventes réalisées aux Etats-Unis.

Philippe Mesmer

CHINE et MONDIALISATION:Une société chinoise entre à la Bourse de

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ParisChina Corn Oil, spécialisée dans la production d’huile de maïs alimentaire, est la première entreprise de la République populaire à faire son entrée sur un marché régulé en France

LE MONDE | 26.03.08 

Un petit pas pour la Bourse mais un grand pas pour Alternext.” Jean-François Théodore, directeur adjoint de la Bourse transatlantique NYSE-Euronext, n’a pas lésiné sur le symbole, mardi 25 mars, pour accueillir China Corn Oil, la première société chinoise sur Alternext, le marché dédié aux petites et moyennes entreprises (PME) “Il s’agit d’une opération historique”, a-t-il ajouté. China Corn Oil, spécialisée dans la production d’huile de maïs alimentaire, est la première entreprise de la République populaire à faire son entrée sur un marché régulé en France. Jusqu’ici, les sociétés chinoises, jugées un peu trop “exotiques” par les investisseurs hexagonaux, privilégiaient une cotation à Londres ou à New York, où l’on en recense déjà 57. “L’opération fut une mission d’évangélisation”, atteste Claude Breuil, conseiller financier chez Invest Securities, chargé de l’offre. Elle est donc restée modeste. Dans un premier temps, les actions de China Corp Oil ne seront accessibles qu’à des investisseurs professionnels, et l’entreprise s’est contentée de lever le minimum légal, 5 millions d’euros, soit environ 7 % du capital.

“ETRE LES PREMIERS EN FRANCE”

“Nous préférons être les premiers en France que le cinquantième à Londres ou ailleurs”, explique Wang Dingli, conseiller de China Corn Oil. La société espère profiter de l’exposition médiatique de ce petit événement, qui a mobilisé une délégation chinoise de près de quinze personnes, dont l’état-major de China Corn Oil, mais aussi la maire de la ville de Binzhou où est basée la société et le conseiller économique de l’ambassade de Chine à Paris. Leader dans son pays, l’entreprise compte se faire connaître pour attirer les consommateurs européens et devenir “la” référence haut de gamme d’huile de maïs. “Nous voulons être le “Lancôme” de l’huile de maïs”, s’amuse M. Wang.

Avec un peu plus de 100 millions d’euros de chiffre d’affaires, la société profite de la flambée des matières premières. En Chine, le prix de l’huile de maïs a progressé de 40 % en un an et demi. Assez pour séduire les épargnants ?

Le moment n’est pas le mieux choisi pour s’aventurer en Bourse. Les turbulences provoquées par la crise des subprimes n’ont pas encouragé les entreprises à se faire coter sur le Vieux Continent. China Corn Oil a d’ailleurs dû reporter l’opération initialement prévue en décembre 2007.

“China Corn Oil est un cas à part”, espère néanmoins Robert Yu, de la banque ICBC, conseil de la société. Pour sa première cotation, l’entreprise chinoise a profité du rebond inattendu du marché. Le CAC 40 a progressé mardi de 3,49 %, et l’action de China Corn Oil s’est octroyé une hausse de 5 %, cotant 20,81 euros à l’issue de sa première journée de cotation.

Claire Gatinois et Yinan Qian

MONDIALISATION et émergence croissante de l’INDE:Tata devient un groupe mondial

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INDE:

Inde                 Inde

Chef de l’état:Présidente : Pratibha Patil (depuis le 25-7-2007). Premier ministre: Manmohan Singh (depuis mai 2004)-Régime politique:République fédérale démocratique souveraine socialiste laïque (25 Etats et 7 territoires). Membre du Commonwealth-Capitale:New Delhi-Langue officielle:Hindi, anglais-Superficie:3 287 263 Km2-Population:1 103 596 000 hab. ( en 2005)-Densité de Pop.:335.72 hab./Km2-Monnaie Nationale:Roupie indienne (INR)-Cours en Euros:0.01589000 (au 28/03/2008)-Pnb:567,604 Milliard(s) de dollars-Indice de Développement Humain (rang mondial):0,602 (127) ( en 2003)

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Automobile : Avec Land Rover et Jaguar, Tata devient un groupe mondial

 Jaguar. La prestigieuse marque britannique a été créée en 1922 par Bill Lyons. Elle a été rachetée par le constructeur américain Ford en 1989 pour 1,6 milliard de livres (2 milliards d’euros). Elle compte 8 000s alariés dont 2000 dans le centre d’ingénierie de Coventry, 3 000 dans l’usine de Birmingham et 3 000 autres à Halewood près de Liverpool. En 2007, le constructeur a vendu 60 000 voitures dont plus de 70 % à l’exportation. Selon les analystes, Jaguar a perdu 500 millions de dollars (320 millions d’euros) en 2007.
Land Rover. Fondé en 1947 par Rover, Land Rover a été racheté en 1994 par BMW et, en 2000, par Ford pour 1,7 milliard de livres. A Solihull près de Birmingham, 7 900 salariés fabriquent les véhicules de la marque. En 2007 et pour la première fois de son histoire, Land Rover a dépassé le cap des 200 000 voitures vendues (205 717). Ses bénéfices se sont établis, selon les analystes, à 1 milliard de dollars.

 LE MONDE | 26.03.08 

New Delhi, correspondance

Un an après s’être emparé du fleuron sidérurgique britannique Corus, le groupe indien Tata devient propriétaire de Land Rover et Jaguar. Tata a annoncé, mercredi 28 mars, le rachat des deux marques de luxe britanniques pour 2,3 milliards de dollars (1,47 milliard d’euros). L’opération doit être finalisée à la fin du second semestre.

Grâce à cette acquisition, le groupe indien est en passe de devenir un constructeur automobile d’envergure mondiale, huit ans seulement après avoir assemblé sa première voiture. “Tata Motors veut devenir un groupe international, ce qui veut dire qu’il a besoin d’avoir accès aux dernières technologies”, indiquait récemment Ratan Tata, le président du groupe Tata, au magazine britannique Autocar Magazine. De fait, l’accord signé mercredi prévoit le maintien avec Tata des coopérations qui existaient avec Ford.Avec un budget annuel de 600 millions d’euros consacré à la recherche et développement, soit le triple de celui de Tata Motors, Land Rover et Jaguar disposent de technologies cruciales pour le développement du groupe indien sur les marchés occidentaux. Ratan Tata n’a jamais caché qu’il espérait lancer en Europe dans quelques années la Nano, la voiture la moins chère du monde.

“En rachetant ces marques et ce savoir-faire, Tata comble dix à quinze ans de retard”, estime Amit Kasat, analyste chez Motilal Oswal, basé à Bombay. Tata Motors va emprunter 3milliards de dollars pour financer l’acquisition et le développement des deux marques britanniques. Il peut compter sur le soutien de l’empire Tata, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 28 milliards de dollars lors de son dernier exercice fiscal.
 

“Tata Motors n’est pas tant intéressé par les marques que par la taille critique indispensable à son développement à l’international. Pour survivre, un constructeur automobile doit être présent sur tous les segments”, note Dilip Chenoy, directeur général de l’association des constructeurs automobiles indiens. Tata Motors est surtout présent en Inde, tandis que Land Rover et Jaguar sont bien implantés sur les marchés développés. Toutefois, le constructeur indien ne peut guère compter sur les synergies du nouvel ensemble. La voiture la plus économique commercialisée par Land Rover se vend quinze fois le prix d’une Nano. De la voiture la moins chère du monde à la voiture de luxe, les circuits de distribution, la conception et le marketing obéissent à des logiques différentes. Prudent, Ratan Tata précise qu’il conservera l’autonomie de Land Rover et Jaguar : “Ce sont des marques britanniques et elles devront rester britanniques.” D’après les analystes, Land Rover a dégagé un profit de 1 milliard de dollars en 2007, tandis que Jaguar a affiché des pertes de 500 millions de dollars. La marque vend aujourd’hui l’essentiel de sa production aux Etats-Unis et en Europe. Pour redresser la barre, Tata mise sur sa connaissance des pays émergents, qui représentent un potentiel de développement gigantesque pour les marques de luxe. “Il n’est pas impossible que l’Inde serve de plate-forme de production”, s’avance même Abdul Majeed, en charge du secteur automobile au cabinet de conseil Price Waterhouse, à Madras.

Les finitions, qui sont, sur ce segment de marché, fondamentales mais coûteuses, pourraient être délocalisées en Inde. Toutefois, dans l’immédiat, les usines britanniques de Land Rover comme de Jaguar sont en surcapacité. La production ne devrait donc pas faire l’objet de délocalisations.

D’ailleurs, en novembre 2007, Tata s’est engagé devant les syndicats britanniques à ne fermer aucune usine, et à ne supprimer aucun emploi, au moins pendant cinq ans. Mais “si l’Inde est capable, dans quelques années, d’assembler des voitures de luxe à moindre coût, elle pourrait bien sauver le fleuron automobile de son ancien pays colonisateur”, espère Dilip Chenoy.

Julien Bouissou