MONDIALISATION et société géantes du WEB…

19:11 2-GEO/ECO, MONDIALISATION

Les nouveaux défis des géants du Web

PREVISIONS 2008:

204 MILLIARDS DE DOLLARS :

c’est le chiffre d’affaires que réaliseraient les cybermarchands en 2008, selon l’institut Forrester Research (+ 17 % par rapport à 2007). Les ventes en ligne pèseront alors 7 % du total des ventes de détail.

44,6 MILLIARDS DE DOLLARS :

c’est le montant estimé des dépenses des annonceurs sur Internet en 2008, selon l’institut ZenithOptimedia. Les spécialistes n’excluent pas un ralentissement de la hausse de ces dépenses (environ + 30 % par an depuis 2005), en raison de la mauvaise conjoncture économique. Ils estiment cependant que cette baisse de régime sera moins sévère que pour les médias traditionnels.

LE MONDE | 28.04.08 

Pourquoi les géants du Web s’affrontent-ils aujourd’hui avec une intensité inégalée ? L’annonce par Microsoft, le 1er février, de sa volonté de racheter Yahoo! a attisé leur rivalité. Le premier éditeur de logiciels au monde est prêt à mettre 44,6 milliards de dollars (28,3 milliards d’euros) sur la table, soit la plus grosse opération de l’histoire d’Internet. Jusqu’à présent cependant, les dirigeants de Yahoo! ont repoussé l’offre.

Quelles sont les sociétés qui tirent aujourd’hui le plus profit d’Internet ? Début 2000, elles n’étaient qu’une poignée. Désormais, des milliers de sites parviennent à financer leur activité sur ce nouveau média. Mais les géants du secteur sont ceux qui ont survécu à l’éclatement de la bulle Internet de mars 2000.

    

Certains, comme le site d’enchères eBay, le moteur de recherche Google ou le portail d’information Yahoo! sont parvenus à l’équilibre financier en quelques années. D’autres - tel le cybermarchand Amazon.com - ont eu besoin de plus de temps. Ces groupes américains se sont internationalisés, réalisent plusieurs milliards d’euros de chiffre d’affaires annuels et pèsent encore davantage en Bourse.

Comment gagnent-ils leur vie en ligne ? Deux modèles économiques cohabitent sans se concurrencer pour l’instant. Le premier consiste à valoriser auprès des annonceurs les audiences des sites, générées par la mise en ligne de contenus ou de services gratuits, afin de récolter des revenus publicitaires. C’est Google qui y parvient le mieux. Le groupe capte aujourd’hui entre 30 % et 40 % des dépenses publicitaires en ligne, grâce à un format original : les liens sponsorisés. Les annonceurs achètent des mots-clés qui, quand ils font l’objet d’une recherche, entraînent la mise en avant de leurs sites commerciaux.

Yahoo!, MSN (qui regroupe les activités Internet de Microsoft) ou AOL (la division en ligne de la société de média Time Warner) sont davantage des portails d’information. Ils ont surtout misé sur la vente de bannières publicitaires, même si désormais tous s’essayent aussi aux liens sponsorisés, jugés plus rémunérateurs.

Le second modèle est celui du cybermarchand, dominé par Amazon. com. La société a commencé comme un libraire en ligne puis a diversifié son offre : de la voiture aux bijoux en passant par le mobilier de jardin. Elle est aujourd’hui concurrencée par eBay, qui ne se contente plus d’être “la plus vaste des brocantes du monde” grâce à sa plate-forme d’enchères sur le Web, mais propose aussi des ventes à prix fixes, voire pour les internautes américains des sites proposant des produits neufs.

Comment se partager le “gâteau” publicitaire ? Tous ces géants ont profité de l’explosion du nombre de connexions Internet à haut débit. La France, par exemple, en comptait 15,5 millions au quatrième trimestre 2007 contre quatre fois moins en 2003. L’augmentation du nombre des internautes a parallèlement renforcé l’intérêt des annonceurs. Aujourd’hui, la part des investissements qu’ils consacrent au Web frôle les 9 % de ce qu’ils dépensent, tous médias confondus.

Les tenants du modèle publicitaire jouent la course à l’audience, conscients que le “gâteau” publicitaire est alléchant, mais pas extensible à l’infini. Ils font face à des concurrents plus récents comme les sites de socialisation Facebook ou MySpace, dont la popularité monte en flèche. Les cybermarchands affrontent aussi des nouveaux venus : après avoir longtemps hésité, distributeurs traditionnels, marques et fabricants de contenus testent la vente en ligne en direct. Même les majors du disque veulent s’y mettre, comme EMI.

Dans le cas particulier de Microsoft, le rachat de Yahoo! serait le moyen de faire le grand virage sur Internet que l’éditeur a seulement amorcé. Il tire encore l’essentiel de ses revenus de la vente de logiciels. Or, des modèles économiques concurrents émergent, où les logiciels sont distribués gratuitement en ligne, les éditeurs se rémunérant avec la publicité…

Cécile Ducourtieux

En Chine, les acteurs locaux mènent le bal

LE MONDE | 28.04.08 Il reste une bonne dizaine de pays où les Google, Yahoo! ou autre eBay ne font pas la loi et se plient à la censure des gouvernements, comme en Chine, où les vedettes du Réseau s’appellent Baidu, Sina, Sohu ou Tencent.

En nombre d’internautes, la Chine est passée devant les Etats-Unis en ce début d’année, et revendique désormais le premier rang mondial. Un record qu’il faut relativiser vu le différentiel de population. Il n’empêche. Selon le Centre d’information sur le réseau Internet chinois (CNNIC), 210 millions de Chinois se connectaient à Internet fin 2007. Ils devraient être 280 millions à fin 2008.

Cette très forte croissance de l’usage du Web s’est accompagnée de la montée en puissance de sociétés locales.

La plus importante d’entre elles, Baidu, s’est imposée comme le moteur de recherche de référence, avec 60 % de part de marché loin devant les habituels leaders comme Google (21 %) et Yahoo! (14 %). Cette société a été fondée en 2000 à Pékin par Robin Li, une des vedettes du réseau chinois. Elle est sortie de l’ombre en août 2005, lors de son introduction boursière sur le Nasdaq aux Etats-Unis. Introduite à 27 dollars, l’action de Baidu a littéralement flambé et atteint aujourd’hui 309 dollars.

Pourtant, la taille de cette star du Net est sans commune mesure avec ses concurrents américains. Même s’il a doublé en 2007, son chiffre d’affaires ne pèse que 239 millions de dollars (150 millions d’euros).

Sur le marché des portails, ce sont Sina et Sohu qui mènent le bal.

 

Dans le domaine de la messagerie instantanée, Tencent, qui revendique 280 millions de comptes actifs, domine son rival MSN de Microsoft. Mais les concurrents américains ne restent pas inactifs. Google, qui a vendu ses parts dans Baidu en 2006, est reparti à l’offensive en Chine.

Laurence Girard

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