ELECTIONS AMERICAINES:le face à face Démocrates/Républicains,enfin…

1-HISTOIRE, CONTEMPORAINE, ETATS-UNIS Aucun commentaire

Après la victoire de B.Obama Le Monde jeudi 5 juin 2008

Historique!

L’un des arguments qu’une partie de la droite distille, à mots plus ou moins couverts, contre Barack Obama, est qu’il n’est pas vraiment américain. D’ascendance à moitié étrangère, élevé quelques années en Indonésie, avec un premier prénom africain et un second arabe, sa vision de l’Amérique serait celle des autres, du reste du monde, des “aliens”. Ces nativistes ne voient pas ce que tous les médias des Etats-Unis chantent depuis hier : un Noir candidat à la Maison Blanche, c’est “historique”! Et s’il y a bien une chose qui plaît par-dessus tout aux Américains, c’est de penser qu’ils font l’histoire. Patrick Jarreau

 

 

 

Obama-McCain, la bataille commence John McCain et Barack Obama, en janvier 2007 au Sénat à Washington| AP La campagne pour l’élection présidentielle du 4 novembre a commencé, mercredi, après la victoire de Barack Obama aux primaires démocrates, avec un premier sondage, pour CBS, qui place le sénateur de l’Illinois 8 points devant John McCain. Le candidat républicain a proposé de nouveau à son adversaire une série de débats publics, une idée qui lui est venue, selon Newsweek, en regardant un documentaire de HBO, il y a deux ans, sur Barry Godwater, candidat républicain en 1964. Interrogé sur ABC, Obama s’est dit d’accord pour ces “débats d’hôtel de ville”, comme ils sont appelés là-bas. Le San Francisco Chronicle y voit un pari risqué, car de tels face-à-face pourraient “mettre en valeur la force du républicain et mettre en évidence les faiblesses d’Obama”. McCain est déjà passé à l’attaque en s’emparant du slogan du démocrate, “le changement dans lequel nous pouvons croire” pour se présenter, lui, comme “un dirigeant en qui nous pouvons croire”, rapporte l’Associated Press. Avantage financier au démocrate Dans la compétition entre les deux candidats, Obama a l’avantage d’avoir récolté trois fois plus d’argent que McCain, 265 millions de dollars contre 90 millions - 172 millions d’euros contre 58 millions -, souligne le Los Angeles Times, qui s’attend à ce que le démocrate “laisse tomber le financement fédéral, son calendrier et ses plafonds”. Le quotidien de Los Angeles explique aussi que la bataille va se livrer surtout dans des Etats qui ont voté pour George Bush en 2004 et où Obama a attiré beaucoup d’électeurs, dans les primaires démocrates, cette année. L’un de ces Etats est la Virginie, où le Times-Dispatch de Richmond a fait un “micro-trottoir” dans les rues de la capitale.

 

Hommage de George Bush

La désignation de Barack Obama comme candidat démocrate, maintenant certaine, a été saluée par George Bush et par Condoleezza Rice. Elle-même africaine-américaine, la secrétaire d’Etat s’est réjouie de “cette expression extraordinaire du fait que “Nous , le peuple” [premiers mots de la Constitution] commence à signifier: nous tous.”

L'image “http://msnbcmedia2.msn.com/j/msnbc/Components/Photos/050118/050118_obama_rice2_hmed_8a%20copy.hmedium.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

“Quand Obama s’élève, ‘Jim Crow’ tombe”, écrit le Philadelphia Inquirer, se référant au personnage de farces racistes dont le nom était donné aux lois de ségrégation. The Advocate, journal de Stamford, dans le Connecticut, donne la parole à des responsables de la communauté noire “extasiés” par la victoire d’Obama. Le Rocky Mountain News de Denver, dans le Colorado, recense des avis plus partagés, un de ses lecteurs reprochant aux super-délégués démocrates d’avoir choisi “le candidat le plus à gauche et le moins qualifié”.

Hillary Clinton: et maintenant?

L'image “http://english.pravda.ru/img/idb/07-obama_clinton.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

La défaite d’Hillary Clinton, convaincue par les dirigeants démocrates de se rallier à Barack Obama, selon USA Today, provoque de l’amertume chez ses partisans. Certains d’entre eux ont lancé un site Internet appelant à soutenir McCain, indique Wired. Pourrait-elle devenir la colistière d’Obama ? Politico pèse le pour et le contre. Bloomberg croit savoir que la campagne d’Obama pourrait éponger les 20 millions de dollars (13 millions d’euros) de dettes de celle de son ex-rivale.

Regard sur l’Amérique Obama, le meilleur fils de l’Indonésie

Obama, notre ancien voisin est le fils et l’ami de tout le monde ici en Indonésie, où le candidat démocrate a passé une partie de son enfance, écrit le quotidien The Jakarta Post dans son éditorial. Fierté et confiance sont les deux sentiments qu’ont ressentis les Indonésiens lorsqu’ils ont appris la victoire d’Obama dans la course à l’investiture démocrate. Mais attention à la paranoïa anti-musulmane aux Etats-Unis. Les Américains sont-ils prêts à élire un Africain-Américain ? En cas de victoire, Obama sera totalement différent de l’arrogant Bush. Savoir maintenant si la réalité sera à la hauteur de nos attentes, pour les Indonésiens, cette question n’a pas de sens.

MONDIALISATION et crise des grands du transport aérien aux EU…

2-GEO/ECO, ETATS-UNIS, MONDIALISATION, RISQUES Aucun commentaire

United Airlines va réduire sa flotte et supprimer des centaines d’emplois

LEMONDE.FR avec AFP | 04.06.08 

United Airlines prend des mesures radicales pour répondre à la hausse des prix des carburants. La compagnie aérienne va retirer cent avions trop anciens de sa flotte et supprimer de 1 400 à 1 500 emplois d’ici à la fin de l’année. La deuxième compagnie des Etats-Unis estime ces mesures nécessaires alors que le niveau actuel des prix du carburant fera bondir sa facture pétrolière de 3 milliards de dollars (près de 2 milliard d’euros) dans ses comptes en 2008.

PRIVILÉGIER LES AVIONS NEUFS

Parmi les cent avions figurent trente appareils dont la mise à la retraite prochaine avait déjà été annoncée, précise le groupe. United Airlines envisage de faire sortir de sa flotte tous ses Boeing 737 et six Boeing 747. L’âge moyen de la flotte va être ainsi ramené à 11,8 ans. Après cette réduction de la flotte et du personnel, les capacités d’United Airlines sur les grandes lignes intérieures américaines auront été réduites de 17 à 18 % pour la période 2008-2009. “L’environnement actuel exige que nous – et avec nous l’ensemble de l’industrie – agissions de manière déterminée et responsable”, a expliqué le PDG de la compagnie, Glenn Tilton.
La compagnie a cependant souligné que la réduction de son offre devrait se traduire par des diminutions “modestes” des dessertes peu rentables et des fréquences.

Après United Airlines, Continental Airlines réduit la voilure

LEMONDE.FR avec AFP | 05.06.08 

Les difficultés s’accumulent et se ressemblent pour les compagnies aériennes américaines. Après United Airlines, mercredi, c’est au tour de Continental Airlines de prendre des mesures drastiques pour réduire ses coûts. La quatrième compagnie aérienne américaine et cinquième mondiale a annoncé, jeudi 5 juin, qu’elle allait retirer des dizaines d’avions anciens de sa flotte et supprimer des milliers d’emplois pour faire face aux conséquences de l’augmentation des prix du carburant. A compter de septembre, Continental réduira le nombre de ses vols sur les lignes intérieures aux Etats-Unis, ce qui occasionnera une baisse de capacité de 11 % au quatrième trimestre, par rapport à la même période de 2007.

 

Cette décision devrait entraîner la suppression de 3 000 emplois, sur les 45 000 environ que compte Continental. Le transporteur aérien indique espérer “que la majorité des départs se feront sur la base du volontariat”, mais n’écarte pas la possibilité de licenciements. Continental va également retirer de sa flotte soixante-sept appareils de type Boeing 737-300 et 737-500, considérés comme “les moins efficients”, donc les plus gourmands en carburant. Les retraits interviendront au rythme de trente-sept en 2008 et trente en 2009.

“LA PLUS GRAVE CRISE DEPUIS LE 11 SEPTEMBRE 2001″
Le transporteur aérien explique que ces décisions sont “nécessaires à la compagnie pour s’ajuster encore davantage aux prix extrêmement élevés du carburant”. “L’industrie fait face à sa plus grave crise depuis le 11 septembre 2001″, affirme Continental. Dans une lettre adressée aux employés de la compagnie, le PDG, Larry Kellner, et le directeur général, Jeff Smisek, ont indiqué que “le modèle d’activité du transport aérien ne fonctionne pas au niveau actuel des prix du carburant”. “Bien que plusieurs hausses de tarifs soient intervenues, ces hausses n’ont pas été suffisantes pour compenser la progression des prix du carburant”, ont expliqué les deux dirigeants. “A mesure que les prix augmentent, moins de clients vont prendre l’avion. Si moins de clients prennent l’avion, nous devrons réduire nos capacités pour nous adapter à la baisse de la demande”, ont-ils conclu.

MONDIALISATION et crise des grands de l’automobile aux EU

2-GEO/ECO, ETATS-UNIS, MONDIALISATION, RISQUES Aucun commentaire

Le spectre de la faillite ressurgit pour General Motors

LE MONDE | 05.06.08 

L'usine de la General Motors fabriquant des Pontiac G-6, Orion, Michigan. AFP/JEFF HAYNES

L’usine de la General Motors fabriquant des Pontiac G-6, Orion, Michigan.

La fortune ne sourit pas à Detroit. A peine les constructeurs automobiles américains ont-ils réglé la question du poids des retraites et des frais de santé de leurs salariés qu’ils doivent affronter un ralentissement économique et la spirale de la hausse des matières premières. Le spectre de la faillite, pour General Motors (GM) en particulier, est de retour.

Les défauts de remboursement de crédits font peser sur GM des risques de faillite plus importants que sur Ford, qui est valorisé en Bourse 50 % de plus que son rival, alors qu’il est plus petit. A l’origine du problème, la crise immobilière et la flambée des prix de l’essence. Conséquence : les ventes de pick-up et de 4 × 4, qui constituaient une véritable rente pour les “big three” (GM, Ford et Chrysler), ont chuté de 25 % en 2007. Les constructeurs étrangers dominent le segment des petites voitures, empêchant les américains de relever leurs prix sous peine de perdre des parts de marché.

GM n’est pas le seul touché. Juste après l’annonce d’un bénéfice surprise au premier trimestre, Ford a admis qu’il resterait dans le rouge en 2009. Mais le groupe a rempli ses coffres avant l’effondrement des marchés du crédit ; Ford dispose maintenant d’une trésorerie de 29 milliards de dollars, presque le double de ce dont il aura besoin dans les deux ans.

GM semblait s’être aussi bien couvert grâce à des cessions d’actifs. Mais, entre ses besoins en cash et l’arrivée à échéance de ses dettes, GM ne pourrait disposer que de 1 milliard de dollars d’ici à 2010, selon Lehman Brothers. Or les analystes évaluent à 10 milliards le besoin en fonds de roulement d’un constructeur. GM a supprimé un quart de ses effectifs aux Etats-Unis cette année, va fermer quatre autres usines, peut vendre sa marque Hummer. Mais, à moins qu’il ne persuade des investisseurs de remettre la main à la poche, le plus gros des “big three” sera à nouveau menacé de faillite.

Antony Currie

Les 4×4 continuent de tirer le marché automobile américain vers le bas

LEMONDE.FR | 04.06.08 

Les 4×4, pick-up et autres gros véhicules comme les Hummer ne font plus recette. Jugés trop gourmands en carburant, alors que les prix à la pompe battent des records, leurs ventes sont en chute libre et ils ont tiré l’ensemble du marché automobile américain vers le bas en mai, comme en avril. Au total, les ventes de véhicules sont tombées aux Etats-Unis, en glissement annuel, à 14,25 millions d’unités en mai, contre 14,4 millions en avril et une moyenne de 15,2 millions au premier trimestre selon les données du cabinet Autodata.

SUCCÈS DES BERLINES ASIATIQUES

General Motors (GM), Ford et Chrysler ont une fois encore accusé le coup face à leurs rivaux asiatiques. Fin mai, ils ne détenaient plus à eux trois que 44,4 % du marché, contre encore 51,8 % un an plus tôt. GM a vu ses ventes plonger de 27,5 % en mai sur un an, passant sous le seuil historique des 20 % de parts de marché, à 19,1 %. Ses ventes de berlines ont baissé de 13,8 %, tandis que les ventes de Hummer ont plongé de 60 %. GM avait annoncé, mardi 3 juin, un grand chamboulement de sa gamme d’ici à 2010, avec la priorité donnée aux véhicules compacts et économes en carburant. Le groupe va aussi fermer quatre usines produisant des gros véhicules.

Les constructeurs asiatiques présents aux Etats-Unis – dix marques – ont progressé à 48,1 % du marché, contre 41,4 % un an plus tôt. Les constructeurs européens ont aussi un peu avancé. Toyota détient désormais 18,4 % du marché, Honda 12 % et Nissan 7,2 %. Mais les trois principaux concurrents asiatiques des marques américaines ont cependant des résultats contrastés. Les ventes de Toyota sont en recul de 7,9 % alors que Honda affiche une hausse de 11,3 % de ses ventes, porté par un bond de 27 % des ventes de berlines.

General Motors prend un virage stratégique vers les voitures “vertes”

LEMONDE.FR avec AFP | 03.06.08 

Lors d’une conférence de presse tenue, mardi 3 juin, avant l’assemblée générale des actionnaires du premier groupe automobile américain, le PDG, Rick Wagoner, reconnaissant que le pétrole cher allait durer, a annoncé le lancement de plusieurs nouveaux modèles “compacts” et une extension de l’offre du groupe en voitures hybrides.

Il a aussi officiellement confirmé l’engagement de la production de la Chevrolet Volt, un véhicule 100 % électrique, avec pour objectif de commencer sa commercialisation en 2010. “Nous croyons que c’est le pas le plus important jamais effectué dans l’évolution de notre industrie pour se libérer de sa dépendance pratiquement totale envers le pétrole”, a-t-il noté. “Depuis le début de cette année, l’économie américaine et la situation des marchés sont devenus significativement plus difficiles. Les prix plus élevés de l’essence sont en train de changer le comportement des consommateurs et ils sont en train d’affecter le type de véhicules vendus aux Etats-Unis”, a souligné M. Wagoner, pour expliquer ce virage dans la stratégie du groupe.

FERMETURE DE QUATRE USINES

Rick Wagoner a simultanément annoncé la fermeture graduée de quatre usines fabriquant des “trucks”, des gros véhicules 4 x 4 reposant sur des châssis de petits utilitaires, qui sont de plus en plus délaissés par les consommateurs en raison de leur énorme consommation en carburant. Ces fermetures devraient permettre au groupe d’économiser plus d’un milliard de dollars d’ici à 2010, en plus des 5 milliards d’efforts supplémentaires d’ici à 2011, annoncés plus tôt cette année.

Enfin, General Motors a indiqué qu’il allait effectuer une étude stratégique sur l’avenir de sa marque Hummer, l’énorme 4 x 4 devenu le symbole des excès du “tout pétrole”. “Toutes les options sont ouvertes”, à ce jour, “d’une refonte totale de la gamme jusqu’à une vente totale ou partielle de la marque”.

CRISE ALIMENTAIRE,MONDIALISATION et évolution de la PAC …

2-GEO/ECO, ETATS-UNIS, EUROPE, MONDIALISATION, Union Européenne Aucun commentaire

La crise alimentaire relance les attaques contre la politique agricole commune
LE MONDE | 20.05.08

Au moment où la politique agricole commune (PAC) doit faire l’objet de nouveaux ajustements, la crise alimentaire mondiale relance la bataille sur son rôle, faisant resurgir le vieux clivage entre Britanniques et Français.

La Commission devait présenter à Bruxelles, mardi 20 mai, ses propositions définitives pour le “bilan de santé” de la PAC qu’elle doit boucler au second semestre, sous présidence française, en attendant les négociations sur une nouvelle réforme prévue à l’horizon 2013.

SUR LE MEME SUJET

Reportage Chers quotas

Compte rendu “On remplira toujours le réservoir des voitures américaines avant de donner à manger à un Sahélien” €

Cadrage Nicolas Sarkozy exhume la préférence communautaire agricole €

Chiffres
Poids financier. Le budget de la politique agricole commune représente 40 % des fonds communautaires, soit 42 milliards d’euros en 2008. En proportion, il a tendance à diminuer. Il n’est plus que le deuxième poste de dépense de l’Union, derrière les fonds structurels et de cohésion. La France est le principal bénéficiaire de ces aides.

[-] fermerLes réformes
Le “bilan de santé”. Il doit permettre, d’ici à la fin 2008, d’amplifier la réforme de la PAC adoptée en 2003. Il cherche notamment à découpler davantage les aides directes versées aux exploitants du niveau de la production.

Les nouveaux contours après 2013. Une autre réforme d’envergure se profile : elle fixera les contours de la PAC de l’après-2013, dans le cadre de la remise à plat du budget communautaire. Les Britanniques plaident pour réduire encore les dépenses agricoles; Français et Allemands souhaitent les utiliser différemment.

[-] fermerPrenant acte des tensions sur les marchés agricoles, Bruxelles suggère entre autres de soutenir la production en mettant un terme aux jachères et en supprimant par étape les quotas laitiers d’ici à 2015.

Mariann Fischer Boel, la commissaire à l’agriculture, propose aussi de réduire l’enveloppe des aides directes versées aux exploitants, de les découpler toujours plus du niveau de la production, et de les plafonner. Elle souhaite orienter les fonds ainsi dégagés vers le développement des activités rurales non agricoles, comme le tourisme ou l’entretien de l’environnement.

Ces ajustements vont alimenter le débat entre les capitales chargées de les adopter, dans un contexte marqué par l’envolée des prix alimentaires. Alistair Darling, le ministre des finances britannique, a lancé l’offensive la semaine dernière contre une PAC qu’il rend en partie responsable de cette évolution, au sein de l’Union mais aussi dans les pays pauvres.

Dans un courrier à ses homologues, il exige la fin des mécanismes d’aide aux exploitants conçus, selon lui, “pour maintenir les prix agricoles européens au-dessus des cours mondiaux”. Le ministre demande de surcroît d’ouvrir le marché européen aux producteurs des pays en développement : “Il est inacceptable que l’Union maintienne des droits de douane très élevés sur de nombreuses matières premières agricoles.”

“ALIMENTATION DE QUALITÉ”

Soutenus par les pays nordiques, les Britanniques relaient les positions de certaines organisations non gouvernementales. Oxfam appelle ainsi les grandes puissances agricoles, dont l’Europe et les Etats-Unis, à “s’attaquer aux causes profondes de la crise des prix agricoles”, afin de ne pas mettre en danger, à coup d’exportations plus ou moins subventionnées, la production dans les pays les plus pauvres de la planète.

En face, le gouvernement français n’a pas attendu cette attaque en règle pour défendre l’idée d’une PAC forte, quitte à la faire évoluer pour endiguer la crise alimentaire. D’après Michel Barnier, le ministre français soutenu lundi 19 mai à Bruxelles par un grand nombre de ses collègues, la crise alimentaire “donne une raison de consolider la politique agricole commune”.

Son homologue allemand affirme que la PAC “n’a rien à voir” avec l’envolée des cours. Pour les deux hommes, les subventions sont au contraire une réponse “à l’exigence d’une alimentation de qualité, diversifiée, et traçable”. Et peuvent permettre aux producteurs de faire face à la demande mondiale.

Les Français n’excluent pas de réduire à terme les aides attribuées aux céréaliers pour les orienter vers d’autres productions, comme les porcs ou les bovins, qui souffrent de la hausse du prix des céréales. “Les céréaliers peuvent très bien vivre du marché, ce qui permettrait de focaliser la politique agricole sur les autres fonctions de l’agriculture, comme l’environnement ou l’entretien de l’espace rural”, estime, pour sa part, Philippe Chalmin, professeur d’économie à Paris-Dauphine.

Les agriculteurs européens, représentés au sein du Copa-Cogeca, dont l’actuel président n’est autre que Jean-Michel Lemétayer, le patron de la FNSEA, se rangent sans surprise du côté français. “Il faut une politique agricole, et le débat actuel sur l’alimentation mondiale montre que le pire serait de ne pas en avoir, car elle permet de se protéger et de développer son agriculture”, estime M. Lemétayer. Et de regretter, dans le contexte de hausse des coûts des denrées, que l’Union européenne ait déjà autant abandonné ses outils de régulation des marchés. “Plus personne ne veut financer de stocks, alors il ne faut pas s’étonner que les cours s’envolent”, explique-t-il.

En prenant les devants, Londres et Paris cherchent, au-delà du bilan de santé, à poser les jalons d’une future réforme de grande ampleur. “Nous sommes dans une période de transition, car le budget européen ne devrait être modifié qu’en 2013. Les Anglais se positionnent dès maintenant, ce qu’a bien compris Michel Barnier, car si en 2012 les prix restent élevés, alors la PAC pourrait bel et bien disparaître”, explique Jean-Christophe Bureau, économiste à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) et AgroParisTech.

Laetitia Clavreul et Philippe Ricard (à Bruxelles)

MONDIALISATION,OGM,Monsanto

2-GEO/ECO, ETATS-UNIS, MONDIALISATION, RISQUES Aucun commentaire

OGM et herbicide, produits phares de Monsanto, qui double son bénéfice

LEMONDE.FR avec AFP et AP | 02.04.08

Au deuxième trimestre de son exercice décalé 2007-2008, le groupe agrochimique américain Monsanto a enregistré un bénéfice net plus que doublé par rapport à l’année précédente. Il atteint 1,129 milliard de dollars (723,5 millions d’euros), en hausse de 107 %, explique le groupe dans un communiqué diffusé mercredi 2 avril. De fait, l’an passé, le bénéfice de l’entreprise s’élevait à 543 millions de dollars (348 millions d’euros).Le bénéfice par action s’affiche à 2,02 dollars (1,29 euro), nettement plus que les prévisions des analystes. Un expert de Thomson Financial estimait par exemple que l’action devait être valorisée à 1,72 dollar (1,10 euro). Au total, le chiffre d’affaires du groupe américain est en hausse de 44 %, à 3,779 milliards de dollars.L’entreprise, située à Saint-Louis, dans le Missouri, explique ses résultats par une forte demande de ses semences génétiquement modifiées, ainsi que par ses herbicides. “La performance de notre activité semences nous met sur la voie d’une nouvelle année exceptionnelle”, a déclaré son PDG, Hugh Grant. Les bénéfices de cette activité, qui représente les deux tiers du chiffre d’affaires de Monsanto, ont progressé de 36 % au deuxième trimestre.

ESSOR DES MARCHÉS AMÉRICAIN ET BRÉSILIEN

Les semences génétiquement modifiées ont été particulièrement utilisées aux Etats-Unis et au Brésil. La demande de l’autre grande famille de produits du groupe, l’herbicide glyphosate, affiche une croissance encore supérieure à celle des semences génétiquement modifiées, avec un bénéfice triplé et des ventes presque doublées.

Le groupe américain se montre également optimiste pour les mois à venir. Monsanto prévoit que les deuxième et troisième trimestres seront les “principaux moteurs” des résultats annuels, précisant que “le quatrième trimestre se solde souvent par une perte”, du fait de la saisonnalité de l’activité agricole.

Le marché a toutefois fraîchement accueilli la publication des résultats : l’action Monsanto a abandonné 1,28 % vers 14 h 50 (heure de Paris) dans les échanges électroniques, préalables à l’ouverture de la Bourse de New York

ETATS-UNIS et intolérance…

1-HISTOIRE, 2-GEO/ECO, AMERIQUES, ETATS-UNIS, TOLERANCE Aucun commentaire

Les “groupes de haine” se multiplient aux Etats-Unis

LE MONDE | 03.04.08

Alors que les Etats-Unis s’apprêtent à honorer la mémoire de Martin Luther King, à l’occasion du 40eanniversaire de son assassinat le 4 avril à Memphis (Tennessee), le Southern Poverty Law Center (SPLC) a publié une enquête montrant un accroissement de 48% depuis 2000 du nombre de groupes incitant à la haine raciale.

Le révérend Martin Luther King lors de son allocution sur les droits civiques à Washington, le 28 août 1963. AP

Le révérend Martin Luther King lors de son allocution sur les droits civiques à Washington, le 28 août 1963.


Fondé en 1971 à Montgomery (Alabama) par le juriste Morris Dees pour défendre en justice les militants des droits civiques, le SPLC publie chaque année un rapport sur les groupes extrémistes américains qui fait autorité. Pour l’année 2007, il dénombre 888 groupes. Aux classiques néo-nazis viennent désormais s’ajouter les mouvements anti-Latinos.Selon le SPLC, l’augmentation est due à la création de nouveaux groupes anti-immigrants. Les agressions racistes contre les Latinos ont augmenté de 35% entre 2003 et 2006. Le mouvement blâme les hommes politiques et certains médias qui ont fait un fonds de commerce de la dénonciation du coût des clandestins pour le système de santé ou d’éducation.

Parmi les exemples, le centre cite l’Emigration Party of Nevada selon qui “l’Amérique est détruite de l’intérieur par une version moderne de l’armée de Gengis Khan”. Les groupes radicaux croient généralement à un plan pour fondre le Canada, les Etats-Unis et le Mexique dans un seul pays (cette crainte n’est pas l’apanage des marginaux : les Assemblées de 18 Etats ont passé des résolutions s’y opposant par avance).

Mark Potok, l’éditeur du rapport (Intelligence Report), se félicite cependant de ce que l’immigration ait cessé d’être considérée comme un thème porteur par les républicains, ceux-ci ayant choisi un candidat, John McCain, plutôt modéré sur le sujet. “Il apparaît que les Américains, au moins pour l’instant, rejettent la démonisation raciste au profit d’une discussion rationnelle sur le sujet”, estime-t-il.

Le rapport indique d’autre part que le Ku Klux Klan, qui s’est lui aussi reconverti dans la dénonciation des immigrants, a décliné en 2007 après cinq années de croissance (155 groupes locaux contre 165 en 2006). Il s’inquiète de l’apparition d’un groupe anti-homosexuels virulent (Watchmen on The Walls), d’origine slave. Enfin un nouveau groupe de Black Panthers (non lié au mouvement originel) s’est créé et a organisé un sommet du “pouvoir noir” en octobre, à Atlanta.

Corine Lesnes

MONDIALISATION et déreglementation aérienne …

2-GEO/ECO, AMERIQUES, ETATS-UNIS, EUROPE, MONDIALISATION, Union Européenne Aucun commentaire

 http://www.aviation-fr.info/librairie/get-picture.php?id=143 L'image “http://www.jamboree2007.fr/IMG/gif/map_crown_80_.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

L’aéroport de Londres-Heathrow se retrouve au coeur de la libéralisation des vols transatlantiques

  LE MONDE | 29.03.08 

Le transport aérien va franchir une nouvelle étape. Après la déréglementation intervenue aux Etats-Unis en 1978 et la libéralisation du ciel européen en 1992, l’accord dit de “ciel ouvert” entre les Etats-Unis et l’Union européenne doit entrer en vigueur dimanche 30 mars. Ce texte, signé le 30 avril 2007, met fin à plus de soixante ans de réglementation et d’accords bilatéraux passés entre les pays européens et les Etats-Unis. Dès dimanche, toutes les compagnies aériennes européennes et américaines pourront relier en direct les villes de leur choix - et non plus seules les villes de leur pays d’origine - des deux côtés de l’Atlantique.

La première conséquence de cet accord devrait être très logiquement une augmentation de l’offre, dont devraient bénéficier, au premier chef, les voyageurs des deux continents. En effet, ces capacités supplémentaires, que Bruxelles estime à 8 % d’ici à la fin du mois de juin, devraient avoir des répercussions sensibles, à la baisse, sur les tarifs. Didier Bréchemier, spécialiste du transport aérien au cabinet Roland Berger, estime la baisse des prix entre 6 % et 10 %. Mais, ajoute M. Bréchemier, “cela ne devrait pas aller plus loin : les compagnies n’ont aucun intérêt à se lancer dans une guerre tarifaire”.La libéralisation des vols transatlantiques devrait surtout se faire sentir à l’aéroport de Londres-Heathrow, première plate-forme mondiale pour le trafic international avec 62,1 millions de passagers internationaux en 2007. C’est en effet lui qui capte la plus grande partie du trafic aérien entre les Etats-Unis et l’Europe. Quelque 14 des 50 millions de voyageurs qui font ce trajet y passent. Et l’ouverture du nouveau terminal 5 va permettre d’accroître ce chiffre.

 Ouvert en 1946, Heathrow est l'une des principales plaques tournantes du transport aérien mondial, et revendique le titre de premier aéroport pour le trafic international de passagers (67 millions par an).

AFP/Photo © BAA Limited

Ouvert en 1946, Heathrow est l’une des principales plaques tournantes du transport aérien mondial, et revendique le titre de premier aéroport pour le trafic international de passagers (67 millions par an).

L’ouverture à la concurrence va rendre caduc l’accord bilatéral vieux de trente ans qui régissait les vols entre Londres-Heathrow et les Etats-Unis. Depuis 1977 et l’accord Bermuda II, seules deux compagnies américaines, American Airlines et United Airlines, et deux britanniques, British Airways et Virgin, étaient autorisées à voler entre Heathrow et les Etats-Unis. Pendant toutes ces années, cet accord a été une manne non seulement pour l’aéroport de Londres mais aussi pour British Airways, leader sur les Etats-Unis.

Ce marché suscite les convoitises. Les débuts calamiteux du terminal 5 d’Heathrow, qui a ouvert ses portes jeudi 27 mars, ne devraient pas décourager les nouveaux entrants. Air France - qui pour l’occasion a créé une société commune avec Delta Airlines - va prendre ses quartiers dans cet aéroport dès lundi. Les deux fondateurs de l’alliance SkyTeam pourront ainsi partager les recettes et les coûts sur l’axe transatlantique. La première liaison exploitée sera Londres-Los Angeles, dès lundi, mais d’autres suivront rapidement, promet Air France. British Airways, pour sa part, devrait ouvrir à partir du mois de juin des liaisons entre les Etats-Unis et Paris ou Bruxelles.

Pour Fabio Gamba, secrétaire général adjoint de l’Association des compagnies aériennes, l’accord “ne bouleverse pas la donne générale”. Toutes les compagnies pratiquent aujourd’hui la politique du “hub” (plate-forme de correspondance). “Pour être rentables, les grandes compagnies ont besoin d’une plate-forme de correspondance, optimisant le remplissage, estime M. Gamba, cité par l’AFP. Air France remplit ses vols transatlantiques à l’aéroport de Roissy, grâce à une certaine synchronisation des avions arrivant de toutes les régions françaises.”

SECOND VOLET DE NÉGOCIATIONS

L’accord de “ciel ouvert” qui va entrer en vigueur est un rééquilibrage en faveur des compagnies européennes car leurs homologues américaines pouvaient déjà desservir presque toutes les capitales du Vieux Continent. Cela étant, cet accord reste incomplet. Un second volet devrait être négocié à partir des 15 et 16 mai à Ljubljana, en Slovénie.

Certains dossiers restent à régler. Le premier est celui de l’actionnariat et du niveau de participation d’un investisseur étranger dans le capital d’une compagnie aérienne américaine. Il est toujours limité à 25 % des droits de vote, ce qui, en clair, ne donne toujours aucun pouvoir à l’actionnaire étranger, alors que dans l’Union européenne, les droits de vote peuvent atteindre 49,9 %. L’UE compte beaucoup sur une évolution de la position américaine.

L’autre point à régler sera celui du cabotage : les transporteurs européens voudraient pouvoir faire du cabotage aux Etats-Unis, c’est-à-dire, à l’occasion d’un arrêt, prendre des passagers pour les redéposer à un autre endroit du pays. Les deux parties ont tout intérêt à trouver un accord car si elles n’y parviennent pas, les droits acquis lors du premier round de négociations seront suspendus.

François Bostnavaron

Heathrow sera le grand gagnant de l’ouverture du ciel

La libéralisation des vols transatlantiques devrait surtout se faire sentir à l'aéroport de Londres-Heathrow, première plate-forme mondiale pour le trafic international avec 62,1 millions de passagers internationaux en 2007. AP

La libéralisation des vols transatlantiques devrait surtout se faire sentir à l’aéroport de Londres-Heathrow, première plate-forme mondiale pour le trafic international avec 62,1 millions de passagers

LE MONDE | 31.03.08 

Heathrow va profiter du nouvel accord de ciel ouvert transatlantique entré en application dimanche 30 mars. L’aéroport londonien devrait accueillir un tiers de vols supplémentaires à destination des Etats-Unis cet été, consolidant ainsi son titre d’aéroport européen le plus fréquenté. Peu de nouvelles lignes devraient être ouvertes entre les autres capitales européennes et l’Amérique. Jusqu’à dimanche, seules quatre compagnies (American Airlines, British Airways, United Airlines et Virgin Atlantic) pouvaient voler entre Heathrow et les Etats-Unis. Dorénavant, tous ceux qui pourront acheter des créneaux de décollage et d’atterrissage pourront le faire. C’est notamment le cas d’Air France, de Continental Airlines, de Delta Airlines et d’US Airways.

On ne peut encore savoir si les nouveaux vols au départ d’Heathrow vont faire baisser les prix. Dans le contexte actuel de cherté du pétrole, les compagnies hésiteront sans doute à se lancer dans une guerre des tarifs. British Airways, qui domine Heathrow et dont deux tiers des marges sont dus aux vols transatlantiques, est la plus menacée par ce nouvel état de fait. Mais, si elle parvient à surmonter les problèmes actuels du nouveau terminal 5 et à maintenir sa prééminence, elle pourrait perdre moins de passagers que prévu.

Le grand gagnant devrait être Heathrow. L’aéroport a accueilli 62 millions de passagers en 2007, devant Paris-Charles-de-Gaulle (54,9 millions de passagers). Grâce au terminal 5, ce chiffre pourrait monter à 90 millions. Mais l’aéroport n’a que deux pistes. Et les créneaux existants se vendent jusqu’à 25 millions de livres, ce qui décourage certaines compagnies, comme Delta, d’ouvrir autant de lignes qu’elles le souhaiteraient. Bref, les nouveaux passagers viendront plus d’une augmentation des vols long-courriers opérés par de gros avions, au détriment des court-courriers et des petits appareils, que des nouveaux vols.


Pour plus de commentaires, connectez-vous sur breakingviews.comWilliam Echikson

MONDIALISATION:les ETATS-UNIS et la crise financière:vers un retour des régulations ?

2-GEO/ECO, AMERIQUES, ETATS-UNIS, MONDIALISATION, RISQUES Aucun commentaire

Henry Paulson veut élargir les pouvoirs de la Fed pour éviter les crises financières

LEMONDE.FR avec AFP | 31.03.08

Le secrétaire au Trésor américain, Henry Paulson, a officiellement présenté, lundi 31 mars, un vaste projet de refonte de la réglementation financière américaine, destiné à en améliorer l’efficacité face aux crises financières. “Notre structure de réglementation actuelle n’a pas été construite pour faire face au système financier moderne avec ses acteurs divers, son innovation, la complexité de ses instruments financiers, son intégration mondiale”, a affirmé M. Paulson. Rappelant que le gros de la législation actuelle avait été décidé au lendemain de la Grande Dépression des années 1930, il a assuré que ces textes avaient leur logique mais que, “si l’on regarde les marchés financiers aujourd’hui, le manque de conception d’ensemble est clair”. Alors que les compétences des diverses agences se chevauchent souvent, des pans entiers de l’activité financière – surtout les produits très complexes qui ont mené à la crise actuelle – échappent à toute législation. Aussi le projet de refonte vise-t-il à éliminer les redondances du système et à combler ses manques, avec des mesures échelonnées sur le court, le moyen et le long terme.

RÔLE-CLÉ POUR LA FED

L’aspect le plus spectaculaire de son projet est sans doute de confier à la Réserve fédérale (Fed) une mission considérablement accrue pour surveiller le système financier. Dans le nouveau système prévu par le Trésor, la Fed pourrait “surveiller les risques pesant sur l’ensemble du secteur financier”, y compris les banques d’investissement, compagnies d’assurances et fonds d’investissements à risque (hedge funds), alors que sa mission actuelle la confine pour l’essentiel aux banques commerciales. “Elle aura des larges pouvoirs et l’autorité nécessaire pour traiter les défaillances menaçant notre stabilité financière”, a assuré M. Paulson.

Parmi les autres mesures annoncées, on trouve la création d’une agence de surveillance des prêts immobiliers et la fusion de la Securities and Exchange Commission, autorité de régulation des marchés financiers américains, avec la Commodity Futures Trading Commission, autorité de régulation des marchés des matières premières.

Le secrétaire au Trésor a toutefois souligné que le projet, lancé en mars 2007, c’est-à-dire avant le début de la crise, ne serait pas mis en place avant plusieurs mois. Ces propositions interviennent alors que les autorités de régulation sont accusées de n’avoir pas su voir venir la menace que représentait le système des crédits immobiliers à risques (subprimes), qui a fini par s’écrouler durant l’été 2007, entraînant les Etats-Unis dans la plus grave crise financière qu’ils aient connue depuis plusieurs décennies.

Liberation 31 03 08

 La finance américaine mieux contrôlée?

Rtr1yylo_comp_2 Ce qu’il y a de bien avec les Américains, c’est qu’ils n’ont pas peur d’être pragmatiques dans le domaine économique. Ni de changer complètement de bord quand les événements leur donnent tort. Ainsi, comme attendu, le secrétaire d’Etat au Trésor, Henry Paulson (photo), a annoncé ce lundi un vaste projet de réforme des autorités de contrôle de la finance, qui vise à réguler le système et éviter le déclenchement de nouvelles crises. Le même Paulson, quand il occupait la présidence de la banque d’affaires Goldman Sachs, était un ardent partisan de la dérégulation. Qui permettait à son établissement d’engranger des milliards de bénéfices (et aujourd’hui autant de pertes)…

Il est encore un peu tôt pour analyser ce qu’impliquent véritablement toutes les propositions de Paulson, qui mettront, de son propre aveux, plusieurs années avant de se traduire en réformes concrètes. Son plan est divisé en trois: mesures à prendre à court terme, à moyen terme et à long terme. Mais, de toute façon, il devra être mis en œuvre par la prochaine administration, qui sera élue en novembre prochain. Suivant le résultat de ce vote, la réforme pourra prendre un aspect plus ou moins favorable au “Big business”…

Cependant, s’il était appliqué en l’état, le plan Paulson modifierait profondément le paysage de la finance américaine. Principaux changements: la Federal Reserve deviendait hyper-puissante, la Securities & Exchange Commission (SEC) verrait son rôle s’affaiblir et plusieurs autorités de surveillance nouvellement créées se verraient confier le soin de surveiller et réguler les marchés.

- Alors que sa mission actuelle est confinée actuellement au contrôle des banques commerciales, la Fed surveillerait ainsi l’ensemble des “risques pesant sur l’ensemble du secteur financier”, soit les banques d’investissement, les compagnies d’assurances et les hedge funds.

- La SEC, autorité de régulation des marchés financiers américains, devrait fusionner avec la Commodity Futures Trading Commission, autorité de régulation des marchés des matières premières.

- Enfin, serait notamment créée une agence de surveillance des prêts immobiliers (la Mortgage origination Commission).

Rappelons que, dans l’histoire américaine, à chaque crise a succédé une série de réformes allant vers plus de régulation (le krach de 1929 a donné naissance à la SEC, le scandale Enron à la loi Sarbanes-Oxley, etc). De quoi prendre conscience, si cela ne l’était pas déjà fait, de la gravité de la crise financière actuelle.

(Photo: Reuters)

M. Paulson veut revoir intégralement la régulation financière

LE MONDE | 01.04.08 

Une grande réforme du système de régulation du système financier est absolument nécessaire pour promouvoir plus efficacement des marchés stables et résilients.” Dans un discours prononcé lundi 31 mars à Washington, le secrétaire au Trésor Henry Paulson a présenté la réforme la plus ambitieuse du système financier américain depuis les années 1930. Elle est détaillée dans un document de 218 pages intitulé “Blueprint for a Modernized Financial Regulatory Structure” (Projet pour une modernisation de la structure de régulation financière).

Le changement proposé le plus important, et d’ores et déjà le plus controversé, concerne la Réserve fédérale (Fed). Le secrétaire au Trésor estime que la banque centrale doit désormais devenir, en quelque sorte, un super-gendarme responsable de la stabilité des marchés. La Fed abandonnerait la supervision des banques à une nouvelle entité créée pour cela et utiliserait une autorité élargie pour surveiller toute entreprise ou toute activité susceptibles de déstabiliser les marchés. “Ils auraient des pouvoirs plus importants et pourraient intervenir partout dans le système si c’est nécessaire”, explique M. Paulson.Une commission fédérale de surveillance des prêts immobiliers serait mise en place afin de “mieux protéger les consommateurs”. Elle aurait pour mission de fixer des critères pour l’attribution des licences aux courtiers en prêts immobiliers et de contrôler le système hypothécaire dans tous les Etats américains. L’autorité des marchés, la Securities and Exchange Commission (SEC), fusionnerait avec la Commodity Futures Trading Commission, l’autorité de régulation des marchés à terme. Enfin, une agence fédérale serait responsable de la régulation des compagnies d’assurance qui aujourd’hui dépendent des Etats.

Le secrétaire au Trésor est parti d’un constat unanime : le système de régulation ne fonctionne plus. Aucune des autorités de contrôle n’a été capable d’empêcher la crise des crédits immobiliers à risques (subprimes) et de prévoir qu’elle allait contaminer l’ensemble du système bancaire.

Les crises financières majeures - de la panique de 1907 à la grande dépression en passant par le krach boursier d’octobre 1987 - ont toujours été l’occasion de réformer, à chaud, la régulation financière pour tenter de corriger les erreurs passées. Le système actuel, construit par strates depuis plus d’un siècle, n’est plus du tout adapté. “Notre structure de réglementation n’a pas été construite pour faire face au système financier moderne avec ses acteurs divers, son innovation, la complexité de ses instruments financiers, son intégration mondiale”, reconnaît M. Paulson. Les critiques soulignent que trop d’organismes publics ont des compétences. Et des juridictions se chevauchent quand, dans le même temps, des pans entiers de l’activité financière sont livrés à eux-mêmes. Les spécialistes des crédits hypothécaires, par exemple, ne sont contrôlés par personne.

Ancien directeur général de la prestigieuse banque d’affaires américaine Goldman Sachs, M. Paulson est pourtant loin d’être un partisan d’un contrôle à outrance des établissements financiers. Il prône plutôt, et depuis longtemps, une simplification et un regroupement des autorités afin de leur permettre d’être plus efficaces. Il explique d’ailleurs que ces réformes ne permettront pas d’éviter toutes les futures crises. “Je ne pense pas qu’un système de régulation puisse changer cela. Nous dépendons avant tout de la discipline de marché. Cela dit, nous avons besoin d’un système plus efficace qui nous donne plus de chances et de meilleurs outils pour essayer de régler les problèmes”, déclare-t-il.

Mais les obstacles politiques sont tels que ces réformes ne sont pas prêtes de voir le jour. Il n’y a presque aucune chance pour que les principales propositions soient débattues avant la fin de la présidence Bush. Le secrétaire au Trésor peut seulement espérer qu’elles serviront de base à la réflexion que mènera la future administration, quelle que soit sa couleur politique. Il faut dire que George W. Bush n’est pas vraiment crédible dans le domaine de la régulation financière après avoir longtemps tenté de l’affaiblir, estimant qu’elle était trop lourde et handicapait les établissements financiers américains et la place de New York. Quant aux démocrates, la plupart affirment que la crise est la conséquence d’une insuffisance de contrôle.

Il y aussi un autre obstacle sérieux. Réformer au beau milieu d’une crise n’est pas forcément judicieux. “C’est probablement une mauvaise idée de passer beaucoup de temps à débattre de l’organisation des pompiers au moment où l’incendie s’étend et où aucune enquête sur son origine n’a été faite”, explique Lawrence Summers, ancien secrétaire au Trésor de l’administration Clinton.

Eric Leser

BRESIL,pays émergent en forme et qui profite de la Mondialisation malgré la crise…

2-GEO/ECO, AMERIQUES, BRESIL, MONDIALISATION Aucun commentaire

Le Brésil espère échapper à la crise financière grâce à des réserves records et à la diversification de son économie.

LE MONDE | 24.03.08

 Face à la crise financière internationale, le Brésil affiche une belle sérénité. Surtout, le pays se juge aujourd’hui capable de résister aux dangers venus d’ailleurs. La 10e économie du monde - entre celle du Canada et celle de la Russie - vit une période faste qui inspire confiance à ses partenaires autant qu’à elle-même. Et sa croissance, robuste et équilibrée, est entrée dans un cercle vertueux.

Le produit intérieur brut (PIB) a progressé de 5,4 % en 2007, contre 3,7 % en 2006. C’est la seconde bonne nouvelle de l’année après l’annonce, fin février, que le Brésil était devenu créditeur. C’est le pays émergent qui a le plus augmenté ses avoirs de change en 2007. Le niveau de ses réserves - désormais supérieures à sa dette extérieure publique et privée - lui assure un confortable coussin de devises qui le protège des secousses du marché.

Le commerce extérieur tire cette croissance.

(cf graphique ———-) commerce Bresil )

 Le marché mondial, avec en tête la Chine, est très demandeur en produits agricoles et matières premières dont le Brésil regorge et qui lui assurent les deux tiers de ses revenus : viande de boeuf, soja, minerai de fer, éthanol, entre autres.

 La composition des exportations(des faits:

La composition des exportations brésiliennes
Les biens manufacturés y ont une place de plus en plus importante. Même si certains voient encore le Brésil comme étant essentiellement exportateur de matières premières. Grâce à la modernisation de l’agriculture et à l’amélioration de la productivité, les produits de base connaissent une augmentation non négligeable.

source: http://www.topdobrasil.com.br/bac/brasil/dados1-1.php)

A l’inverse du Venezuela, dont la richesse provient presque exclusivement du pétrole, le Brésil a pu diversifier ses exportations. Il a aussi élargi le cercle de ses clients. Les Etats-Unis n’absorbent que 15 % de ses ventes - seulement un peu plus de 2 % de son PIB. Par comparaison, le Mexique vend 80 % de ses produits à son voisin du Nord. La Chine achète 10 % des exportations du Brésil - soit cinq fois plus qu’il y a deux ans, et plus que l’Argentine voisine.

Sous l’égide de la Banque centrale, agissant de manière autonome et transparente, l’instauration en 1999 d’un taux de change flottant entre la monnaie locale, le real, et le dollar a facilité la maîtrise de l’inflation, réduite à 4,5 % en 2007. Le real a doublé de valeur en cinq ans par rapport au billet vert. Quant à la Bourse de Sao Paulo, elle a décuplé la sienne depuis 2002, avec une hausse de 60 % en 2007.

Le Brésil possède désormais un dynamisme interne basé sur une forte hausse de la demande des ménages et des entreprises. En 1999, les taux d’intérêt avaient atteint un record de 45 %. Ils sont aujourd’hui de 11,25 %, soit 7 % en termes réels. Ce serait encore énorme pour beaucoup de pays, mais pas ici. Cette baisse drastique a fait fleurir le crédit et dopé la consommation (+ 6,5%), dans la construction, l’automobile ou l’informatique.

La confiance du gouvernement dans l’avenir de l’économie va de pair avec une prudence légitime. Car deux dangers se rapprochent.

D’abord, la balance des comptes courants a enregistré en 2007 un léger déficit dû à l’écart - du simple au double - entre les exportations et les importations. Pour satisfaire la demande interne, les entreprises ont beaucoup importé à des prix compétitifs, grâce à l’appréciation du real, et moins vendu à l’étranger, où leurs marges sont pénalisées par cette monnaie forte. Brasilia vient de prendre des mesures financières pour relancer les exportations et rendre le pays moins attractif pour les capitaux spéculatifs qui poussent le real à la hausse.

La composition des importationsLes importations brésiliennes sont essentiellement constituées de matières premières, de biens de capital et de biens non durables.Les importations de combustibles qui pésèrent très lourdement sur les achats du Brésil dans les années 70 ne représentent plus le fardeau d’autrefois.http://www.topdobrasil.com.br/bac/brasil/dados2.php (source)

L’inflation est le second danger. Le président Luiz Inacio Lula da Silva la tient pour la pire ennemie des Brésiliens les plus pauvres, dont il dit défendre la cause. Sa maîtrise a contribué à sa réélection en 2006 et lui a permis de redistribuer de la richesse à des millions de familles par l’entremise de programmes sociaux. Le chef de l’Etat préfère la poursuite d’une croissance plus modeste ne portant pas en germe le retour de l’inflation.

 

Cette menace sera contenue tant que la hausse de l’investissement l’emportera sur celle de la demande, ce qui a été le cas en 2007. Mais avec 18 % du PIB, l’investissement reste nettement inférieur à celui de la Chine (40 %) ou de l’Inde (35 %).

Pour rendre sa croissance durable, le Brésil devra s’attaquer à des problèmes de fond dont la solution est autant politique qu’économique. Il lui faudra réduire la dette interne de l’Etat en resserrant les dépenses publiques. Il lui faudra développer ses infrastructures, alléger sa fiscalité et simplifier sa bureaucratie. Bref, diminuer ce que les investisseurs appellent ici “le coût Brésil”.

Jean-Pierre Langellier

ETATS-UNIS,MONDIALISATION,SPECULATION:un retour aux interventions de l’Etat-Providence?

2-GEO/ECO, AMERIQUES, ETATS-UNIS, MONDIALISATION, RISQUES Aucun commentaire

CRISE FINANCIÈRE

Washington pourrait cautionner les prêts immobiliers:la FED y pense,Bush ne s’y résoud pas pour l’instant…

LE MONDE | 24.03.08 

Pour éviter que l’éclatement de la bulle du crédit immobilier américain ne fasse s’effondrer le système bancaire, toutes les solutions sont envisagées, même les plus radicales. L’hypothèse qui circule aujourd’hui aux Etats-Unis, dans le cas où la situation deviendrait incontrôlable, est celle d’un rachat massif par le gouvernement des produits financiers basés sur les crédits immobiliers ou “mortgage backed securities” (MBS). L’Etat apporterait sa caution et cela permettrait de régler le problème, récurrent depuis l’été, du financement des établissements bancaires dont les bilans portent des actifs dont il est devenu impossible d’établir la valeur.

Kenneth Rogoff, ancien économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI) et professeur à Harvard, chiffre entre deux et trois mille milliards de dollars (jusqu’à deux milliards d’euros) le coût d’un tel rachat. Il estime que la perte serait d’au moins 500 milliards de dollars pour le contribuable américain. “On serait dans la même logique, mais à une tout autre échelle, que le renflouement et la liquidation des Caisses d’épargne américaines à la fin des années 1980 à la suite déjà d’une crise immobilière”, explique M. Rogoff. Cela permettrait de donner une valeur aux crédits immobiliers et de chiffrer définitivement les pertes bancaires, ce qui rétablirait la confiance.

 La Réserve fédérale américaine, à Washington. AFP/KAREN BLEIER

La Réserve fédérale

Le Financial Times révèle, dans son édition datée des 22 et 23 mars, que plusieurs banques centrales, dont la Réserve fédérale américaine (Fed), la Banque d’Angleterre et la Banque centrale européenne (BCE), ont commencé à évoquer ensemble la possibilité d’une telle opération. La Banque d’Angleterre a reconnu avoir des discussions avec ses homologues sur les moyens de “faire baisser la tension” sur les marchés financiers, mais dément avoir l’intention de solliciter le contribuable pour assumer les risques de crédits à la place des établissements financiers. La banque centrale ajoute qu’elle ne fait pas partie “de celles” qui “envisagent” l’achat de produits financiers contenant des prêts immobiliers.

Les réticences seraient encore plus grandes à Francfort du côté de la BCE qui se refuse à tout commentaire. L’idée fait surtout son chemin aux Etats-Unis, même si un porte-parole de la Fed a déclaré samedi que “la Réserve fédérale n’est pas engagée dans des discussions avec des banques centrales étrangères pour un rachat coordonné des MBS”. Elle ne rejette pas pour autant par principe toute intervention de cette nature qui peut, selon elle, être justifiée dans certains cas, mais seulement en dernier recours.

Le fait qu’une telle hypothèse soit évoquée illustre en tout cas la crainte des banques centrales de voir la situation leur échapper une semaine seulement après le sauvetage de la cinquième banque d’affaires américaine, Bear Stearns.

“Nous n’y sommes pas encore, mais nous approchons du troisième stade d’une crise financière quand la banque centrale a dépensé toutes ses munitions et ne parvient pas à restaurer l’équilibre. Il reste alors trois choix possibles : la dépression, l’inflation ou l’intervention publique”, souligne J. Bradford Delong, professeur d’économie à l’université de Berkeley et ancien secrétaire adjoint au Trésor dans l’administration Clinton. “La dépression est impensable, l’inflation par la planche à billet est vraiment à éviter, il ne reste plus que l’intervention de l’Etat parce que la quantité d’actifs compromis est trop importante pour être absorbée par les intermédiaires financiers”, ajoute-t-il.

La décision, sans précédent, de racheter et de cautionner les crédits immobiliers ne serait de toute façon pas du seul ressort des banques centrales mais avant tout des gouvernements. Elle supposerait un engagement massif des finances publiques et présenterait de sérieux risques politiques. Aujourd’hui, la Maison Blanche n’y est pas prête et le secrétaire au Trésor, Henry Paulson, n’y serait pas favorable. Il faudrait justifier auprès de l’opinion l’utilisation d’argent public pour sauver des banques ayant pris des risques inconsidérés.

Pour le moment, la Fed et l’administration estiment que la situation n’est pas suffisamment dramatique pour en arriver là. La Réserve fédérale entend d’abord mesurer l’efficacité de ses fortes baisses de taux d’intérêts depuis six mois et des mesures de refinancements exceptionnelles pour les établissements financiers qu’elle a mises en place.

Eric Leser

Le JAPON pousse dans ce sens:“une injection de fonds publics est inévitable”“Les Etats-Unis devraient utiliser l’argent public pour venr en aide à leurs banques en détresse et calmer ainsi la crise financière mondiale”, a affirmé le ministre japonais des services financiers, Yoshimi Watanabe, dans un entretien publié lundi 24 mars par le Financial Times. M. Watanabe a invité Washington à s’inspirer de l’exemple du Japon, dont le système bancaire avait été au bord de l’effondrement dans les années 1990 après l’éclatement d’une bulle spéculative immobilière, avant de se redresser grâce à un plan de sauvetage gouvernemental financé par le contribuable.“Il est essentiel de comprendre, à partir de la leçon du Japon, qu’une injection de fonds est inévitable” dans le secteur bancaire, a déclaré M. Watanabe au quotidien économique britannique. Il a reconnu qu’il est “très difficile pour le Japon de faire passer ce message à un gouvernement étranger”, mais il a suggéré de formuler ce conseil dans le cadre des réunions des ministres des finances et banquiers centraux du G7 (Etats-Unis, Japon, Allemagne, Grande-Bretagne, France, Italie, Canada). - (AFP.)

Problèmes énergétiques,problèmes écologiques:les déchets nucléaires aux ETATS-UNIS.

2-GEO/ECO, AMERIQUES, ETATS-UNIS, MONDIALISATION, RISQUES Aucun commentaire

Dans le Nevada, polémique autour du futur site de stockage des déchets nucléaires américains

-Reportage  réalisé en 2004  par France2:

Reportage de Gilles JACQUIER et Martine LAROCHE-JOUBERT    L'image “http://journalistes-reporters-dimages.france2.fr/IMG/jpg/USAnucleaire.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

à voir sur———)http://journalistes-reporters-dimages.france2.fr/player.php3?id_article=127&id_rubrique=54

-Article du MONDE | 19.03.08

YUCCA MOUNTAIN (NEVADA) ENVOYÉE SPÉCIALE

“Bien sûr, vous pouvez venir à Yucca Mountain, comme cela vous verrez à quel point c’est loin de tout”, a dit d’emblée Allen Benson, le directeur des affaires extérieures de l’office chargé de la gestion des déchets radioactifs américains. Rendez-vous a donc été pris au bureau de l’office à Las Vegas, capitale économique du Nevada et capitale mondiale du jeu. Le futur site de stockage des déchets nucléaires américains se trouve à une heure et demie de route. La région a une vocation nucléaire : le site empiète sur l’ancienne zone d’essais atmosphériques et souterrains. Après le passage de plusieurs barrages de sécurité, Yucca Mountain, née il y douze millions d’années d’une éruption volcanique, apparaît. L’arête culmine à 1 507 m. Tout autour, la pierre est rousse et l’herbe jaune, nous sommes dans le désert

C’est ici que le gouvernement fédéral a décidé d’enfouir le combustible usagé généré par la centaine de centrales nucléaires américaines, qui fournissent 20 % de l’électricité du pays, et les déchets issus d’activités militaires. Certains produits de fission seront radioactifs pendant des millions d’années. “L’objectif est de les isoler de manière permanente, explique M. Benson. Il faut qu’après quelques centaines d’années, on puisse fermer le site et le laisser sans surveillance.” Que seront devenus alors les Etats-Unis ? Personne ne peut l’imaginer, “mais il faudra que les gens soient protégés”, proclame M. Benson.Selon le département de l’énergie, Yucca Mountain a été choisie parce qu’elle est “éloignée et sûre”. Les déchets seront stockés dans 65 kilomètres de galeries, à 300 mètres sous terre, 300 mètres au-dessus de la nappe d’eau souterraine. Le contact entre l’eau et le combustible usé est à éviter absolument car l’élément liquide transporte les radionucléides. “Ici, il tombe 16 centimètres d’eau par an, l’essentiel s’évapore ou est absorbé par la végétation, poursuit M. Benson. De plus, l’eau qui s’infiltre n’est connectée à aucun lac, fleuve ou océan.” Les déchets seront stockés dans 11 000 cylindres en alliage de métaux, qui pourraient être recouverts d’une protection supplémentaire en titane. Le tout ne commencera pas à rouiller avant 80 000 ans, affirme le département de l’énergie..

Le site de Yucca Mountain, dans le Nevada, devait recevoir des déchets nucléaires américains.AVENTURIER PATRICK

Le site de Yucca Mountain, dans le Nevada
Les habitants du Nevada et leurs élus ont une autre vision. (…)Selon les opposants, si les critères techniques avaient été pris en compte, le site aurait été disqualifié. “On sait que l’eau se déplace à travers la roche, qui est pleine de failles et de fractures, affirme Judy Treichel, opposante historique au projet. Tout repose sur la solidité des protections de métal. Mais comment peut-on avoir l’assurance qu’elles résisteront aux échelles de temps considérées ?”

Depuis 1987, la population de l’agglomération de Las Vegas, dont le taux de croissance est le plus élevé des Etats-Unis, est passée de 700 000 à 2 millions d’habitants. Elle accueille 39 millions de visiteurs par an. Le maire a affirmé qu’il faudrait que les convois de combustible usagé lui roulent sur le corps pour traverser sa ville. Les Indiens Shoshone renforcent ce front. Selon eux, Yucca Mountain se trouve sur un territoire relevant de leur souveraineté.

Mais l’opposant le plus acharné est le sénateur du Nevada Harry Reid, devenu en 2006 le leader de la majorité démocrate au Sénat. “Las Vegas est en plein développement, un accident aurait des conséquences sanitaires et économiques considérables, commente-t-on au bureau du sénateur à Washington. En outre, il est trop risqué de transporter la substance la plus dangereuse connue sur terre sur les voies ferrées et les routes du pays.”

“Notre sénateur est assez puissant pour leur couper chaque année leur budget”, se félicite M. Frishman. En 2008, le budget de l’office s’élèvera à 386 millions de dollars (246 millions d’euros), contre 495 millions de dollars demandés, ce qui équivaut à 500 emplois en moins. Du coup, l’activité sur le site est au point mort. “Il y avait des centaines de personnes qui travaillaient ici, aujourd’hui, il n’y en a plus qu’une dizaine”, se désole M. Benson. Le tunnel d’essai qui devait servir de porte d’entrée au site, terminé en 1987, n’est plus visitable : l’office n’a plus les moyens de payer l’éclairage ni la ventilation.

Du fait de la guérilla judiciaire et politique menée par les opposants, le retard s’accumule. Le site devait ouvrir en 1998. S’il franchit toutes les étapes, il ouvrira au mieux en 2020. Et le sujet ne sera pas clos. Car les déchets qui se sont accumulés sur le territoire américain depuis soixante ans suffiront à le remplir. Il faut d’ores et déjà prévoir une extension.

La facture s’alourdit. Environ 11 milliards de dollars ont été dépensés jusqu’à présent. Les producteurs d’énergie, qui abondent le budget de l’office et sont contraints de stocker les déchets dans 121 sites de production, réclament des indemnisations devant les tribunaux. L’Etat fédéral leur a déjà payé 300 millions de dollars.

L’élection présidentielle de novembre pourrait décider du sort de Yucca Mountain. Les démocrates Barack Obama et Hillary Clinton ont tous deux affirmé qu’ils remettraient en cause le projet s’ils étaient élus, tandis que le candidat républicain John McCain le soutient. (…)

Gaëlle Dupont

ETATS-UNIS:les Américains et le contrôle des armes à feu

1-HISTOIRE, AMERIQUES, ETATS-UNIS, POPULATION et SOCIETE, TOLERANCE Aucun commentaire

ÉTATS-UNIS INTERPRÉTATION DU 2E AMENDEMENT DE LA CONSTITUTION

L’examen par la Cour suprême du droit de porter des armes à feu divise les Américains

LEMONDE.FR | 19.03.08

ÉTATS-UNIS INTERPRÉTATION DU 2E AMENDEMENT DE LA CONSTITUTION

Pour la première fois depuis soixante-neuf ans, la Cour suprême des Etats-Unis a examiné, mardi 18 mars, une affaire concernant le droit des Américains à porter des armes à feu. Les neuf juges ont entendu le recours introduit par un particulier contre la ville de Washington, qui a l’une des législations les plus rigoureuses du pays en matière de contrôle des armes.Leur décision, qui sera rendue en juin, est très attendue : l’interprétation du 2e amendement de la Constitution reste un objet de controverse. Pour les uns, cet amendement constitue la reconnaissance du droit individuel de chaque Américain à posséder des armes. Pour d’autres, il ne traduit qu’un droit collectif s’appliquant seulement aux “milices” évoquées dans ce texte de 1789.Depuis 1976, les armes de poing sont interdites dans la capitale fédérale (580 000 habitants). (…)

 L'image “http://www.plusnews.fr/mt_320/mt-static/FCKeditor/UserFiles/Image/070419_virginia/070419_virginia_armateur_asuivre.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

Pendant l’audience, les juges ont semblé pencher majoritairement en faveur du droit individuel des habitants à posséder des armes. (…)Les partisans des armes se sont beaucoup investis dans cet épisode judiciaire. Fait rarissime, le vice-président Dick Cheney a pris publiquement (…)position (…)

(…) 59% des Américains soutiennent une législation comparable à celle en vigueur à Washington (où elle est appuyée par 76% des résidents) (…). Les trois prétendants à l’élection présidentielle sont “tous des avocats convaincus du contrôle”, a-t-il dit, y compris le républicain John McCain. “Cette année, la NRA (le lobby des armes à feu) a du mal à trouver un candidat qui partage ses vues”(…)

Corine Lesnes

LIBERATION

 Aux Etats-unis, la guerre du feu est repartie

Le débat sur la législation des armes refait surface, mais le lobby des proarmes de la NRA reste très puissant.

Par Fabrice ROUSSELOT

QUOTIDIEN : mercredi 18 avril 2007

Au début de l’année, l’incident avait plutôt fait sourire la presse américaine. Un assistant du sénateur démocrate de Virginie, Jim Webb, s’était fait arrêter par la police à Washington. Il avait tout simplement tenté d’introduire l’une des armes personnelles du sénateur au Capitole…

En Virginie, comme dans beaucoup d’autres Etats du Sud américain, les armes à feu font partie du paysage. La législation sur les armes est l’une des plus permissives du pays. Un mineur par exemple ne peut acheter une arme de po