17 juin, 2008
2-GEO/ECO, ASIE, BIRMANIE, RISQUES, SUD
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« Corps éparpillés » et « situation apocalyptique » en Birmanie, selon les humanitaires
LE MONDE | 10.05.08
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« La situation sur le terrain est vraiment désespérée », explique Aye Win, du Centre d’information des Nations unies.
Un spectacle effarant, difficilement soutenable. Les premiers témoignages des rares équipes de secours parvenues dans le delta de l’Irrawaddy, la zone de Birmanie dévastée le 3 mai par le typhon Nargis, font état d’un véritable désastre humanitaire. Alors que le bilan officiel s’établissait, samedi 10 mai, à 23 335 morts et 37 019 disparus – les estimations officieuses continuent d’évoquer près de 100 000 morts -, les scènes de dévastation rapportées par ces témoins ne font que souligner l’urgence d’une assistance internationale que la junte militaire birmane n’accepte, selon les ONG et l’ONU, que trop lentement.
Le programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies a affirmé, samedi 10 mai dans la soirée, avoir récupéré la cargaison d’aide arrivée à bord d’un de ses avions en Birmanie pour secourir les sinistrés du cyclone Nargis. « La cargaison est entre nos mains, ils nous l’ont remise », a déclaré Marcus Prior, un porte-parole du PAM à Bangkok, qui n’était en revanche pas en mesure de dire quel était le statut du second avion de l’ONU arrivé samedi à Rangoun, un appareil du Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) arrivant de Dubaï et transportant des biscuits énergétiques. – (Avec AFP.)« La situation sur le terrain est vraiment désespérée, explique Aye Win, du Centre d’information des Nations unies, contacté par téléphone à Rangoun. Nous atteignons nos limites. Nos personnels reviennent du delta (de l’Irrawaddy) et les histoires qu’ils nous racontent sont difficiles à supporter. Certains sont assez affolés en revenant. Il y a des corps éparpillés. »
A Médecins sans frontières (MSF), un chargé de communication, Frédéric Baldini, rapporte depuis Genève le témoignage du chef de mission de MSF-Suisse en Birmanie : « Il a rencontré un résident d’un village du delta affirmant craindre n’être que le seul survivant. »
A Paris, Thomas Gonnet, directeur des opérations d’Action contre la faim (ACF), est en contact permanent avec une équipe de l’association présente sur les lieux. « Un paysage de désolation et une situation apocalyptique, tels furent les premiers mots de notre équipe arrivée, mercredi, à Bogalay, l’une des villes les plus touchées par le typhon », rapporte-t-il.
Pour parcourir la centaine de kilomètres qui relient Rangoun et Bogalay, le premier convoi d’ACF, avec sept tonnes de riz, a dû faire de nombreux détours : ponts détruits, circulation bloquée, risques d’attaque sur la route. Le spectacle découvert par l’équipe d’ACF à Bogalay fait état d’une ville rasée et entourée d’eau contaminée par les cadavres en décomposition. Si les autorités retiennent le chiffre de 10 000 morts dans cette zone, le chef d’équipe d’ACF estime que près de 200 000 personnes sont en danger sur une population initiale de 350 000 habitants.
Ce responsable de terrain a, vendredi, décrit par téléphone à Thomas Gonnet la présence d’environ 60 000 ruraux, paysans ou pêcheurs – venus chercher du secours à Bogalay. « Ils n’ont plus d’eau, plus à manger, plus d’animaux, plus de semences, plus de rizières, les stocks de riz sont vides. » Il a également évoqué l’existence d’un camp de réfugiés de près de 20 000 personnes au coeur même de la ville. « Le problème, précise M. Gonnet, c’est que les autorités locales nous ont interdit l’accès à ce camp et ne nous laisse pas distribuer nous-mêmes l’aide aux victimes. »
« La colère de la population est palpable, et notre équipe sur place nous a fait état de violences », rapporte le directeur des opérations d’ACF.
Des tensions sont apparues entre les membres du Programme alimentaire mondial (PAM) de l’ONU, présents à Rangoun, et le gouvernement birman. Vendredi, alors que des équipes du PAM déchargeaient 38 tonnes de vivres et d’équipements sur l’aéroport, des autorités locales ont saisi la cargaison. Le PAM a alors annoncé la suspension de toute livraison.
Joint au téléphone vendredi, à Rangoun, l’un des représentants du PAM en Birmanie, Marcus Prior, indique que les autorités ont expliqué leur geste par l’absence d’autorisation. « Ils nous connaissent pourtant bien, remarque M. Prior. Nous sommes dans ce pays depuis longtemps, et nous sommes déjà présents à Bogalay mais aussi à Laputta, la première ville touchée par le typhon. »
La junte a indiqué, vendredi, que « la Birmanie donne la priorité à la réception de l’aide et à sa distribution, par ses propres moyens, dans les régions frappées par le typhon ». Les organisations humanitaires suspectent le régime de vouloir en fait détourner l’aide internationale. En fin de journée, le PAM revenait sur sa décision et annonçait qu’il assurerait ses vols de samedi tout en poursuivant les discussions pour pouvoir contrôler l’ensemble de la distribution de l’aide.
Paul Risley, le porte-parole du PAM à Bangkok, où se regroupent les équipes humanitaires en attente de visa, n’en dénonce pas moins l’attitude des autorités birmanes qui ont fermé leur ambassade pour quatre jours en raison d’une fête. « C’est une attente de quatre jours qui n’a pas lieu d’être », a-t-il déclaré.
Si le delta de l’Irrawaddy est la zone la plus touchée, les environs de Rangoun n’ont pas été épargnés. « Dans la zone de Rangoun, 80 % des maisons sont détruites, rapporte à Paris Françoise Sivignon, chef de la mission Birmanie de Médecins du monde (MDM). Les gens sont réfugiés dans les monastères, les écoles et les églises. »
Joe Larry, délégué à l’information de la Croix-Rouge, est arrivé à Rangoun de Bangkok vendredi. « Les arbres ont été arrachés, les toits des maisons rappellent des boîtes d’étain ouvertes, rapporte-t-il au retour d’une visite dans les banlieues de la cité. Il n’y a pas d’électricité, les rues les plus proches de Rangoun sont toujours couvertes d’eau. Les enfants jouent dans l’eau accumulée, sûrement contaminée, et courent le risque d’attraper des maladies. »
Jacques Follorou et Philippe Bolopion (à New York)
23 mai, 2008
2-GEO/ECO, ASIE, CHINE, RISQUES
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Une zone à forte sismicité
LE MONDE | 21.05.08
La sismicité du territoire chinois est l’une des plus fortes au monde. En cause, l’irrépressible déplacement vers le nord de la plaque indienne, qui bute contre l’Eurasie à la vitesse de 40 à 50 millimètres par an. Les forces mises en jeu sont considérables et c’est ce mouvement d’une plaque contre l’autre qui a contribué à la formation de l’Himalaya.
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Récit Chine : 12 mai, 14 h 28, le Sichuan tremble
Les faits La peur de nouveaux séismes provoque la panique au Sichuan
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Un violent tremblement de terre s’est produit, lundi 12 mai, dans la province chinoise du Sichuan. Vous ou vos proches ont été frappés par le séisme, racontez-nous.
L’Inde pousse le plateau tibétain vers l’intérieur de la Chine ; celui-ci exerce à son tour sa pression sur la Chine centrale, vers le nord et le nord-est. A ses marges orientales, le grand plateau a chevauché le bassin sédimentaire du Sichuan, provoquant le séisme du lundi 12 mai. En 1933 et en 1976, la même région avait connu des séismes de magnitude 7,5 et 6,4, cependant beaucoup moins meurtriers que le dernier à avoir frappé la zone. Egalement sous la pression du plateau tibétain, les provinces de Qinghai et de Gansu devraient aussi, dans les prochaines années, connaître des séismes de grande ampleur, selon la majorité des spécialistes.
La sismotectonique – l’étude des failles actives – est capable de prédire les régions de plus grand péril. Une étude, publiée en juillet 2007 dans la revue Tectonics par des chercheurs du British Geological Survey, pointait ainsi très précisément le risque d’un important séisme le long de la faille de Longmen Shan – celle en cause dans le tremblement de terre du 12 mai. La nécessité de surveiller cette région a conduit les autorités chinoises à investir. Le 11 avril, tout juste un mois avant que la terre ne tremble, l’agence Chine nouvelle annonçait la mise en test du réseau numérique, lancé en 2004, reliant les 1 200 stations sismiques principalement installées dans le centre du pays.
Stéphane Foucart
8 mai, 2008
2-GEO/ECO, ASIE, BIRMANIE, RISQUES, SUD
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100 mille morts et l’aide internationale toujours bloquée aux portes de la Birmanie?
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 08.05.08
REUTERS/STR
Bogalay, au sud de Rangoun, le 8 mai
Alors que le bilan humain du cyclone Nargis, qui a dévasté le week-end dernier la Birmanie, pourrait atteindre cent mille morts, l’aide internationale continuait, jeudi 8 mai, d’arriver au compte-gouttes dans le pays. Et la confusion entretenue par la junte militaire au pouvoir, qui ne distribue les visas qu’avec parcimonie, ne fait que compliquer encore un peu plus la tâche des humanitaires.
Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a exhorté jeudi soir la junte birmane à se focaliser sur l’aide aux victimes plutôt que sur le référendum constitutionnel. Il essaie également de discuter avec le chef de la junte, Than Shwe, pour faciliter l’aide internationale. Un peu plus tôt, le responsable des affaires humanitaires aux Nations unies, John Holmes, s’était dit « déçu » du peu de coopération des autorités birmanes.
Selon les organisations humanitaires, l’aide arrive doucement de Thaïlande, de Chine, d’Inde. La Grèce a affirmé avoir obtenu le feu vert des autorités birmanes pour faire partir en fin de journée un avion de l’armée de l’air transportant des tentes, des couvertures et des médicaments. De leur côté, les Etats-Unis ont annoncé qu’ils se préparaient pour des largages d’aide aux sinistrés, dont le département d’Etat laissait entendre que Washington pourrait se passer de l’accord de la junte pour y procéder.
LA POPULATION MANQUE DE TOUT
Mais selon les spécialistes de l’humanitaire, ce sont des centaines d’avions d’aide dont le pays a besoin. Les moyens sont en effet largement insuffisants face à une population qui manque de tout : eau, nourriture, abris, médicaments. Face à cette situation catastrophique, la communauté internationale a multiplié les appels à l’ouverture de la Birmanie. Mais le processus d’obtention de visas prend du temps. Le régime militaire en Birmanie, l’un des pays les plus fermés, avait prévenu les travailleurs humanitaires en début de semaine qu’ils devraient négocier avec lui pour pénétrer sur le territoire.
Sur place les témoins continuaient de décrire des scènes de désolation. Jeudi soir, la télévision officielle birmane recensait dix-sept morts de plus, faisant désormais état de 22 997 morts et 42 119 disparus. D’autres chiffres bien plus lourds circulent. Dans la seule localité de Labutta et les soixante-trois villages voisins, au cœur du delta de l’Irrawady ravagé par le cyclone, un responsable local, Tin Win, a parlé d’environ 80 000 morts. Selon ce chef d’arrondissement de Labutta, des dizaines de villages alentour ont été balayés. Dans l’ensemble du delta, « il pourrait y avoir plus de cent mille morts », a avancé la chargée d’affaires américaine à Rangoun, Shari Villarosa.
29 avril, 2008
2-GEO/ECO, ASIE, JAPON, MONDIALISATION, RISQUES
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La pénurie de beurre au Japon illustre le recul de l’indépendance alimentaire de l’Archipel
AFP/YOSHIKATSU TSUNO
Le Japon vit depuis plusieurs semaines une véritable pénurie de beurre, conséquence de l’effondrement de la production de lait.
LE MONDE | 29.04.08
« Les fabricants de beurre connaissent actuellement des problèmes d’approvisionnement en matière première. Nous vous remercions de n’acheter qu’un paquet par personne. » L’avertissement apparaît sur l’étagère du rayon frais de ce supermarché de Tokyo. Habituellement pleine de divers paquets de beurre, elle est aujourd’hui vide. Quand se remplira-t-elle ? « Les livraisons ne sont pas régulières, assure un vendeur, il vaut mieux venir le matin pour espérer en trouver. »
Le problème ne se limite pas à la capitale. Le Japon vit depuis plusieurs semaines une véritable pénurie de beurre, conséquence de l’effondrement de la production de lait. Celle-ci est tombée de 8,1 millions de tonnes au cours de l’année fiscale (du 1er avril au 31 mars) 2006 à 7,3 millions à l’exercice suivant.
« La canicule de l’été 2007 a fortement affecté les rendements, explique Yasuhiko Nakamura, de l’université de Tokyo. Elle est intervenue alors que le nombre d’exploitations laitières ne cesse de diminuer. » La consommation de lait baisse au Japon depuis le début des années 1990, ce qui a mis en difficulté certains producteurs, d’autant qu’ils subissent aussi la hausse des prix de l’alimentation animale.

Face à la pénurie, l’île d’Hokkaido, principale région agricole du Japon, a augmenté la production de lait de 3 % en mars. Cela n’a pas suffi. Les boulangers et pâtissiers industriels du pays achètent tous les stocks de beurre disponibles pour éviter d’en importer. Les Japonais doivent donc patienter ou acheter des produits étrangers, français notamment, vendus en supermarché autour de 1 900 yens (11,6 euros) les 250 g.
Ce problème illustre les difficultés d’approvisionnement alimentaire du Japon. L’Archipel assure 39 % de ses besoins en calories, contre 70 % au lendemain de la guerre. Si le Japon parvient à assurer ses besoins en riz et, dans une moindre mesure, en légumes, il est loin de le faire en matière de fruits, de viande ou de poisson.
« Jusque récemment, le Japon avait les moyens financiers de compenser ce manque », souligne le professeur Nakamura. Le secteur agricole ne s’est donc guère modernisé. Ne contribuant qu’à 1,4 % du produit intérieur brut, cette activité concerne aujourd’hui 2,9 millions d’exploitations, dont 98 % ne dépassent pas deux hectares. Et 70 % de la population de ce secteur a plus de 55 ans.
« Aujourd’hui, souligne Yasuhiko Nakamura, la hausse de la demande dans les nations émergentes et la progression des prix obligent le Japon à réagir. » En avril 2007, une loi a modifié les orientations agricoles du pays, très généreux en subventions et protectionniste face aux importations avec des droits de douane élevés.
La politique de soutien des prix est peu à peu abandonnée. Dorénavant, l’accent est mis sur l’amélioration de la compétitivité. Le gouvernement encourage l’installation de jeunes, la remise en valeur de terres en jachère et un agrandissement des exploitations. Les autorités veulent augmenter le taux d’autosuffisance alimentaire. Elles souhaitent aussi rassurer des consommateurs inquiets de la qualité des produits importés, de Chine notamment.
Depuis qu’a éclaté en janvier le scandale des raviolis fabriqués en Chine et contaminés avec un pesticide, les importations en provenance de ce pays ont chuté de 40 %, une tendance qui pose déjà aux restaurants japonais un problème d’approvisionnement.
Philippe Mesmer
8 avril, 2008
2-GEO/ECO, ASIE, EAU, LAOS
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EDF et son barrage au Laos

(…C)e projet (…) la Banque Mondiale a accepté de(le) financer!
Au Laos sera donc construit un des barrages les plus controversés de l’histoire. Le site se trouve sur l’un des affluents du Mekong : la rivière Nam Theun. Le plateau Nakai a été choisi pour édifier la construction malgré l’opposition de plus de 100 ONG, de scientifiques et surtout de la population locale. Le projet est doublement un danger pour l’environnement car le plateau contient une faune et une flore encore sauvages dont de nombreux troupeaux d’éléphants. Il aura un fort impact sur une autre rivière : le Xe Ban Fai qui contient une des plus riches réserves de poissons. Le réservoir, qui dépassera les 400 km2, inondera plus de 40% du plateau et les ingénieurs ont prévu de construire une déviation entre la rivière Nam Theun et la rivière Xe Ban Fai. Le réservoir se videra donc dans cette rivière, changeant les flux et augmentant ainsi sa taille.
Depuis les erreurs commises lors de la construction de barrages comme celui de Pak Mun en Thaïlande ou encore le Yalli Fall au Vietnam qui ont eu d’énormes impacts sur l’environnement et les populations locales, les projets de barrages sont pris très au sérieux. Le projet Nam Theun 2 a fait appel à des scientifiques chargés d’étudier la faisabilité du projet. Alors que plusieurs spécialistes ont mis en avant les dangers d’un tel projet sur l’environnement d’autres scientifiques ont minimisé les impacts. Selon eux, ils pourraient résoudre les problèmes en déplaçant quelques variétés pour attirer les éléphants en dehors du site.
(…) Quel bénéfice en tirerait le Laos? Du point de vue économique, la construction d’un barrage demande de nombreux ouvriers et compte-tenu du projet, la région deviendra active. Le second point positif, c’est que les initiateurs du barrage paieront des dividendes qui s’élèveront après 10 ans à plus de 120 millions de dollars par an. Le gouvernement du Laos qui a un des PIB les plus faibles du monde, encourage le projet. Le projet est aussi défendu par son principal actionnaire : EDF avec plus de 35% des parts.
Cependant on peut s’interroger sérieusement sur les arguments mis en avant par la compagnie française concernant l’impact positif sur le développement du pays. EDF fameux défenseur du « développement durable » est en train sérieusement de faire de gros dérapages. Le Laos ne bénéficierait quasiment pas de l’électricité produite par le barrage car moins de 10% de l’électricité resterait sur place, le reste étant exporté en Thaïlande. Alors que la Thaïlande ayant détruit une grande part de ses rivières fait face à de fortes confrontations avec les populations locales, a mis un frein à la construction de barrage au niveau national… quoi de mieux que d’aller chez les voisins construire ce que l’on ne veut et ne peut plus faire chez soi.
Pour ce qui est des dividendes, seulement 25 millions de dollars/an seraient reversés au Laos les premières années, ce qui paraît ridicule en comparaison de la destruction massive de l’environnement qu’un tel projet engendrerait. Et quel avenir pour les communautés qui sont installées sur le plateau depuis des centaines d’années? On ne peut que leur souhaiter bonne chance… Selon Watershed, plus de 100 000 personnes seront touchées directement et indirectement ce projet. C’est ça le développement durable?
avril 2005 (extraits)
source: http://www.blogg.org/blog-16950-billet-131178.html
Le Laos veut compenser l’impact humain et environnemental du barrage de Nam Theun
LE MONDE | 08.04.08
Jeudi 10 avril, le réservoir du barrage de Nam Theun 2, au Laos, sera mis en eau. Il faudra plusieurs mois avant qu’il atteigne sa superficie maximale de 450 km2 – les trois quarts du lac Léman -, donnant ainsi forme au plus grand projet d’énergie hydroélectrique au monde après celui des Trois-Gorges en Chine. Si tout se poursuit comme prévu, la centrale de 1 075 mégawatts commencera à produire en décembre 2009, et 95 % de l’énergie seront vendus à la Thaïlande.
D.R.
Le 10 avril 2008 débute la mise en eau de la deuxième plus grande centrale hydroélectrique du monde : le barrage de Nam Theun.
Jusqu’au dernier moment, la décision de mise en eau est restée suspendue à l’avis des trois experts indépendants chargés de vérifier, pour le gouvernement et les bailleurs de fonds, le respect du cahier des charges fixé à Nam Theun Power Company (NTPC), le consortium international qui construit et exploitera le barrage, pour compenser les impacts humains et environnementaux de l’ouvrage. Un cahier des charges présenté comme exemplaire et sans précédent pour obtenir le soutien des grands créanciers internationaux.C’est en effet à ce prix que la Banque mondiale a accepté de prendre part au projet en 2005. Et signé par la même occasion son grand retour dans le financement de ces infrastructures dont les conséquences continuent d’être critiquées par les organisations non gouvernementales.Pour le gouvernement laotien aussi, la réussite du projet constitue un enjeu de taille, puisqu’il a fait de Nam Theun 2 une vitrine pour attirer des investisseurs étrangers et transformer le pays en « batterie » de la région d’ici à 2020, selon ses propres termes. La construction de cinq autres barrages a d’ores et déjà été confiée à des entrepreneurs chinois et thaïlandais. Plus d’une vingtaine de projets attendent dans des cartons.
Pour marquer l’importance de l’événement, la Banque mondiale a fait paraître une tribune dans les principaux journaux laotiens et thaïlandais, dans laquelle son représentant pour l’Asie du Sud souligne l’exemplarité du projet, qui va donner « à des populations parmi les plus pauvres d’Asie les moyens de sortir de la pauvreté ». NTPC, dont la compagnie française EDF est actionnaire à 35 %, a promis aux 6 200 villageois déplacés un doublement de leurs revenus dans les cinq ans suivant leur déménagement. Mais le barrage affectera aussi le quotidien de près de 80 000 habitants vivant le long de la rivière Xe Bang, où seront rejetées les eaux de la centrale.
La vigueur du plaidoyer fait écho à la dureté des critiques qui réclamaient que soit différée l’inondation du plateau de Nakaï où est construit le barrage. Dans un rapport publié fin février, l’ONG américaine International Rivers, qui suit le projet depuis la première heure, exprime une vive inquiétude sur l’avenir de ces populations : « On leur a construit des maisons neuves, des dispensaires, des routes permettent d’accéder aux villages, mais comment vont-elles survivre ? Les programmes d’accompagnement censés assurer aux villageois de nouveaux moyens de subsistance ont pris beaucoup de retard. »
NTPC, qui dispose sur le terrain d’une équipe de 160 personnes pour donner une réponse aux impacts du barrage, doit en effet relever deux principaux défis : réussir la sédentarisation des populations déplacées qui nomadisaient sur le plateau en vivant de la culture du riz, de chasse et de pêche ; prévenir les effets de l’ouvrage sur le débit des rivières et la qualité de l’eau.
Dans les jours qui viennent, les habitants qui vivent aux abords de la rivière Nam Theun vont subir un effondrement des ressources aquatiques. « Nous avons constitué des stocks de protéines pour faire face à d’éventuelles déficiences alimentaires », rassure Olivier Salignat, directeur adjoint des programmes d’accompagnement, qui admet la difficulté d’estimer les impacts avec précision.
Le long de la Xe Bang, 82 puits seront forés pour garantir un accès à l’eau potable. Les habitants du plateau, auxquels a été concédé un droit de pêche exclusif dans le lac de barrage pendant dix ans, sont déjà sous programme d’assistance alimentaire. « La mise en eau du barrage clôt une première étape. Les infrastructures promises aux personnes déplacées ont été réalisées. Nous devons maintenant nous concentrer sur les programmes de long terme », reconnaît M. Salignat. NTPC a promis d’accompagner les villageois jusqu’en 2014.
A cette date, le boom économique, avec les 8 000 emplois créés par la construction du barrage, sera retombé. Et il sera alors possible de dire si Nam Theun 2 est bien un cas vertueux dans l’histoire controversée des barrages.
Laurence Caramel
3 avril, 2008
2-GEO/ECO, ASIE, CHINE, MONDIALISATION, RISQUES
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En 2007, les salaires chinois ont augmenté en moyenne de 18,7 %
LE MONDE | 03.04.08
La hausse des salaires des employés classés comme urbains dans les statistiques chinoises aurait atteint, en moyenne, 18,72 % de 2006 à 2007, soit la plus forte augmentation en six ans, a annoncé, mardi 2 avril, le Bureau national des statistiques (BNS).
Le salaire moyen annuel a ainsi atteint 24 932 yuans (2 275 euros) en 2007, avec d’importantes disparités, puisqu’il est de 39 867 yuans à Pékin et de plus de 40 000 yuans à Canton, Shenzen et Shanghaï. La croissance continue des profits des entreprises chinoises et la hausse du salaire minimal, afin de prendre en compte l’inflation, ont contribué à cette hausse.
Tout indique que ces tendances se sont encore accélérées lors des derniers mois en raison, d’une part, du renforcement des tensions inflationnistes et, d’autre part, de la réforme de la législation du travail en faveur des salariés.La ville de Shanghaï a ainsi dû procéder, fin mars, à une nouvelle hausse du salaire mensuel minimal, la deuxième en cinq mois. Celui-ci a grimpé de 14 %, passant de 840 yuans à 960 yuans par mois.
NOUVELLES RÈGLES SOCIALES
Les retraites et les allocations-chômage ont été de nouveau revalorisées. Il faut dire que l’inflation a atteint 8,7 % en février en taux annualisé et que les prix de certaines denrées (viande, huile…) sont supérieurs de 50 % à leur niveau atteint il y a un an.
Malgré l’absence de syndicats indépendants et l’extrême difficulté rencontrée par les ouvriers pour faire valoir leurs droits, l’introduction de nouvelles règles sociales a sans doute contribué à l’inflation des salaires. La loi sur le contrat de travail, dont l’application est encore aléatoire, a ainsi obligé les entreprises à prévoir des compensations plus élevées qu’auparavant. A Shanghaï, fin mars, le département du travail a introduit une nouvelle règle selon laquelle les employés des sociétés d’Etat gagnant moins de 10 % du salaire de leur patron avaient le droit d’exiger une hausse. La règle doit s’appliquer à 75 % des entreprises d’Etat.
La hausse des prix a un moment été éclipsée par la bonne tenue de la Bourse, qui a provoqué, en 2006 et 2007, un effet de richesse. Or l’indice composite de Shanghaï a chuté de 45 % depuis octobre 2007 (et de 34 % au premier trimestre 2008), un retour de bâton douloureux pour la classe moyenne émergente des villes, qui s’était jetée à corps perdu dans la spéculation.
L’insouciance des petits investisseurs se fonde en grande partie sur l’idée que rien n’arrivera avant les Jeux olympiques. Le Centre d’information de l’Etat publiait, il y a peu, un rapport recommandant que les pouvoirs publics interviennent pour mettre fin à la morosité des marchés.
Brice Pedroletti
3 avril, 2008
2-GEO/ECO, CHINE, FRANCE, MONDIALISATION
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Un fonds public chinois dans le capital du groupe pétrolier Total
LEMONDE.FR avec AFP | 03.04.08 |
La place des fonds souverains dans l’économie mondiale s’étend et touche aussi la France et ses entreprises. Un « fonds public chinois est entré au capital de Total. Il a pris graduellement position depuis quelques mois », a en effet déclaré, jeudi 3 avril, une porte-parole du groupe pétrolier, sans préciser s’il s’agit de la compagnie publique chinoise d’investissement China Investment Corporation (CIC).
On ne connaît pas la part prise dans le capital de Total, première capitalisation de la Bourse de Paris, mais elle doit être d’au moins 1 %. En effet, les règles statutaires du groupe prévoient que « toute personne, physique ou morale, qui vient à détenir directement ou indirectement un pourcentage de capital, des droits de vote ou de titres donnant accès à terme au capital de la société égal ou supérieur à 1 %, ou à un multiple de ce pourcentage, est tenue d’informer la société ».
« MESSAGE POSITIF POUR LE GROUPE » La part des actionnaires asiatiques au capital de Total ira croissant, a indiqué la porte-parole. « L’Asie est en pleine croissance et il est normal que ses actionnaires » montent au capital, a-t-elle estimé. « Les fonds souverains placent leurs liquidités dans des actifs rentables et de long terme. Donc, l’entrée d’un fonds souverain chinois au capital est un message positif pour le groupe », commente encore la porte-parole de Total.
Au 31 décembre 2007, le capital du quatrième groupe pétrolier mondial était détenu à 88 % par des investisseurs institutionnels (d’Amérique du Nord à 29 %, de France à 21 %, du Royaume-uni à 14 %, du reste de l’Europe à 21 % et du reste du monde à 3 %). Le capital de Total est aussi détenu à 8 % par des actionnaires individuels et à 4 % par des salariés, indique le rapport annuel 2007 de Total mis en ligne ce jeudi. Les principaux actionnaires du groupe sont le groupe Bruxelles Lambert et la Compagnie nationale à portefeuille (CNP), détenus tous deux par le financier belge Albert Frère, qui possèdent ensemble 5,3 % du capital.
31 mars, 2008
2-GEO/ECO, ASIE, MONDIALISATION, RISQUES
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La spéculation chamboule les prix des matières premières

LE MONDE | 28.03.08
Le prix du riz a bondi de 31 % en une journée, jeudi 27 mars, passant de 580 à 760 dollars, les stocks étant tombés au plus bas depuis 1976. L’Inde, l’Egypte, le Vietnam et le Cambodge ont annoncé qu’ils suspendaient leurs exportations de riz au moment où les Philippines en cherchaient désespérément 500 000 tonnes sur le marché. Les spéculateurs ont sauté sur l’occasion, comme ils ne cessent de le faire pour le blé, l’or, le pétrole ou les carcasses de porc dont les cours fluctuent de plus en plus brutalement. « On ne sait plus où on en est, s’alarme Hervé Le Stum, directeur de l’Association générale des producteurs de blé (AGPB). Depuis quelques semaines, les prix font les montagnes russes (sur les marchés de céréales) au Kansas, à Chicago ou à Minneapolis. »
L’origine de ces mouvements erratiques ne se trouve pas seulement dans les inquiétudes liées à la crise financière et à la conjoncture internationale, mais aussi dans l’activité d’une poignée de fonds spéculatifs (hedge funds). En particulier, les fonds dits « systématiques ou CTA – pour Commodities Trading Adviser », indique Cyril Julliard, président d’Eraam, un fonds de fonds spéculatifs. Les plus importants gèrent entre 10 à 12 milliards de dollars. De quoi peser sur les cours de ces marchés très étroits par comparaison avec les marchés d’actions. Entre 8 % à 10 % de la variation des prix des matières premières leur sont aujourd’hui attribués.« Les fonds sont partout où existent des contrats à terme », indique Eric Le Coz, gérant chez Carmignac Gestion. Les contrats à terme permettent à ces financiers d’investir sans se faire livrer physiquement la marchandise.La présence de ces « CTA » pèse d’autant plus sur les prix qu’ils « n’ont pas d’états d’âme », indique M. Le Coz. A l’achat comme à la vente, « ils s’engouffrent sur le marché », ajoute-t-il. Ils s’exonèrent de l’éventuelle réserve du négociant, car l’achat ou la vente sont déclenchés par des calculs mathématiques ou par les premiers signaux de vente. Le franchissement de seuils « psychologiques », comme le prix de 100 dollars pour le baril de pétrole ou de 1 000 dollars pour l’once d’or début mars, les a laissés de marbre. Les « CTA » ont pris leurs bénéfices deux semaines plus tard. Après une action de la Réserve fédérale américaine et une série de nouvelles rassurantes de la part de banques américaines, les investisseurs ont cru que la crise des subprimes aux Etats-Unis était contrôlée, et le dollar s’est redressé.
Ce signal a eu un effet domino. La remontée de la monnaie américaine a provoqué la baisse des cours du pétrole, entraînant les prix des autres matières premières.« Les investisseurs institutionnels achètent souvent des indices globaux qui associent un peu artificiellement les cours de différentes matières premières », explique Noël Amenc, professeur de finance à l’Edhec et spécialiste des fonds spéculatifs. Les fonds ne sont pas seuls responsables de ces fluctuations, car « ils achètent une tendance », explique M. Amenc. « Ils accentuent les mouvements et leur brutalité sans en modifier l’évolution », précise Jean-Claude Petit, responsable de la gestion actions chez Barclays AM.
Sur les matières premières, la plupart ont détecté la martingale il y a deux ans. La croissance explosive des pays émergents, notamment de l’Inde et de la Chine, très consommatrices d’hydrocarbures, de céréales ou de minerais, a gonflé la demande que la production peine à satisfaire.
La crise a ensuite attiré de nouveaux fonds, ceux qui désertent les autres titres financiers, devenus trop risqués. Entre janvier et février, le volume des contrats sur les produits à terme concernant les matières premières à Londres a bondi de 65 % à 70 % par rapport à la même période en 2007. Soja, colza ou maïs sont ainsi devenus des produits financiers presque au même titre qu’une action ou une obligation. Au grand dam des industriels et des consommateurs, qui souffrent des niveaux de prix dopés par cette spéculation.
Alain Faujas et Claire Gatinois
Le boom des matières premières, un réel motif d’inquiétude
LE MONDE ECONOMIE | 02.02.04
Coton, platine, or, nickel, pétrole… nombreuses sont les matières premières qui ont connu une envolée de leurs prix au cours des deux dernières années. Entre octobre 2001 et la fin janvier 2004, l’indice CRB (Commodity Research Bureau), qui traduit l’évolution générale des prix des matières premières, a enregistré une hausse de 44 %. Le prix des métaux précieux a augmenté de 65 %, celui de l’énergie de 54 %. Les métaux industriels, utilisés pour la fabrication des produits manufacturés, ont vu leurs prix augmenter de 54 %.
Selon Philippe Chalmin, professeur à l’université Paris-Dauphine et directeur du rapport annuel Cyclope, spécialisé sur le sujet, « 2003 a été l’année d’un boom des matières premières. Elles ont pratiquement toutes enregistré une forte flambée des prix ». Mais cette explosion n’est pas homogène. Le café, le sucre sont restés à des prix relativement bas. A l’inverse, « certaines matières premières ont atteint des pics historiquement élevés. C’est le cas du nickel, du coton ou du caoutchouc », précise-t-il. Cette remontée est d’autant plus remarquée qu’elle fait suite à une tendance baissière observée durant les décennies 1980 et 1990. Elle rend surtout légitime une question : peut-elle entraîner une élévation durable du niveau de l’inflation mondiale ?Avant d’amorcer une réponse, il faut examiner les deux principales thèses avancées pour expliquer cette envolée des prix des matières premières. La première l’attribue à la reprise mondiale, et en particulier à l’intensification de la demande provenant des pays émergents (Chine et Inde principalement). Ces pays atteignent un stade de développement qui se traduit par une accélération de la demande de matières premières. Entre 1998 et 2002, les importations d’énergie de la Chine, exprimées en valeur, sont passées de 2 à 9 milliards de dollars. Mais le lien établi entre croissance économique et hausse de la demande vaut aussi pour les Etats-Unis, également grands consommateurs de matières premières.
Selon une autre grille d’interprétation, la hausse du prix des matières premières pourrait être l’une des conséquences indirectes de l’assouplissement des politiques monétaires par les banques centrales depuis 1998, en particulier par la Réserve fédérale américaine depuis février 2001. En abaissant leurs taux directeurs, elles ont favorisé la création excessive de liquidités internationales à la recherche de rendement. Les secteurs de biens et services ne pouvant les absorber (en raison notamment de l’intensification de la concurrence), celles-ci se sont logées en partie sur le marché des matières premières, contribuant à leur renchérissement. Selon Rémy Contamin, économiste à la direction des études économiques du Crédit agricole, la hausse des cours pourrait également être liée au fait que les matières premières sont, pour la plupart, libellées en dollar : « Avec la dépréciation de cette monnaie, les producteurs ont tendance à compenser leurs pertes par une augmentation des prix. C’est particulièrement vrai pour le marché du pétrole, qui présente une courbe de demande assez peu élastique », assure-t-il.
Selon une étude de CDC-Ixis, l’effet inflationniste a aussi été renforcé « par l’action des banques centrales asiatiques, qui ont agi, par des interventions de change, pour affaiblir leurs devises, contribuant ainsi à la croissance de la liquidité de la base monétaire mondiale ». Si la montée récente du prix des matières premières est liée à un excès de liquidités internationales, le risque d’inflation sera limité. Comme toute bulle spéculative, la bulle sur le marché des matières premières finira par éclater. A l’inverse, si cette évolution est liée à la demande croissante des pays émergents, l’inflation mondiale pourrait être tirée à la hausse durablement. Etant donné la part des importations de matières premières dans le produit intérieur brut (PIB) mondial, « une hausse de 30 % par an des prix pourrait conduire à un supplément d’inflation de 1 point chaque année », avance CDC-Ixis. Un risque qui ne semble pas encore bien mesuré par les banques centrales.
Mathilde Bereni
31 mars, 2008
2-GEO/ECO, ASIE, CHINE, TOLERANCE
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Les minorités séparatistes chinoises
LEMONDE.FR | 18.03.08

31 mars, 2008
2-GEO/ECO, ASIE, CHINE, MONDIALISATION, RISQUES, TOLERANCE
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| « Un pays qui boycotterait les JO de Pékin paierait un prix économique et commercial très lourd »
LE MONDE.FR | 28.03.08 avec Pascal Boniface, directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques.
AFP/JEAN-LOUP GAUTREAU
Pascal Boniface, directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) et auteur d »Atlas du monde global », avec Hubert Védrine.
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LAL : Pensez-vous réellement que les pays qui ont des intérêts commerciaux avec la Chine puissent boycotter les JO de Pékin ? Pascal Boniface : Sauf en cas de dégradation très forte de la situation, on peut penser qu’un boycott des Jeux olympiques est exclu, car un pays qui prendrait l’initiative du boycott serait considéré comme non seulement inamical, mais presque comme ennemi par la Chine, et effectivement, il en paierait un prix économique et commercial très lourd. Par ailleurs, un boycott, pour être efficace, ne peut pas se faire de façon individuelle, il doit être fait de façon collective.
Carlos Cardoso : Cependant d’autres « prises de position » sont envisagées, comme par exemple le boycott de la cérémonie d’ouverture. Quelle sera la réaction probable des autorités chinoises aux prises de position possibles qui se trouveraient à la limite de ce que la charte olympique stipule ?
Pascal Boniface : Là aussi, la réponse est la même. S’il devait y avoir boycott par les chefs d’Etat et de gouvernement de la cérémonie d’ouverture, il faut que cela soit collectif, parce qu’un boycott individuel n’aurait aucun impact et serait beaucoup plus risqué. On constate par ailleurs qu’en dehors de la position des chefs d’Etat, de nombreux sportifs ont déclaré vouloir se rendre à Pékin et entreprendre là-bas une action qui attire l’attention sur la question des droits de l’homme. Et de ne pas être des acteurs muets et aveugles par rapport à la situation.
Nico : Le boycott des Jeux de Pékin pourrait-il représenter le commencement d’une future scission profonde entre les blocs occidental et chinois ?
Pascal Boniface : Une scission profonde, non. Cela ouvrirait bien sûr une crise, mais qui, comme toute crise, peut être durable ou passagère selon les réactions ultérieures des uns et des autres. Mais il est certain que cela serait ressenti comme un affront par les dirigeants chinois, et probablement par une partie de l’opinion chinoise.
LONDRES DANS UNE POSITION PARTICULIÈRE
archambau : L’Union européenne, par son poids politique et géographique, peut être influente dans le monde si elle reste unie. Or ne risque-t-elle pas une fois de plus de se décrédibiliser sur la scène internationale si les pays membres n’adoptent pas une position commune à l’égard de la Chine ?
Pascal Boniface : Oui, effectivement, il vaudrait mieux que les Vingt-Sept prennent une position commune. Outre les différences d’appréciation qu’il peut y avoir sur la façon de réagir, on a vu qu’il y a un pays qui est dans une situation tout à fait particulière, c’est la Grande-Bretagne, puisqu’elle sera le prochain hôte des Jeux. Et donc les Britanniques vont très naturellement être les plus modérés dans la réaction, parce qu’ils n’ont pas envie de subir un éventuel contrecoup en 2012. Il faudra bien trouver un compromis, car les Britanniques ne peuvent pas non plus être isolés par rapport aux autres membres de l’UE.
mehdi : En dehors des pays occidentaux, connaît-on la position diplomatique sur ce sujet des autres grands pays de la scène mondiale ? Je pense notamment à la Russie ou à l’Iran.
Pascal Boniface : Ils n’ont pas la même sensibilité que les pays occidentaux à ce qui se passe en Chine. D’une part, parce que ce ne sont pas des pays sensibles au thème de l’ingérence, ou plutôt que ce sont des pays qui ont une sensibilité négative par rapport à l’ingérence, et qui n’ont certainement pas envie d’aider diplomatiquement les pays occidentaux, ni de gêner diplomatiquement la Chine. Enfin, la Russie a très bien compris que ce qui se passe pour Pékin 2008 sert d’échauffement pour Sotchi 2014, où auront lieu les Jeux olympiques d’hiver.
ctipar : La Chine peut-elle réagir à la prise de position des sportifs durant les Jeux ?
Pascal Boniface : Elle ne réagira pas directement, mais demandera au CIO de le faire et là, bien sûr, il s’agit d’un rapport de forces. On peut exclure quelques sportifs qui font des actions, mais s’il y a des actions concertées qui en réunissent des centaines, il sera très difficile pour le CIO de sévir.
JAA : Quel regard portez-vous sur l’action de Reporters sans frontières ?
Pascal Boniface : C’est une opération spectaculaire par définition, donc qui est dans la lignée de l’action de Reporters sans frontières. Mais cette action spectaculaire ne doit pas masquer une réflexion approfondie de RSF, qui est passée d’une demande de boycott en 2001 à une demande de participation active aujourd’hui.
Richard : Le boycott pourrait-il avoir de réelles conséquences sur l’évolution de la Chine en général, et sur l’avenir du Tibet en particulier ?
Pascal Boniface : En fait, il faut se méfier des réponses manichéennes à cette question. Dire que l’attitude du monde extérieur n’a aucune conséquence n’est pas exact, mais penser que l’on peut faire des injonctions à l’égard de la Chine ne l’est pas non plus. Donc, dans l’affaire, il faut analyser au plus juste comment peser sur la Chine sans la braquer et comment adapter des positions et des actions qui ne se traduisent pas par une crispation nationaliste de la Chine. Et dire cela ne veut pas dire ce qu’ont tenté de faire les communiqués : ne rien faire.
LE BOYCOTT CONCERNANT L’AFRIQUE DU SUD A ÉTÉ LE SEUL EFFICACE
jackrace_1 : Les boycotts des Jeux de Moscou ou de Los Angeles ont-ils été efficaces ?
Pascal Boniface : Oui, pour permettre au pays organisateur d’avoir plus de médailles qu’il n’en aurait eu sinon. On peut cependant distinguer les deux cas. Dans le cas du boycott des Jeux de Moscou de 1980, ça a été une mesure au départ vexante et humiliante pour les Soviétiques, qui voulaient faire des Jeux un triomphe. Mais au final, une fois passée la déception, ils en ont profité pour gagner plus dans des Jeux moins universels. Et on peut dire que le boycott de 1984 a eu moins d’impact encore, dans la mesure où il a été très largement analysé comme la réponse du berger à la bergère. Et qu’il a permis un triomphe sportif aux Etats-Unis.
On parle toujours d’un boycott sportif qui a été efficace, c’est celui concernant l’Afrique du Sud de l’apartheid. Mais il faut se rappeler que le boycott sportif s’est accompagné d’un boycott économique très largement suivi. Et que ce boycott économique a joué beaucoup plus que le boycott sportif. Je n’entends encore personne proposer un boycott économique de la Chine.
Mehdi : Les dirigeants chinois n’auraient-ils pas occulté trop vite les risques que l’organisation d’une telle compétition impliquent pour un système comme le leur ? |
Pascal Boniface : Je pense qu’ils ont sous-estimé l’ampleur des conséquences de la médiatisation de l’organisation d’un tel événement. Ils ont en vu les aspects positifs et en ont mésestimé les aspects potentiellement dangereux pour eux. En organisant les Jeux, ils ont attiré la lumière sur eux, c’était le but recherché. Mais l’effet non recherché, c’est qu’ils ont également attiré la lumière sur des aspects qu’ils auraient préféré garder secrets ou discrets. Car finalement, la répression chinoise au Tibet n’est pas nouvelle, et si l’on parle plus du Tibet aujourd’hui qu’auparavant, c’est bel et bien parce que les Jeux vont être organisés à Pékin au mois d’août.
ctipar : La Chine a-t-elle intérêt à étouffer tout ce qui pourrait se passer au Tibet (ou ailleurs) d’ici aux JO, ou vaut-il mieux pour elle jouer une certaine transparence vis-à-vis des médias étrangers, comme elle a tenté en vain de le faire récemment ? Je pense à la visite organisée et perturbée pour vingt-six journalistes étrangers.
Pascal Boniface : La transparence est préférable à condition qu’elle soit possible et qu’elle soit crédible. Donc l’urgence pour Pékin est bien sûr de ramener le calme, mais pas au prix d’une répression qui attirerait encore plus l’attention sur son comportement.
jack : Les Jeux olympiques vont-il devenir le moyen de montrer au monde entier les problèmes de politique intérieure des pays organisateurs ?
Pascal Boniface : Tout événement mondial médiatisé sera ce type d’occasion, et dès qu’un pays sera l’hôte d’un événement à forte valeur par rapport aux opinions publiques, plus il devra faire attention aux éventuelles zones d’ombre qu’il ne veut pas montrer, et il sera de plus en plus difficile à des pays dont le comportement est contesté d’organiser ce type d’événement sans le payer d’un prix fort en termes d’opinion. C’est l’une des conséquences de l’importance croissante du rôle des opinions publiques sur la politique internationale.
Richard : Lié au boycott des JO, des gens, sur des forums, suggèrent aussi un boycott économique du « made in China ». Qu’en pensez-vous ?
Pascal Boniface : Comme pour le reste, pour être efficace, il faut qu’il soit très largement répandu et il faut qu’il y ait une adéquation entre le citoyen et le consommateur. Mais on voit souvent que le consommateur n’a pas les mêmes réflexes que le citoyen.
pleu : Le boycott entraînerait-il un regain de confiance des pays limitrophes permettant de débloquer les quelques conflits de la région, comme les Ouïgours dans l’ouest du pays, ou l’Inde au sujet du Cachemire ?
Pascal Boniface : Il est évident que s’il y avait un boycott, cela rendrait le gouvernement chinois plus crispé. Et en même temps, n’ayant plus à craindre de pression extérieure, il se sentirait les mains plus libres. Par ailleurs, un boycott aurait pour conséquence une dégradation du climat international qui, par définition, aura des conséquences négatives dans la région.
Turambar : Quel avenir pour le Tibet après les Jeux ?
Pascal Boniface : Il y a un scénario impossible, c’est l’indépendance. Les Chinois ne l’admettent pas et les Tibétains ne le revendiquent pas. Cela posé, il reste deux scénarios majeurs : soit les Chinois comprennent que la satisfaction de la demande d’autonomie culturelle des Tibétains n’est pas dangereuse pour eux d’un point de vue stratégique, et peut leur faciliter la vie d’un point de vue politique ; et dans ce cas-là, la situation peut s’améliorer.
Soit ils maintiennent une attitude crispée, et ils en paieront toujours un prix assez lourd en termes d’image internationale, parce que si les Tibétains ne sont pas le seul peuple opprimé sur la planète, ils sont, parmi les peuples opprimés, celui qui a la meilleure image.
Guillaume : Quel avenir pour la Chine après les Jeux de Pékin ?
Pascal Boniface : Là encore, on ne peut pas répondre de façon tranchée. C’est une question de proportion, pas une question de « oui » ou « non ». La Chine est à la fois acceptée et critiquée dans la communauté internationale. Tout est affaire de proportion. A l’heure actuelle, la part de critiques est plus forte, bien sûr.
Maha : Est-ce que les réactions actuelles de certains gouvernements occidentaux représentent une soudaine prise de conscience de la situation entre la Chine et le Tibet, ou est-ce simplement un effet de mode qui prendra fin avec la clôture des JO ?
Pascal Boniface : C’est plutôt une réaction par rapport aux campagnes d’opinion, où les gouvernements ont suivi le train de l’opinion.
Richard : Qui revendique alors l’indépendance du Tibet ?
Pascal Boniface : Pas le dalaï-lama, pas la majorité des Tibétains. Quelques éléments isolés peuvent la réclamer. Il faudrait étudier de plus près la représentativité de ceux-ci. D’ailleurs, on parle beaucoup de ceux qui réclament le boycott, mais ils sont très minoritaires. Les grandes organisations de défense des droits de l’homme ne réclament pas le boycott, pas plus que le dalaï-lama. Comme ils prennent des positions radicales, on les voit plus, mais ils sont loin d’avoir une très forte audience.
Djan59 : Le boycott serait certes un geste symbolique très fort mais n’aurait d’effet que sur le court terme. Quels seraient, selon vous, les moyens de pression qui feraient que la Chine respecterait définitivement les droits de l’homme ?
Pascal Boniface : Rêver que la Chine respecte définitivement les droits de l’homme à court ou long terme sur injonction des pays occidentaux relève de l’illusion. Et il faut sortir du schéma où l’on donne des instructions à un autre pays pour qu’il s’y conforme. Tout simplement parce que ce schéma n’est plus opératoire et qu’on n’est plus dans la situation où l’on puisse, fût-ce au nom de la morale, donner des ordres à un autre pays, surtout que notre morale est parfois considérée comme étant à géométrie variable.
Greeddo : Dans le cas d’un scénario extrême – aggravation de la répression chinoise au Tibet, puis détérioration des tensions internationales, puis boycott total par plusieurs pays « majeurs » –, est-il concevable d’envisager une hausse des tensions pouvant aller jusqu’à un conflit armé au niveau mondial ?
Pascal Boniface : Par définition, rien ne peut être exclu. Mais ce scénario me paraît beaucoup plus radical que probable.
Chat modéré par Luc Vinogradoff |
29 mars, 2008
2-GEO/ECO, ASIE, COREE, MONDIALISATION, RISQUES, TOLERANCE
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Les 2 Corée(s):
La Corée du Nord:
Chef de l’état:Secrétaire général du Parti communiste : Kim Jong Il (depuis 1997)-Régime politique:République populaire (dictature communiste)-Capitale:Pyongyang-Superficie:120 538 Km2-Population:22 912 000 hab. ( en 2005)-Densité de Pop.:190.08 hab./Km2-Monnaie Nationale:Won (KPW)-Cours en Euros:0.00452600 (au 30/03/2008).
La Corée du Sud

Chef de l’état:Président: Lee Myung -bak(depuis 2008)-Régime politique:République (démocratie)-Capitale:Séoul-Superficie:99 313 Km2-Population:48 294 000 hab. ( en 2005)-Densité de Pop.:486.28 hab./Km2-Monnaie Nationale:Won (KRW)-Cours en Euros:0.00064200 (au 29/03/2008)-Pnb:576,426 Milliard(s) de dollars-Indice de Développement Humain (rang mondial):0,901 (28) ( en 2003)
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Regain de tension dans la péninsule coréenne …
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| Parade militaire à Pyongyang |
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LE MONDE | 29.03.08
Bien que la signification des tirs d’essai de missiles à courte portée, effectués, vendredi 28 mars, en mer Jaune par la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) soit minimisée à Séoul et à Tokyo, où les experts estiment qu’il s’agit d’un « exercice de routine », cette démonstration de force n’en témoigne pas moins d’un regain de tension dans la péninsule coréenne. Pyongyang réagit à un durcissement de la politique de Séoul à son égard. Jeudi 27 mars, dans un autre signe de mécontentement, le régime nord-coréen avait expulsé onze des treize fonctionnaires sud-coréens responsables de la zone industrielle de la ville frontalière de Kaesong (RPDC), symbole de la réconciliation Nord-Sud, où sont implantées une quarantaine de sociétés du Sud, employant 20 000 Nord-coréens.
C’est dans ce contexte que l’agence de presse officielle nord-coréenne KCNA a diffusé un communiqué du ministère des affaires étrangères mettant en garde contre les « graves conséquences sur la désactivation des installations atomiques » que pourrait entraîner le prolongement de l’impasse des négociations sur le nucléaire. En décembre 2007, dans le cadre de l’accord signé avec les Etats-Unis en février de la même année, la RPDC s’était engagée à désactiver ses installations nucléaires et à fournir la liste complète de ses programmes nucléaires en échange de la levée des sanctions américaines à son égard. Mais les pourparlers piétinent, Washington estimant que la liste des programmes nucléaires fournie par Pyongyang est incomplète. Le porte-parole de la Maison blanche a qualifié les tirs de missiles de « non constructifs ».
Le nouveau président sud-coréen, Lee Myung-bak, entend faire preuve de plus de fermeté à l’égard du Nord que ses prédécesseurs de centre gauche.
Il exige en retour de l’assistance fournie par le Sud des progrès en matière de dénucléarisation et de respect des droits de l’homme. A la veille d’élections législatives le 9 avril en Corée du Sud, M. Lee entend montrer à son électorat de droite qu’il tient ses engagements. En début de semaine, Séoul avait rappelé que la poursuite de l’assistance – hormis humanitaire – à la RPDC, ainsi que l’expansion de la zone de Kaesong dépendaient de progrès sur le dossier nucléaire.
M. Lee Myung-bak veut tenir la « dragée haute » à Pyongyang sur un autre dossier sensible : le respect des droits de l’homme. La Corée du Sud a voté, le 27 mars, une résolution du Conseil des droits de l’homme de l’ONU condamnant les « violations graves, systématiques et généralisées » auxquelles se livre le régime. Jusqu’à présent, Séoul s’était abstenue – à deux exceptions près – de voter ces résolutions afin de ne pas risquer d’enrayer le processus de réconciliation.
Le rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l’homme en RPDC, Vitit Muntarbhorn, avait souligné, en octobre 2007, « l’attitude plus constructive » du régime en matière de respect des droits tout en appelant « à réformer le système carcéral et à en finir avec les violences contre les personnes ». Il n’a jamais été autorisé à se rendre en RPDC. Selon le département d’Etat américain, la Corée du Nord figure parmi les dix pays les plus répressifs du monde.
A la demande du président Lee, la Commission nationale des droits de l’homme sud-coréenne doit mener, pour la première fois, une enquête systématique sur la violation des libertés fondamentales en RPDC.
Philippe Pons
29 mars, 2008
2-GEO/ECO, ASIE, CHINE, MONDIALISATION
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Tibet : la guerre de l’information
LE MONDE | 29.03.08
C’est la contre-offensive médiatique. Alors que la clameur gronde en Occident contre la politique de Pékin au Tibet, le gouvernement chinois s’emploie de son côté à décrédibiliser, voire à ridiculiser, la façon dont certaines télévisions ou magazines occidentaux ont rendu compte des récents troubles sur le Toit du monde.
L’objectif est double. Il s’agit d’abord d’accréditer la version que les émeutes du vendredi 14 mars à Lhassa se sont résumées à un déchaînement de violence de type ethnique de la part des manifestants tibétains contre les immigrés han (principale ethnie de la Chine) et hui (minorité musulmane) ; en présentant les choses sous cet angle, Pékin veut contrer les accusations de « répression » lancées par l’entourage du dalaï-lama et relayées par les médias occidentaux. Ensuite, Pékin accuse les médias occidentaux d’avoir manipulé les photos ou les films afin d’attiser l’indignation.Cette contre-offensive chinoise a commencé dès le lendemain du 14 mars, quand la télévision nationale CCTV a diffusé un reportage tourné à Lhassa durant les émeutes. On y voit des émeutiers s’en prendre à tout ce qui est chinois dans les rues de la capitale tibétaine. Des boutiques sont mises à sac ou incendiées, des motocyclistes battus. Des commerçants fondent en pleurs. La violence des émeutes a été confirmée par plusieurs touristes étrangers, témoins de l’assaut de la vieille ville par des manifestants tibétains, moines inclus.
REUTERS/REUTERS TV
Un moine tibétain interviewé le 27 mars à Lhassa.
Un présentateur de l’émission de CCTV « Xinwen 1 + 1″ a jugé systématiquement antichinois les médias de l’Occident. Un site Internet « anti-CNN » créé par un étudiant de l’université pékinoise de Qinghua, et que reprend le site du Quotidien du peuple, organe central du Parti communiste, conspue la façon dont la chaîne américaine de télévision en continu a couvert les événements du Tibet. Et attaque des magazines européens.
Il est piquant de voir les médias officiels chinois, grands orfèvres en désinformation, se faire les chantres de la déontologie journalistique. Mais, en l’occurrence, ils ont beau jeu de dénoncer certains dérapages de la couverture occidentale. Car, sans préjuger d’une volonté délibérée de tromper leurs téléspectateurs ou lecteurs, certains médias ont fait montre d’un manque de professionnalisme ahurissant : sur le site de CNN, une photo, censée illustrer la répression chinoise, montre des camions militaires progressant dans des rues de Lhassa où sont visibles les traces des violences. En fait, si la photo n’avait pas été recadrée, on aurait vu, comme le montre le site « anti-CNN », des émeutiers lancer des pierres contre ces camions.
Pire : la « une » de l’hebdomadaire allemand Bild affiche, sous le titre « Plusieurs centaines de morts à Lhassa », une photo montrant des manifestants tibétains battus à coups de latte de bambou par des policiers… népalais au cours d’une manifestation à Katmandou, au Népal ! De son côté, la chaîne de télévision américaine Fox News, peu réputée pour son sérieux, a publié à la « une » de son site une photo de réfugiés tibétains à New Delhi évacués par des policiers indiens, avec comme légende : « Les Chinois ont fait parader dans les rues de Lhassa des prisonniers tibétains dans des camions. »
CNN a reconnu que la mise en page du site avait pu induire le lecteur en erreur, mais soutient que sa couverture des troubles est restée impartiale. La chaîne allemande de télévision RTL qui a aussi utilisé des photos prises au Népal, a publié une lettre d’excuses.
Cette contre-offensive de Pékin rencontre un vif écho dans l’opinion chinoise, persuadée que l’Occident désinforme dans cette affaire. Sur la Toile, une lettre ouverte appelle les Chinois à se lever contre les « médias nazis des Goebbels de l’Occident » et s’insurge du fait que « la nation chinoise, amoureuse de la paix, raffinée et cultivée, a trop longtemps été la cible d’insultes ».
Ailleurs, des blogueurs se sont lancés dans une diatribe anti-Sarkozy après les déclarations du chef de l’Etat français évoquant un possible boycottage de la cérémonie d’ouverture des JO. Certaines réactions versent dans un lyrisme outragé : « Les séparatistes tibétains sont plus cruels que des bêtes. (…). Un groupe d’ennemis venus de l’Occident cachent leurs mains noires derrière eux et l’on voit déjà leurs queues sortant de leurs cachettes. »
Dernier épisode de la contre-attaque de Pékin : l’invitation à Lhassa de 26 correspondants de presse étrangers et chinois, bien encadrés. Mais l’opération de relations publiques a été troublée dans le temple du Jokhang par la manifestation d’une trentaine de moines bouddhistes contestant ouvertement la version officielle chinoise des événements. La guerre de l’information fait rage au Tibet.
Bruno Philip
28 mars, 2008
2-GEO/ECO, ASIE, MONDIALISATION, TAIWAN
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Les bonnes performances économiques de Taïwan
Capitale:Taipei-36 006 Km-22 731 000 hab. ( en 2005)-631.31 hab./Km2-Monnaie
ollar de Taiwan (TWD)-Cours en Euros:0.02125000 (au 28/03/2008)-Pnb:306.74 Milliard(s) de dollars
LE MONDE | 25.03.08 |
Ma Ying-Jeou a remporté l’élection présidentielle de Taïwan et son parti, le Kuomintang (KMT), détient les deux tiers des sièges de l’Assemblée législative. Sa victoire a fait bondir de 4 % l’indice Taiex de la Bourse de Taïwan lundi 24 mars, dopé par l’espoir que cette élection pourrait accentuer l’intégration économique avec la Chine. Mais cette dernière représente déjà 39 % des exportations de Taïwan, et les performances économiques obtenues par le Democratic Progressive Party (DPP) pourraient être difficiles à améliorer. Le DPP, au pouvoir depuis 2000, est le parti traditionnel du nationalisme taïwanais, tandis que le KMT, héritier du gouvernement de la Chine précommuniste, est favorable à des relations plus étroites avec la Chine tout en maintenant l’identité séparée de Taïwan. Ainsi la victoire du KTM pourrait-elle déboucher sur un accord complet de coopération économique, un revirement par rapport aux relations froides maintenues par le président sortant du DPP, Chen Shui-bian.
Néanmoins, l’impact économique du maintien à distance politique la Chine était limité. Les exportations de Taïwan vers la Chine, y compris Hongkong, qui représentaient 22 % de ses exportations globales en 2000, sont passées à 39 % en 2007. Il semble peu probable que Ma Ying Jeou puisse faire mieux en renforçant les liens économiques avec la Chine que son prédécesseur.
Les performances économiques de Chen Shui-bian étaient satisfaisantes à d’autres égards. Le taux de croissance du PIB par habitant de Taïwan, de 5 % à 6 % de 2000 à 2007, a certes été faible comparé à celui de 9 % de la Chine et celui à deux chiffres de Taïwan avant 1996. Mais Taïwan est désormais une économie riche et sophistiquée, avec un PIB par tête comparable à celui de la moyenne de l’Union européenne. Elle ne peut donc croître que plus lentement que la Chine en développement. L’inflation demeure faible elle aussi, tout comme les dépenses publiques, tandis que le déficit budgétaire reste modeste.
Les perspectives économiques de Taïwan restent bonnes et son marché boursier apparaît sous-évalué. Mais l’attitude de Chen Shui-bian avec la Chine ne permettait pas aux investisseurs de les fêter. Ils pourraient maintenant se focaliser sur l’un des contrastes de Taïwan avec la Chine : le dynamisme de son marché libre.
Martin Hutchinson
28 mars, 2008
2-GEO/ECO, ASIE, JAPON, POPULATION et SOCIETE
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Au Japon, le vieillissement de la population s’accélère
LE MONDE | 28.03.08
Grisonnante et déclinante, deux qualificatifs de plus en plus caractéristiques de la population japonaise. Aujourd’hui à 127,7 millions d’habitants, elle pourrait s’établir à 117 millions en 2030 et 100 millions en 2050, selon les chiffres de l’Institut national sur la population et la Sécurité sociale.
AFP/KAZUHIRO NOGI
Une maison de retraites à Mizuho, dans la banlieue de Tokyo
Cette baisse découle d’un taux de fécondité tombé à 1,26 enfant par femme, conséquence notamment d’un accroissement des inégalités et d’une précarisation de l’emploi qui n’encouragent pas à convoler et à avoir des enfants.
Autre explication, une certaine fuite de responsabilités chez les plus jeunes qui rejettent le modèle familial traditionnel et privilégieraient la satisfaction immédiate de leurs propres aspirations.
Les pouvoirs publics ne semblent pas prêts à s’attaquer au problème. Des projets sont évoqués pour tenter d’aider les travailleurs, surtout les femmes, à concilier vie professionnelle et familiale ou à convaincre les entreprises de permettre à leurs salariés de bénéficier du congé parental, autorisé par la loi. Mais le Japon ne prévoit toujours pas de se doter d’une véritable politique familiale.
La population diminue donc, les campagnes se vident et l’Archipel vieillit. Les 27,44 millions de plus de 65 ans, chiffre atteint en septembre 2007 selon le ministère de la gestion publique, représentent 21,7 % de la population totale, une proportion qui devrait atteindre 35,7 % en 2050. A cette époque, les moins de 14 ans seront 10,8 %, contre 13,7 % en 2007.
Ces évolutions menacent l’avenir des retraites, de plus en plus difficiles à financer. Tokyo a adopté une réforme en 2004, alors que les dettes des différents régimes atteignaient cette année-là 650 000 milliards de yens (4 176 milliards d’euros), 1,3 fois le produit intérieur brut.
Le texte prévoit un relèvement progressif des cotisations mensuelles jusqu’en 2017 et un renforcement des contrôles pour tenter de réduire la part, aujourd’hui à 40 %, des personnes qui ne règlent pas leurs cotisations pour la retraite de base – essentiellement des intérimaires et des indépendants. Conséquence de cette nouvelle loi, les affiliés paieront plus, mais toucheront moins. Les retraites qui représentent aujourd’hui 59,2 % du salaire devraient descendre à environ 50 % en 2023.
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Philippe Mesmer
28 mars, 2008
2-GEO/ECO, ASIE, JAPON, MONDIALISATION
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Japon
Chef de l’état:Empereur Akihito (depuis janvier 1989) Premier Ministre : Yasuo Fukuda (depuis le 26-9-2007)-Régime politique:Empire, démocratie parlementaire-Capitale:Tokyo-Superficie:377 819 Km2-Population:127 728 000 hab. ( en 2005)-Densité de Pop.:338.07 hab./Km2-Monnaie Nationale:Yen (JPY)-Cours en Euros:0.00649200 (au 26/03/2008)-Pnb:4389,791 Milliard(s) de dollars-Indice de Développement Humain (rang mondial):0,943 (11) ( en 2003)
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La hausse du yen face au dollar menace les grandes entreprises japonaises
LE MONDE | 25.03.
08
Jusqu’en 2008, le billet vert s’échangeait contre plus de 110 yens, ce qui permettait aux groupes nippons, particulièrement à ceux du secteur automobile ou de l’électronique, de maintenir leurs ventes à l’étranger à un niveau élevé. Le yen faible a permis au Japon de sortir de dix années de crise et de vivre cinq années de croissance modérée. Depuis le début 2008, la baisse du dollar – jusqu’à près de 95 yens mi-mars – suscite des inquiétudes chez les investisseurs étrangers, principaux acteurs de la Bourse de Tokyo depuis 2005. Ils redoutent une baisse des bénéfices des sociétés de l’archipel. Ces craintes ont provoqué l’effondrement des valeurs des entreprises exportatrices. Sony a perdu 36 %, Panasonic 17 % et Sharp 15 %. De fait, plusieurs analystes annoncent un repli des profits opérationnels pour l’exercice 2008, qui débute le 1er avril. Nomura Securities prédit une baisse moyenne de 1,4 % de ces gains pour les 346 principales sociétés non financières japonaises si le cours du dollar reste autour de 95 yens. Les difficultés de l’économie américaine incitent aussi les firmes japonaises à ne pas augmenter leurs prix pour compenser les éventuels manques à gagner.
Dans ce contexte de repli boursier, plusieurs entreprises, comme le sidérurgiste Nippon Steel, renforcent leurs défenses contre des tentatives de prise de contrôle de fonds étrangers, chinois ou russes.
Ces perspectives méritent pourtant d’être relativisées, notamment parce que les exportateurs dépendent moins du marché américain.
MONDIALISATION DES ACTIVITÉS
« Nous ne sommes plus en 1995, quand les groupes nippons qui produisaient dans l’archipel avaient souffert de la chute du dollar à 80 yens, explique Yoshio Sakuma, de l’Institut des études économiques internationales, proche de Toyota. Aujourd’hui, une grande partie de la production se fait hors du Japon, ce qui limite l’impact d’un yen trop fort. » Ainsi, Toyota fabrique 2 millions de ses 9,5 millions de véhicules en Amérique du Nord et 1,7 million en Europe. La mondialisation des activités permet à Suzuki, qui produit l’essentiel de ses modèles en Inde et reste peu présent aux Etats-Unis, de maintenir une prévision de hausse de 13,8 % de ses bénéfices pour l’exercice 2008.
En outre, un renforcement de la monnaie japonaise face au dollar allège la facture énergétique et le coût des matières premières. « Cela peut compenser la baisse des bénéfices dans certains secteurs, comme la sidérurgie », estime M. Sakuma. Les difficultés actuelles incitent aussi les syndicats à modérer leurs demandes d’augmentations salariales pour les négociations de printemps.
Ces dernières années, les bénéfices des sociétés japonaises ont bien progressé et, contrairement à 1995, elles ont une solide trésorerie. « Tirant les leçons de la bulle de la fin des années 1980, elles ne dépendent plus uniquement des banques pour leur financement, mais des marchés et de leurs fortes réserves de liquidités », souligne Junichi Saeki, de IDC Japan. Et elles bénéficient d’une bonne maîtrise de l’économie mondialisée et d’une productivité en progrès.
Certaines pourraient se lancer dans des opérations hors du Japon. Fast Retailing, l’opérateur de l’enseigne de vêtements bon marché Uniqlo, veut ainsi profiter du yen fort pour investir, par le biais de fusions et d’acquisitions, entre 300 et 400 milliards de yens (entre 1,9 et 2,6 milliards d’euros) afin de porter son chiffre d’affaires à 1 000 milliards de yens en 2010.
Toutefois, « si le dollar tombait à 75 yens, les problèmes pourraient commencer », juge M. Saeki. Les industries exerçant dans des domaines très spécialisés et tournées vers l’exportation seraient affectées.
Pour le moment, les autorités ne sont pas intervenues sur le marché des changes. Le Bureau du gouvernement a, dans son rapport mensuel rendu public le 19 mars, abaissé son estimation des performances de l’économie du pays, percevant « une pause dans le mouvement de reprise ». Mais il reste confiant pour les exportations, notamment vers les économies émergentes, susceptibles de compenser une baisse des ventes réalisées aux Etats-Unis.
Philippe Mesmer
28 mars, 2008
2-GEO/ECO, ASIE, CHINE, EUROPE, FRANCE, MONDIALISATION, Union Européenne
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ParisChina Corn Oil, spécialisée dans la production d’huile de maïs alimentaire, est la première entreprise de la République populaire à faire son entrée sur un marché régulé en France
LE MONDE | 26.03.08
Un petit pas pour la Bourse mais un grand pas pour Alternext. » Jean-François Théodore, directeur adjoint de la Bourse transatlantique NYSE-Euronext, n’a pas lésiné sur le symbole, mardi 25 mars, pour accueillir China Corn Oil, la première société chinoise sur Alternext, le marché dédié aux petites et moyennes entreprises (PME) « Il s’agit d’une opération historique », a-t-il ajouté. China Corn Oil, spécialisée dans la production d’huile de maïs alimentaire, est la première entreprise de la République populaire à faire son entrée sur un marché régulé en France. Jusqu’ici, les sociétés chinoises, jugées un peu trop « exotiques » par les investisseurs hexagonaux, privilégiaient une cotation à Londres ou à New York, où l’on en recense déjà 57. « L’opération fut une mission d’évangélisation », atteste Claude Breuil, conseiller financier chez Invest Securities, chargé de l’offre. Elle est donc restée modeste. Dans un premier temps, les actions de China Corp Oil ne seront accessibles qu’à des investisseurs professionnels, et l’entreprise s’est contentée de lever le minimum légal, 5 millions d’euros, soit environ 7 % du capital.
« ETRE LES PREMIERS EN FRANCE »
« Nous préférons être les premiers en France que le cinquantième à Londres ou ailleurs », explique Wang Dingli, conseiller de China Corn Oil. La société espère profiter de l’exposition médiatique de ce petit événement, qui a mobilisé une délégation chinoise de près de quinze personnes, dont l’état-major de China Corn Oil, mais aussi la maire de la ville de Binzhou où est basée la société et le conseiller économique de l’ambassade de Chine à Paris. Leader dans son pays, l’entreprise compte se faire connaître pour attirer les consommateurs européens et devenir « la » référence haut de gamme d’huile de maïs. « Nous voulons être le « Lancôme » de l’huile de maïs », s’amuse M. Wang.
Avec un peu plus de 100 millions d’euros de chiffre d’affaires, la société profite de la flambée des matières premières. En Chine, le prix de l’huile de maïs a progressé de 40 % en un an et demi. Assez pour séduire les épargnants ?
Le moment n’est pas le mieux choisi pour s’aventurer en Bourse. Les turbulences provoquées par la crise des subprimes n’ont pas encouragé les entreprises à se faire coter sur le Vieux Continent. China Corn Oil a d’ailleurs dû reporter l’opération initialement prévue en décembre 2007.
« China Corn Oil est un cas à part », espère néanmoins Robert Yu, de la banque ICBC, conseil de la société. Pour sa première cotation, l’entreprise chinoise a profité du rebond inattendu du marché. Le CAC 40 a progressé mardi de 3,49 %, et l’action de China Corn Oil s’est octroyé une hausse de 5 %, cotant 20,81 euros à l’issue de sa première journée de cotation.
Claire Gatinois et Yinan Qian
28 mars, 2008
2-GEO/ECO, ASIE, EUROPE, INDE, MONDIALISATION, ROYAUME-UNI, Union Européenne
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INDE:
Chef de l’état:Présidente : Pratibha Patil (depuis le 25-7-2007). Premier ministre: Manmohan Singh (depuis mai 2004)-Régime politique:République fédérale démocratique souveraine socialiste laïque (25 Etats et 7 territoires). Membre du Commonwealth-Capitale:New Delhi-Langue officielle:Hindi, anglais-Superficie:3 287 263 Km2-Population:1 103 596 000 hab. ( en 2005)-Densité de Pop.:335.72 hab./Km2-Monnaie Nationale:Roupie indienne (INR)-Cours en Euros:0.01589000 (au 28/03/2008)-Pnb:567,604 Milliard(s) de dollars-Indice de Développement Humain (rang mondial):0,602 (127) ( en 2003)
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Automobile : Avec Land Rover et Jaguar, Tata devient un groupe mondial
Jaguar. La prestigieuse marque britannique a été créée en 1922 par Bill Lyons. Elle a été rachetée par le constructeur américain Ford en 1989 pour 1,6 milliard de livres (2 milliards d’euros). Elle compte 8 000s alariés dont 2000 dans le centre d’ingénierie de Coventry, 3 000 dans l’usine de Birmingham et 3 000 autres à Halewood près de Liverpool. En 2007, le constructeur a vendu 60 000 voitures dont plus de 70 % à l’exportation. Selon les analystes, Jaguar a perdu 500 millions de dollars (320 millions d’euros) en 2007.
Land Rover. Fondé en 1947 par Rover, Land Rover a été racheté en 1994 par BMW et, en 2000, par Ford pour 1,7 milliard de livres. A Solihull près de Birmingham, 7 900 salariés fabriquent les véhicules de la marque. En 2007 et pour la première fois de son histoire, Land Rover a dépassé le cap des 200 000 voitures vendues (205 717). Ses bénéfices se sont établis, selon les analystes, à 1 milliard de dollars.
LE MONDE | 26.03.08
New Delhi, correspondance
Un an après s’être emparé du fleuron sidérurgique britannique Corus, le groupe indien Tata devient propriétaire de Land Rover et Jaguar. Tata a annoncé, mercredi 28 mars, le rachat des deux marques de luxe britanniques pour 2,3 milliards de dollars (1,47 milliard d’euros). L’opération doit être finalisée à la fin du second semestre.
Grâce à cette acquisition, le groupe indien est en passe de devenir un constructeur automobile d’envergure mondiale, huit ans seulement après avoir assemblé sa première voiture. « Tata Motors veut devenir un groupe international, ce qui veut dire qu’il a besoin d’avoir accès aux dernières technologies », indiquait récemment Ratan Tata, le président du groupe Tata, au magazine britannique Autocar Magazine. De fait, l’accord signé mercredi prévoit le maintien avec Tata des coopérations qui existaient avec Ford.Avec un budget annuel de 600 millions d’euros consacré à la recherche et développement, soit le triple de celui de Tata Motors, Land Rover et Jaguar disposent de technologies cruciales pour le développement du groupe indien sur les marchés occidentaux. Ratan Tata n’a jamais caché qu’il espérait lancer en Europe dans quelques années la Nano, la voiture la moins chère du monde.
« En rachetant ces marques et ce savoir-faire, Tata comble dix à quinze ans de retard », estime Amit Kasat, analyste chez Motilal Oswal, basé à Bombay. Tata Motors va emprunter 3milliards de dollars pour financer l’acquisition et le développement des deux marques britanniques. Il peut compter sur le soutien de l’empire Tata, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 28 milliards de dollars lors de son dernier exercice fiscal.
« Tata Motors n’est pas tant intéressé par les marques que par la taille critique indispensable à son développement à l’international. Pour survivre, un constructeur automobile doit être présent sur tous les segments », note Dilip Chenoy, directeur général de l’association des constructeurs automobiles indiens. Tata Motors est surtout présent en Inde, tandis que Land Rover et Jaguar sont bien implantés sur les marchés développés. Toutefois, le constructeur indien ne peut guère compter sur les synergies du nouvel ensemble. La voiture la plus économique commercialisée par Land Rover se vend quinze fois le prix d’une Nano. De la voiture la moins chère du monde à la voiture de luxe, les circuits de distribution, la conception et le marketing obéissent à des logiques différentes. Prudent, Ratan Tata précise qu’il conservera l’autonomie de Land Rover et Jaguar : « Ce sont des marques britanniques et elles devront rester britanniques. » D’après les analystes, Land Rover a dégagé un profit de 1 milliard de dollars en 2007, tandis que Jaguar a affiché des pertes de 500 millions de dollars. La marque vend aujourd’hui l’essentiel de sa production aux Etats-Unis et en Europe. Pour redresser la barre, Tata mise sur sa connaissance des pays émergents, qui représentent un potentiel de développement gigantesque pour les marques de luxe. « Il n’est pas impossible que l’Inde serve de plate-forme de production », s’avance même Abdul Majeed, en charge du secteur automobile au cabinet de conseil Price Waterhouse, à Madras.
Les finitions, qui sont, sur ce segment de marché, fondamentales mais coûteuses, pourraient être délocalisées en Inde. Toutefois, dans l’immédiat, les usines britanniques de Land Rover comme de Jaguar sont en surcapacité. La production ne devrait donc pas faire l’objet de délocalisations.
D’ailleurs, en novembre 2007, Tata s’est engagé devant les syndicats britanniques à ne fermer aucune usine, et à ne supprimer aucun emploi, au moins pendant cinq ans. Mais « si l’Inde est capable, dans quelques années, d’assembler des voitures de luxe à moindre coût, elle pourrait bien sauver le fleuron automobile de son ancien pays colonisateur », espère Dilip Chenoy.
Julien Bouissou
28 mars, 2008
2-GEO/ECO, ASIE, CHINE, MONDIALISATION, TOLERANCE
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La propagande est énorme, sans précédent…
Recueilli à Pékin par PASCALE NIVELLE
Liberation-QUOTIDIEN : vendredi 28 mars 2008
L’écrivain Liu Xiaobo, 52 ans, est une figure du mouvement de Tiananmen en 1989. Emprisonné après le 4 juin, puis en 1996 pour avoir publié un article demandant des réformes politiques en Chine, il reste sous surveillance policière à Pékin. Le 22 mars, il a initié une pétition sur le Net avec un autre dissident, Wang Lixiong, appelant Pékin à cesser sa propagande, ouvrir le Tibet à la presse et entamer un dialogue avec le dalaï-lama. Appel déjà signé par 300 personnes, chinoises et étrangères.
Le gouvernement chinois a-t-il changé ses méthodes en période de crise ?
Quand il ne se produit pas d’événement grave, on peut penser que le Parti communiste chinois [PCC] a évolué. Mais dès qu’il se passe quelque chose, on s’aperçoit que ce n’est qu’une façade. Depuis le début de la crise du Tibet, le degré de propagande est énorme, sans précédent. Les dirigeants utilisent des termes comme «guerre du peuple», «combat à la vie, à la mort» ou «loup déguisé en mouton» en parlant du dalaï-lama. Ces mots me rappellent la Révolution culturelle. Comme toujours, ils cherchent un bouc émissaire. En 1976, lors des répressions qui avaient suivi les commémorations de la mort de Zhou Enlai, c’était Deng Xiaoping. En 1989, le responsable était Zhao Ziyang, le secrétaire général du Parti. Maintenant, le Parti accuse le dalaï-lama d’être derrière les émeutes du Tibet. On attend toujours les «preuves» de sa responsabilité, annoncées par les dirigeants dès le début de la crise. Sur le fond, ils n’ont pas changé, et cela ne me surprend pas. La seule évolution, c’est qu’on est passé d’un parti révolutionnaire à un parti de privilégiés, dont la préoccupation est de se maintenir au pouvoir.
Le degré de répression est tout de même moindre semble-t-il…
En 1989, c’était beaucoup plus dur. Lhassa n’est pas comparable, d’autant qu’il y a eu des violences côté tibétain, que nous réprouvons par ailleurs. Beaucoup de choses ont changé en vingt ans. La Chine a établi des relations économiques avec le monde et veut être reconnue sur le plan international. Les dirigeants se sont rendu compte que la répression de 1989 avait été très nuisible à leur image. Et surtout, il y a les Jeux olympiques. La candidature de la Chine avait été rejetée en 1993, aucun pays occidental n’avait voté pour elle car 1989 était trop proche. En 2001, Pékin a fait des promesses sur les droits de l’Homme et a obtenu les Jeux. Le monde entier regarde si on tient parole. En 2006, les dirigeants ont annoncé des mesures pour la liberté de la presse occidentale mais pas pour les journalistes chinois. Depuis les émeutes de Lhassa, on s’aperçoit que les journalistes étrangers ne peuvent pas travailler lorsqu’il y a un problème grave. Les choses ont quand même évolué : avant 2006, je n’aurai pas pu vous rencontrer…
Votre pétition du 22 mars dénonce «l’inefficacité de la politique ethnique». Pourquoi ?
Les problèmes entre Chinois et Tibétains sont dus à la politique du gouvernement central et à sa propagande unilatérale, non aux peuples. Au Tibet, seul compte le secrétaire général du PCC. Les autres sont là pour la galerie. Le dalaï-lama et le panchen-lama, le numéro 2, sont interdits de résider chez eux. Les moines n’ont pas le droit d’exprimer leurs convictions, ni leur attachement à leur chef spirituel. C’est une erreur. Le gouvernement chinois, qui ne représente que le pouvoir Han [l’ethnie majoritaire en Chine, ndlr] et l’athéisme, ne comprend pas le poids de la religion pour les Tibétains. Ils pensent qu’en donnant de l’argent et en permettant l’enrichissement personnel comme ailleurs en Chine, ils vont régler les problèmes, que la population s’éloignera naturellement du dalaï-lama. Ils tentent d’acheter le Tibet, seule région qui ne paye pas d’impôt au gouvernement central et où il n’existe pas de taxes d’importation. Les autres provinces, plus ou moins riches contribuent à cette croissance, ce qui ne manque pas de poser des problèmes. Il est vrai que le niveau de vie des Tibétains s’est élevé. Mais pour un peuple aussi religieux, cela ne suffit pas. Cette politique est vouée à l’échec.
Que peut-il arriver d’ici les JO ?
Si le gouvernement ne prend pas les bonnes mesures et continue de refuser de s’asseoir pour discuter avec le dalaï-lama, cela ne va pas s’arrêter. La flamme olympique va circuler dans le monde entier, cela posera des problèmes partout. Le gouvernement peut contrôler ce qui se passe à l’intérieur de la Chine, mais il en est bien incapable à l’étranger. Ce sera néfaste pour l’image du pays. Il faut donc qu’il règle ce conflit autrement.
17 mars, 2008
2-GEO/ECO, ASIE, CHINE, MONDIALISATION, TOLERANCE
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La Chine censure YouTube sur la répression au Tibet
LEMONDE.FR | 17.03.08 |
La Chine a beau être le pays comptant le plus grand nombre d’internautes – plus de 220 millions –, les autorités maintiennent un contrôle strict sur l’accès au Réseau. Une nouvelle preuve de ce quadrillage numérique a pu être constatée lors des manifestations réprimées au Tibet depuis le 14 mars. Sur le portail YouTube, des dizaines de vidéos montrant des affrontements, parfois très sanglants, à Lhassa, ont été retirées ou bloquées deux jours plus tard. Les internautes situés en Chine qui tentent d’accéder à ce portail sont accueillis par de simples pages blanches. D’autres importants portails vidéo locaux, comme 56.com, youku.com ou tudou.com, ne gardent plus trace des scènes qui se sont déroulées au Tibet.
Le gouvernement chinois, qui oblige les sites hébergés sur son territoire à surveiller leur contenu et a déjà bloqué par le passé l’accès aux sources diffusant des informations considérées comme délicates, n’a pas officiellement réagi. Si Pékin sait amoindrir la portée du Web, il sait également le laisser évoluer quand cela l’arrange. Au début des affrontements au Tibet, des messages d’internautes chinois, condamnant « les séparatistes » tibétains, se sont multipliés, notamment sur le principal portail chinois, Sina.com. Certains commentaires, rapportés par l’AFP, donnent une idée de l’ambiance sur la Toile chinoise : « Il n’y a qu’un seul mot pour ces séparatistes qui veulent nous empêcher de couler des jours heureux : tuer ! », écrit un internaute chinois. « Qu’on tue les séparatistes ! », lance un autre. Le blog Tenement Palm propose également des traductions en anglais de certains messages chinois glanés au gré de ses conversations sur Internet.
Seuls les médias officiels sont actuellement habilités à informer le public chinois sur la situation à Lhassa. Les télévisions ont diffusé au cours de ces deux derniers jours des images de manifestants tibétains attaquant des boutiques tenues par des Chinois et brûlant des voitures de police. Aucune image ne témoigne d’une quelconque présence policière, pourtant déployée en force.
AP
L’armée chinoise s’est déployée dans des régions gagnées par les troubles. Lhassa, la capitale de ce territoire isolé de l’Himalaya, a été placée sous étroite surveillance policière, tout comme les enclaves tibétaines du Sichuan et de Gansu.
Sur le site de l’agence officielle de presse Chine nouvelle, Xinhua.net, les articles sur la situation au Tibet évoquent tour à tour « un complot fomenté par des séparatistes » et la réouverture des écoles à Lhassa.
Un dernier bilan officiel chinois datant de lundi fait état de « treize morts brûlés ou poignardés à Lhassa », ce qui viendrait appuyer les affirmations des autorités chinoises, qui assurent ne pas avoir fait usage d’armes à feu alors que de nombreux témoignages recueillis sur place l’évoquent. Le gouvernement tibétain en exil estime qu’au moins quatre-vingts personnes sont mortes.
AP/Soinam Norbu
Le gouverneur du Tibet a indiqué, lundi 17 mars, que treize personnes sont mortes dans les émeutes à Lhassa. Mais pour le gouvernement tibétain en exil, les morts se comptent par centaines.
Interrogé par la chaîne qatarie Al-Jazira, Ying Chan, directeur du département de médias et journalisme à l’université de Hongkong, estime qu’il est « indéniable que le gouvernement chinois a verrouillé l’accès à ce qu’il considère être des informations ou des vidéos sensibles ». « Nous comptons sur des touristes pour nous envoyer des informations », explique-t-il. Le quotidien britannique The Guardian a fait partie des premiers sites d’informations à publier des photographies et des vidéos des affrontements à Lhassa. Le site de la BBC a mis en ligne des témoignages et des photographies de touristes présents dans la capitale tibétaine. Le site du Guardian serait également inaccessible actuellement en Chine, alors que la BBC est périodiquement censurée. Un discours du dalaï-lama y a notamment été bloqué.
Comme ce fut le cas en septembre 2007 lors des manifestations des bonzes en Birmanie, les médias occidentaux étaient absents lorsque les troubles ont commencé. Plus encore qu’à Rangoun, les journalistes étrangers ont eu du mal à se rendre au Tibet pour constater l’étendue des dégâts et le degré réel de violence.
REUTERS/KYODO
Des policiers chinois patrouillent dans les rues de Tongren, dans la province de Qinhaï, limitrophe avec le Tibet, lundi 17 mars.
L’accès est en effet interdit aux médias étrangers, et seuls les journalistes ayant obtenu un permis spécial – qui n’est pas nécessaire pour visiter d’autres régions chinoises – ont pu s’y rendre avant lundi. Quant à ceux qui sont sur place, ils courent le risque d’être expulsés ; l’Association des journalistes de Hongkong a notamment fait état, lundi, de l’expulsion de six de ses journalistes présents à Lhassa.
Luc Vinogradoff
16 mars, 2008
JAPON, MONDIALISATION, RISQUES
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Au Japon, la lutte contre l’effet de serre se heurte aux résistances des industriels
LE MONDE | 14.03.08 TOKYO
La réunion du G20, les vingt principaux pays émetteurs de gaz à effet de serre, se déroule du 14 au 16 mars à Chiba, près de Tokyo. Elle intervient au moment où le Japon tente de s’imposer comme leader de la lutte contre le réchauffement climatique, en proposant une réduction de 50 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050.
Or le pays peine à se doter d’une véritable politique environnementale, dont la priorité est aujourd’hui de respecter les engagements du protocole de Kyoto. Le Japon doit réduire de 6 %, d’ici à 2012, ses émissions de gaz à effet de serre (GES) par rapport aux niveaux de 1990. Au terme de l’année 2006, elles étaient de 6,4 % supérieures à celles de 1990. L’industrie a réduit de 3 % ses dégagements de GES. Mais les transports et les foyers ont vu les leurs progresser de 18 % et 38 %.Quelques mesures ont été prises, comme l’obligation de réduire de 20 % la consommation d’électricité des climatiseurs et des réfrigérateurs d’ici à 2010. Les constructeurs automobiles qui investissent dans les technologies hybrides reçoivent des subventions, ainsi que les sociétés gazières qui promeuvent les piles à combustible domestiques. Cela n’étant pas suffisant, le gouvernement a décidé, en 2007, de recourir à l’achat de droits d’émissions.
En novembre, le Japon en a acheté à la Hongrie pour 126 millions d’euros. Le Nippon Keidanren, le patronat japonais, incite également ses membres à en acquérir. La question de la création d’un marché japonais des droits d’émissions est évoquée. « Il faut donner un prix au CO2, estime Mutsuyoshi Nishimura, conseiller spécial du gouvernement. Tous les chercheurs et économistes reconnaissent l’utilité d’un tel système pour réduire les émissions. »
Cette question devrait être abordée par la commission mise en place le 5 mars par le premier ministre, Yasuo Fukuda, pour réfléchir au changement climatique. Mais deux de ses principaux membres, les PDG du sidérurgiste Nippon Steel et de la compagnie d’électricité Tepco, sont connus pour y être très hostiles. Leurs positions reflètent celles du Keidanren, qui considère qu’un tel marché ne fait « qu’imposer des contraintes aux entreprises qui se développent tout en assurant des ressources aux groupes en déclin ».
D.R.usine près du mont Fujisan.
Le patronat japonais juge que la fixation d’obligations de réductions, comme le fait le protocole de Kyoto, n’est pas juste. Il plaide pour un partage équitable des contraintes, une position reprise par le gouvernement nippon, et notamment par M. Fukuda dans son intervention au Forum économique de Davos.Ces choix, comme l’ensemble de la politique environnementale japonaise, sont considérés comme « manquant de courage » et reflétant « une soumission aux exigences des entreprises » par Jun Hoshikawa, directeur exécutif de Greenpeace Japan. Selon lui, « le Japon bénéficie des technologies les plus avancées, mais ne s’est jamais doté d’un cadre institutionnel permettant de les utiliser à bon escient ».
Cette absence de vision limite le développement de projets alternatifs. L’une des priorités pour réduire les émissions de CO2 reste une hausse de la part du nucléaire de 30 % à 40 % de la production d’électricité, une politique qui élude les questions des risques et du devenir des déchets, dont 12 000 tonnes ont déjà été accumulées. L’autre priorité est le projet d’utilisation « propre » du charbon, complétée par l’enfouissement du CO2.
Le Japon, qui bénéficie encore du taux d’efficacité énergétique le plus élevé du monde, perd certaines positions dominantes. En 2004, le gouvernement a stoppé les aides aux particuliers qui se dotaient d’un équipement à l’énergie solaire, abandonnant à l’Allemagne le premier rôle sur cette technologie. Tout cela fait dire à Yoshiaki Tomiyama, du Conseil mondial de l’énergie, que, concernant les questions environnementales, « le Japon a pris aujourd’hui du retard sur l’Union européenne ».
Philippe Mesmer
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