23 mai, 2008
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Une zone à forte sismicité
LE MONDE | 21.05.08
La sismicité du territoire chinois est l’une des plus fortes au monde. En cause, l’irrépressible déplacement vers le nord de la plaque indienne, qui bute contre l’Eurasie à la vitesse de 40 à 50 millimètres par an. Les forces mises en jeu sont considérables et c’est ce mouvement d’une plaque contre l’autre qui a contribué à la formation de l’Himalaya.
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Un violent tremblement de terre s’est produit, lundi 12 mai, dans la province chinoise du Sichuan. Vous ou vos proches ont été frappés par le séisme, racontez-nous.
L’Inde pousse le plateau tibétain vers l’intérieur de la Chine ; celui-ci exerce à son tour sa pression sur la Chine centrale, vers le nord et le nord-est. A ses marges orientales, le grand plateau a chevauché le bassin sédimentaire du Sichuan, provoquant le séisme du lundi 12 mai. En 1933 et en 1976, la même région avait connu des séismes de magnitude 7,5 et 6,4, cependant beaucoup moins meurtriers que le dernier à avoir frappé la zone. Egalement sous la pression du plateau tibétain, les provinces de Qinghai et de Gansu devraient aussi, dans les prochaines années, connaître des séismes de grande ampleur, selon la majorité des spécialistes.
La sismotectonique - l’étude des failles actives - est capable de prédire les régions de plus grand péril. Une étude, publiée en juillet 2007 dans la revue Tectonics par des chercheurs du British Geological Survey, pointait ainsi très précisément le risque d’un important séisme le long de la faille de Longmen Shan - celle en cause dans le tremblement de terre du 12 mai. La nécessité de surveiller cette région a conduit les autorités chinoises à investir. Le 11 avril, tout juste un mois avant que la terre ne tremble, l’agence Chine nouvelle annonçait la mise en test du réseau numérique, lancé en 2004, reliant les 1 200 stations sismiques principalement installées dans le centre du pays.
Stéphane Foucart
3 avril, 2008
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En 2007, les salaires chinois ont augmenté en moyenne de 18,7 %
LE MONDE | 03.04.08
La hausse des salaires des employés classés comme urbains dans les statistiques chinoises aurait atteint, en moyenne, 18,72 % de 2006 à 2007, soit la plus forte augmentation en six ans, a annoncé, mardi 2 avril, le Bureau national des statistiques (BNS).
Le salaire moyen annuel a ainsi atteint 24 932 yuans (2 275 euros) en 2007, avec d’importantes disparités, puisqu’il est de 39 867 yuans à Pékin et de plus de 40 000 yuans à Canton, Shenzen et Shanghaï. La croissance continue des profits des entreprises chinoises et la hausse du salaire minimal, afin de prendre en compte l’inflation, ont contribué à cette hausse.
Tout indique que ces tendances se sont encore accélérées lors des derniers mois en raison, d’une part, du renforcement des tensions inflationnistes et, d’autre part, de la réforme de la législation du travail en faveur des salariés.La ville de Shanghaï a ainsi dû procéder, fin mars, à une nouvelle hausse du salaire mensuel minimal, la deuxième en cinq mois. Celui-ci a grimpé de 14 %, passant de 840 yuans à 960 yuans par mois.
NOUVELLES RÈGLES SOCIALES
Les retraites et les allocations-chômage ont été de nouveau revalorisées. Il faut dire que l’inflation a atteint 8,7 % en février en taux annualisé et que les prix de certaines denrées (viande, huile…) sont supérieurs de 50 % à leur niveau atteint il y a un an.
Malgré l’absence de syndicats indépendants et l’extrême difficulté rencontrée par les ouvriers pour faire valoir leurs droits, l’introduction de nouvelles règles sociales a sans doute contribué à l’inflation des salaires. La loi sur le contrat de travail, dont l’application est encore aléatoire, a ainsi obligé les entreprises à prévoir des compensations plus élevées qu’auparavant. A Shanghaï, fin mars, le département du travail a introduit une nouvelle règle selon laquelle les employés des sociétés d’Etat gagnant moins de 10 % du salaire de leur patron avaient le droit d’exiger une hausse. La règle doit s’appliquer à 75 % des entreprises d’Etat.
La hausse des prix a un moment été éclipsée par la bonne tenue de la Bourse, qui a provoqué, en 2006 et 2007, un effet de richesse. Or l’indice composite de Shanghaï a chuté de 45 % depuis octobre 2007 (et de 34 % au premier trimestre 2008), un retour de bâton douloureux pour la classe moyenne émergente des villes, qui s’était jetée à corps perdu dans la spéculation.
L’insouciance des petits investisseurs se fonde en grande partie sur l’idée que rien n’arrivera avant les Jeux olympiques. Le Centre d’information de l’Etat publiait, il y a peu, un rapport recommandant que les pouvoirs publics interviennent pour mettre fin à la morosité des marchés.
Brice Pedroletti
3 avril, 2008
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Un fonds public chinois dans le capital du groupe pétrolier Total
LEMONDE.FR avec AFP | 03.04.08 |
La place des fonds souverains dans l’économie mondiale s’étend et touche aussi la France et ses entreprises. Un “fonds public chinois est entré au capital de Total. Il a pris graduellement position depuis quelques mois”, a en effet déclaré, jeudi 3 avril, une porte-parole du groupe pétrolier, sans préciser s’il s’agit de la compagnie publique chinoise d’investissement China Investment Corporation (CIC).
On ne connaît pas la part prise dans le capital de Total, première capitalisation de la Bourse de Paris, mais elle doit être d’au moins 1 %. En effet, les règles statutaires du groupe prévoient que “toute personne, physique ou morale, qui vient à détenir directement ou indirectement un pourcentage de capital, des droits de vote ou de titres donnant accès à terme au capital de la société égal ou supérieur à 1 %, ou à un multiple de ce pourcentage, est tenue d’informer la société”.
“MESSAGE POSITIF POUR LE GROUPE” La part des actionnaires asiatiques au capital de Total ira croissant, a indiqué la porte-parole. “L’Asie est en pleine croissance et il est normal que ses actionnaires” montent au capital, a-t-elle estimé. “Les fonds souverains placent leurs liquidités dans des actifs rentables et de long terme. Donc, l’entrée d’un fonds souverain chinois au capital est un message positif pour le groupe”, commente encore la porte-parole de Total.
Au 31 décembre 2007, le capital du quatrième groupe pétrolier mondial était détenu à 88 % par des investisseurs institutionnels (d’Amérique du Nord à 29 %, de France à 21 %, du Royaume-uni à 14 %, du reste de l’Europe à 21 % et du reste du monde à 3 %). Le capital de Total est aussi détenu à 8 % par des actionnaires individuels et à 4 % par des salariés, indique le rapport annuel 2007 de Total mis en ligne ce jeudi. Les principaux actionnaires du groupe sont le groupe Bruxelles Lambert et la Compagnie nationale à portefeuille (CNP), détenus tous deux par le financier belge Albert Frère, qui possèdent ensemble 5,3 % du capital.
31 mars, 2008
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Les minorités séparatistes chinoises
LEMONDE.FR | 18.03.08

31 mars, 2008
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| “Un pays qui boycotterait les JO de Pékin paierait un prix économique et commercial très lourd”
LE MONDE.FR | 28.03.08 avec Pascal Boniface, directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques.
AFP/JEAN-LOUP GAUTREAU
Pascal Boniface, directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) et auteur d”Atlas du monde global”, avec Hubert Védrine.
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LAL : Pensez-vous réellement que les pays qui ont des intérêts commerciaux avec la Chine puissent boycotter les JO de Pékin ? Pascal Boniface : Sauf en cas de dégradation très forte de la situation, on peut penser qu’un boycott des Jeux olympiques est exclu, car un pays qui prendrait l’initiative du boycott serait considéré comme non seulement inamical, mais presque comme ennemi par la Chine, et effectivement, il en paierait un prix économique et commercial très lourd. Par ailleurs, un boycott, pour être efficace, ne peut pas se faire de façon individuelle, il doit être fait de façon collective.
Carlos Cardoso : Cependant d’autres “prises de position” sont envisagées, comme par exemple le boycott de la cérémonie d’ouverture. Quelle sera la réaction probable des autorités chinoises aux prises de position possibles qui se trouveraient à la limite de ce que la charte olympique stipule ?
Pascal Boniface : Là aussi, la réponse est la même. S’il devait y avoir boycott par les chefs d’Etat et de gouvernement de la cérémonie d’ouverture, il faut que cela soit collectif, parce qu’un boycott individuel n’aurait aucun impact et serait beaucoup plus risqué. On constate par ailleurs qu’en dehors de la position des chefs d’Etat, de nombreux sportifs ont déclaré vouloir se rendre à Pékin et entreprendre là-bas une action qui attire l’attention sur la question des droits de l’homme. Et de ne pas être des acteurs muets et aveugles par rapport à la situation.
Nico : Le boycott des Jeux de Pékin pourrait-il représenter le commencement d’une future scission profonde entre les blocs occidental et chinois ?
Pascal Boniface : Une scission profonde, non. Cela ouvrirait bien sûr une crise, mais qui, comme toute crise, peut être durable ou passagère selon les réactions ultérieures des uns et des autres. Mais il est certain que cela serait ressenti comme un affront par les dirigeants chinois, et probablement par une partie de l’opinion chinoise.
LONDRES DANS UNE POSITION PARTICULIÈRE
archambau : L’Union européenne, par son poids politique et géographique, peut être influente dans le monde si elle reste unie. Or ne risque-t-elle pas une fois de plus de se décrédibiliser sur la scène internationale si les pays membres n’adoptent pas une position commune à l’égard de la Chine ?
Pascal Boniface : Oui, effectivement, il vaudrait mieux que les Vingt-Sept prennent une position commune. Outre les différences d’appréciation qu’il peut y avoir sur la façon de réagir, on a vu qu’il y a un pays qui est dans une situation tout à fait particulière, c’est la Grande-Bretagne, puisqu’elle sera le prochain hôte des Jeux. Et donc les Britanniques vont très naturellement être les plus modérés dans la réaction, parce qu’ils n’ont pas envie de subir un éventuel contrecoup en 2012. Il faudra bien trouver un compromis, car les Britanniques ne peuvent pas non plus être isolés par rapport aux autres membres de l’UE.
mehdi : En dehors des pays occidentaux, connaît-on la position diplomatique sur ce sujet des autres grands pays de la scène mondiale ? Je pense notamment à la Russie ou à l’Iran.
Pascal Boniface : Ils n’ont pas la même sensibilité que les pays occidentaux à ce qui se passe en Chine. D’une part, parce que ce ne sont pas des pays sensibles au thème de l’ingérence, ou plutôt que ce sont des pays qui ont une sensibilité négative par rapport à l’ingérence, et qui n’ont certainement pas envie d’aider diplomatiquement les pays occidentaux, ni de gêner diplomatiquement la Chine. Enfin, la Russie a très bien compris que ce qui se passe pour Pékin 2008 sert d’échauffement pour Sotchi 2014, où auront lieu les Jeux olympiques d’hiver.
ctipar : La Chine peut-elle réagir à la prise de position des sportifs durant les Jeux ?
Pascal Boniface : Elle ne réagira pas directement, mais demandera au CIO de le faire et là, bien sûr, il s’agit d’un rapport de forces. On peut exclure quelques sportifs qui font des actions, mais s’il y a des actions concertées qui en réunissent des centaines, il sera très difficile pour le CIO de sévir.
JAA : Quel regard portez-vous sur l’action de Reporters sans frontières ?
Pascal Boniface : C’est une opération spectaculaire par définition, donc qui est dans la lignée de l’action de Reporters sans frontières. Mais cette action spectaculaire ne doit pas masquer une réflexion approfondie de RSF, qui est passée d’une demande de boycott en 2001 à une demande de participation active aujourd’hui.
Richard : Le boycott pourrait-il avoir de réelles conséquences sur l’évolution de la Chine en général, et sur l’avenir du Tibet en particulier ?
Pascal Boniface : En fait, il faut se méfier des réponses manichéennes à cette question. Dire que l’attitude du monde extérieur n’a aucune conséquence n’est pas exact, mais penser que l’on peut faire des injonctions à l’égard de la Chine ne l’est pas non plus. Donc, dans l’affaire, il faut analyser au plus juste comment peser sur la Chine sans la braquer et comment adapter des positions et des actions qui ne se traduisent pas par une crispation nationaliste de la Chine. Et dire cela ne veut pas dire ce qu’ont tenté de faire les communiqués : ne rien faire.
LE BOYCOTT CONCERNANT L’AFRIQUE DU SUD A ÉTÉ LE SEUL EFFICACE
jackrace_1 : Les boycotts des Jeux de Moscou ou de Los Angeles ont-ils été efficaces ?
Pascal Boniface : Oui, pour permettre au pays organisateur d’avoir plus de médailles qu’il n’en aurait eu sinon. On peut cependant distinguer les deux cas. Dans le cas du boycott des Jeux de Moscou de 1980, ça a été une mesure au départ vexante et humiliante pour les Soviétiques, qui voulaient faire des Jeux un triomphe. Mais au final, une fois passée la déception, ils en ont profité pour gagner plus dans des Jeux moins universels. Et on peut dire que le boycott de 1984 a eu moins d’impact encore, dans la mesure où il a été très largement analysé comme la réponse du berger à la bergère. Et qu’il a permis un triomphe sportif aux Etats-Unis.
On parle toujours d’un boycott sportif qui a été efficace, c’est celui concernant l’Afrique du Sud de l’apartheid. Mais il faut se rappeler que le boycott sportif s’est accompagné d’un boycott économique très largement suivi. Et que ce boycott économique a joué beaucoup plus que le boycott sportif. Je n’entends encore personne proposer un boycott économique de la Chine.
Mehdi : Les dirigeants chinois n’auraient-ils pas occulté trop vite les risques que l’organisation d’une telle compétition impliquent pour un système comme le leur ? |
Pascal Boniface : Je pense qu’ils ont sous-estimé l’ampleur des conséquences de la médiatisation de l’organisation d’un tel événement. Ils ont en vu les aspects positifs et en ont mésestimé les aspects potentiellement dangereux pour eux. En organisant les Jeux, ils ont attiré la lumière sur eux, c’était le but recherché. Mais l’effet non recherché, c’est qu’ils ont également attiré la lumière sur des aspects qu’ils auraient préféré garder secrets ou discrets. Car finalement, la répression chinoise au Tibet n’est pas nouvelle, et si l’on parle plus du Tibet aujourd’hui qu’auparavant, c’est bel et bien parce que les Jeux vont être organisés à Pékin au mois d’août.
ctipar : La Chine a-t-elle intérêt à étouffer tout ce qui pourrait se passer au Tibet (ou ailleurs) d’ici aux JO, ou vaut-il mieux pour elle jouer une certaine transparence vis-à-vis des médias étrangers, comme elle a tenté en vain de le faire récemment ? Je pense à la visite organisée et perturbée pour vingt-six journalistes étrangers.
Pascal Boniface : La transparence est préférable à condition qu’elle soit possible et qu’elle soit crédible. Donc l’urgence pour Pékin est bien sûr de ramener le calme, mais pas au prix d’une répression qui attirerait encore plus l’attention sur son comportement.
jack : Les Jeux olympiques vont-il devenir le moyen de montrer au monde entier les problèmes de politique intérieure des pays organisateurs ?
Pascal Boniface : Tout événement mondial médiatisé sera ce type d’occasion, et dès qu’un pays sera l’hôte d’un événement à forte valeur par rapport aux opinions publiques, plus il devra faire attention aux éventuelles zones d’ombre qu’il ne veut pas montrer, et il sera de plus en plus difficile à des pays dont le comportement est contesté d’organiser ce type d’événement sans le payer d’un prix fort en termes d’opinion. C’est l’une des conséquences de l’importance croissante du rôle des opinions publiques sur la politique internationale.
Richard : Lié au boycott des JO, des gens, sur des forums, suggèrent aussi un boycott économique du “made in China”. Qu’en pensez-vous ?
Pascal Boniface : Comme pour le reste, pour être efficace, il faut qu’il soit très largement répandu et il faut qu’il y ait une adéquation entre le citoyen et le consommateur. Mais on voit souvent que le consommateur n’a pas les mêmes réflexes que le citoyen.
pleu : Le boycott entraînerait-il un regain de confiance des pays limitrophes permettant de débloquer les quelques conflits de la région, comme les Ouïgours dans l’ouest du pays, ou l’Inde au sujet du Cachemire ?
Pascal Boniface : Il est évident que s’il y avait un boycott, cela rendrait le gouvernement chinois plus crispé. Et en même temps, n’ayant plus à craindre de pression extérieure, il se sentirait les mains plus libres. Par ailleurs, un boycott aurait pour conséquence une dégradation du climat international qui, par définition, aura des conséquences négatives dans la région.
Turambar : Quel avenir pour le Tibet après les Jeux ?
Pascal Boniface : Il y a un scénario impossible, c’est l’indépendance. Les Chinois ne l’admettent pas et les Tibétains ne le revendiquent pas. Cela posé, il reste deux scénarios majeurs : soit les Chinois comprennent que la satisfaction de la demande d’autonomie culturelle des Tibétains n’est pas dangereuse pour eux d’un point de vue stratégique, et peut leur faciliter la vie d’un point de vue politique ; et dans ce cas-là, la situation peut s’améliorer.
Soit ils maintiennent une attitude crispée, et ils en paieront toujours un prix assez lourd en termes d’image internationale, parce que si les Tibétains ne sont pas le seul peuple opprimé sur la planète, ils sont, parmi les peuples opprimés, celui qui a la meilleure image.
Guillaume : Quel avenir pour la Chine après les Jeux de Pékin ?
Pascal Boniface : Là encore, on ne peut pas répondre de façon tranchée. C’est une question de proportion, pas une question de “oui” ou “non”. La Chine est à la fois acceptée et critiquée dans la communauté internationale. Tout est affaire de proportion. A l’heure actuelle, la part de critiques est plus forte, bien sûr.
Maha : Est-ce que les réactions actuelles de certains gouvernements occidentaux représentent une soudaine prise de conscience de la situation entre la Chine et le Tibet, ou est-ce simplement un effet de mode qui prendra fin avec la clôture des JO ?
Pascal Boniface : C’est plutôt une réaction par rapport aux campagnes d’opinion, où les gouvernements ont suivi le train de l’opinion.
Richard : Qui revendique alors l’indépendance du Tibet ?
Pascal Boniface : Pas le dalaï-lama, pas la majorité des Tibétains. Quelques éléments isolés peuvent la réclamer. Il faudrait étudier de plus près la représentativité de ceux-ci. D’ailleurs, on parle beaucoup de ceux qui réclament le boycott, mais ils sont très minoritaires. Les grandes organisations de défense des droits de l’homme ne réclament pas le boycott, pas plus que le dalaï-lama. Comme ils prennent des positions radicales, on les voit plus, mais ils sont loin d’avoir une très forte audience.
Djan59 : Le boycott serait certes un geste symbolique très fort mais n’aurait d’effet que sur le court terme. Quels seraient, selon vous, les moyens de pression qui feraient que la Chine respecterait définitivement les droits de l’homme ?
Pascal Boniface : Rêver que la Chine respecte définitivement les droits de l’homme à court ou long terme sur injonction des pays occidentaux relève de l’illusion. Et il faut sortir du schéma où l’on donne des instructions à un autre pays pour qu’il s’y conforme. Tout simplement parce que ce schéma n’est plus opératoire et qu’on n’est plus dans la situation où l’on puisse, fût-ce au nom de la morale, donner des ordres à un autre pays, surtout que notre morale est parfois considérée comme étant à géométrie variable.
Greeddo : Dans le cas d’un scénario extrême – aggravation de la répression chinoise au Tibet, puis détérioration des tensions internationales, puis boycott total par plusieurs pays “majeurs” –, est-il concevable d’envisager une hausse des tensions pouvant aller jusqu’à un conflit armé au niveau mondial ?
Pascal Boniface : Par définition, rien ne peut être exclu. Mais ce scénario me paraît beaucoup plus radical que probable.
Chat modéré par Luc Vinogradoff |
29 mars, 2008
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Tibet : la guerre de l’information
LE MONDE | 29.03.08
C’est la contre-offensive médiatique. Alors que la clameur gronde en Occident contre la politique de Pékin au Tibet, le gouvernement chinois s’emploie de son côté à décrédibiliser, voire à ridiculiser, la façon dont certaines télévisions ou magazines occidentaux ont rendu compte des récents troubles sur le Toit du monde.
L’objectif est double. Il s’agit d’abord d’accréditer la version que les émeutes du vendredi 14 mars à Lhassa se sont résumées à un déchaînement de violence de type ethnique de la part des manifestants tibétains contre les immigrés han (principale ethnie de la Chine) et hui (minorité musulmane) ; en présentant les choses sous cet angle, Pékin veut contrer les accusations de “ répression” lancées par l’entourage du dalaï-lama et relayées par les médias occidentaux. Ensuite, Pékin accuse les médias occidentaux d’avoir manipulé les photos ou les films afin d’attiser l’indignation.Cette contre-offensive chinoise a commencé dès le lendemain du 14 mars, quand la télévision nationale CCTV a diffusé un reportage tourné à Lhassa durant les émeutes. On y voit des émeutiers s’en prendre à tout ce qui est chinois dans les rues de la capitale tibétaine. Des boutiques sont mises à sac ou incendiées, des motocyclistes battus. Des commerçants fondent en pleurs. La violence des émeutes a été confirmée par plusieurs touristes étrangers, témoins de l’assaut de la vieille ville par des manifestants tibétains, moines inclus.
REUTERS/REUTERS TV
Un moine tibétain interviewé le 27 mars à Lhassa.
Un présentateur de l’émission de CCTV “Xinwen 1 + 1″ a jugé systématiquement antichinois les médias de l’Occident. Un site Internet “anti-CNN” créé par un étudiant de l’université pékinoise de Qinghua, et que reprend le site du Quotidien du peuple, organe central du Parti communiste, conspue la façon dont la chaîne américaine de télévision en continu a couvert les événements du Tibet. Et attaque des magazines européens.
Il est piquant de voir les médias officiels chinois, grands orfèvres en désinformation, se faire les chantres de la déontologie journalistique. Mais, en l’occurrence, ils ont beau jeu de dénoncer certains dérapages de la couverture occidentale. Car, sans préjuger d’une volonté délibérée de tromper leurs téléspectateurs ou lecteurs, certains médias ont fait montre d’un manque de professionnalisme ahurissant : sur le site de CNN, une photo, censée illustrer la répression chinoise, montre des camions militaires progressant dans des rues de Lhassa où sont visibles les traces des violences. En fait, si la photo n’avait pas été recadrée, on aurait vu, comme le montre le site “anti-CNN”, des émeutiers lancer des pierres contre ces camions.
Pire : la “une” de l’hebdomadaire allemand Bild affiche, sous le titre “Plusieurs centaines de morts à Lhassa”, une photo montrant des manifestants tibétains battus à coups de latte de bambou par des policiers… népalais au cours d’une manifestation à Katmandou, au Népal ! De son côté, la chaîne de télévision américaine Fox News, peu réputée pour son sérieux, a publié à la “une” de son site une photo de réfugiés tibétains à New Delhi évacués par des policiers indiens, avec comme légende : “Les Chinois ont fait parader dans les rues de Lhassa des prisonniers tibétains dans des camions.”
CNN a reconnu que la mise en page du site avait pu induire le lecteur en erreur, mais soutient que sa couverture des troubles est restée impartiale. La chaîne allemande de télévision RTL qui a aussi utilisé des photos prises au Népal, a publié une lettre d’excuses.
Cette contre-offensive de Pékin rencontre un vif écho dans l’opinion chinoise, persuadée que l’Occident désinforme dans cette affaire. Sur la Toile, une lettre ouverte appelle les Chinois à se lever contre les “médias nazis des Goebbels de l’Occident” et s’insurge du fait que “la nation chinoise, amoureuse de la paix, raffinée et cultivée, a trop longtemps été la cible d’insultes”.
Ailleurs, des blogueurs se sont lancés dans une diatribe anti-Sarkozy après les déclarations du chef de l’Etat français évoquant un possible boycottage de la cérémonie d’ouverture des JO. Certaines réactions versent dans un lyrisme outragé : “Les séparatistes tibétains sont plus cruels que des bêtes. (…). Un groupe d’ennemis venus de l’Occident cachent leurs mains noires derrière eux et l’on voit déjà leurs queues sortant de leurs cachettes.”
Dernier épisode de la contre-attaque de Pékin : l’invitation à Lhassa de 26 correspondants de presse étrangers et chinois, bien encadrés. Mais l’opération de relations publiques a été troublée dans le temple du Jokhang par la manifestation d’une trentaine de moines bouddhistes contestant ouvertement la version officielle chinoise des événements. La guerre de l’information fait rage au Tibet.
Bruno Philip
28 mars, 2008
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ParisChina Corn Oil, spécialisée dans la production d’huile de maïs alimentaire, est la première entreprise de la République populaire à faire son entrée sur un marché régulé en France
LE MONDE | 26.03.08
Un petit pas pour la Bourse mais un grand pas pour Alternext.” Jean-François Théodore, directeur adjoint de la Bourse transatlantique NYSE-Euronext, n’a pas lésiné sur le symbole, mardi 25 mars, pour accueillir China Corn Oil, la première société chinoise sur Alternext, le marché dédié aux petites et moyennes entreprises (PME) “Il s’agit d’une opération historique”, a-t-il ajouté. China Corn Oil, spécialisée dans la production d’huile de maïs alimentaire, est la première entreprise de la République populaire à faire son entrée sur un marché régulé en France. Jusqu’ici, les sociétés chinoises, jugées un peu trop “exotiques” par les investisseurs hexagonaux, privilégiaient une cotation à Londres ou à New York, où l’on en recense déjà 57. “L’opération fut une mission d’évangélisation”, atteste Claude Breuil, conseiller financier chez Invest Securities, chargé de l’offre. Elle est donc restée modeste. Dans un premier temps, les actions de China Corp Oil ne seront accessibles qu’à des investisseurs professionnels, et l’entreprise s’est contentée de lever le minimum légal, 5 millions d’euros, soit environ 7 % du capital.
“ETRE LES PREMIERS EN FRANCE”
“Nous préférons être les premiers en France que le cinquantième à Londres ou ailleurs”, explique Wang Dingli, conseiller de China Corn Oil. La société espère profiter de l’exposition médiatique de ce petit événement, qui a mobilisé une délégation chinoise de près de quinze personnes, dont l’état-major de China Corn Oil, mais aussi la maire de la ville de Binzhou où est basée la société et le conseiller économique de l’ambassade de Chine à Paris. Leader dans son pays, l’entreprise compte se faire connaître pour attirer les consommateurs européens et devenir “la” référence haut de gamme d’huile de maïs. “Nous voulons être le “Lancôme” de l’huile de maïs”, s’amuse M. Wang.
Avec un peu plus de 100 millions d’euros de chiffre d’affaires, la société profite de la flambée des matières premières. En Chine, le prix de l’huile de maïs a progressé de 40 % en un an et demi. Assez pour séduire les épargnants ?
Le moment n’est pas le mieux choisi pour s’aventurer en Bourse. Les turbulences provoquées par la crise des subprimes n’ont pas encouragé les entreprises à se faire coter sur le Vieux Continent. China Corn Oil a d’ailleurs dû reporter l’opération initialement prévue en décembre 2007.
“China Corn Oil est un cas à part”, espère néanmoins Robert Yu, de la banque ICBC, conseil de la société. Pour sa première cotation, l’entreprise chinoise a profité du rebond inattendu du marché. Le CAC 40 a progressé mardi de 3,49 %, et l’action de China Corn Oil s’est octroyé une hausse de 5 %, cotant 20,81 euros à l’issue de sa première journée de cotation.
Claire Gatinois et Yinan Qian
28 mars, 2008
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La propagande est énorme, sans précédent…
Recueilli à Pékin par PASCALE NIVELLE
Liberation-QUOTIDIEN : vendredi 28 mars 2008
L’écrivain Liu Xiaobo, 52 ans, est une figure du mouvement de Tiananmen en 1989. Emprisonné après le 4 juin, puis en 1996 pour avoir publié un article demandant des réformes politiques en Chine, il reste sous surveillance policière à Pékin. Le 22 mars, il a initié une pétition sur le Net avec un autre dissident, Wang Lixiong, appelant Pékin à cesser sa propagande, ouvrir le Tibet à la presse et entamer un dialogue avec le dalaï-lama. Appel déjà signé par 300 personnes, chinoises et étrangères.
Le gouvernement chinois a-t-il changé ses méthodes en période de crise ?
Quand il ne se produit pas d’événement grave, on peut penser que le Parti communiste chinois [PCC] a évolué. Mais dès qu’il se passe quelque chose, on s’aperçoit que ce n’est qu’une façade. Depuis le début de la crise du Tibet, le degré de propagande est énorme, sans précédent. Les dirigeants utilisent des termes comme «guerre du peuple», «combat à la vie, à la mort» ou «loup déguisé en mouton» en parlant du dalaï-lama. Ces mots me rappellent la Révolution culturelle. Comme toujours, ils cherchent un bouc émissaire. En 1976, lors des répressions qui avaient suivi les commémorations de la mort de Zhou Enlai, c’était Deng Xiaoping. En 1989, le responsable était Zhao Ziyang, le secrétaire général du Parti. Maintenant, le Parti accuse le dalaï-lama d’être derrière les émeutes du Tibet. On attend toujours les «preuves» de sa responsabilité, annoncées par les dirigeants dès le début de la crise. Sur le fond, ils n’ont pas changé, et cela ne me surprend pas. La seule évolution, c’est qu’on est passé d’un parti révolutionnaire à un parti de privilégiés, dont la préoccupation est de se maintenir au pouvoir.
Le degré de répression est tout de même moindre semble-t-il…
En 1989, c’était beaucoup plus dur. Lhassa n’est pas comparable, d’autant qu’il y a eu des violences côté tibétain, que nous réprouvons par ailleurs. Beaucoup de choses ont changé en vingt ans. La Chine a établi des relations économiques avec le monde et veut être reconnue sur le plan international. Les dirigeants se sont rendu compte que la répression de 1989 avait été très nuisible à leur image. Et surtout, il y a les Jeux olympiques. La candidature de la Chine avait été rejetée en 1993, aucun pays occidental n’avait voté pour elle car 1989 était trop proche. En 2001, Pékin a fait des promesses sur les droits de l’Homme et a obtenu les Jeux. Le monde entier regarde si on tient parole. En 2006, les dirigeants ont annoncé des mesures pour la liberté de la presse occidentale mais pas pour les journalistes chinois. Depuis les émeutes de Lhassa, on s’aperçoit que les journalistes étrangers ne peuvent pas travailler lorsqu’il y a un problème grave. Les choses ont quand même évolué : avant 2006, je n’aurai pas pu vous rencontrer…
Votre pétition du 22 mars dénonce «l’inefficacité de la politique ethnique». Pourquoi ?
Les problèmes entre Chinois et Tibétains sont dus à la politique du gouvernement central et à sa propagande unilatérale, non aux peuples. Au Tibet, seul compte le secrétaire général du PCC. Les autres sont là pour la galerie. Le dalaï-lama et le panchen-lama, le numéro 2, sont interdits de résider chez eux. Les moines n’ont pas le droit d’exprimer leurs convictions, ni leur attachement à leur chef spirituel. C’est une erreur. Le gouvernement chinois, qui ne représente que le pouvoir Han [l’ethnie majoritaire en Chine, ndlr] et l’athéisme, ne comprend pas le poids de la religion pour les Tibétains. Ils pensent qu’en donnant de l’argent et en permettant l’enrichissement personnel comme ailleurs en Chine, ils vont régler les problèmes, que la population s’éloignera naturellement du dalaï-lama. Ils tentent d’acheter le Tibet, seule région qui ne paye pas d’impôt au gouvernement central et où il n’existe pas de taxes d’importation. Les autres provinces, plus ou moins riches contribuent à cette croissance, ce qui ne manque pas de poser des problèmes. Il est vrai que le niveau de vie des Tibétains s’est élevé. Mais pour un peuple aussi religieux, cela ne suffit pas. Cette politique est vouée à l’échec.
Que peut-il arriver d’ici les JO ?
Si le gouvernement ne prend pas les bonnes mesures et continue de refuser de s’asseoir pour discuter avec le dalaï-lama, cela ne va pas s’arrêter. La flamme olympique va circuler dans le monde entier, cela posera des problèmes partout. Le gouvernement peut contrôler ce qui se passe à l’intérieur de la Chine, mais il en est bien incapable à l’étranger. Ce sera néfaste pour l’image du pays. Il faut donc qu’il règle ce conflit autrement.
17 mars, 2008
2-GEO/ECO, ASIE, CHINE, MONDIALISATION, TOLERANCE
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La Chine censure YouTube sur la répression au Tibet
LEMONDE.FR | 17.03.08 |
La Chine a beau être le pays comptant le plus grand nombre d’internautes – plus de 220 millions –, les autorités maintiennent un contrôle strict sur l’accès au Réseau. Une nouvelle preuve de ce quadrillage numérique a pu être constatée lors des manifestations réprimées au Tibet depuis le 14 mars. Sur le portail YouTube, des dizaines de vidéos montrant des affrontements, parfois très sanglants, à Lhassa, ont été retirées ou bloquées deux jours plus tard. Les internautes situés en Chine qui tentent d’accéder à ce portail sont accueillis par de simples pages blanches. D’autres importants portails vidéo locaux, comme 56.com, youku.com ou tudou.com, ne gardent plus trace des scènes qui se sont déroulées au Tibet.
Le gouvernement chinois, qui oblige les sites hébergés sur son territoire à surveiller leur contenu et a déjà bloqué par le passé l’accès aux sources diffusant des informations considérées comme délicates, n’a pas officiellement réagi. Si Pékin sait amoindrir la portée du Web, il sait également le laisser évoluer quand cela l’arrange. Au début des affrontements au Tibet, des messages d’internautes chinois, condamnant “les séparatistes” tibétains, se sont multipliés, notamment sur le principal portail chinois, Sina.com. Certains commentaires, rapportés par l’AFP, donnent une idée de l’ambiance sur la Toile chinoise : “Il n’y a qu’un seul mot pour ces séparatistes qui veulent nous empêcher de couler des jours heureux : tuer !”, écrit un internaute chinois. “Qu’on tue les séparatistes !”, lance un autre. Le blog Tenement Palm propose également des traductions en anglais de certains messages chinois glanés au gré de ses conversations sur Internet.
Seuls les médias officiels sont actuellement habilités à informer le public chinois sur la situation à Lhassa. Les télévisions ont diffusé au cours de ces deux derniers jours des images de manifestants tibétains attaquant des boutiques tenues par des Chinois et brûlant des voitures de police. Aucune image ne témoigne d’une quelconque présence policière, pourtant déployée en force.
AP
L’armée chinoise s’est déployée dans des régions gagnées par les troubles. Lhassa, la capitale de ce territoire isolé de l’Himalaya, a été placée sous étroite surveillance policière, tout comme les enclaves tibétaines du Sichuan et de Gansu.
Sur le site de l’agence officielle de presse Chine nouvelle, Xinhua.net, les articles sur la situation au Tibet évoquent tour à tour “un complot fomenté par des séparatistes” et la réouverture des écoles à Lhassa.
Un dernier bilan officiel chinois datant de lundi fait état de “treize morts brûlés ou poignardés à Lhassa”, ce qui viendrait appuyer les affirmations des autorités chinoises, qui assurent ne pas avoir fait usage d’armes à feu alors que de nombreux témoignages recueillis sur place l’évoquent. Le gouvernement tibétain en exil estime qu’au moins quatre-vingts personnes sont mortes.
AP/Soinam Norbu
Le gouverneur du Tibet a indiqué, lundi 17 mars, que treize personnes sont mortes dans les émeutes à Lhassa. Mais pour le gouvernement tibétain en exil, les morts se comptent par centaines.
Interrogé par la chaîne qatarie Al-Jazira, Ying Chan, directeur du département de médias et journalisme à l’université de Hongkong, estime qu’il est “indéniable que le gouvernement chinois a verrouillé l’accès à ce qu’il considère être des informations ou des vidéos sensibles”. “Nous comptons sur des touristes pour nous envoyer des informations”, explique-t-il. Le quotidien britannique The Guardian a fait partie des premiers sites d’informations à publier des photographies et des vidéos des affrontements à Lhassa. Le site de la BBC a mis en ligne des témoignages et des photographies de touristes présents dans la capitale tibétaine. Le site du Guardian serait également inaccessible actuellement en Chine, alors que la BBC est périodiquement censurée. Un discours du dalaï-lama y a notamment été bloqué.
Comme ce fut le cas en septembre 2007 lors des manifestations des bonzes en Birmanie, les médias occidentaux étaient absents lorsque les troubles ont commencé. Plus encore qu’à Rangoun, les journalistes étrangers ont eu du mal à se rendre au Tibet pour constater l’étendue des dégâts et le degré réel de violence.
REUTERS/KYODO
Des policiers chinois patrouillent dans les rues de Tongren, dans la province de Qinhaï, limitrophe avec le Tibet, lundi 17 mars.
L’accès est en effet interdit aux médias étrangers, et seuls les journalistes ayant obtenu un permis spécial – qui n’est pas nécessaire pour visiter d’autres régions chinoises – ont pu s’y rendre avant lundi. Quant à ceux qui sont sur place, ils courent le risque d’être expulsés ; l’Association des journalistes de Hongkong a notamment fait état, lundi, de l’expulsion de six de ses journalistes présents à Lhassa.
Luc Vinogradoff
13 mars, 2008
2-GEO/ECO, CHINE, ETATS-UNIS, INDE, MONDIALISATION, RISQUES, SUD, Union Européenne
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Agrocarburants et risques de pénuries alimentaires.
LE MONDE | 12.03.08
Le recul de la faim dans le monde est-il menacé par la conversion des terres au profit des agrocarburants ? (…)
“Le changement d’orientation de nombreuses exploitations en faveur des biocarburants a détourné des terres de la chaîne alimentaire.l(…L)e litre d’huile de palme en Afrique vaut ainsi autant que le litre de carburant”, a alerté la patronne du Programme alimentaire mondial (PAM)(…)

Pour assurer le minimum vital aux 73 millions de personnes qui relèvent de ses programmes d’assistance, elle devra débourser, en 2008, au moins 30 % de plus que l’an passé, soit 500 millions de dollars supplémentaires(…)
(…T)ous les pays à faible revenu dont la sécurité alimentaire est fortement dépendante des importations(ont vu ,e)n 2007, la facture en céréales (…)la base de l’alimentation (…) alourdie de 35 %, pour la deuxième année consécutive.
Devant l’envolée des prix, beaucoup de pays y compris parmi les traditionnels exportateurs se sont vu contraints de réagir.L’Afrique du Sud a augmenté les allocations versées aux plus pauvres, le Maroc a réduit comme jamais les taxes à l’importation sur les céréales, l’Inde les a supprimées, la Chine a, à l’inverse, introduit depuis le 1er janvier des taxes à l’exportation sur le blé, le maïs et le soja pour limiter les pénuries sur son marché domestique, la Russie, le Kazakhstan, ont introduit des mesures similaires…
La faute aux agrocarburants ?
Dans le cas du maïs certainement. Sur les 100 millions de tonnes de céréales destinées à la fabrication de combustible alternatif, 95 millions proviennent du maïs, dont les cours épousent fidèlement depuis plus d’un an, l’ascension du prix du baril de pétrole
Etats-Unis
Pour le colza, qui en Europe est un des gagnants de la nouvelle politique énergétique, le procès aussi peut-être mené.
AFP/FRANCOIS NASCIMBENI
Réservoirs d’éthanol issu d’Arcis-sur-Aube pour carburant E85 (85% d’éthanol pour 15% d’essence).
En revanche, les agrocarburants ne peuvent être jugés coupables de l’envolée spectaculaire des prix du blé depuis l’été+80 %.“Aux Etats-Unis, les agriculteurs commencent à convertir leurs champs de blé en maïs. En Europe(il y a) d’autres facteurs”(…):l’OCDE rappelle une série de mauvaises récoltes, l’augmentation de la population mondiale et l’évolution (…) en Chine et en Inde où l’amélioration du niveau de vie stimule la consommation de viandes, de produits laitiers et, par ricochet, les besoins en alimentation animale.
Le niveau des stocks, au plus bas depuis vingt ans, et (…l)es spéculateurs misant sur une hausse durable des marchés agricoles, pèsent aussi sur les prix. “Agrocarburants ou pas(…d)‘ici à 2030, (…)une augmentation de 50 % de la production alimentaire sera nécessaire pour répondre à la croissance démographique.
(…E)st-il alors raisonnable de planifier une expansion à grande échelle des agrocarburants ? Une cinquantaine de pays ont adopté des dispositifs d’incitation (…) D’ici à 2020, l’Union européenne souhaite assurer 10 % de ses besoins en combustibles pour le transport routier grâce aux agrocarburants. Les Etats-Unis misent sur 5 % d’ici à 2012, la Chine 15 % d’ici à 2010(…)
L(…)es agrocarburants ouvre de nouveaux débouchés pour les pays du Sud ,(…) pour améliorer les revenus de leurs paysans. Le Sénégal vient de créer un ministère spécialement consacré aux biocarburants alors qu’il est par ailleurs en déficit chronique sur le plan alimentaire. “Les pays les plus pauvres subissent de plein fouet le choc pétrolier. Le développement d’une filière énergétique à partir de la biomasse peut leur permettre d’assurer à moindre coût une partie de leurs besoins. 1,6 milliard de personnes n’ont pas encore accès à l’électricité dans le monde”, défend Alexander Mueller, de l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). 5…Mais) l’essor des agrocarburants ne peut se poursuivre sans un débat préalable sur la sécurité alimentaire.
Manque de terre, sauf à se lancer dans une course effrénée à la déforestation – ce qui irait à l’encontre de la lutte contre le changement climatique –, plafonnement des rendements dans les grandes zones d’agriculture intensive :(voilà )les risques (…)d’une compétition généralisée entre les cultures alimentaires et énergétiques(…)
(extraits article Laurence Caramel)
13 mars, 2008
2-GEO/ECO, ASIE, CHINE, MONDIALISATION, TOLERANCE
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CHINE
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Fiche pays
Chine
Chef de l’Etat : Hu Jintao
Premier ministre : Wen Jiabao
Capitale : Pékin
Superficie : 9 584 000 km2
Population (hab.) : 1 320,6 millions
Densité : 137 hab./km2
Croissance (2007-FMI) : 11,5 %
Chômage (2007-CIA) : 4% en milieu urbain, supérieur en milieu rural
Monnaie : renminbi yuan (0,0917460 €) |
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Pour les Etats-Unis, la Chine n’est plus parmi les Etats les plus répressifs !
LE MONDE | 12.03.08 (extraits)
Les Etats-Unis ont retiré, mardi 11 mars, la Chine de leur liste des “pires” Etats bafouant les droits de l’homme, sur laquelle ils ont ajouté la Syrie, le Soudan et l’Erythrée(… A présent) Washington inscrit dix pays dans cette catégorie des “pires violateurs systématiques des droits de l’homme dans le monde” en 2007 : la Corée du Nord, la Birmanie, l’Iran, la Syrie, le Zimbabwe, Cuba, la Biélorussie, l’Ouzbékistan, l’Erythrée et le Soudan.
La Chine(…est désormais)qualifi(ée de ) “pays autoritaire en pleine réforme économique ayant vécu des changements sociaux rapides mais n’ayant pas procédé à des réformes politiques et continuant à nier à ses citoyens les droits de l’homme et les libertés fondamentales basiques”.
Le rapport souligne que le bilan du régime chinois en 2007 est resté “mauvais”. “Le gouvernement, écrit le rapport, a continué à surveiller, harceler, détenir, arrêter et emprisonner des journalistes, des écrivains, des activistes et des avocats ainsi que leurs familles, qui cherchaient pour la plupart à exercer des droits prévus dans la loi”. Toutefois (…)le gouvernement de Pékin a procédé à “plusieurs réformes importantes”, notamment l’examen par le Parlement chinois de certains aspects de la législation sur la peine de mort(…)
Sur cette deuxième liste de “pays autoritaires” figurent notamment le Venezuela, le Nigeria, la Thaïlande, le Kenya et l’Egypte. - (AFP.)
Etat de siège au Tibet
LE MONDE | 15.03.08
C’était l’accident tant redouté par Pékin. Depuis des mois, le régime chinois était attentif au moindre dérapage susceptible d’obscurcir le climat avant la tenue des Jeux olympiques (JO) de Pékin, dont le Parti communiste (PCC) a fait une opération de relations publiques à sa gloire. Ses craintes se confirment avec les violences qui, depuis le début de la semaine, embrasent Lhassa, la capitale de la “région autonome du Tibet” sous tutelle chinoise. Marches de moines bouddhistes, arrestations musclées, fermeture des principaux monastères, incendie d’un marché, et même, selon des sources médicales, plusieurs victimes : ces incidents sont les plus graves ayant secoué le Tibet depuis la loi martiale décrétée en 1989 à la suite d’émeutes antichinoises.
émeutes à Lhassa
REUTERS
marche de moines boudhistes au N/E du Tibet
La question tibétaine entache brutalement l’image avantageuse que voulait présenter le régime chinois, auréolé de ses spectaculaires performances économiques et courtisé dans les enceintes internationales. Les Etats-Unis ne viennent-ils pas de retirer la Chine de leur liste des dix Etats bafouant le plus les droits de l’homme ?Les événements de Lhassa vont doper tous les opposants à la tenue des JO, qui dénoncent depuis des mois l’effet de légitimation que recherche le PCC à travers ce grand rendez-vous sportif. Un premier accroc s’était déjà produit en début d’année sur le dossier du Darfour avec la décision du cinéaste américain Steven Spielberg de boycotter ces Jeux - où il devait officier comme consultant artistique - en raison du soutien chinois au régime soudanais. Avec le Tibet en état de siège, les choses deviennent autrement plus sérieuses.
L’exaspération des Tibétains doit être grande pour qu’ils prennent le risque de défier Pékin au coeur du sanctuaire de Lhassa, la ville la plus contrôlée de Chine. Là est le principal enseignement de cette poussée de fièvre : malgré une implacable répression, que le dalaï-lama qualifie d’“inimaginable”, malgré une politique de sinisation brutale qui pourrait un jour rendre les Tibétains minoritaires sur leur sol, des moines bravent la peur pour interpeller la communauté internationale. Ce courage mérite d’être salué.
Des centaines de Tibétains auraient trouvé la mort, selon le Parlement en exil

Des militaires chinois, dimanche à Lhassa, la capitale du Tibet (Reuters).
Pour sa part, l’entourage du dalaï-lama évoquait dimanche 80 victimes de la répression chinoise ces derniers jours. Le pouvoir à Pékin, lui, en reconnaissait à peine 13.
LIBERATION.FR (AVEC SOURCE AFP)
La partie, hélas, s’annonce périlleuse. Pour le régime, le Tibet constitue un enjeu stratégique sur lequel il ne fléchira pas. Il y a fort à parier qu’au lendemain de ces troubles il jouera sur une corde nationaliste à laquelle la population chinoise est extrêmement sensible. Nombre de Chinois, et pas seulement ceux qui soutiennent le PCC, ont du mal à s’affranchir d’une vision paranoïaque de l’histoire. Ils sont convaincus que l’Occident conspire afin d’entraver l’essor de la Chine, jadis humiliée, aujourd’hui renaissante. Il faut qu’ils comprennent qu’une puissance n’est grande que si ses minorités souhaitent l’intégrer sur une base volontaire, et non forcée.

AFP/–
A Lhassa, le 16 mars.
La soudaine colère d’une population amère, d’ordinaire pacifique
LE MONDE | 15.03.08
À l’approche des Jeux olympiques (8-24 août) qui pourraient servir de prétexte aux adversaires de Pékin pour attirer l’attention sur les graves manquements aux droits de l’homme dont est accusée la Chine, on pouvait s’attendre à ce que le Tibet, l’un des maillons les plus faibles de la République populaire, saisisse cette opportunité. La plupart des Tibétains, dont le pays fut annexé en 1951 par la Chine après que l’armée populaire de “libération” eut “libéré” Lhassa un an plus tôt, ne se sont jamais totalement résignés à devenir chinois.
Certes, au fil des ans, tous ceux qui, dans la population, n’ont jamais connu autre chose que le pouvoir de Pékin, ont bien dû s’accommoder de l’évidence. Le Tibet est chinois et risque fort de le rester. Mais le processus de colonisation, incarné de manière spectaculaire par la ligne de chemin de fer qui relie désormais Lhassa au reste de l’empire, a donné le sentiment aux Tibétains que, désormais, leur pays n’est plus qu’une terre de conquête économique - et touristique - pour le reste de la Chine.Faut-il donc voir dans cette accumulation de frustration, “ce profond ressentiment” à l’égard des Chinois dont vient de parler le dalaï-lama, la cause de cette soudaine flambée de violence ? La main du pouvoir, relayé localement par des thuriféraires d’ethnie tibétaine, est si ferme qu’elle a réussi, depuis une bonne dizaine d’années, à supprimer toute velleité de protestation. A la fin des années 1990, on entendait encore parler dans Lhassa d’incidents isolés, d’un moine téméraire qui, levant le poing sur l’une des places, osait crier “Vive le Tibet libre !”. Depuis, l’ordre régnait.
Pékin accuse la “clique” du dalaï-lama et de ses relais en Inde, où siège son gouvernement d’exil, d’avoir fomenté les troubles. Ce dernier s’en défend.
AFP/MANAN VATSYAYANA
le dalaï lama, le 16 mars.
La communauté tibétaine à l’étranger ne partage certes pas toujours, loin s’en faut, la modération affichéé(…)Dans le nord de l’Inde, plusieurs centaines de Tibétains ont tenté d’organiser une marche symbolique vers leur patrie avant d’en être empêchés par la police. A Katmandou, au Népal, où réside également une importante communauté tibétaine, des activistes qui se dirigeaient vers l’ambassade de Chine ont affronté les forces de l’ordre.
Que les manifestations des moines de Lhassa, qui rappellent dangereusement au pouvoir chinois le précédent birman de l’automne 2007, aient pu ou non avoir été plus ou moins planifiées ne change rien à l’affaire. Elles ont fourni le terreau où la colère rentrée d’une partie de la population, d’ordinaire pacifique, s’est aussitôt dirigée contre “l’ennemi” tout désigné : la population chinoise, qui forme sans nul doute aujourd’hui la majorité de la population de Lhassa.
Ce n’est pas une révolution. Rien qu’une révolte qui en dit long sur l’amertume des citoyens de cette “région autonome” qui porte bien mal son nom.
Bruno Philip
11 mars, 2008
1-HISTOIRE, 2-GEO/ECO, ASIE, CHINE, TOLERANCE
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La Chine réprime une manifestation de moines au Tibet
LIBERATION.FR : mardi 11 mars 2008
Pékin confirme et assume. La Chine a réprimé une manifestation de moines lundi à Lhassa, capitale du Tibet.Ils commémoraient le 49e anniversaire du départ forcé du Dalaï Lama, leur chef spirituel.
Pour le le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Qin Gang, il s’agit d’une activité illégale qui a troublé l’ordre public. «Nous continuerons à combattre les activités illégales». Il a réaffirmé que «le Tibet fait partie de la Chine depuis les temps anciens».(…)
Radio Free Asia (…)radio basée aux Etats-Unis, citant des sources anonymes à Lhassa, (annonceque )quelque 300 personnes ont quitté lundi un monastère en direction du palais du Potala, afin de réclamer la libération de moines emprisonnés en octobre après les honneurs américains accordés au Dalaï Lama à Washington.Entre 50 et 60 manifestants ont été arrêtés par les forces de l’ordre. Cependant, 11 personnes ont réussi à protester dans le centre de Lhassa avant d’être arrêtées, selon RFA.
Reuters
Devant ses partisans réunis dans son lieu d’exil à Dharamsala (nord de l’Inde), le Dalaï Lama a violemment dénoncé hier la répression chinoise au Tibet, coïncidant avec le 49e anniversaire de son exil en Inde et à cinq mois des jeux Olympiques de Pékin. «Depuis près de six décennies, des Tibétains vivent en permanence dans la peur et sous répression chinoise.»
Le dignitaire religieux de 72 ans, qui a fui le Tibet en 1959 après l’échec d’un soulèvement anti-chinois, a abandonné ses revendications d’indépendance, se bornant à réclamer «une large autonomie» pour sauvegarder la langue, la culture et l’environnement de ce territoire himalayen.La Chine, qui en a pris le contrôle à partir de 1950 (avant d’y mener une sanglante répression) n’a cessé de rejeter ces demandes qualifiées par le Dalaï Lama de diplomatie de la «voie moyenne».
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AFP/MARK RALSTON
Des pélerins bouddhistes à proximité du monastère de Labrang. |
Des milliers de policiers chinois ont dispersé à coups de gaz lacrymogènes une manifestation de 600 moines tibétains descendus dans les rues de la capitale tibétaine, Lhassa, pour la deuxième fois en trois jours, rapportait, mercredi 12 mars, Radio Free Asia. Les moines venus du monastère de Sera, à Lhassa, scandaient “libérez notre peuple” et reprenaient des slogans en faveur des droits humains et de la liberté, a rapporté un témoin.
Selon Radio Free Asia, financée par le gouvernement américain, les moines bouddhistes réclamaient la libération des manifestants arrêtés lundi, quand 300 des leurs avaient défié les autorités. Cette manifestation de lundi a été présentée par le porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères comme “illégale” et “menaçant la stabilité sociale”. Lundi aussi, 400 moines du monastère de Lutsang, dans la province de Qinghai – Amdo en tibétain – ont réclamé le retour au Tibet de leur chef spirituel, le dalaï-lama, qui vit en exil depuis 1959 |
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11 mars, 2008
2-GEO/ECO, CHINE, INDE, MONDIALISATION, RISQUES, Union Européenne
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Le réchauffement climatique :une menace internationale , selon l’Union européenne.
LE MONDE | 11.03.08
Le réchauffement de la planète ne constitue pas seulement un danger pour l’environnement, il met aussi en péril la sécurité internationale. Tel est ( l’avis de l’UE),(…):les changements climatiques représentent un “multiplicateur de menaces”, qui “exacerbe les tendances, les tensions et l’instabilité existantes”. Aussi l’Union doit-elle se donner les moyens de répondre à ces risques en renforçant ses capacités “de recherche, d’analyse, de suivi et d’alerte rapide” et en améliorant ses outils de protection civile et de gestion de crises face aux catastrophes à venir.
(…P)lusieurs formes de menaces (existent,certaines liées à) la recrudescence prévisible des conflits sur l’accès aux ressources. “La pénurie d’eau, en particulier, est susceptible de provoquer des troubles civils et des pertes économiques substantielles, même dans les économies solides”(…), “les tensions liées à l’approvisionnement énergétique”,(… mais aussi) autour des ressources situées dans les régions polaires, rendues exploitables par le réchauffement.
Les régions côtières, où vit près d’un cinquième de la population mondiale, sont particulièrement menacées. “Les mégapoles, et leurs infrastructures de soutien, telles que les installations portuaires et les raffineries de pétrole, sont souvent implantées en bord de mer ou dans les deltas des rivières”( …):(or on craint une )élévation du niveau de la mer. De plus, “le recul des côtes et la submersion de vastes zones pourraient entraîner des pertes de territoires, et même la disparition de pays entiers”.
Autre conséquence (…):selon les Nations unies(…) on dénombrera d’ici à 2020 des millions de migrants environnementaux. “Ces migrations(…) pourraient se traduire par une augmentation du nombre de conflits dans les régions de transit et de destination.” (…):l’Afrique du Nord et le Proche-Orient, étant voisines de l’Union européenne, celle-ci devrait connaître des pressions migratoires accrues.
Enfin, le réchauffement peut déstabiliser les Etats les plus fragiles, (…) favoriser la “radicalisation politique” (…),‘“attiser les ressentiments” entre les principaux responsables (…) et ceux qui seront les plus touchés.Cette “fracture potentielle”,(…) ne sera pas seulement une division Nord-Sud mais comportera une dimension Sud-Sud, avec la part croissante de la Chine et de l’Inde dans les émissions mondiales.
(extraits article Thomas Ferenczi)
9 mars, 2008
2-GEO/ECO, ASIE, CHINE,