MONDIALISATION et émergence croissante de l’INDE:Tata devient un groupe mondial

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INDE:

Inde                 Inde

Chef de l’état:Présidente : Pratibha Patil (depuis le 25-7-2007). Premier ministre: Manmohan Singh (depuis mai 2004)-Régime politique:République fédérale démocratique souveraine socialiste laïque (25 Etats et 7 territoires). Membre du Commonwealth-Capitale:New Delhi-Langue officielle:Hindi, anglais-Superficie:3 287 263 Km2-Population:1 103 596 000 hab. ( en 2005)-Densité de Pop.:335.72 hab./Km2-Monnaie Nationale:Roupie indienne (INR)-Cours en Euros:0.01589000 (au 28/03/2008)-Pnb:567,604 Milliard(s) de dollars-Indice de Développement Humain (rang mondial):0,602 (127) ( en 2003)

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Automobile : Avec Land Rover et Jaguar, Tata devient un groupe mondial

 Jaguar. La prestigieuse marque britannique a été créée en 1922 par Bill Lyons. Elle a été rachetée par le constructeur américain Ford en 1989 pour 1,6 milliard de livres (2 milliards d’euros). Elle compte 8 000s alariés dont 2000 dans le centre d’ingénierie de Coventry, 3 000 dans l’usine de Birmingham et 3 000 autres à Halewood près de Liverpool. En 2007, le constructeur a vendu 60 000 voitures dont plus de 70 % à l’exportation. Selon les analystes, Jaguar a perdu 500 millions de dollars (320 millions d’euros) en 2007.
Land Rover. Fondé en 1947 par Rover, Land Rover a été racheté en 1994 par BMW et, en 2000, par Ford pour 1,7 milliard de livres. A Solihull près de Birmingham, 7 900 salariés fabriquent les véhicules de la marque. En 2007 et pour la première fois de son histoire, Land Rover a dépassé le cap des 200 000 voitures vendues (205 717). Ses bénéfices se sont établis, selon les analystes, à 1 milliard de dollars.

 LE MONDE | 26.03.08 

New Delhi, correspondance

Un an après s’être emparé du fleuron sidérurgique britannique Corus, le groupe indien Tata devient propriétaire de Land Rover et Jaguar. Tata a annoncé, mercredi 28 mars, le rachat des deux marques de luxe britanniques pour 2,3 milliards de dollars (1,47 milliard d’euros). L’opération doit être finalisée à la fin du second semestre.

Grâce à cette acquisition, le groupe indien est en passe de devenir un constructeur automobile d’envergure mondiale, huit ans seulement après avoir assemblé sa première voiture. “Tata Motors veut devenir un groupe international, ce qui veut dire qu’il a besoin d’avoir accès aux dernières technologies”, indiquait récemment Ratan Tata, le président du groupe Tata, au magazine britannique Autocar Magazine. De fait, l’accord signé mercredi prévoit le maintien avec Tata des coopérations qui existaient avec Ford.Avec un budget annuel de 600 millions d’euros consacré à la recherche et développement, soit le triple de celui de Tata Motors, Land Rover et Jaguar disposent de technologies cruciales pour le développement du groupe indien sur les marchés occidentaux. Ratan Tata n’a jamais caché qu’il espérait lancer en Europe dans quelques années la Nano, la voiture la moins chère du monde.

“En rachetant ces marques et ce savoir-faire, Tata comble dix à quinze ans de retard”, estime Amit Kasat, analyste chez Motilal Oswal, basé à Bombay. Tata Motors va emprunter 3milliards de dollars pour financer l’acquisition et le développement des deux marques britanniques. Il peut compter sur le soutien de l’empire Tata, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 28 milliards de dollars lors de son dernier exercice fiscal.
 

“Tata Motors n’est pas tant intéressé par les marques que par la taille critique indispensable à son développement à l’international. Pour survivre, un constructeur automobile doit être présent sur tous les segments”, note Dilip Chenoy, directeur général de l’association des constructeurs automobiles indiens. Tata Motors est surtout présent en Inde, tandis que Land Rover et Jaguar sont bien implantés sur les marchés développés. Toutefois, le constructeur indien ne peut guère compter sur les synergies du nouvel ensemble. La voiture la plus économique commercialisée par Land Rover se vend quinze fois le prix d’une Nano. De la voiture la moins chère du monde à la voiture de luxe, les circuits de distribution, la conception et le marketing obéissent à des logiques différentes. Prudent, Ratan Tata précise qu’il conservera l’autonomie de Land Rover et Jaguar : “Ce sont des marques britanniques et elles devront rester britanniques.” D’après les analystes, Land Rover a dégagé un profit de 1 milliard de dollars en 2007, tandis que Jaguar a affiché des pertes de 500 millions de dollars. La marque vend aujourd’hui l’essentiel de sa production aux Etats-Unis et en Europe. Pour redresser la barre, Tata mise sur sa connaissance des pays émergents, qui représentent un potentiel de développement gigantesque pour les marques de luxe. “Il n’est pas impossible que l’Inde serve de plate-forme de production”, s’avance même Abdul Majeed, en charge du secteur automobile au cabinet de conseil Price Waterhouse, à Madras.

Les finitions, qui sont, sur ce segment de marché, fondamentales mais coûteuses, pourraient être délocalisées en Inde. Toutefois, dans l’immédiat, les usines britanniques de Land Rover comme de Jaguar sont en surcapacité. La production ne devrait donc pas faire l’objet de délocalisations.

D’ailleurs, en novembre 2007, Tata s’est engagé devant les syndicats britanniques à ne fermer aucune usine, et à ne supprimer aucun emploi, au moins pendant cinq ans. Mais “si l’Inde est capable, dans quelques années, d’assembler des voitures de luxe à moindre coût, elle pourrait bien sauver le fleuron automobile de son ancien pays colonisateur”, espère Dilip Chenoy.

Julien Bouissou

MONDIALISATION,ECOLOGIE, BIOCARBURANTS:le retour de la FAIM ?

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Agrocarburants et risques de pénuries alimentaires.

LE MONDE | 12.03.08

Le recul de la faim dans le monde est-il menacé par la conversion des terres au profit des agrocarburants ? (…)

“Le changement d’orientation de nombreuses exploitations en faveur des biocarburants a détourné des terres de la chaîne alimentaire.l(…L)e litre d’huile de palme en Afrique vaut ainsi autant que le litre de carburant”
, a alerté la patronne du Programme alimentaire mondial (PAM)(…)

 

Pour assurer le minimum vital aux 73 millions de personnes qui relèvent de ses programmes d’assistance, elle devra débourser, en 2008, au moins 30 % de plus que l’an passé, soit 500 millions de dollars supplémentaires(…)

(…T)ous les pays à faible revenu dont la sécurité alimentaire est fortement dépendante des importations(ont vu ,e)n 2007, la facture en céréales (…)la base de l’alimentation (…) alourdie de 35 %, pour la deuxième année consécutive.

Devant l’envolée des prix, beaucoup de pays y compris parmi les traditionnels exportateurs se sont vu contraints de réagir.L’Afrique du Sud a augmenté les allocations versées aux plus pauvres, le Maroc a réduit comme jamais les taxes à l’importation sur les céréales, l’Inde les a supprimées, la Chine a, à l’inverse, introduit depuis le 1er janvier des taxes à l’exportation sur le blé, le maïs et le soja pour limiter les pénuries sur son marché domestique, la Russie, le Kazakhstan, ont introduit des mesures similaires…

La faute aux agrocarburants ?

Dans le cas du maïs certainement. Sur les 100 millions de tonnes de céréales destinées à la fabrication de combustible alternatif, 95 millions proviennent du maïs, dont les cours épousent fidèlement depuis plus d’un an, l’ascension du prix du baril de pétrole

  

 Etats-Unis  

Pour le colza, qui en Europe est un des gagnants de la nouvelle politique énergétique, le procès aussi peut-être mené.

Réservoirs d'éthanol issu de la sucrerie-distillerie de Arcis-sur-Aube et destiné à la conception d'un carburant, le E85 (85% d'éthanol pour 15% d'essence).  AFP/FRANCOIS NASCIMBENI

Réservoirs d’éthanol issu d’Arcis-sur-Aube  pour carburant E85 (85% d’éthanol pour 15% d’essence).

En revanche, les agrocarburants ne peuvent être jugés coupables de l’envolée spectaculaire des prix du blé depuis l’été+80 %.“Aux Etats-Unis, les agriculteurs commencent à convertir leurs champs de blé en maïs. En Europe(il y a) d’autres facteurs”(…):l’OCDE rappelle une série de mauvaises récoltes, l’augmentation de la population mondiale et l’évolution (…) en Chine et en Inde où l’amélioration du niveau de vie stimule la consommation de viandes, de produits laitiers et, par ricochet, les besoins en alimentation animale.

Le niveau des stocks, au plus bas depuis vingt ans, et (…l)es spéculateurs misant sur une hausse durable des marchés agricoles, pèsent aussi sur les prix. “Agrocarburants ou pas(…d)‘ici à 2030, (…)une augmentation de 50 % de la production alimentaire sera nécessaire pour répondre à la croissance démographique.

(…E)st-il alors raisonnable de planifier une expansion à grande échelle des agrocarburants ? Une cinquantaine de pays ont adopté des dispositifs d’incitation (…) D’ici à 2020, l’Union européenne souhaite assurer 10 % de ses besoins en combustibles pour le transport routier grâce aux agrocarburants. Les Etats-Unis misent sur 5 % d’ici à 2012, la Chine 15 % d’ici à 2010(…)

L(…)es agrocarburants ouvre de nouveaux débouchés pour les pays du Sud ,(…) pour améliorer les revenus de leurs paysans. Le Sénégal vient de créer un ministère spécialement consacré aux biocarburants alors qu’il est par ailleurs en déficit chronique sur le plan alimentaire. “Les pays les plus pauvres subissent de plein fouet le choc pétrolier. Le développement d’une filière énergétique à partir de la biomasse peut leur permettre d’assurer à moindre coût une partie de leurs besoins. 1,6 milliard de personnes n’ont pas encore accès à l’électricité dans le monde”, défend Alexander Mueller, de l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). 5…Mais) l’essor des agrocarburants ne peut se poursuivre sans un débat préalable sur la sécurité alimentaire.

Manque de terre, sauf à se lancer dans une course effrénée à la déforestation – ce qui irait à l’encontre de la lutte contre le changement climatique –, plafonnement des rendements dans les grandes zones d’agriculture intensive :(voilà )les risques (…)d’une compétition généralisée entre les cultures alimentaires et énergétiques(…)

(extraits article Laurence Caramel)

ECOLOGIE:réchauffement climatique ,des effets mondialisés?

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Le réchauffement climatique :une menace internationale , selon l’Union européenne.

LE MONDE | 11.03.08 

Le réchauffement de la planète ne constitue pas seulement un danger pour l’environnement, il met aussi en péril la sécurité internationale. Tel est ( l’avis de l’UE),(…):les changements climatiques représentent un “multiplicateur de menaces”, qui “exacerbe les tendances, les tensions et l’instabilité existantes”. Aussi l’Union doit-elle se donner les moyens de répondre à ces risques en renforçant ses capacités “de recherche, d’analyse, de suivi et d’alerte rapide” et en améliorant ses outils de protection civile et de gestion de crises face aux catastrophes à venir.

(…P)lusieurs formes de menaces (existent,certaines liées à) la recrudescence prévisible des conflits sur l’accès aux ressources. “La pénurie d’eau, en particulier, est susceptible de provoquer des troubles civils et des pertes économiques substantielles, même dans les économies solides”(…), “les tensions liées à l’approvisionnement énergétique”,(… mais aussi) autour des ressources situées dans les régions polaires, rendues exploitables par le réchauffement.

Les régions côtières, où vit près d’un cinquième de la population mondiale, sont particulièrement menacées. “Les mégapoles, et leurs infrastructures de soutien, telles que les installations portuaires et les raffineries de pétrole, sont souvent implantées en bord de mer ou dans les deltas des rivières”( …):(or on craint une )élévation du niveau de la mer. De plus, “le recul des côtes et la submersion de vastes zones pourraient entraîner des pertes de territoires, et même la disparition de pays entiers”.

Autre conséquence (…):selon les Nations unies(…) on dénombrera d’ici à 2020 des millions de migrants environnementaux. “Ces migrations(…) pourraient se traduire par une augmentation du nombre de conflits dans les régions de transit et de destination.” (…):l’Afrique du Nord et le Proche-Orient, étant voisines de l’Union européenne, celle-ci devrait connaître des pressions migratoires accrues.

Enfin, le réchauffement peut déstabiliser les Etats les plus fragiles, (…) favoriser la “radicalisation politique” (…),“attiser les ressentiments” entre les principaux responsables (…) et ceux qui seront les plus touchés.Cette “fracture potentielle”,(…) ne sera pas seulement une division Nord-Sud mais comportera une dimension Sud-Sud, avec la part croissante de la Chine et de l’Inde dans les émissions mondiales.

(extraits article Thomas Ferenczi)

INDE: faire survivre les filles …

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Le gouvernement indien versera une aide financière aux familles pour les inciter à garder leurs bébés filles

 Le Monde 03 03 08

Le gouvernement indien a annoncé qu'il verserait 5000 dollars aux mères qui donnent naissance à une fille. | Philippe DUBOCQ/GAMMAPhilippe DUBOCQ/GAMMA

Le gouvernement indien a annoncé, lundi 3 mars, qu’il versera 5 000 dollars aux mères qui donnent naissance à une fille, pour limiter le nombre d’infanticides et d’avortements sélectifs. (…): le programme prévoit d’étaler le versement de la subvention sur dix-huit années. Quatre cents dollars seront versés dès la naissance, et 2 500 dollars à la majorité, à condition que la fille ait été scolarisée et ne soit pas encore mariée.

“Il s’agit d’encourager les familles à mieux traiter leurs filles, à les éduquer, à les considérer comme un capital plutôt que comme une charge”(…)Le gouvernement espère sauver 100 000 filles en 2009 grâce à ce programme.D’après le dernier recensement, qui date de 2001, l’Inde compte 927 filles pour 1000 garçons. L’ONU estime que “60 millions de filles sont manquantes en Inde”. Ce déséquilibre a déjà entraîné une hausse du nombre de mariages d’enfants et du trafic de femmes en provenance des régions pauvres de l’Inde et des pays voisins comme le Bangladesh et le Népal.

La préférence pour les garçons est une tradition solidement ancrée dans le sous-continent indien. Le fils, par qui se transmet l’héritage, est censé s’occuper de ses parents jusqu’à leur mort. C’est lui qui libère, selon les rites hindous, l’âme de leur corps en récitant une ultime prière devant le bûcher funéraire. Considérée comme “celle qui part”, la femme part vivre dans la famille de son époux en échange d’une dot, ce qui amène certains parents à ouvrir des comptes-épargne dès la naissance de leur fille.Le gouvernement va lancer, à l’occasion de la Journée internationale de la femme, le 8 mars, une campagne d’affichage pour changer ces attitudes. “Les filles prennent généralement mieux soin de leurs parents âgés que les garçons”, pourra-t-on lire sur certaines affiches.

Depuis 1994, les médecins ne sont pas autorisés à dévoiler le sexe des foetus. Malgré cette interdiction, la pratique de l’avortement sélectif est répandue, et seul un médecin, en quatorze ans, a été condamné. Le phénomène s’est amplifié depuis l’apparition de machines à ultrasons à bas prix.(…)

Dans un premier temps, le programme lancé par le gouvernement sera destiné aux familles les plus défavorisées. Certains experts regrettent que les familles urbaines et aisées soient écartées du programme(…)  Depuis peu, des techniques de fertilisation in vitro, illégales et coûteuses, sont mêmes disponibles dans les cliniques des grandes métropoles. Comme en témoigne Puneet Bedi, un obstétricien basé à New Delhi : “Des couples aisés sont prêts à vendre leur maison pour avoir un garçon plutôt qu’une fille”.

(extraits article Julien Bouissou)