13 mars, 2008
2-GEO/ECO, CHINE, ETATS-UNIS, INDE, MONDIALISATION, RISQUES, SUD, Union Européenne
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Agrocarburants et risques de pénuries alimentaires.
LE MONDE | 12.03.08
Le recul de la faim dans le monde est-il menacé par la conversion des terres au profit des agrocarburants ? (…)
« Le changement d’orientation de nombreuses exploitations en faveur des biocarburants a détourné des terres de la chaîne alimentaire.l(…L)e litre d’huile de palme en Afrique vaut ainsi autant que le litre de carburant », a alerté la patronne du Programme alimentaire mondial (PAM)(…)

Pour assurer le minimum vital aux 73 millions de personnes qui relèvent de ses programmes d’assistance, elle devra débourser, en 2008, au moins 30 % de plus que l’an passé, soit 500 millions de dollars supplémentaires(…)
(…T)ous les pays à faible revenu dont la sécurité alimentaire est fortement dépendante des importations(ont vu ,e)n 2007, la facture en céréales (…)la base de l’alimentation (…) alourdie de 35 %, pour la deuxième année consécutive.
Devant l’envolée des prix, beaucoup de pays y compris parmi les traditionnels exportateurs se sont vu contraints de réagir.L’Afrique du Sud a augmenté les allocations versées aux plus pauvres, le Maroc a réduit comme jamais les taxes à l’importation sur les céréales, l’Inde les a supprimées, la Chine a, à l’inverse, introduit depuis le 1er janvier des taxes à l’exportation sur le blé, le maïs et le soja pour limiter les pénuries sur son marché domestique, la Russie, le Kazakhstan, ont introduit des mesures similaires…
La faute aux agrocarburants ?
Dans le cas du maïs certainement. Sur les 100 millions de tonnes de céréales destinées à la fabrication de combustible alternatif, 95 millions proviennent du maïs, dont les cours épousent fidèlement depuis plus d’un an, l’ascension du prix du baril de pétrole
Etats-Unis
Pour le colza, qui en Europe est un des gagnants de la nouvelle politique énergétique, le procès aussi peut-être mené.
AFP/FRANCOIS NASCIMBENI
Réservoirs d’éthanol issu d’Arcis-sur-Aube pour carburant E85 (85% d’éthanol pour 15% d’essence).
En revanche, les agrocarburants ne peuvent être jugés coupables de l’envolée spectaculaire des prix du blé depuis l’été+80 %.« Aux Etats-Unis, les agriculteurs commencent à convertir leurs champs de blé en maïs. En Europe(il y a) d’autres facteurs »(…):l’OCDE rappelle une série de mauvaises récoltes, l’augmentation de la population mondiale et l’évolution (…) en Chine et en Inde où l’amélioration du niveau de vie stimule la consommation de viandes, de produits laitiers et, par ricochet, les besoins en alimentation animale.
Le niveau des stocks, au plus bas depuis vingt ans, et (…l)es spéculateurs misant sur une hausse durable des marchés agricoles, pèsent aussi sur les prix. « Agrocarburants ou pas(…d)‘ici à 2030, (…)une augmentation de 50 % de la production alimentaire sera nécessaire pour répondre à la croissance démographique.
(…E)st-il alors raisonnable de planifier une expansion à grande échelle des agrocarburants ? Une cinquantaine de pays ont adopté des dispositifs d’incitation (…) D’ici à 2020, l’Union européenne souhaite assurer 10 % de ses besoins en combustibles pour le transport routier grâce aux agrocarburants. Les Etats-Unis misent sur 5 % d’ici à 2012, la Chine 15 % d’ici à 2010(…)
L(…)es agrocarburants ouvre de nouveaux débouchés pour les pays du Sud ,(…) pour améliorer les revenus de leurs paysans. Le Sénégal vient de créer un ministère spécialement consacré aux biocarburants alors qu’il est par ailleurs en déficit chronique sur le plan alimentaire. « Les pays les plus pauvres subissent de plein fouet le choc pétrolier. Le développement d’une filière énergétique à partir de la biomasse peut leur permettre d’assurer à moindre coût une partie de leurs besoins. 1,6 milliard de personnes n’ont pas encore accès à l’électricité dans le monde », défend Alexander Mueller, de l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). 5…Mais) l’essor des agrocarburants ne peut se poursuivre sans un débat préalable sur la sécurité alimentaire.
Manque de terre, sauf à se lancer dans une course effrénée à la déforestation – ce qui irait à l’encontre de la lutte contre le changement climatique –, plafonnement des rendements dans les grandes zones d’agriculture intensive
voilà )les risques (…)d’une compétition généralisée entre les cultures alimentaires et énergétiques(…)
(extraits article Laurence Caramel)
13 mars, 2008
2-GEO/ECO, ASIE, CHINE, MONDIALISATION, TOLERANCE
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CHINE
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Fiche pays
Chine
Chef de l’Etat : Hu Jintao
Premier ministre : Wen Jiabao
Capitale : Pékin
Superficie : 9 584 000 km2
Population (hab.) : 1 320,6 millions
Densité : 137 hab./km2
Croissance (2007-FMI) : 11,5 %
Chômage (2007-CIA) : 4% en milieu urbain, supérieur en milieu rural
Monnaie : renminbi yuan (0,0917460 €) |
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Pour les Etats-Unis, la Chine n’est plus parmi les Etats les plus répressifs !
LE MONDE | 12.03.08 (extraits)
Les Etats-Unis ont retiré, mardi 11 mars, la Chine de leur liste des “pires” Etats bafouant les droits de l’homme, sur laquelle ils ont ajouté la Syrie, le Soudan et l’Erythrée(… A présent) Washington inscrit dix pays dans cette catégorie des “pires violateurs systématiques des droits de l’homme dans le monde” en 2007 : la Corée du Nord, la Birmanie, l’Iran, la Syrie, le Zimbabwe, Cuba, la Biélorussie, l’Ouzbékistan, l’Erythrée et le Soudan.
La Chine(…est désormais)qualifi(ée de ) “pays autoritaire en pleine réforme économique ayant vécu des changements sociaux rapides mais n’ayant pas procédé à des réformes politiques et continuant à nier à ses citoyens les droits de l’homme et les libertés fondamentales basiques”.
Le rapport souligne que le bilan du régime chinois en 2007 est resté “mauvais”. “Le gouvernement, écrit le rapport, a continué à surveiller, harceler, détenir, arrêter et emprisonner des journalistes, des écrivains, des activistes et des avocats ainsi que leurs familles, qui cherchaient pour la plupart à exercer des droits prévus dans la loi”. Toutefois (…)le gouvernement de Pékin a procédé à “plusieurs réformes importantes”, notamment l’examen par le Parlement chinois de certains aspects de la législation sur la peine de mort(…)
Sur cette deuxième liste de “pays autoritaires” figurent notamment le Venezuela, le Nigeria, la Thaïlande, le Kenya et l’Egypte. - (AFP.)
Etat de siège au Tibet
LE MONDE | 15.03.08
C’était l’accident tant redouté par Pékin. Depuis des mois, le régime chinois était attentif au moindre dérapage susceptible d’obscurcir le climat avant la tenue des Jeux olympiques (JO) de Pékin, dont le Parti communiste (PCC) a fait une opération de relations publiques à sa gloire. Ses craintes se confirment avec les violences qui, depuis le début de la semaine, embrasent Lhassa, la capitale de la « région autonome du Tibet » sous tutelle chinoise. Marches de moines bouddhistes, arrestations musclées, fermeture des principaux monastères, incendie d’un marché, et même, selon des sources médicales, plusieurs victimes : ces incidents sont les plus graves ayant secoué le Tibet depuis la loi martiale décrétée en 1989 à la suite d’émeutes antichinoises.
émeutes à Lhassa
REUTERS
marche de moines boudhistes au N/E du Tibet
La question tibétaine entache brutalement l’image avantageuse que voulait présenter le régime chinois, auréolé de ses spectaculaires performances économiques et courtisé dans les enceintes internationales. Les Etats-Unis ne viennent-ils pas de retirer la Chine de leur liste des dix Etats bafouant le plus les droits de l’homme ?Les événements de Lhassa vont doper tous les opposants à la tenue des JO, qui dénoncent depuis des mois l’effet de légitimation que recherche le PCC à travers ce grand rendez-vous sportif. Un premier accroc s’était déjà produit en début d’année sur le dossier du Darfour avec la décision du cinéaste américain Steven Spielberg de boycotter ces Jeux – où il devait officier comme consultant artistique – en raison du soutien chinois au régime soudanais. Avec le Tibet en état de siège, les choses deviennent autrement plus sérieuses.
L’exaspération des Tibétains doit être grande pour qu’ils prennent le risque de défier Pékin au coeur du sanctuaire de Lhassa, la ville la plus contrôlée de Chine. Là est le principal enseignement de cette poussée de fièvre : malgré une implacable répression, que le dalaï-lama qualifie d’« inimaginable », malgré une politique de sinisation brutale qui pourrait un jour rendre les Tibétains minoritaires sur leur sol, des moines bravent la peur pour interpeller la communauté internationale. Ce courage mérite d’être salué.
Des centaines de Tibétains auraient trouvé la mort, selon le Parlement en exil

Des militaires chinois, dimanche à Lhassa, la capitale du Tibet (Reuters).
Pour sa part, l’entourage du dalaï-lama évoquait dimanche 80 victimes de la répression chinoise ces derniers jours. Le pouvoir à Pékin, lui, en reconnaissait à peine 13.
LIBERATION.FR (AVEC SOURCE AFP)
La partie, hélas, s’annonce périlleuse. Pour le régime, le Tibet constitue un enjeu stratégique sur lequel il ne fléchira pas. Il y a fort à parier qu’au lendemain de ces troubles il jouera sur une corde nationaliste à laquelle la population chinoise est extrêmement sensible. Nombre de Chinois, et pas seulement ceux qui soutiennent le PCC, ont du mal à s’affranchir d’une vision paranoïaque de l’histoire. Ils sont convaincus que l’Occident conspire afin d’entraver l’essor de la Chine, jadis humiliée, aujourd’hui renaissante. Il faut qu’ils comprennent qu’une puissance n’est grande que si ses minorités souhaitent l’intégrer sur une base volontaire, et non forcée.

AFP/–
A Lhassa, le 16 mars.
La soudaine colère d’une population amère, d’ordinaire pacifique
LE MONDE | 15.03.08
À l’approche des Jeux olympiques (8-24 août) qui pourraient servir de prétexte aux adversaires de Pékin pour attirer l’attention sur les graves manquements aux droits de l’homme dont est accusée la Chine, on pouvait s’attendre à ce que le Tibet, l’un des maillons les plus faibles de la République populaire, saisisse cette opportunité. La plupart des Tibétains, dont le pays fut annexé en 1951 par la Chine après que l’armée populaire de « libération » eut « libéré » Lhassa un an plus tôt, ne se sont jamais totalement résignés à devenir chinois.
Certes, au fil des ans, tous ceux qui, dans la population, n’ont jamais connu autre chose que le pouvoir de Pékin, ont bien dû s’accommoder de l’évidence. Le Tibet est chinois et risque fort de le rester. Mais le processus de colonisation, incarné de manière spectaculaire par la ligne de chemin de fer qui relie désormais Lhassa au reste de l’empire, a donné le sentiment aux Tibétains que, désormais, leur pays n’est plus qu’une terre de conquête économique – et touristique – pour le reste de la Chine.Faut-il donc voir dans cette accumulation de frustration, « ce profond ressentiment » à l’égard des Chinois dont vient de parler le dalaï-lama, la cause de cette soudaine flambée de violence ? La main du pouvoir, relayé localement par des thuriféraires d’ethnie tibétaine, est si ferme qu’elle a réussi, depuis une bonne dizaine d’années, à supprimer toute velleité de protestation. A la fin des années 1990, on entendait encore parler dans Lhassa d’incidents isolés, d’un moine téméraire qui, levant le poing sur l’une des places, osait crier « Vive le Tibet libre ! ». Depuis, l’ordre régnait.
Pékin accuse la « clique » du dalaï-lama et de ses relais en Inde, où siège son gouvernement d’exil, d’avoir fomenté les troubles. Ce dernier s’en défend.
AFP/MANAN VATSYAYANA
le dalaï lama, le 16 mars.
La communauté tibétaine à l’étranger ne partage certes pas toujours, loin s’en faut, la modération affichéé(…)Dans le nord de l’Inde, plusieurs centaines de Tibétains ont tenté d’organiser une marche symbolique vers leur patrie avant d’en être empêchés par la police. A Katmandou, au Népal, où réside également une importante communauté tibétaine, des activistes qui se dirigeaient vers l’ambassade de Chine ont affronté les forces de l’ordre.
Que les manifestations des moines de Lhassa, qui rappellent dangereusement au pouvoir chinois le précédent birman de l’automne 2007, aient pu ou non avoir été plus ou moins planifiées ne change rien à l’affaire. Elles ont fourni le terreau où la colère rentrée d’une partie de la population, d’ordinaire pacifique, s’est aussitôt dirigée contre « l’ennemi » tout désigné : la population chinoise, qui forme sans nul doute aujourd’hui la majorité de la population de Lhassa.
Ce n’est pas une révolution. Rien qu’une révolte qui en dit long sur l’amertume des citoyens de cette « région autonome » qui porte bien mal son nom.
Bruno Philip
11 mars, 2008
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La Chine réprime une manifestation de moines au Tibet
LIBERATION.FR : mardi 11 mars 2008
Pékin confirme et assume. La Chine a réprimé une manifestation de moines lundi à Lhassa, capitale du Tibet.Ils commémoraient le 49e anniversaire du départ forcé du Dalaï Lama, leur chef spirituel.
Pour le le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Qin Gang, il s’agit d’une activité illégale qui a troublé l’ordre public. «Nous continuerons à combattre les activités illégales». Il a réaffirmé que «le Tibet fait partie de la Chine depuis les temps anciens».(…)
Radio Free Asia (…)radio basée aux Etats-Unis, citant des sources anonymes à Lhassa, (annonceque )quelque 300 personnes ont quitté lundi un monastère en direction du palais du Potala, afin de réclamer la libération de moines emprisonnés en octobre après les honneurs américains accordés au Dalaï Lama à Washington.Entre 50 et 60 manifestants ont été arrêtés par les forces de l’ordre. Cependant, 11 personnes ont réussi à protester dans le centre de Lhassa avant d’être arrêtées, selon RFA.
Reuters
Devant ses partisans réunis dans son lieu d’exil à Dharamsala (nord de l’Inde), le Dalaï Lama a violemment dénoncé hier la répression chinoise au Tibet, coïncidant avec le 49e anniversaire de son exil en Inde et à cinq mois des jeux Olympiques de Pékin. «Depuis près de six décennies, des Tibétains vivent en permanence dans la peur et sous répression chinoise.»
Le dignitaire religieux de 72 ans, qui a fui le Tibet en 1959 après l’échec d’un soulèvement anti-chinois, a abandonné ses revendications d’indépendance, se bornant à réclamer «une large autonomie» pour sauvegarder la langue, la culture et l’environnement de ce territoire himalayen.La Chine, qui en a pris le contrôle à partir de 1950 (avant d’y mener une sanglante répression) n’a cessé de rejeter ces demandes qualifiées par le Dalaï Lama de diplomatie de la «voie moyenne».
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AFP/MARK RALSTON
Des pélerins bouddhistes à proximité du monastère de Labrang. |
Des milliers de policiers chinois ont dispersé à coups de gaz lacrymogènes une manifestation de 600 moines tibétains descendus dans les rues de la capitale tibétaine, Lhassa, pour la deuxième fois en trois jours, rapportait, mercredi 12 mars, Radio Free Asia. Les moines venus du monastère de Sera, à Lhassa, scandaient « libérez notre peuple » et reprenaient des slogans en faveur des droits humains et de la liberté, a rapporté un témoin.
Selon Radio Free Asia, financée par le gouvernement américain, les moines bouddhistes réclamaient la libération des manifestants arrêtés lundi, quand 300 des leurs avaient défié les autorités. Cette manifestation de lundi a été présentée par le porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères comme « illégale » et « menaçant la stabilité sociale ». Lundi aussi, 400 moines du monastère de Lutsang, dans la province de Qinghai – Amdo en tibétain – ont réclamé le retour au Tibet de leur chef spirituel, le dalaï-lama, qui vit en exil depuis 1959 |
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11 mars, 2008
2-GEO/ECO, CHINE, INDE, MONDIALISATION, RISQUES, Union Européenne
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Le réchauffement climatique :une menace internationale , selon l’Union européenne.
LE MONDE | 11.03.08
Le réchauffement de la planète ne constitue pas seulement un danger pour l’environnement, il met aussi en péril la sécurité internationale. Tel est ( l’avis de l’UE),(…):les changements climatiques représentent un « multiplicateur de menaces », qui « exacerbe les tendances, les tensions et l’instabilité existantes ». Aussi l’Union doit-elle se donner les moyens de répondre à ces risques en renforçant ses capacités « de recherche, d’analyse, de suivi et d’alerte rapide » et en améliorant ses outils de protection civile et de gestion de crises face aux catastrophes à venir.
(…P)lusieurs formes de menaces (existent,certaines liées à) la recrudescence prévisible des conflits sur l’accès aux ressources. « La pénurie d’eau, en particulier, est susceptible de provoquer des troubles civils et des pertes économiques substantielles, même dans les économies solides »(…), « les tensions liées à l’approvisionnement énergétique »,(… mais aussi) autour des ressources situées dans les régions polaires, rendues exploitables par le réchauffement.
Les régions côtières, où vit près d’un cinquième de la population mondiale, sont particulièrement menacées. « Les mégapoles, et leurs infrastructures de soutien, telles que les installations portuaires et les raffineries de pétrole, sont souvent implantées en bord de mer ou dans les deltas des rivières »( …):(or on craint une )élévation du niveau de la mer. De plus, « le recul des côtes et la submersion de vastes zones pourraient entraîner des pertes de territoires, et même la disparition de pays entiers ».
Autre conséquence (…):selon les Nations unies(…) on dénombrera d’ici à 2020 des millions de migrants environnementaux. « Ces migrations(…) pourraient se traduire par une augmentation du nombre de conflits dans les régions de transit et de destination. » (…):l’Afrique du Nord et le Proche-Orient, étant voisines de l’Union européenne, celle-ci devrait connaître des pressions migratoires accrues.
Enfin, le réchauffement peut déstabiliser les Etats les plus fragiles, (…) favoriser la « radicalisation politique » (…),‘« attiser les ressentiments » entre les principaux responsables (…) et ceux qui seront les plus touchés.Cette « fracture potentielle »,(…) ne sera pas seulement une division Nord-Sud mais comportera une dimension Sud-Sud, avec la part croissante de la Chine et de l’Inde dans les émissions mondiales.
(extraits article Thomas Ferenczi)
9 mars, 2008
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La Chine affirme avoir déjoué un projet d’attentat visant les Jeux olympiques
LEMONDE.FR avec AFP, Reuters et AP | 09.03.08
REUTERS/CLARO CORTES IV
Un délégués de la province du Xinjiang lors de la séance annuelle du parlement chinois, le 9 mars à Pékin.
Les autorités chinoises ont annoncé, dimanche 9 mars, avoir déjoué un projet d’attentat contre les prochains Jeux olympiques de Pékin organisé par des séparatistes ouïgours de la province du Xinjiang, une région musulmane dans le nord-ouest du pays. Cité par les médias officiels chinois, Wang Lequan, chef du Parti communiste local, assure qu’un raid mené le 27 janvier 2007 à Urumqi, capitale de la province, a permis de récuperer du matériel qui laissait penser que « le groupe avait prévu un attentat visant les Jeux olympiques ».
« Les Jeux olympiques prévus en août sont un événement important, mais il se trouve toujours des personnes qui conspirent pour saboter. Ce n’est plus un secret maintenant. Leur objectif était très clair, à savoir nuire aux Jeux de Pékin« , a ajouté M. Wang devant la presse, en marge d’une réunion du Parti communiste.Lors de l’intervention en fin janvier, Pékin avait indiqué avoir « abattu » deux membres d’un « gang terroriste » et en avoir arrêté quinze autres, sans évoquer de liens avec les JO. M. Wang a affirmé que le groupe séparatiste avait des liens au Pakistan et en Afghanistan avec Mouvement islamique du Turkestan oriental (ETIM), un groupuscule indépendantiste dont Pékin a obtenu, en août 2002, qu’il soit désigné par les Nations unies comme une organisation terroriste liée à Al-Qaida.
Huit millions de Ouïghours musulmans vivent au Xinjiang, où la présence démographique et économique croissante des Han, l’ethnie majoritaire en Chine, est mal perçue. Cette région, riche en pétrole, est limitrophe du Pakistan, de l’Afghanistan et de l’Asie centrale. Les séparatistes ouïghours veulent y créer un Etat indépendant, le Turkestan oriental.
Les séparatistes ouïgours pourraient également être à l’origine d’un détournement d’avion raté, selon un haut responsable chinois du Xinjiang. Nuer Baikeli, gouverneur de la province, a affirmé, dimanche, que le vol CZ6901 de la compagnie China Southern, qui avait décollé d’Urumqi à destination de Pékin, a atterri en urgence, vendredi, à Lanzhou après que l’équipage a découvert et déjoué une tentative visant à “provoquer une catastrophe aérienne”.“Quelles étaient les personnes impliquées dans cet incident, d’où venaient-elles, quel était leur objectif et leur passé, c’est ce sur quoi nous enquêtons actuellement”, a-t-il ajouté, sans donner davantage de précisions. Pour l’agence officielle de presse Chine nouvelle, les autorités “ont déjoué un projet d’attentat terroriste”. (avec AFP et Reuters)
!A SAVOIR QUAND MEME !:
Depuis des années le gouvernement chinois réprime les Oïgours, musulmans,dont le territoire ,le Xinjiang contient du pétrole…Et il favorise l’immigration massive de Chinois de l’Est,des Hans,vers cette province,dans un but assez évident de submersion démographique des Oîgours d’origine… pf
cf extrait de Libération Avant les Jeux, un projet d’«attentat» opportun pour Pékin
De notre correspondante à Pékin Pascale Nivelle
QUOTIDIEN : mardi 11 mars 2008
Inquiétude ou manipulation ? La Chine agite le chiffon rouge du terrorisme à cinq mois des Jeux olympiques. Fin janvier, deux membres d’un «gang terroriste» auraient été abattus et quinze autres arrêtés dans la province du Xinjiang, région musulmane du nord-ouest du pays. Ces séparatistes ouïgours préparaient «un attentat visant les Jeux olympiques», a assuré dimanche Wang Lequan, chef du parti communiste de la région autonome du Xinjiang : «Ce n’est plus un secret pour personne, leur objectif était très clair, nuire aux JO.» (…)
Les (…°responsables ont parlé de «forces du mal», et d’une lutte résolue contre «ces terroristes, saboteurs et séparatistes».
Pour les organisations de défense des droits de l’homme, c’est cela qu’il faut entendre. Pékin, disent-ils, exagère la menace terroriste, pour accentuer la répression contre les autonomistes musulmans, dont le dernier fait d’armes sanglant connu remonte à 1997. Des bombes placées dans des bus avaient fait neuf morts et 74 blessés dans cette région, sévèrement contrôlée depuis soixante ans par le pouvoir central. Rebiya Kadeer, porte-parole des ouïgours exilée aux Etats-Unis, parle d’un incident «arrangé» : «Le peuple ouïgour n’a ni l’intention ni la capacité de faire des attentats de ce genre», a-t-elle déclaré à l’agence Reuters. Pour Amnesty International, «tout ce qui est l’expression de l’identité ouïgour équivaut pour les Chinois à du séparatisme et à de la violence terroriste». Exagérer la menace terroriste est une arme à double tranchant pour Pékin. Son souhait majeur, comme l’ont répété plusieurs dirigeants hier, est d’assurer des Jeux parfaitement sécurisés et de montrer une image positive de la Chine.
6 mars, 2008
2-GEO/ECO, INDE
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Le gouvernement indien versera une aide financière aux familles pour les inciter à garder leurs bébés filles
Le Monde 03 03 08
Philippe DUBOCQ/GAMMA
Le gouvernement indien a annoncé, lundi 3 mars, qu’il versera 5 000 dollars aux mères qui donnent naissance à une fille, pour limiter le nombre d’infanticides et d’avortements sélectifs. (…): le programme prévoit d’étaler le versement de la subvention sur dix-huit années. Quatre cents dollars seront versés dès la naissance, et 2 500 dollars à la majorité, à condition que la fille ait été scolarisée et ne soit pas encore mariée.
« Il s’agit d’encourager les familles à mieux traiter leurs filles, à les éduquer, à les considérer comme un capital plutôt que comme une charge »(…)Le gouvernement espère sauver 100 000 filles en 2009 grâce à ce programme.D’après le dernier recensement, qui date de 2001, l’Inde compte 927 filles pour 1000 garçons. L’ONU estime que « 60 millions de filles sont manquantes en Inde ». Ce déséquilibre a déjà entraîné une hausse du nombre de mariages d’enfants et du trafic de femmes en provenance des régions pauvres de l’Inde et des pays voisins comme le Bangladesh et le Népal.
La préférence pour les garçons est une tradition solidement ancrée dans le sous-continent indien. Le fils, par qui se transmet l’héritage, est censé s’occuper de ses parents jusqu’à leur mort. C’est lui qui libère, selon les rites hindous, l’âme de leur corps en récitant une ultime prière devant le bûcher funéraire. Considérée comme « celle qui part », la femme part vivre dans la famille de son époux en échange d’une dot, ce qui amène certains parents à ouvrir des comptes-épargne dès la naissance de leur fille.Le gouvernement va lancer, à l’occasion de la Journée internationale de la femme, le 8 mars, une campagne d’affichage pour changer ces attitudes. « Les filles prennent généralement mieux soin de leurs parents âgés que les garçons », pourra-t-on lire sur certaines affiches.
Depuis 1994, les médecins ne sont pas autorisés à dévoiler le sexe des foetus. Malgré cette interdiction, la pratique de l’avortement sélectif est répandue, et seul un médecin, en quatorze ans, a été condamné. Le phénomène s’est amplifié depuis l’apparition de machines à ultrasons à bas prix.(…)
Dans un premier temps, le programme lancé par le gouvernement sera destiné aux familles les plus défavorisées. Certains experts regrettent que les familles urbaines et aisées soient écartées du programme(…) Depuis peu, des techniques de fertilisation in vitro, illégales et coûteuses, sont mêmes disponibles dans les cliniques des grandes métropoles. Comme en témoigne Puneet Bedi, un obstétricien basé à New Delhi : « Des couples aisés sont prêts à vendre leur maison pour avoir un garçon plutôt qu’une fille ».
(extraits article Julien Bouissou)
5 mars, 2008
2-GEO/ECO, ASIE, CHINE, MONDIALISATION
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Chine

Chef de l’état:Hu Jintao-Régime politique et économique:populaire(dictature d’un parti unique,mais économie de marché)-Capitale:Pékin-Langue officielle:Chinois (mandarin)-Superficie:9 597 000 Km2-Population:1 303 701 000 hab. ( en 2005)-Densité de Pop.:135.84 hab./Km2-Monnaie Nationale:Ren-min-bi yuan (CNY)-Cours en Euros:0.09048000 (au 30/03/2008)-Pnb:1417,301 Milliard(s) de dollars-Indice de Développement Humain (rang mondial):0,755 (85) ( en 2003)
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Les constructeurs automobiles chinois débarquent en Europe
LE MONDE | 05.03.08 GENÈVE ENVOYÉE SPÉCIALE
Les constructeurs chinois sont restés étonnamment discrets au Salon de l’automobile de Genève qui ouvre ses portes au grand public jeudi 6 mars. Seuls deux constructeurs étaient présents, Brilliance et BYD (prononcez bi why di). Et pourtant, le lancement d’un véhicule chinois en France serait imminent.
“L’arrivée des voitures chinoises en Europe ne me surprend pas. Il est normal que des constructeurs tentent de s’implanter sur des marchés matures”, estime Carlos Ghosn, le patron de Renault-Nissan. Avec 8 millions de véhicules en 2007 et 10 millions en 2008, la Chine est désormais le deuxième marché mondial derrière les Etats-Unis. Mais ses exportations restent encore très modestes, 300 000 voitures particulières, essentiellement vers le Kazakhstan, l’Iran ou encore l’Algérie et le Vietnam.Grand absent du Salon de Genève, le constructeur Shuanghuan pourrait bien être le premier à vendre un de ses modèles, le 4 × 4 CEO, si l’on en croit China Automobile France, son distributeur officiel.
En juillet 2007, il a reçu son homologation européenne, le sésame pour vendre des véhicules. Son prix sera d’environ 25 900 euros. Ce véhicule avait défrayé la chronique en septembre 2007 lors du Salon automobile de Francfort. Avant de la Toyota Land Cruiser, calandre et bouclier du Honda CRV, profil et feux arrière du 4 × 4 X5 de BMW et planche de bord de la Lexus GX 470, voilà à quoi ressemble ce 4 × 4 ! BMW avait porté plainte pour faire interdire la vente du CEO en Allemagne.
China Automobile, qui se défend de toute contrefaçon, espère faire homologuer aussi l’UFO de Jonway qui ressemble beaucoup au Rav 4 de Toyota… Les prévisions du distributeur restent modestes : il vise 3 000 ventes en année pleine. “Comparé à 16 millions de véhicules en Europe, ça reste effectivement très marginal”, souligne Rémi Cornubert, directeur associé chez Oliver Wyman.
Une fois l’homologation obtenue, sans doute d’ici fin 2008, la marque Brilliance, représentée par Asie Auto, proposera sur le marché français quatre berlines (BC3, BS2, BS4 et BS6). “Nous voulons surtout mettre l’accent sur la BS4. Elle sera vendue entre 16 000 et 18 000 euros”, indique Elisabeth Young, présidente d’Asie Auto. Le prix de la BS2, une petite citadine, devrait tourner autour des 12 000 euros et celui de la BS6 entre 18 000 et 19 000 euros.
“TOUT DEVRAIT ALLER PLUS VITE”
D’ici la fin du premier semestre, Asie Auto devrait lancer le 4 × 4 Xpedition de Landwind pour un prix de 15 900 euros. Mme Young, qui souhaite distribuer quatre ou cinq marques d’ici à 2012, ne veut pas connaître les déboires de Brilliance et Landwind lancés aux Pays-Bas et dont la commercialisation avait dû être stoppée pour cause de sécurité médiocre.
Car pour attirer des clients, les prix, environ 20 % moins cher que ceux pratiqués par les autres constructeurs ne suffiront pas. La sécurité est l’enjeu majeur des voitures chinoises. D’autant que de nombreux scandales ont éclaté ces derniers mois. Le premier crash test Euro Ncap réalisé sur la Brilliance BS6, en octobre 2007, s’était révélé catastrophique. A 64 kilomètres heure, le véhicule n’avait pas résisté au choc. En cas d’accident, les passagers n’auraient sans doute pas survécu. A la suite de ce test, la BS6 avait été retirée du marché belge. “Le constructeur a fait 60 modifications sur le châssis”, affirme Mme Young. Aucun véhicule ne sera commercialisé sans avoir obtenu au moins trois étoiles.
Une fois sur le marché, les constructeurs chinois devront aussi s’appuyer sur un réseau solide afin de rassurer le client en cas de problème. Asie Auto s’appuie sur l’ex-réseau de MG Rover de 140 points de vente.
Face à cette nouvelle concurrence, les grands constructeurs mondiaux restent sereins, même s’ils ne sous-estiment pas la capacité des constructeurs chinois à s’inspirer de l’expérience des Japonais et des Coréens. “Ces derniers ont mis dix ans à pénétrer le marché américain et européen, rappelle M. Cornubert. A court terme, je ne les vois pas prendre une part de marché significative. En revanche, sur cinq à dix ans, c’est une vraie menace.”
Serein, Dieter Zetsche, président du directoire de Mercedes, estime qu’il leur faudra des décennies pour jouer un rôle sur le haut de gamme. En revanche, sur les plus petits véhicules, à fort volume, “tout devrait aller plus vite”, concède-t-il.
Nathalie Brafman
5 mars, 2008
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En Chine, le pouvoir affiche sa sollicitude à l’égard des migrants
LE MONDE | 05.03.08 PÉKIN CORRESPONDANT
Ils sont 200 millions en Chine et représentent une grande partie de la force de travail qui ne cesse de faire pousser les gratte-ciel et élargir les villes de l’empire : les travailleurs migrants, paysans chassés des campagnes par une pauvreté endémique, classe sociale souvent misérable, sous-payée et parfois dépourvue des droits dont jouissent les autres citoyens, viennent de faire leur entrée à l’Assemblée nationale populaire (ANP).
Aux côtés des 3 000 délégués, trois de ces « mingong » (min pour nongmin, paysan et gong pour gongren, ouvrier) se sont assis, mercredi 5 mars, à l’ouverture de la session annuelle du « Parlement », sur les bancs de l’immense salle du Grand Palais du peuple de Pékin.
Leur désignation est une tentative du pouvoir de montrer qu’il se soucie, selon les mots d’ordre en vigueur d’« améliorer les conditions de travail » de ces migrants de l’intérieur. A l’heure où le rythme effréné de la croissance creuse les inégalités sociales, le régime est conscient des effets potentiellement déstabilisateurs de cette poudrière sociale.
Deux des trois mingong sont des femmes. L’une d’elles, Hu Xiaoyan, a 34 ans et est originaire de la province du Sichuan (Sud-Ouest). Il y a dix ans, elle a émigré à Foshan, ville du Guangdong, la province emblématique de la croissance chinoise depuis un quart de siècle. Employée d’une usine de poterie, elle a gravi tous les échelons et s’est intégrée dans le système pour être finalement « élue » par le congrès local du parti de sa province, première députée mingong à l’échelon national.
LA CRISE DE L’ÉDUCATION
Sur son ordinateur portable, Mme Hu a recueilli les doléances. Une de ses priorités, a-t-elle déclaré à la presse, sera d’attirer l’attention sur le délicat problème de « l’éducation des enfants » des travailleurs migrants. Ces derniers, souvent illégaux en ville, doivent en effet assurer l’éducation de leurs rejetons dans des écoles officieuses ou tout bonnement les laisser au pays.
La seconde mingong s’appelle Zhu Xueqin. Agée de 31 ans, elle est originaire de la province du Jiangsu (Est). Elle a dû abandonner ses études pour des raisons financières et a émigré à Shanghaï où elle est devenue couturière à la chaîne. Privilégiée, elle a réussi à obtenir une bourse qui lui a permis d’aller se perfectionner au Japon. Elle est devenue vice-présidente du syndicat de son parti et son appartenance à la Ligue de la jeunesse communiste, dont est issu le président de la République et chef du parti Hu Jintao, n’est sans doute pas pour rien dans son ascension jusqu’au sommet. Elle dit vouloir oeuvrer pour élargir au niveau national la couverture sociale de ces travailleurs migrants que leurs employeurs « oublient » parfois de payer durant des mois…
Le troisième a un itinéraire des plus classiques. Originaire de la province du Guizhou (Sud), foyer de minorités ethniques pauvres, Kang Houming a nomadisé longtemps, du Tibet au Sichuan, avant de passer des années à Chongqing (Sud-Ouest), où il a vécu sur un chantier de construction. Son souci est aujourd’hui de voir se développer une politique de logement pour mingong : « Je gagne 2 000 yuans par mois (200 euros) et les prix de l’immobilier sont au-dessus de mes moyens », a-t-il déclaré. En vingt-huit ans de labeur, M. Kang a économisé environ 3 000 euros.
L’entrée au Parlement des trois mingong symbolise le fait, souligne la presse, que les droits des travailleurs migrants « sont les mêmes que les autres citoyens, d’autant qu’ils ont énormément contribué à la croissance économique de la Chine ».
Bruno Philip
Sous la pression des défis sociaux, le premier ministre chinois, Wen Jiabao, a promis, mercredi 5 mars, lors de l’ouverture à Pékin de la session annuelle de l’Assemblée nationale populaire (ANP), la mise en place d’un gouvernement plus efficace pour une société plus juste. Après s’être félicité du fait que la Chine était passée de la sixième à la quatrième place dans l’économie mondiale de 2002 à 2007, le premier ministre a reconnu les immenses défis sociaux et environnementaux que la Chine doit relever. « Nous sommes parfaitement conscients qu’il existe encore beaucoup de problèmes à résoudre dans le développement économique et social », a-t-il affirmé, appelant à « résoudre les problèmes patents liés aux intérêts vitaux de la population ». Il a ainsi promis une enveloppe de 276,2 milliards de yuans (25,5 milliards d’euros, + 20 % par rapport à 2007) « pour accélérer la mise en place d’un système de protection sociale ». Pour 2008, la priorité sera la lutte contre l’inflation, qui rogne le pouvoir d’achat des moins favorisés, et le renforcement des contrôles pour éviter la surchauffe économique. – (AFP)
4 mars, 2008
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L’inflation chinoise devient une menace
LE MONDE | 03.03.08
L’annonce par la province chinoise du Guangdong d’une hausse de 13 % du salaire minimum est un signe inquiétant. La banque américaine Citigroup estime pour sa part qu’il augmentera globalement de 21 % en moyenne en Chine en 2008.
Une telle progression va certainement affecter le niveau de l’inflation dans le monde. Ce mouvement de hausse du salaire minimum est la conséquence des pressions qui s’exercent sur l’ensemble de l’échelle des rémunérations en Chine. Pendant des décennies, la production de produits manufacturés à bas prix dans ce pays a été un élément clé de désinflation dans le monde. L’actuelle envolée des coûts pousse les prix planétaires dans l’autre direction.
En gros, l’augmentation, en dollar, des produits chinois devrait correspondre à la hausse des salaires moins les gains de productivité, augmentée des accroissements de coûts autres que ceux du travail (énergie, immobilier, capital…) et de la progression du yuan face au dollar. Or, même en Chine, il est peu probable que la productivité du travail dans les usines augmente de plus de 10 % par an. Donc, si les salaires progressent de 21 %, le coût du travail augmentera de 11 %. En faisant une moyenne avec la hausse des coûts non salariaux (+ 7 % aujourd’hui en Chine), cela donne une hausse des prix de 9 % qui correspond à 18 % d’inflation en dollar si on considère que le yuan va s’apprécier, cette année comme en 2007, de 9 % face au billet vert.
Dans le passé, la hausse des prix pouvait être réduite en transférant la production à l’intérieur du territoire chinois, c’est-à-dire dans les zones rurales. Mais, dans ces régions désormais, le salaire minimum connaît des hausses atteignant parfois les 50 %, même au Tibet. Pour les fabricants, il n’y a plus d’eldorado salarial en Chine. Transférer la production au Vietnam n’est pas non plus une solution : l’inflation y était de 15,7 % en rythme annuel en février et la monnaie locale, le dong, s’apprécie aussi contre la devise américaine.
Comme la Chine représente 16 % des importations américaines, une augmentation de 18 % en dollar des produits chinois va ajouter 2,9 % d’inflation aux biens importés – une hausse des prix qui, pour l’essentiel, exclut l’énergie et l’alimentation. D’ailleurs, les prix à l’importation aux Etats-Unis étaient déjà en hausse de 13,7 % en janvier par rapport au même mois de 2007.
Martin Hutchinson
4 mars, 2008
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CHINE
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Fiche pays
Chine
Chef de l’Etat : Hu Jintao
Premier ministre : Wen Jiabao
Capitale : Pékin
Superficie : 9 584 000 km2
Population (hab.) : 1 320,6 millions
Densité : 137 hab./km2
Croissance (2007-FMI) : 11,5 %
Chômage (2007-CIA) : 4% en milieu urbain, supérieur en milieu rural
Monnaie : renminbi yuan (0,0917460 €) |
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La Chine annonce une forte augmentation de ses dépenses militaires
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 04.03.08
Dans le cadre de son programme de modernisation des forces armées, la Chine prévoit d’accroître son budget militaire de 17,6 % en 2008. Le nouveau budget des forces chinoises atteindra 417,769 milliards de yuans, soit 38,7 milliards d’euros, a indiqué, mardi 4 mars, le porte-parole de l’Assemblée nationale populaire Jiang Enzhu, à la veille de l’ouverture de la réunion annuelle du Parlement. Selon le responsable chinois, la hausse budgétaire est majoritairement destinée à augmenter la solde des militaires et à améliorer l’entraînement des officiers, ainsi qu’à remettre à niveau les équipements.
Depuis plus d’une décennie, les dépenses dans le domaine de la défense connaissent une croissance à deux chiffres, souvent présentée comme un rattrapage par rapport aux années 1970 et 1980. En 2007, la hausse a été de 17,8 %, la plus élevée en dix ans. Le porte-parole chinois a toutefois souligné que l’augmentation de ce budget est à mettre en rapport avec la croissance économique. « La construction de l’armée chinoise est en adéquation avec le développement de l’économie et de la société », a-t-il déclaré, précisant également que les dépenses militaires augmentent aussi moins vite que les recettes publiques.
SCEPTICISME DES ÉTATS-UNIS
La Chine estime enfin que, dans ce domaine, son budget reste « inférieur à celui d’autres pays, en particulier certaines grandes puissances ». De fait, en février, le président américain George W. Bush a proposé pour l’exercice 2009 un budget militaire de 606,4 milliards de dollars, soit 400 milliards d’euros, une hausse de 7,5 % par rapport à celui approuvé par le Congrès pour 2008.
Les estimations officielles des dépenses militaires chinoises ont été accueillies avec scepticisme à l’étranger, notamment aux Etats-Unis. Dans son dernier rapport, le Pentagone s’interroge ainsi sur « les risques pour la stabilité » découlant du « manque de transparence » de la Chine. Le gouvernement américain estime que l’expansion militaire chinoise prépare une éventuelle crise avec Taïwan, et n’écarte pas non plus la possibilité que « Pékin développe des capacités pour d’autres circonstances comme des conflits sur des ressources ou des territoires disputés ».
Dans un communiqué officiel, le Japon voisin a également réagi en appelant la Chine à répondre aux inquiétudes de la communauté internationale. « Le ministère [de la défense] continuera à œuvrer pour que la Chine renforce la transparence sur la force de son armée », font savoir les responsables japonais.
29 février, 2008
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Le Taïwanais Acer annonce le rachat de Gateway et devient le troisième fabricant mondial de PC

AP
En rachetant Packard-Bell, Acer deviendra numéro trois aux Etats-Unis avec 12 % du marché.
LE MONDE | 27.02.08
Le constructeur informatique taïwanais Acer a annoncé, lundi 27 août, l’acquisition amicale de l’américain Gateway. Il passe ainsi devant le chinois Lenovo et se hisse à la 3e place mondiale des fabricants d’ordinateurs dans le monde.
Dans un communiqué, Acer et Gateway annoncent que la firme californienne est valorisée à environ 710 millions de dollars (520 millions d’euros), soit 1,90 dollar par action – une prime de 57 % sur sa dernière cotation de vendredi 24 août. Les conseils d’administration des deux entreprises ont approuvé la fusion, qui devrait être effective en décembre, après l’approbation des autorités de régulation américaine et taïwanaise.
Combinés, les deux groupes représenteraient un chiffre d’affaires de plus de 15 milliards de dollars (11 milliards d’euros), pour une production d’environ 20 millions d’ordinateurs par an, selon le communiqué. Le nom « Gateway », très connu aux Etats-Unis, devrait être conservé, pour former une entité multimarque, selon le président d’Acer, J.T. Wang.L’acquisition de Gateway, marque icône de l’informatique américain des années 1990, par Acer met en lumière l’expansion remarquable du taïwanais, qui est déjà devenu l’une des marques les plus connues en Asie. Elle lui permet aussi de mettre un pied sur le marché américain, en s’offrant le troisième fabricant d’ordinateurs des Etats-Unis, derrière Hewlett-Packard et Dell, les deux leaders mondiaux. « Notre complémentarité géographique et de produits fait d’Acer un excellent partenaire pour Gateway, qui nous pousse à accepter cette offre », a déclaré Ed Coleman, le PDG de Gateway.
PERCÉE SUR LE MARCHÉ GRAND PUBLIC
Cette fusion devrait aussi relancer la guerre des acquisitions dans le secteur informatique. Le chinois Lenovo, devenu le troisième constructeur mondial en 2005 en rachetant la division PC d’IBM, se fait non seulement dépasser par Acer, mais pourrait aussi se faire ravir une proie de choix, le néerlandais Packard Bell, numéro 3 en Europe.
Le groupe chinois avait en effet annoncé le 8 août son intention de racheter le fabricant de PC hollandais, avec qui il était en pourparlers. Mais dans un communiqué, publié lundi 27 août, juste avant l’annonce de son rachat par Acer, Gateway a indiqué qu’il entendait utiliser le droit de préemption qu’il détient sur le capital de Packard Bell. Ce droit a été obtenu en mai 2006 en contrepartie d’un accord de non-concurrence entre les deux sociétés.
Packard Bell avait jusqu’à maintenant nié toute discussion avec Acer. En mettant la main à la fois sur Gateway et Packard Bell, Acer se renforce significativement aux Etats-Unis et en Europe, où son concurrent Lenovo est peu implanté.
Fondé en 1976, Acer s’est montré « très offensif depuis deux ans et a fait une percée sur le marché grand public, avec une croissance extrêmement forte en Europe », explique Bertrand Huck, analyste chez Gfk. Acer a notamment profité de l’essor des ordinateurs portables, son point fort.
Mais la réussite de l’offre du groupe taïwanais n’est pas encore assurée. A la Bourse de Taïpeh, Acer perdait 6,9 % mardi, certains analystes jugeant son offre sur Gateway surévaluée. Ce dernier bondissait en revanche de 49 % au New York Stock Exchange, à 1,80 dollar.
Michel Rose
26 février, 2008
ASIE, MONDIALISATION, RISQUES
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L’OMS annonce une transmission interhumaine du virus H5N1
LE MONDE | 28.12.07
L’organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé, jeudi 27 décembre, l’existence d’un cas démontré de transmission interhumaine du virus H5N1 responsable de l’actuelle épizootie de grippe aviaire. La victime est un Pakistanais qui est mort de la maladie sans jamais avoir été à proximité de volailles contaminées.
Les autorités sanitaires internationales se veulent toutefois rassurantes quant à un possible risque d’émergence d’une souche virale qui pourrait être à l’origine d’une pandémie analogue à celle de la grippe espagnole de 1918.
De multiples flambées épizootiques dues au H5N1 ont été observées depuis 2006 au Pakistan chez des volailles d’élevage et, en 2007, chez des oiseaux sauvages. « Dans leur majorité, les flambées découvertes sont survenues dans la « ceinture avicole » du pays, dans la province de la frontière du nord-ouest, notamment dans les zones d’Abbottabad et de Mansehra, précise-t-on auprès de l’OMS. On a aussi repéré des cas d’infection chez des oiseaux sauvages dans le territoire de la capitale fédérale, Islamabad. »Début décembre, le ministère pakistanais de la santé avait informé l’OMS de huit cas suspects d’infection humaine par le virus H5N1 dans la zone de Peshawar (nord-ouest). Ces cas avaient été diagnostiqués après une série d’opérations d’abattage de volailles. Deux des personnes infectées étaient alors mortes. Des échantillons biologiques prélevés sur les cas suspects avaient été adressés aux laboratoires de référence de l’OMS pour des analyses virologiques complémentaires. Ces analyses, couplées à une enquête épidémiologique de terrain, permettent aujourd’hui d’affirmer qu’il y a bien eu une transmission interhumaine du virus H5N1.

Les poulets morts de grippe aviaire ou abattus sont enterrés dans une ferme de la province de Long An, près de Hô Chi Minh-Ville, au Viet Nam.
Ce type de contamination avait déjà été observé dans différents pays asiatiques (Vietnam, Indonésie, Cambodge, Chine) sans que la démonstration scientifique ait toujours pu être apportée. Dans tous les cas, aucune chaîne de transmission de l’infection virale n’a été notée, comme c’est le cas avec les virus grippaux responsables des épidémies saisonnières. Les experts estiment que seule une mutation génétique relativement importante pourrait conférer au virus H5N1 la possibilité de devenir hautement contagieux dans l’espèce humaine. Seules des mutations mineures ont, jusqu’ici, été observées sur les souches prélevées chez l’animal ou chez l’homme.
Jean-Yves Nau
Le virus H5N1 a fait trois victimes humaines en quelques jours
LE MONDE | 27.12.07
En l’espace de quelques jours, le virus H5N1 hautement pathogène de la grippe aviaire a provoqué la mort de trois personnes dans trois pays différents. C’est tout d’abord un enfant de 4 ans qui est décédé au Vietnam, dimanche 16 décembre. Selon un responsable du ministère de la santé vietnamien, les parents de l’enfant ont rapporté que des volailles mortes avaient été découvertes près de la maison familiale. Ce décès, le cinquième au Vietnam depuis le début de l’année, porte à 47 le nombre de personnes tuées par la grippe aviaire dans ce pays depuis la réapparition du virus en 2003.
Mardi 25 décembre, deux femmes ont succombé au H5N1, une Egyptienne de 25 ans et une Indonésienne de 24 ans. Des volailles étaient élevées dans le domicile de la première, et tous les membres de sa famille vont subir des analyses, a annoncé le porte-parole du ministère de la santé égyptien. Celui-ci a déploré un relâchement des mesures de précaution en raison de la « conviction que le virus avait disparu ». Le dernier décès dû à la grippe aviaire remontait au mois de juin.
UN FOYER EN ALLEMAGNE
Avec 16 cas mortels, l’Egypte est le pays d’Afrique le plus durement touché. Quant à l’Indonésie, elle totalise désormais 94 décès imputés au virus H5N1, ce qui en fait la triste championne du monde en la matière puisqu’elle cumule à elle seule près de la moitié des 212 morts de la maladie. Le virus s’est propagé dans la grande majorité des 33 provinces que compte l’archipel.
Par ailleurs, le H5N1 a été détecté en Allemagne, dans un petit poulailler du Brandebourg, ont annoncé, mercredi 26 décembre, les autorités locales. Il s’agit du troisième cas confirmé depuis la mi-décembre dans cet Etat régional. Les 15 poules ont été abattues ainsi que 31 volailles appartenant à un voisin, que le propriétaire du poulailler contaminé avait eu en charge pendant les fêtes de Noël. Conformément aux mesures prévues par l’Union européenne, une zone de protection d’un rayon de 3 km et une zone de surveillance de 10 km ont été mises en place autour de ce foyer. – (AFP.)
Résurgence de la grippe aviaire en Chine et au Bangladesh
LEMONDE.FR | 25.02.08 avec Reuters
Les autorités sanitaires de la province de Guangdong, dans le sud de la Chine, ont annoncé, lundi 25 février, la mort d’une Chinoise de 44 ans des suites de la grippe aviaire. Elle aurait contracté le virus H5N1 au contact de volailles.
La travailleuse migrante originaire du sud du pays est la quatrième victime de la grippe aviaire depuis le début de l’année en Chine et porte à 233 le nombre de décès attribués au virus H5N1 depuis 2003, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
De son côté, le Bangladesh a confirmé, lundi, que la souche H5N1 du virus s’était propagée à Chandpur, à 170 km de Dacca, portant à 45 – sur 64 – le nombre de districts affectés. Mais, selon un responsable chargé des questions animales :« La situation est à présent en grande partie sous contrôle. »
Avec près d’un million de volailles abattues depuis mars 2007, le Bangladesh applique consciencieusement les directives de précaution de l’OMS, menaçant un secteur-clé de l’économie bangladeshie et l’emploi de 5 millions d’habitants sur 140 millions.
TRÈS VIRULENT
Apparu chez l’homme pour la première fois en 1997, à Hongkong, le virus H5N1 est décrit par l’OMS comme étant un virus très virulant et évoluant de manière agressive. Avec une incubation se situant entre deux et huit jours, le virus ne se transmet pas encore d’un humain à un autre mais pourrait muter et être à l’origine d’une pandémie particulièrement dévastatrice dans les pays en développement.
Les premiers symptômes comportent une forte fièvre, des diarrhées, des vomissements, des douleurs abdominales, thoraciques et des saignements du nez et des gencives chez certains patients.
Les derniers foyers de grippe aviaire enregistrés en Europe, en Grande-Bretagne en novembre 2007 et en Pologne où 100 000 poulets ont été abattus en décembre 2007, n’ont été à l’origine d’aucune transmission de la maladie à l’homme.
26 février, 2008
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Fonds souverains : prédateurs ou sauveurs ?
LE MONDE | 16.01.08
La planète compte près de quarante « fonds souverains ». Ce terme abscons et un peu inquiétant se réfère à des investisseurs étatiques hétéroclites dont la puissance financière est estimée à plus de 3 000 milliards de dollars (2 035 milliards d’euros). C’est l’équivalent du PIB de la France et assez pour racheter toutes les entreprises du CAC 40. Les plus puissants sont issus des pays émergents d’Asie et du Moyen-Orient. Mêlant intérêts politiques et économiques, ces fonds suscitent l’inquiétude en Occident.
Qu’est-ce qu’un fonds souverain ? Il s’agit de fonds d’investissement dont les revenus sont propriété de l’Etat. Leur objectif est de faire fructifier des excédents budgétaires, dopés par les revenus pétroliers (Norvège, pays du Golfe, etc.) ou par les excédents commerciaux (Chine). Ils prennent la forme d’entités dédiées, comme le fonds ADIA d’Abu Dhabi, la China Investment Corp. (CIC) en Chine, ou d’entreprises étatiques, comme Dubaï Holding.Leur existence ne date pas d’hier. Le premier fonds a été créé au Koweït dans les années 1950, celui de Singapour (Temasek) dans les années 1970. Mais l’explosion de leurs revenus, concomitante à l’envolée des prix des matières premières, les a mis sur le devant de la scène mondiale.
Où investissent-ils ? Les fonds souverains « font leur shopping » dans les grands groupes internationaux. Ils multiplient les participations directes dans des groupes emblématiques : du distributeur britannique Sainsbury (Qatar), au Nasdaq (Dubaï), la Bourse électronique de New York, en passant par la banque américaine Morgan Stanley (Chine) ou l’écurie de formule 1 McLaren (Bahreïn).
Ce phénomène est récent. Jusqu’à présent, les Etats investissaient dans des produits sans risque, comme des bons du Trésor américains. Mais « la nouvelle génération de leurs gérants, formée à la City ou à Wall Street, s’est familiarisée avec des techniques financières sophistiquées », note Julien Faye, associé pour le cabinet de conseil Bain à Dubaï. Les fonds ont développé des stratégies plus agressives. Mumtalakat, au Bahreïn, promet ainsi un rendement supérieur à 15 % par an et utilise « l’effet de levier », empruntant massivement pour doper ses rendements.
A quoi sert leur argent ? Aux Emirats arabes unis, où le revenu par habitant dépasse 41 700 dollars, « on sait que la richesse ne durera pas », confie Ashraf Hambi Fouad, chez Mubadàla à Abu Dhabi. Les fonds préparent ainsi activement l’après-pétrole, faisant fructifier la manne pour la faire durer. Ils visent aussi à diversifier les sources de revenus et à développer l’industrie locale. CIC, le fonds de Pékin, devrait ainsi consacrer les deux tiers de ses 200 milliards de dollars au financement d’entreprises chinoises.
Faut-il les craindre ? Le flou qui les entoure fait redouter des ambitions plus politiques (espionnage industriel ou contrôle d’industries stratégiques) qu’économiques. Début 2006, l’entrée au capital de Dubaï Ports World dans les activités portuaires aux Etats-Unis a suscité une vive polémique. Et depuis, les réflexes protectionnistes se sont accentués.
L’Allemagne étudie un dispositif pour préserver ses industries-clés, soutenue par le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker. En octobre 2007, le G7 a mandaté le Fonds monétaire international (FMI) pour définir un code de conduite et obliger ces investisseurs à plus de transparence.
Début janvier, Nicolas Sarkozy a assuré que la France assumerait « le choix politique, stratégique, de protéger ses entreprises ». Mais avec une croissance en berne, le discours change : la France est « ouverte aux fonds souverains », si leurs intentions sont « sans ambiguïté » et leur gouvernance « transparente », vient de se raviser M. Sarkozy, lors de son passage à Riyad.
Claire Gatinois (Dubaï, Bahreïn, Abu Dhabi, envoyée spéciale)
21 février, 2008
2-GEO/ECO, ARABIE, MONDIALISATION, RISQUES, TOLERANCE
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Population:25 100 000 hab.Densité:12 hab./km²
D’un point de vue politique, le discours présidentiel à Riyad est justifiable. D’un point de vue éthique, la foi de Sarkozy dans le changement au sein de ce royaume est louable. Mais croire à une contribution saoudienne dans l’élaboration d’une «politique de civilisation» à même de provoquer une sécularisation au cœur de l’islam est une pure et funeste chimère. Et pour cause : on ne peut pas être et avoir été. L’Arabie Saoudite a été le principal financier des mouvements intégristes dans le monde. Il est vrai qu’elle était en parfaite osmose avec les intérêts géopolitiques américains. C’est le traumatisme du 11 septembre 2001 qui a infirmé ces choix stratégiques que les Etats-Unis ont faits bien avant l’invasion de l’Afghanistan par l’URSS. Sous l’influence pernicieuse de la monarchie saoudienne, les dirigeants américains ont, en effet, longtemps soutenu l’islamisme comme alternative aux régimes arabes postcoloniaux. La prise de pouvoir par les talibans en Afghanistan était une victoire de l’idéologie saoudienne, un succès de la logistique pakistanaise et la consécration de la stratégie américaine. L’attaque du 11 Septembre a changé toute la donne. Mais, par on ne sait quelle ruse de l’Histoire, plutôt que d’amorcer le déclin de cette monarchie qui incarne ce qu’il y a de plus rétrograde dans l’islam, ces événements ont donné une nouvelle vie au régime saoudien. Les wahhabites doivent au fond remercier leur compatriote et disciple Ben Laden. Pour la simple raison que, comparé à la barbarie et au nihilisme d’Al-Qaeda, la théocratie wahhabite fait maintenant figure de régime modéré. Or toutes les tendances de l’islamisme ont les mêmes maîtres à penser, les mêmes dogmes (l’islam est religion et politique, le jihad et le martyr sont un devoir religieux…) et les mêmes objectifs : éradiquer les apostats (musulmans), combattre les mécréants (juifs et chrétiens), établir une théocratie coranique. «La politique de civilisation, c’est ce que font tous ceux qui œuvrent pour un islam ouvert, un islam qui se souvient des siècles où il était le symbole de l’ouverture et de la tolérance… C’est ce que fait l’Arabie Saoudite», disait Nicolas Sarkozy dans son discours de Riyad. Bien au contraire, dès sa naissance en 1932, la monarchie saoudienne a effacé quatorze siècles de civilisation, a cultivé et propagé partout dans le monde un islam sectaire, sclérosé, intolérant et des plus fanatiques. C’est une erreur de prendre les dernières réformettes de cette monarchie pour des réformes stratégiques et structurelles. Ces mesures cosmétiques ont été entreprises sous la panique à l’idée d’être le maillon faible du «Grand Moyen-Orient démocratique» décrété par Bush. C’était un analgésique pour calmer le Léviathan très en colère après les attentats du 11 Septembre – dont le cerveau était Ben Laden, un proche de l’oligarchie régnante, et la majorité des terroristes, des sujets saoudiens. Cette oligarchie n’est d’ailleurs pas dupe. A la moindre réforme profonde – comme celle, primordiale, des manuels scolaires -, c’est tout l’édifice saoudien qui menacera de s’écrouler à moyen terme. Il est par conséquent évident que la France, qui souhaite moderniser l’islam, ne peut pas établir une alliance «civilisationnelle» avec une Arabie wahhabite qui n’a jamais abandonné le rêve insensé d’islamiser la modernité. C’est une illusion de considérer ce pays comme représentatif des musulmans dans le monde, encore moins comme figure emblématique de l’islam sunnite.
Certes, le pays abrite les lieux saints de l’islam, mais il n’incarne pas pour autant l’islam quiétiste et spirituel pratiqué par la majorité des musulmans. La religion de l’Arabie Saoudite n’est guère l’islam mais le wahhabisme, une secte hérétique déguisée en orthodoxie islamique, dont Ben Laden est le pur produit. Né d’une rencontre, en 1745, entre un prédicateur inculte et illuminé – Muhammad ibn Abd al-Wahhab (1703-1792) – et un chef de guerre impitoyable et ambitieux – Muhammad ibn Saoud (1705-1765) -, le wahhabisme a été d’emblée combattu par les plus grandes autorités islamiques du Caire, d’Istanbul, de Damas, de Bagdad, de Tunis et de Fès.
La réforme (religieuse) du wahhabisme est impossible et même absurde. Penser le contraire, c’est admettre implicitement que le wahhabisme puisse être l’une des expressions de l’islam. Or le wahhabisme, c’est la négation même de l’islam, c’est la nécrose de la civilisation islamique. Ce n’est pas de l’Orient arabe, encore moins de l’Arabie Saoudite, que sortira un islam des Lumières, mais de l’Occident arabe, de ce Maghreb qui a enfanté Ibn Khaldun et Averroès, le dernier philosophe né en terre d’islam.
Il est noble de croire, comme Nicolas Sarkozy, à une possible évolution de l’Arabie Saoudite vers la modernité. Le problème, c’est que l’un des dogmes constitutifs du wahhabisme est précisément le rejet du changement, considéré comme une injonction coranique. Il faut donc abolir le wahhabisme. Sans lui, l’Arabie Saoudite pourrait évoluer et se réformer. Mais sans le wahhabisme, y aurait-il encore une Arabie Saoudite ?
Mezri Haddad philosophe, membre du Daedalos Institute of Geopolitics (Chypre).
Liberation-21 02 08
17 février, 2008
ASIE, CHINE, TOLERANCE
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Liberation-09 02 08
Chine: Reporters sans frontières déplore le bal «des faux-culs et des lâches»

Un Chinois se fait photographier avec le T-shirt de RSF vendredi à Paris (AFP).
L’association de défense de la liberté de la presse organisait vendredi une opération à Paris pour dénoncer la répression en Chine, à 6 mois des JO.
François Meurisse
LIBERATION.FR : vendredi 8 février 2008
Robert Ménard est très en colère. A six mois des Jeux olympiques d’été de Pékin, le secrétaire général de Reporters sans frontières fustige sans retenue l’attitude des autorités chinoises. «Quand les Chinois ont obtenu les JO en 2001, ils ont promis une liberté de la presse totale. Les engagements n’ont pas été respectés. Ils se sont foutus de nous.»
Des déclarations faites vendredi à la mi-journée dans le quartier des Grands Magasins à Paris où RSF organisait une opération «Pékin 2008» : les Parisiens étaient invités se faire prendre en photo avec un T-shirt noir, représentant les anneaux olympiques en forme de menottes. Objectif de la manifestation, réaliser une affiche – prochainement visible dans les gares parisiennes et peut-être dans le métro – avec tous les portraits. Selon l’association de défense de la liberté de la presse, 31 journalistes sont emprisonnés en Chine ainsi qu’une cinquantaine de cyberdissidents.
Mais Robert Ménard, qui porte lui-même le T-shirt de son organisation, ne s’en prend pas seulement aux Chinois. Selon lui, le Comité international olympique (CIO) et son président Jacques Rogge entretiennent un silence coupable. «Jacques Rogge avait dit qu’il réagirait chaque fois qu’il serait informé d’une atteinte aux droits de l’homme. Or, il n’a jamais rien dit. Tout ce qui l’intéresse, c’est la qualité des hôtels et les sponsors !» Dernier visé, Nicolas Sarkozy, «pas à la hauteur de ses engagements» non plus vis-à-vis du pouvoir chinois. En résumé, «on a l’impression d’avoir à faire à des faux-culs et des lâches». Pour autant, le secrétaire général de Reporters sans frontières refuse d’appeler au boycott des Jeux. «On n’est pas contre les JO, ni contre le sport ou la Chine. Nous, on ne veut pas gâcher la fête mais les autorités chinoises sont en train de le faire.»
Dans la rue piétonne, les passants font la queue pour qu’on leur tire le portrait. Un haut-parleur crache une petite musique chinoise. Jean-Jules vient de poser pour la photo : «Il est indispensable que les journalistes puissent travailler en liberté et surtout critiquer. Je ne sais pas si la situation peut évoluer rapidement en Chine mais avec la pression internationale, les choses bougent».
La preuve ce vendredi même puisque Yu Huafeng, directeur du journal libéral Nanfang Dushi Bao et emprisonné depuis 4 ans, vient d’être libéré. Mais pour Vincent Brossel, responsable du bureau Asie de RSF, le pouvoir souffle le chaud et le froid. «Le journaliste hongkongais Ching Cheong a lui aussi été libéré récemment mais le dissident Hu Jia a, lui, été arrêté le 27 décembre dernier pour «incitation à la subversion au pouvoir de l’Etat». Il y a des avancées du côté des journalistes mais chez les dissidents, ça tape !»
Un autre secteur où «ça tape», c’est sur le web selon Clotilde Lecoz, responsable du bureau Internet et libertés : «A l’heure où tout le monde se demande s’il faut réguler Internet et comment le faire, la Chine est en train d’installer un modèle juridique très restrictif qui risque de faire tâche d’huile au Vietnam, en Birmanie, etc.»
Entre les curieux, les volontaires pour la photo et les journalistes, un vieil homme est très énervé. C’est un dissident chinois installé de longue date à Paris. «En Chine, on dit que les Jeux, c’est pour le peuple. C’est faux, les JO c’est pour le régime ».
15 février, 2008
2-GEO/ECO, ASIE, CHINE, MONDIALISATION, TOLERANCE
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La liberté d’expression des athlètes sera encadrée pendant les Jeux olympiques de Pékin

LE MONDE | 15.02.08 |
Un peu moins de six mois avant le début des Jeux olympiques, qui se dérouleront à Pékin du 8 au 24 août, la question de la liberté d’expression des athlètes pendant la compétition vient en troubler les préparatifs. En quelques jours, plusieurs prises de position sont venues rappeler que, malgré le souci des autorités chinoises de ne donner à l’événement qu’un visage sportif et festif, la situation des droits de l’homme dans le pays, les relations avec Taïwan et l’implication de la Chine auprès du Soudan en pleine guerre civile au Darfour seront difficilement absentes du feuilleton olympique d’ici le début du mois d’août.
La règle 51 de la Charte olympique stipule, dans son alinéa 3, qu’« aucune sorte de démonstration ou de propagande politique, religieuse ou raciale n’est autorisée dans un lieu, site ou autre emplacement olympique ».
Intitulée « Publicité, démonstrations, propagande », cette règle s’attache avant tout à encadrer les possibilités d’afficher des marques commerciales sur les tenues et équipements des participants aux Jeux selon les principes édictés par le Comité international olympique (CIO), que développe le texte d’application de cette règle, joint dans la Charte. Les termes relativement vagues de la règle et de son texte d’application permettent aux instances olympiques, lorsqu’elles le souhaitent, d’inclure sous leur contrôle toute expression politique par les athlètes dans les enceintes où se déroulent les Jeux.
Le texte d’application de la règle 51 prévoit, par ailleurs, que « toute violation (…) peut entraîner la disqualification ou le retrait de l’accréditation de la personne concernée. Les décisions de la commission exécutive du CIO à ce sujet seront sans appel ». Une épée de Damoclès au-dessus de la tête des athlètes.
Ces derniers jours, le débat a été ravivé par une initiative de la British Olympic Association (BOA), le comité olympique britannique, révélée par l’hebdomadaire dominical Mail on Sunday. La BOA a concocté dans le plus grand secret un contrat dont une clause interdit à ses athlètes de s’exprimer sur des sujets « sensibles » lors des JO, sous peine d’exclusion. Le comité olympique britannique s’appuie notamment sur la règle 51 de la Charte olympique, qui interdit toute forme de « démonstration ou propagande politique, religieuse ou raciale ».Par ailleurs, la BOA a prévu d’organiser des stages de formation aux médias pour les athlètes afin de cadrer leur réponse à des questions éventuelles sur les droits de l’homme, le Darfour, le Tibet ou Taïwan. L’argument invoqué est simple : la nécessaire neutralité des sportifs. Selon un porte-parole de la BOA, il s’agit d’éviter « des prises de position publiques fortes telles que le port d’un tee-shirt marqué « Libérez le Tibet« ». Un point de vue qui n’est pas étranger au sport britannique puisque, lors des matches de football du championnat anglais, il est interdit aux joueurs d’arborer un maillot frappé d’un slogan politique sous peine de lourdes pénalités.
Cette initiative de la BOA a provoqué de nombreuses réactions. En apprenant la tentative du comité olympique de museler les athlètes à Pékin, Richard Vaughan, champion britannique de badminton, s’est fâché, le 12 février, à propos du conflit du Darfour : « Alors que beaucoup de pays ont essayé d’isoler le Soudan en rompant les relations économiques, la Chine a largement soutenu le gouvernement de Khartoum, particulièrement dans le domaine pétrolier. »
Outre la question des relations politiques entre les deux pays, les arrière-pensées économiques ne seraient pas non plus absentes de l’initiative de la BOA. Beaucoup y ont vu l’influence du 10 Downing Street, soucieux de développer les liens avec la Chine après la visite en janvier du premier ministre, Gordon Brown.
Les ONG Reporters sans frontières et Article 19 ont, de leur côté, dénoncé le « manque de courage qui caractérise certains responsables du mouvement olympique aujourd’hui ». Selon ces deux organisations, les comités olympiques du Canada, des Etats-Unis, des Pays-Bas et de la Belgique se sont publiquement engagés à respecter la liberté d’expression de leurs athlètes. De son côté, le gouvernement chinois n’est pas demandeur d’une telle clause mais exige des participants le respect de la Charte olympique qui interdit la propagande dans les enceintes olympiques. Face à la tempête, le comité olympique britannique a fait marche arrière en précisant que son projet allait être amendé, car son intention n’était pas « de limiter la liberté de parole des athlètes ».
La polémique lancée en Angleterre a suscité des réactions dans d’autres pays. En France, Bernard Laporte, secrétaire d’Etat aux sports, a expliqué, mardi 12 février, que les athlètes français ne seraient soumis à aucune consigne du gouvernement en matière de liberté de parole. « Celui qui a envie de s’exprimer a le droit de s’exprimer, chacun fait ce qu’il veut, on est en démocratie », a lancé Bernard Laporte, qui a ajouté : « Ce que l’on souhaite, c’est qu’ils courent vite et qu’ils sautent haut, c’est ça les Jeux olympiques, ramener des médailles. »
De son côté, Henri Sérandour, président du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), a précisé jeudi 14 février dans un communiqué, que le CNOSF « respecte la liberté individuelle d’expression des athlètes », en accord avec le principe fondamental no 5 de la Charte olympique qui rejette « toute forme de discrimination à l’égard d’un pays ou d’une personne fondée sur des considérations de race, de religion, de politique, de sexe ou autres ». Mais, dans le même temps, le président du CNOSF note que les athlètes ont pour « obligation de respecter les obligations de la Charte olympique », et notamment sa règle 51.
Par ailleurs, au milieu de cette série de communiqués et de prises de position, le Comité international olympique (CIO) a démenti, jeudi 14 février, que son président, Jacques Rogge, avait signé un appel demandant à la Chine d’user de son influence auprès du Soudan afin que soit mis un terme au conflit actuel au Darfour, contrairement à ce qu’avait affirmé, le même jour, le quotidien britannique The Independent. Le débat sur les prises de position politiques lors des Jeux n’est pas nouveau. Outre la confiscation des Jeux de Munich en 1936 par Hitler, et le boycott des Jeux de Moscou par une cinquantaine de nations dont les Etats-Unis, ils avaient pris un tour particulier en 1968, lors de ceux de Mexico, lorsqu’au terme de la finale du 200 mètres, les coureurs américains Tommie Smith et John Carlos, arrivés premier et troisième, avaient protesté contre la ségrégation raciale aux Etats-Unis lors de la cérémonie de remise des médailles, en baissant la tête et en pointant, lors de l’hymne américain, leur poing ganté de noir vers le ciel. Un type de manifestation que veulent à tout prix éviter les organisateurs des Jeux de Pékin, cet été.
Bertrand d’Armagnac et Marc Roche (à Londres)
Article paru dans l’édition du 16.02.08.
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