23 mai, 2008
2-GEO/ECO, ETATS-UNIS, EUROPE, MONDIALISATION, Union Européenne
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La crise alimentaire relance les attaques contre la politique agricole commune
LE MONDE | 20.05.08
Au moment où la politique agricole commune (PAC) doit faire l’objet de nouveaux ajustements, la crise alimentaire mondiale relance la bataille sur son rôle, faisant resurgir le vieux clivage entre Britanniques et Français.
La Commission devait présenter à Bruxelles, mardi 20 mai, ses propositions définitives pour le “bilan de santé” de la PAC qu’elle doit boucler au second semestre, sous présidence française, en attendant les négociations sur une nouvelle réforme prévue à l’horizon 2013.
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Chiffres
Poids financier. Le budget de la politique agricole commune représente 40 % des fonds communautaires, soit 42 milliards d’euros en 2008. En proportion, il a tendance à diminuer. Il n’est plus que le deuxième poste de dépense de l’Union, derrière les fonds structurels et de cohésion. La France est le principal bénéficiaire de ces aides.
[-] fermerLes réformes
Le “bilan de santé”. Il doit permettre, d’ici à la fin 2008, d’amplifier la réforme de la PAC adoptée en 2003. Il cherche notamment à découpler davantage les aides directes versées aux exploitants du niveau de la production.
Les nouveaux contours après 2013. Une autre réforme d’envergure se profile : elle fixera les contours de la PAC de l’après-2013, dans le cadre de la remise à plat du budget communautaire. Les Britanniques plaident pour réduire encore les dépenses agricoles; Français et Allemands souhaitent les utiliser différemment.
[-] fermerPrenant acte des tensions sur les marchés agricoles, Bruxelles suggère entre autres de soutenir la production en mettant un terme aux jachères et en supprimant par étape les quotas laitiers d’ici à 2015.
Mariann Fischer Boel, la commissaire à l’agriculture, propose aussi de réduire l’enveloppe des aides directes versées aux exploitants, de les découpler toujours plus du niveau de la production, et de les plafonner. Elle souhaite orienter les fonds ainsi dégagés vers le développement des activités rurales non agricoles, comme le tourisme ou l’entretien de l’environnement.
Ces ajustements vont alimenter le débat entre les capitales chargées de les adopter, dans un contexte marqué par l’envolée des prix alimentaires. Alistair Darling, le ministre des finances britannique, a lancé l’offensive la semaine dernière contre une PAC qu’il rend en partie responsable de cette évolution, au sein de l’Union mais aussi dans les pays pauvres.
Dans un courrier à ses homologues, il exige la fin des mécanismes d’aide aux exploitants conçus, selon lui, “pour maintenir les prix agricoles européens au-dessus des cours mondiaux”. Le ministre demande de surcroît d’ouvrir le marché européen aux producteurs des pays en développement : “Il est inacceptable que l’Union maintienne des droits de douane très élevés sur de nombreuses matières premières agricoles.”
“ALIMENTATION DE QUALITÉ”
Soutenus par les pays nordiques, les Britanniques relaient les positions de certaines organisations non gouvernementales. Oxfam appelle ainsi les grandes puissances agricoles, dont l’Europe et les Etats-Unis, à “s’attaquer aux causes profondes de la crise des prix agricoles”, afin de ne pas mettre en danger, à coup d’exportations plus ou moins subventionnées, la production dans les pays les plus pauvres de la planète.
En face, le gouvernement français n’a pas attendu cette attaque en règle pour défendre l’idée d’une PAC forte, quitte à la faire évoluer pour endiguer la crise alimentaire. D’après Michel Barnier, le ministre français soutenu lundi 19 mai à Bruxelles par un grand nombre de ses collègues, la crise alimentaire “donne une raison de consolider la politique agricole commune”.
Son homologue allemand affirme que la PAC “n’a rien à voir” avec l’envolée des cours. Pour les deux hommes, les subventions sont au contraire une réponse “à l’exigence d’une alimentation de qualité, diversifiée, et traçable”. Et peuvent permettre aux producteurs de faire face à la demande mondiale.
Les Français n’excluent pas de réduire à terme les aides attribuées aux céréaliers pour les orienter vers d’autres productions, comme les porcs ou les bovins, qui souffrent de la hausse du prix des céréales. “Les céréaliers peuvent très bien vivre du marché, ce qui permettrait de focaliser la politique agricole sur les autres fonctions de l’agriculture, comme l’environnement ou l’entretien de l’espace rural”, estime, pour sa part, Philippe Chalmin, professeur d’économie à Paris-Dauphine.
Les agriculteurs européens, représentés au sein du Copa-Cogeca, dont l’actuel président n’est autre que Jean-Michel Lemétayer, le patron de la FNSEA, se rangent sans surprise du côté français. “Il faut une politique agricole, et le débat actuel sur l’alimentation mondiale montre que le pire serait de ne pas en avoir, car elle permet de se protéger et de développer son agriculture”, estime M. Lemétayer. Et de regretter, dans le contexte de hausse des coûts des denrées, que l’Union européenne ait déjà autant abandonné ses outils de régulation des marchés. “Plus personne ne veut financer de stocks, alors il ne faut pas s’étonner que les cours s’envolent”, explique-t-il.
En prenant les devants, Londres et Paris cherchent, au-delà du bilan de santé, à poser les jalons d’une future réforme de grande ampleur. “Nous sommes dans une période de transition, car le budget européen ne devrait être modifié qu’en 2013. Les Anglais se positionnent dès maintenant, ce qu’a bien compris Michel Barnier, car si en 2012 les prix restent élevés, alors la PAC pourrait bel et bien disparaître”, explique Jean-Christophe Bureau, économiste à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) et AgroParisTech.
Laetitia Clavreul et Philippe Ricard (à Bruxelles)
8 avril, 2008
1-HISTOIRE, FRANCE, ISLAM, POPULATION et SOCIETE, TOLERANCE
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Nouvelle profanation de tombes musulmanes

LE MONDE | 07.04.08
La profanation de 148 tombes musulmanes, dimanche 6 avril, à l’aube, dans le cimetière militaire de Notre-Dame de Lorette, à Ablain-Saint-Nazaire (Pas-de-Calais), a suscité une indignation générale.
Le président de la République, Nicolas Sarkozy, a dénoncé un acte relevant “du racisme le plus inadmissible qui soit”. La garde des sceaux, Rachida Dati, personnellement visée par des inscriptions insultantes sur des stèles, a jugé que cet “acte odieux (…) attaque les valeurs de la République”.
Les tombes ont été recouvertes d’insultes à caractère raciste, nazi et islamophobe. Une tête de porc ensanglantée a été déposée sur l’une d’entre elles.Une cinquantaine de tombes musulmanes de ce cimetière avaient déjà été profanées en avril 2007. Les auteurs, trois jeunes hommes de la mouvance skinhead, ont été condamnés à des peines de prison ferme. Lors du procès, en mai, le procureur d’Arras avait souhaité que “la sanction soit un exemple pour tous les nazillons de leur espèce“.
La répétition des dégradations visant des lieux musulmans, cimetières ou mosquées, est un phénomène récent.
C’est à partir de 2003 que les principales affaires apparaissent : en octobre, une soixantaine de tombes musulmanes sont vandalisées dans le cimetière de Thiais (Val-de-Marne). En 2004, une série de profanations touche les carrés musulmans de plusieurs cimetières alsaciens, tandis que deux mosquées sont incendiées en Haute-Savoie.
Liés au climat général induit par les attentats du 11 septembre 2001, ces actes semblent aussi concomitants à l’émergence de nouvelles revendications de la communauté musulmane, portées notamment par le Conseil français du culte musulman (CFCM), mis en place en 2003.
Depuis, régulièrement, des mosquées sont prises pour cible. Entre 2005 et 2007, vingt-cinq lieux de culte auraient été dégradés, selon l’Observatoire du collectif contre l’islamophobie en France.
Lens-avril 2007
Face à cette “recrudescence”, le Conseil régional du culte musulman (CRCM) de Rhône-Alpes a demandé, dimanche, la création de “cellules régionales de veille et de suivi des incidents islamophobes”. Les auteurs de profanations sont en général rapidement interpellés et condamnés à des peines de prison ferme.
Stéphanie Le Bars
Mémoire souillée
LE MONDE | 07.04.08
Ce qui s’est passé à la nécropole militaire de Notre-Dame-de-Lorette, près d’Arras (Pas-de-Calais), dans la nuit de samedi à dimanche, est au-delà des mots et de l’émotion. Et pourtant, les mots, il faut les écrire comme ils ont été écrits, les lire comme ont pu les lire tous les musulmans de France, à peine connu l’acte honteux. Des lettres noires sur les stèles blanches du carré musulman tournées vers La Mecque. “Fuck les Rebeux”. “Fuck Mahomet”. Des insultes ordurières à l’encontre de la ministre de la justice, Rachida Dati, traitée de “salopri” et pis encore.

Des croix gammées, des croix celtiques. Une demi-tête de porc sanguinolente pendue à une tombe et l’expression “hallal” - viande tuée selon le rite musulman - sur le nom d’un soldat maghrébin mort pour la France. La signature du “White Power”.
Cette haine qui revient au même endroit à un an de distance comme un printemps noir, il faut la condamner. Pour les morts d’abord. Pour leur mémoire souillée. Pour le respect dû à ces jeunes d’Afrique du Nord dont le sang, impur aux yeux de leurs lâches profanateurs, a généreusement abreuvé nos sillons face à l’ennemi des deux grandes guerres.
Mais penser aux morts, laver leur honneur comme a tenté de le faire avec dignité l’ensemble de la classe politique, c’est aussi et surtout penser aux vivants. A ceux qui souffrent aujourd’hui, dans la France de 2008, d’un faciès un peu trop mat, d’un patronyme un peu trop de “là-bas”.Il y a une semaine à peine s’achevait le Forum de Paris, un événement de premier plan tout entier tourné vers l’Union pour - ou de - la Méditerranée, chère au président Sarkozy. Il s’agissait de reposer les bases d’un destin commun entre les deux rives de cette “mer entre les terres”. Il s’agissait de s’écouter, de se respecter, tant il est vrai que bien des hommes d’Afrique du Nord, par nécessité, traversent la Méditerranée. Tant il est vrai aussi que la Méditerranée, par notre histoire et notre géographie, traverse chacun d’entre nous comme un sang bleu, un titre de noblesse, une origine certifiée. Ce vivre ensemble, il faut sans concession le consolider, l’affirmer, le défendre. Surtout contre la bêtise abjecte.
Eric Fottorino
Quatre interpellations après la profanation de tombes musulmanes près d’Arras
LEMONDE.FR avec AFP | 08.04.08
Quatre jeunes ont été interpellés, lundi 7 avril, et étaient entendus mardi dans le cadre de l’enquête sur la profanation de 148 tombes musulmanes dans le cimetière militaire Notre-Dame-de-Lorette à Ablain-Saint-Nazaire, près d’Arras, a-t-on appris de source proche de l’enquête.
Ces jeunes pourraient être liés à la mouvance skinhead, la même que celle à laquelle appartenait trois jeunes condamnés pour des faits similaires commis au même endroit il y a un an. Interrogé par l’AFP, le chargé de communication de la gendarmerie de la région Nord - Pas-de-Calais, le capitaine Jacky Lefort, n’a “pas démenti” ces informations. Le procureur de la République d’Arras, Jean-Pierre Valensi, n’a de son côté pas souhaité communiquer “pour ne pas nuire au bon déroulement de l’enquête”.
Les inscriptions injurieuses, découvertes dimanche matin dans ce cimetière militaire, visaient directement l’islam et insultaient gravement Rachida Dati, la garde des sceaux. Une tête de porc avait également été pendue à l’une des tombes. Cette nouvelle affaire de profanation a suscité une condamnation unanime des responsables politiques de tous bords ainsi que des responsables religieux et des milieux associatifs.Inauguré en 1925, le cimetière est un jardin de 13 hectares, planté de croix, commémorant notamment les combats de 1915, à l’un des endroits les plus disputés du front occidental au début de la première guerre mondiale. 40 000 combattants environ y reposent dont la moitié dans des tombes individuelles. Le carré musulman compte 576 tombes orientées vers La Mecque.
La précédente profanation avait été commise dans la nuit du 18 au 19 avril 2007 : 52 tombes du carré musulman avaient été couvertes d’inscriptions nazies, de croix gammées et celtiques. Les auteurs, deux jeunes hommes de 18 et 21 ans, avaient été condamnés en mai à deux ans de prison, dont un ferme, et un mineur de 16 ans à sept mois de prison dont cinq mois et demi avec sursis. Ils avaient depuis fait l’objet d’une libération anticipée.
3 avril, 2008
2-GEO/ECO, CHINE, FRANCE, MONDIALISATION
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Un fonds public chinois dans le capital du groupe pétrolier Total
LEMONDE.FR avec AFP | 03.04.08 |
La place des fonds souverains dans l’économie mondiale s’étend et touche aussi la France et ses entreprises. Un “fonds public chinois est entré au capital de Total. Il a pris graduellement position depuis quelques mois”, a en effet déclaré, jeudi 3 avril, une porte-parole du groupe pétrolier, sans préciser s’il s’agit de la compagnie publique chinoise d’investissement China Investment Corporation (CIC).
On ne connaît pas la part prise dans le capital de Total, première capitalisation de la Bourse de Paris, mais elle doit être d’au moins 1 %. En effet, les règles statutaires du groupe prévoient que “toute personne, physique ou morale, qui vient à détenir directement ou indirectement un pourcentage de capital, des droits de vote ou de titres donnant accès à terme au capital de la société égal ou supérieur à 1 %, ou à un multiple de ce pourcentage, est tenue d’informer la société”.
“MESSAGE POSITIF POUR LE GROUPE” La part des actionnaires asiatiques au capital de Total ira croissant, a indiqué la porte-parole. “L’Asie est en pleine croissance et il est normal que ses actionnaires” montent au capital, a-t-elle estimé. “Les fonds souverains placent leurs liquidités dans des actifs rentables et de long terme. Donc, l’entrée d’un fonds souverain chinois au capital est un message positif pour le groupe”, commente encore la porte-parole de Total.
Au 31 décembre 2007, le capital du quatrième groupe pétrolier mondial était détenu à 88 % par des investisseurs institutionnels (d’Amérique du Nord à 29 %, de France à 21 %, du Royaume-uni à 14 %, du reste de l’Europe à 21 % et du reste du monde à 3 %). Le capital de Total est aussi détenu à 8 % par des actionnaires individuels et à 4 % par des salariés, indique le rapport annuel 2007 de Total mis en ligne ce jeudi. Les principaux actionnaires du groupe sont le groupe Bruxelles Lambert et la Compagnie nationale à portefeuille (CNP), détenus tous deux par le financier belge Albert Frère, qui possèdent ensemble 5,3 % du capital.
3 avril, 2008
1-HISTOIRE, 2-GEO/ECO, FRANCE, TOLERANCE
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La Mission interministérielle sur les dérives sectaires pointe les nouvelles techniques de manipulations des sectes
AFP | 03.04.08
Les “faux souvenirs induits”, la “vente multiniveaux”, certaines techniques de coaching en entreprise… Autant de pratiques recensées dans le dernier rapport 2007 de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), publié jeudi 3 avril
Il s’agit du 5e rapport annuel de la Mission, au cœur d’une polémique le mois dernier, après les propos de la directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy, Emmanuelle Mignon, estimant que hormis ce travail annuel, “la Miviludes ne fait rien”.
Le rapport fait également le point sur les techniques de lobbying des sectes auprès des organismes internationaux, à partir de l’exemple de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe), et sur le phénomène du satanisme qui concernerait de près ou de loin environ vingt-cinq mille personnes en France, dont 80 % de moins de 21 ans.
Il pointe aussi le néochamanisme et l’usage d’une substance, le datura, plante courante aux fleurs très parfumées et réputée toxique, qui tend à remplacer l’iboga, inscrit au tableau des stupéfiants.
MANIPULATION PAR LE “FAUX SOUVENIR INDUIT”
“Les sectes évoluent mais elles sont toujours là”, estime Jean-Michel Roulet, président de la Miviludes, qui souligne qu’à partir de 2000, elles se sont “engouffrées” dans le domaine de l’accomplissement de soi, les unes dans l’humanitaire, les autres dans les techniques de “recherche de son moi profond”.
Le travail sur la mémoire est une des bases de la psychanalyse, en revanche “le ‘faux souvenir induit résulte de techniques d’autosuggestion ou d’une influence indue qu’exercent certains thérapeutes”. Ceux-ci “manipulent” le patient en l’amenant à se rappeler des abus – souvent à caractère sexuel – subis dans la petite enfance qui constituent le “syndrome du faux souvenir induit”, dévastateur pour le patient lui-même et pour sa famille. Le phénomène est apparu aux Etats-Unis dans la seconde moitié du XXe siècle et “se développe de manière inquiétante en France”.
C’est aussi au nom de la “sujétion de l’individu” que la Miviludes s’est intéressée à la “vente multiniveaux”, qui consiste à proposer des produits ou services, le plus souvent liés au bien-être, et à convaincre les acheteurs de devenir vendeurs à leur tour. Ils n’ont pas de contrat de travail, sont rémunérés au pourcentage, et les plus convaincus finissent par quitter leur travail et ne plus fréquenter que les membres du réseau.
MOUVANCE SECTAIRE DANS L’ENTREPRISE ET À L’INTERNATIONALAutre risque d’embrigadement avec l’application au coaching en entreprise de la théorie des “constellations systémiques”, inventée par l’Américaine Virginia Safir à partir de l’observation des tribus en pays zoulou : le groupe – en l’occurrence l’entreprise – fonctionne comme un corps biologique où chacun a un rôle précis. Une des dérives est de considérer que chacun fait partie du groupe et que c’est au groupe de tout décider pour lui.
Le rapport 2007 consacre un chapitre à la “stratégie d’influence de la mouvance sectaire à l’international”, notamment auprès de l’OSCE et particulièrement d’un de ses organismes, le BIDDH (Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme). Plusieurs mouvements – la Miviludes cite la scientologie, les raéliens et les témoins de Jéhovah – viennent y dénoncer la lutte contre les dérives sectaires au nom des atteintes à la liberté religieuse. Toutes les interventions étant publiées, elles ont de ce fait une diffusion et une respectabilité assurées.
Une autre technique est de mettre en cause les acteurs de la lutte contre les dérives sectaires, en visant les personnes elles-mêmes ou en mettant en cause le bien-fondé des subventions dont elles bénéficient.
Ce rapport a été remis mercredi au premier ministre, dont dépend la Miviludes.
1 avril, 2008
2-GEO/ECO, AMERIQUES, ETATS-UNIS, EUROPE, MONDIALISATION, Union Européenne
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L’aéroport de Londres-Heathrow se retrouve au coeur de la libéralisation des vols transatlantiques
LE MONDE | 29.03.08
Le transport aérien va franchir une nouvelle étape. Après la déréglementation intervenue aux Etats-Unis en 1978 et la libéralisation du ciel européen en 1992, l’accord dit de “ciel ouvert” entre les Etats-Unis et l’Union européenne doit entrer en vigueur dimanche 30 mars. Ce texte, signé le 30 avril 2007, met fin à plus de soixante ans de réglementation et d’accords bilatéraux passés entre les pays européens et les Etats-Unis. Dès dimanche, toutes les compagnies aériennes européennes et américaines pourront relier en direct les villes de leur choix - et non plus seules les villes de leur pays d’origine - des deux côtés de l’Atlantique.
La première conséquence de cet accord devrait être très logiquement une augmentation de l’offre, dont devraient bénéficier, au premier chef, les voyageurs des deux continents. En effet, ces capacités supplémentaires, que Bruxelles estime à 8 % d’ici à la fin du mois de juin, devraient avoir des répercussions sensibles, à la baisse, sur les tarifs. Didier Bréchemier, spécialiste du transport aérien au cabinet Roland Berger, estime la baisse des prix entre 6 % et 10 %. Mais, ajoute M. Bréchemier, “cela ne devrait pas aller plus loin : les compagnies n’ont aucun intérêt à se lancer dans une guerre tarifaire”.La libéralisation des vols transatlantiques devrait surtout se faire sentir à l’aéroport de Londres-Heathrow, première plate-forme mondiale pour le trafic international avec 62,1 millions de passagers internationaux en 2007. C’est en effet lui qui capte la plus grande partie du trafic aérien entre les Etats-Unis et l’Europe. Quelque 14 des 50 millions de voyageurs qui font ce trajet y passent. Et l’ouverture du nouveau terminal 5 va permettre d’accroître ce chiffre.

AFP/Photo © BAA Limited
Ouvert en 1946, Heathrow est l’une des principales plaques tournantes du transport aérien mondial, et revendique le titre de premier aéroport pour le trafic international de passagers (67 millions par an).
L’ouverture à la concurrence va rendre caduc l’accord bilatéral vieux de trente ans qui régissait les vols entre Londres-Heathrow et les Etats-Unis. Depuis 1977 et l’accord Bermuda II, seules deux compagnies américaines, American Airlines et United Airlines, et deux britanniques, British Airways et Virgin, étaient autorisées à voler entre Heathrow et les Etats-Unis. Pendant toutes ces années, cet accord a été une manne non seulement pour l’aéroport de Londres mais aussi pour British Airways, leader sur les Etats-Unis.
Ce marché suscite les convoitises. Les débuts calamiteux du terminal 5 d’Heathrow, qui a ouvert ses portes jeudi 27 mars, ne devraient pas décourager les nouveaux entrants. Air France - qui pour l’occasion a créé une société commune avec Delta Airlines - va prendre ses quartiers dans cet aéroport dès lundi. Les deux fondateurs de l’alliance SkyTeam pourront ainsi partager les recettes et les coûts sur l’axe transatlantique. La première liaison exploitée sera Londres-Los Angeles, dès lundi, mais d’autres suivront rapidement, promet Air France. British Airways, pour sa part, devrait ouvrir à partir du mois de juin des liaisons entre les Etats-Unis et Paris ou Bruxelles.
Pour Fabio Gamba, secrétaire général adjoint de l’Association des compagnies aériennes, l’accord “ne bouleverse pas la donne générale”. Toutes les compagnies pratiquent aujourd’hui la politique du “hub” (plate-forme de correspondance). “Pour être rentables, les grandes compagnies ont besoin d’une plate-forme de correspondance, optimisant le remplissage, estime M. Gamba, cité par l’AFP. Air France remplit ses vols transatlantiques à l’aéroport de Roissy, grâce à une certaine synchronisation des avions arrivant de toutes les régions françaises.”
SECOND VOLET DE NÉGOCIATIONS
L’accord de “ciel ouvert” qui va entrer en vigueur est un rééquilibrage en faveur des compagnies européennes car leurs homologues américaines pouvaient déjà desservir presque toutes les capitales du Vieux Continent. Cela étant, cet accord reste incomplet. Un second volet devrait être négocié à partir des 15 et 16 mai à Ljubljana, en Slovénie.
Certains dossiers restent à régler. Le premier est celui de l’actionnariat et du niveau de participation d’un investisseur étranger dans le capital d’une compagnie aérienne américaine. Il est toujours limité à 25 % des droits de vote, ce qui, en clair, ne donne toujours aucun pouvoir à l’actionnaire étranger, alors que dans l’Union européenne, les droits de vote peuvent atteindre 49,9 %. L’UE compte beaucoup sur une évolution de la position américaine.
L’autre point à régler sera celui du cabotage : les transporteurs européens voudraient pouvoir faire du cabotage aux Etats-Unis, c’est-à-dire, à l’occasion d’un arrêt, prendre des passagers pour les redéposer à un autre endroit du pays. Les deux parties ont tout intérêt à trouver un accord car si elles n’y parviennent pas, les droits acquis lors du premier round de négociations seront suspendus.
François Bostnavaron
Heathrow sera le grand gagnant de l’ouverture du ciel
AP
La libéralisation des vols transatlantiques devrait surtout se faire sentir à l’aéroport de Londres-Heathrow, première plate-forme mondiale pour le trafic international avec 62,1 millions de passagers
LE MONDE | 31.03.08
Heathrow va profiter du nouvel accord de ciel ouvert transatlantique entré en application dimanche 30 mars. L’aéroport londonien devrait accueillir un tiers de vols supplémentaires à destination des Etats-Unis cet été, consolidant ainsi son titre d’aéroport européen le plus fréquenté. Peu de nouvelles lignes devraient être ouvertes entre les autres capitales européennes et l’Amérique. Jusqu’à dimanche, seules quatre compagnies (American Airlines, British Airways, United Airlines et Virgin Atlantic) pouvaient voler entre Heathrow et les Etats-Unis. Dorénavant, tous ceux qui pourront acheter des créneaux de décollage et d’atterrissage pourront le faire. C’est notamment le cas d’Air France, de Continental Airlines, de Delta Airlines et d’US Airways.
On ne peut encore savoir si les nouveaux vols au départ d’Heathrow vont faire baisser les prix. Dans le contexte actuel de cherté du pétrole, les compagnies hésiteront sans doute à se lancer dans une guerre des tarifs. British Airways, qui domine Heathrow et dont deux tiers des marges sont dus aux vols transatlantiques, est la plus menacée par ce nouvel état de fait. Mais, si elle parvient à surmonter les problèmes actuels du nouveau terminal 5 et à maintenir sa prééminence, elle pourrait perdre moins de passagers que prévu.
Le grand gagnant devrait être Heathrow. L’aéroport a accueilli 62 millions de passagers en 2007, devant Paris-Charles-de-Gaulle (54,9 millions de passagers). Grâce au terminal 5, ce chiffre pourrait monter à 90 millions. Mais l’aéroport n’a que deux pistes. Et les créneaux existants se vendent jusqu’à 25 millions de livres, ce qui décourage certaines compagnies, comme Delta, d’ouvrir autant de lignes qu’elles le souhaiteraient. Bref, les nouveaux passagers viendront plus d’une augmentation des vols long-courriers opérés par de gros avions, au détriment des court-courriers et des petits appareils, que des nouveaux vols.
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1 avril, 2008
2-GEO/ECO, EUROPE, MONDIALISATION, RISQUES, Union Européenne
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En 2007, les salaires chinois ont augmenté en moyenne de 18,7%LE MONDE | 03.04.08
La hausse des salaires des employés classés comme urbains dans les statistiques chinoises aurait atteint, en moyenne, 18,72 % de 2006 à 2007, soit la plus forte augmentation en six ans, a annoncé, mardi 2 avril, le Bureau national des statistiques (BNS).
Le salaire moyen annuel a ainsi atteint 24 932 yuans (2 275 euros) en 2007, avec d’importantes disparités, puisqu’il est de 39 867 yuans à Pékin et de plus de 40 000 yuans à Canton, Shenzen et Shanghaï. La croissance continue des profits des entreprises chinoises et la hausse du salaire minimal, afin de prendre en compte l’inflation, ont contribué à cette hausse.
Tout indique que ces tendances se sont encore accélérées lors des derniers mois en raison, d’une part, du renforcement des tensions inflationnistes et, d’autre part, de la réforme de la législation du travail en faveur des salariés.La ville de Shanghaï a ainsi dû procéder, fin mars, à une nouvelle hausse du salaire mensuel minimal, la deuxième en cinq mois. Celui-ci a grimpé de 14 %, passant de 840 yuans à 960 yuans par mois.
NOUVELLES RÈGLES SOCIALES
Les retraites et les allocations-chômage ont été de nouveau revalorisées. Il faut dire que l’inflation a atteint 8,7 % en février en taux annualisé et que les prix de certaines denrées (viande, huile…) sont supérieurs de 50 % à leur niveau atteint il y a un an.
Malgré l’absence de syndicats indépendants et l’extrême difficulté rencontrée par les ouvriers pour faire valoir leurs droits, l’introduction de nouvelles règles sociales a sans doute contribué à l’inflation des salaires. La loi sur le contrat de travail, dont l’application est encore aléatoire, a ainsi obligé les entreprises à prévoir des compensations plus élevées qu’auparavant. A Shanghaï, fin mars, le département du travail a introduit une nouvelle règle selon laquelle les employés des sociétés d’Etat gagnant moins de 10 % du salaire de leur patron avaient le droit d’exiger une hausse. La règle doit s’appliquer à 75 % des entreprises d’Etat.
La hausse des prix a un moment été éclipsée par la bonne tenue de la Bourse, qui a provoqué, en 2006 et 2007, un effet de richesse. Or l’indice composite de Shanghaï a chuté de 45 % depuis octobre 2007 (et de 34 % au premier trimestre 2008), un retour de bâton douloureux pour la classe moyenne émergente des villes, qui s’était jetée à corps perdu dans la spéculation.
L’insouciance des petits investisseurs se fonde en grande partie sur l’idée que rien n’arrivera avant les Jeux olympiques. Le Centre d’information de l’Etat publiait, il y a peu, un rapport recommandant que les pouvoirs publics interviennent pour mettre fin à la morosité des marchés.
Brice Pedroletti
Les manifestations contre “la vie chère” provoquent des troubles au Sénégal et en Côte d’Ivoire
AFP/ISSOUF SANOGO
Manifestation dans les rues d’Yopougon, dans la banlieue d’Abidjan, contre la hausse des prix
LE MONDE | 01.04.08
La flambée des prix des denrées de première nécessité - riz, huile, lait, savon, carburants - provoque des troubles sociaux dans plusieurs pays d’Afrique. Après le Cameroun, le Burkina Faso et le Sénégal, des manifestations sporadiques contre “la vie chère” ont opposé, lundi 31 mars à Abidjan (Côte d’Ivoire), plusieurs centaines de personnes aux forces anti-émeutes qui ont fait usage de gaz lacrymogènes. “On a faim ! Gbagbo (le président de la République) n’a qu’à diminuer ! (les prix)“, ont scandé des manifestants qui ont dressé des barricades et brûlé des pneus sur l’autoroute traversant le quartier populaire de Yopougon, pourtant considéré comme un fief du pouvoir. Une dizaine de personnes ont été blessées et la police a saisi des cassettes dans les locaux d’une chaîne de télévision locale qui diffusait des images de son intervention. Un scénario presque exactement identique avait eu lieu la veille à Dakar (Sénégal) dimanche 30 mars. Mais la manifestation “contre la vie chère”, organisée par deux organisations de consommateurs, avait été interdite pour “menaces de troubles à l’ordre public”. Le défilé a dégénéré en heurts avec les policiers qui ont utilisé matraques et gaz lacrymogènes. Lundi soir, 24 personnes, dont les deux responsables des associations organisatrices, restaient entre les mains de la police. Au même moment, le président Abdoulaye Wade annonçait un remaniement ministériel marqué par le remplacement du ministre de l’intérieur, Ousmane Ngom. A Dakar aussi, la police a fait irruption dans les locaux d’une télévision privée, Walfadjiri, pour y ordonner l’arrêt de la diffusion en direct des images de la manifestation et saisir des enregistrements des séquences diffusées. Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé “le comportement violent des forces de l’ordre sénégalaises envers les journalistes”. Un ministre du parti présidentiel, Farba Senghor, a invité les Sénégalais à ne pas “se laisser tromper” par l’opposition, accusée d’organiser les protestations. La hausse des prix “n’est pas spécifique au Sénégal”, a-t-il argué, tandis qu’un autre membre du gouvernement a accusé les opposants d’utiliser “les enfants comme des chairs à canon”.
A Ouagadougou et dans plusieurs villes du Burkina-Faso, des dizaines de milliers de manifestants ont défilé aux cris de “Non à la vie chère !”, “A bas les corrompus !” le 28 février puis le 15 mars. A Douala (Cameroun), fin février, une grève contre l’envol des prix des carburants avait dégénéré en émeutes et pillages.
Philippe Bernard (avec AFP.)
La hausse record des prix en Europe fait craindre la spirale inflation-salaires
Robert Llewellyn/GAMMA
L’inflation a atteint en février 2008 son niveau le plus haut au cours des dix dernières années.
LE MONDE | 01.04.08
La hausse des prix a battu en mars un nouveau record au sein de la zone euro, à 3,5 % sur un an, selon les données provisoires d’Eurostat. Désormais très supérieur à l’objectif de 2 % poursuivi par la Banque centrale européenne (BCE), ce chiffre est le plus élevé jamais atteint en près de dix ans d’existence de la monnaie unique. Perceptible partout en Europe, l’envolée des prix fait craindre aux dirigeants européens l’émergence d’une spirale inflationniste alimentée par des revendications salariales élevées sur fond de perte de pouvoir d’achat. Après des années de modération salariale, c’est en Allemagne que le risque est aujourd’hui le plus évident. Les prix à la consommation y ont fait un bond de 3,1 % en mars sur un an, selon des estimations provisoires de l’Office fédéral des statistiques. Les économistes redoutent un effet dit de “second tour” : lassés de voir leur pouvoir d’achat rogné par l’inflation, les salariés exigent des augmentations de salaires importantes qui pourraient susciter à leur tour de nouvelles hausses de prix, si les entreprises répercutaient ces surcoûts sur leurs produits et leurs services.
Très combatifs depuis le début de l’année, les syndicats allemands veulent en finir avec la modération en vigueur outre-Rhin depuis plus de dix ans. Après plusieurs grèves d’avertissement, les employés du service public ont obtenu, lundi 31 mars, une progression de 5,1 % de leurs fiches de paie cette année, puis de 2,8 % en 2009. Les métallurgistes de Basse-Saxe, de Brême et de Rhénanie du Nord-Westphalie se sont vus accorder à compter du 1er mars une hausse de 5,2 %. Plus emblématique encore : le syndicat de conducteurs de trains GDL a multiplié les débrayages à l’automne 2007 et réclamé d’entrée de jeu 31 % de hausse salariale. Il s’est vu octroyer une augmentation de 11 %. “Une spirale prix-salaires pourrait signifier le début d’une inflation structurelle”, s’inquiète Rolf Krokea, expert à l’institut d’économie patronal de Cologne (IW).
DÉRAPAGE GÉNÉRAL DES PRIX
Les tensions en Allemagne sont susceptibles de faire tache d’huile dans les pays voisins. En février, la Commission européenne a revu à la hausse, de 2,1 à 2,6 %, ses prévisions d’inflation pour 2008, en prenant en compte le risque de “second tour” salarial.
Le phénomène pourrait, selon elle, s’ajouter aux deux autres grandes causes à l’origine de l’actuelle envolée des prix : progression du pétrole et celle des produits alimentaires. “Les changements substantiels dans les prix relatifs, causés par le changement climatique et les tensions sur les marchés des ressources naturelles vont (…) engendrer des défis conséquents pour la plupart de économies de l’Union”, a depuis estimé le commissaire responsable des affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia : “Nous parvenons, peut-être, à la fin d’une période de modération fantastique (des prix) qui nous a assuré croissance et stabilité pendant plus de vingt ans”.
Dans ce contexte, les avis divergent sur l’attitude à adopter, tandis que la croissance dans la zone euro ralentit. Le dérapage général des prix “renforce les arguments des travailleurs pour obtenir des augmentations de salaire”, répète le secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES), John Monks. La CES a organisé à Ljubljana une manifestation sur le pouvoir d’achat, en marge de la prochaine rencontre des ministres européens des finances, samedi 5 avril en Slovénie. D’après M. Monks, le rattrapage des salaires pourrait permettre de soutenir la demande domestique à l’heure où les exportations risquent de pâtir du ralentissement de l’économie mondiale, dans la foulée de la crise des crédits immobiliers à risque américains.
En face, les dirigeants européens appellent à la plus grande modération. Le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, cherche à dissuader tout effet de second tour en menaçant d’augmenter les taux d’intérêt. “La lutte contre l’inflation reste la plus haute priorité de la BCE”, a déclaré M. Trichet devant le Parlement européen le 26 mars. “Certains Etats membres ont constaté des revendications salariales en hausse, mais celles-ci n’ont à ce stade pas débouché sur des augmentations de salaires”, voulait croire la Commission européenne, en février : “L’affaiblissement des indicateurs de confiance et l’incertitude générale entourant l’activité économique devrait atténuer les revendications salariales”, affirmait-elle. En dépit des records battus chaque mois, M. Almunia continue d’espérer un retour à une progression des prix “plus conforme à la normale” d’ici à la fin de l’année.
Philippe Ricard et Marie de Vergès
31 mars, 2008
2-GEO/ECO, EUROPE, FRANCE, POPULATION et SOCIETE, Union Européenne
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Moral des ménages : trente ans de blues français
Les Français n’ont pas le moral. En janvier, février puis mars, l’indicateur de synthèse de l’Insee, qui donne une idée du “ressenti” des Français sur leur situation personnelle, a battu des records à la baisse : - 34, - 35 et enfin - 36, contre - 13 en juin 2007. Ces chiffres n’avaient jamais été atteints depuis la création de cet indicateur en 1987 (niveau le plus haut : + 10 en janvier 2001).
Ce moral en berne est une tendance de fond, ancrée dans le paysage français(…D)epuis 1972, le baromètre TNS-Sofres, de son côté, n’a jamais comptabilisé, depuis mai 1973, plus de 40 % d’optimistes. Et il enregistre, depuis septembre 1990, une constance dans le pessimisme majoritaire, à peine interrompue par de fugaces bouffées d’optimisme(…) A travers des séries statistiques longues, des “tendances lourdes” donnent à cette mélancolie collective des fondements objectifs, qui confirment des observations intuitives.
Depuis la fin des années 1970, la France a beaucoup changé. Les progrès les plus évidents touchent la santé et les révolutions technologiques. Vacances et RTT ont diminué le temps de travail. La crise du logement ne peut pas faire oublier que le confort des habitations s’est amélioré de façon spectaculaire. Mais le confort matériel ne fait pas, ou plus, le bonheur. Car de l’autre côté du fléau de la balance, le plateau de ce qui va moins bien est surchargé.
En trois décennies, la France s’est installée dans le chômage, tout en devenant plus inégalitaire, tandis que le niveau de vie piétinait. La précarité marque les esprits. La crainte de devenir SDF touche 47 % des Français, selon un sondage BVA.
De multiples autres facteurs de déprime pourraient être évoqués. Le “modèle social” s’est grippé. Pour la première fois de l’après-guerre, les Français redoutent que leurs enfants aient une vie plus difficile que la leur. Les distances domicile-travail explosent, le stress professionnel aussi. Avant 1979, presque personne ne parlait des banlieues-ghettos. Elles sont devenues la mauvaise conscience d’une société perçue comme plus dure, moins solidaire. La mondialisation libérale est souvent vécue comme une menace. Sans oublier les nouvelles angoisses liées au réchauffement climatique(…)
Jean-Louis Andreani
(extraits du MONDE 01.04.08.)
31 mars, 2008
2-GEO/ECO, EUROPE, FRANCE, POPULATION et SOCIETE, Union Européenne
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La famille en 2008
LE MONDE | 31.03.08
Dans les années 2000, la famille s’est éloignée du modèle proposé et très en vogue par les années 50.La famille des années 2000 est bien loin du modèle traditionnel des années 1950. Des mères plus âgées, des pacs qui se substituent de plus en plus souvent aux mariages et une majorité d’enfants qui naissent désormais hors mariage : telles sont ses nouvelles caractéristiques, décrites dans le bilan 2007 de l’Institut national d’études démographiques.
Des grossesses de plus en plus tardives. En 2007, les femmes qui ont mis un enfant au monde avaient en moyenne 29,9 ans(…). En 1977, l’âge moyen des femmes à l’accouchement était de 26,5 ans. Aujourd’hui, plus d’un nouveau-né sur cinq (21,1 %) a une mère âgée de plus de 35 ans.
L’explosion du pacs. Créé en 1999, le pacte civil de solidarité(…) connaît un immense succès : alors que le mariage ne cesse de reculer, le nombre annuel de pacs a plus que quintuplé, passant de 20 000 en 2001 à plus de 100 000 en 2007. Cette progression est liée à l’augmentation des pacs signés par des couples homosexuels (+ 50 %), mais surtout(…par) des couples hétérosexuels : en six ans, leur nombre a été multiplié par six. “En 2007, on se rapproche d’un pacs pour deux mariages”(…)Le triomphe du pacs est sans doute lié au fait qu’il s’est peu à peu rapproché du mariage : en 2005, les avantages fiscaux accordés aux pacsés ont été alignés sur ceux des couples mariés. Sa souplesse - il peut être dissous à la suite d’une simple déclaration écrite - semble en outre correspondre aux demandes des couples d’aujourd’hui(…)

La banalisation des naissances hors mariage. En 2007, près de la moitié des bébés sont nés au sein d’un couple non marié, contre seulement 6 % en 1970(…)“Le droit a pris en compte ce bouleversement : en 1972, le législateur a proclamé l’égalité des filiations légitimes et naturelles et, en 2001, l’égalité successorale des enfants a été garantie. Cette évolution a été parachevée en 2005 par une ordonnance (…) qui a fait disparaître les mots “légitime” et “naturel” du code civil.Les naissances hors mariage ne sont plus le signe d’une absence de père : en 2005, plus de 80 % des enfants nés hors mariage ont été reconnus par leur père dès la naissance. “Les naissances hors mariage surviennent désormais le plus souvent au sein de couples stables, conclut M. Pison(…demographe). Avec la banalisation des naissances de couples non mariés, la reconnaissance paternelle est devenue la règle.”
(extraits article Anne Chemin )
28 mars, 2008
2-GEO/ECO, ASIE, CHINE, EUROPE, FRANCE, MONDIALISATION, Union Européenne
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ParisChina Corn Oil, spécialisée dans la production d’huile de maïs alimentaire, est la première entreprise de la République populaire à faire son entrée sur un marché régulé en France
LE MONDE | 26.03.08
Un petit pas pour la Bourse mais un grand pas pour Alternext.” Jean-François Théodore, directeur adjoint de la Bourse transatlantique NYSE-Euronext, n’a pas lésiné sur le symbole, mardi 25 mars, pour accueillir China Corn Oil, la première société chinoise sur Alternext, le marché dédié aux petites et moyennes entreprises (PME) “Il s’agit d’une opération historique”, a-t-il ajouté. China Corn Oil, spécialisée dans la production d’huile de maïs alimentaire, est la première entreprise de la République populaire à faire son entrée sur un marché régulé en France. Jusqu’ici, les sociétés chinoises, jugées un peu trop “exotiques” par les investisseurs hexagonaux, privilégiaient une cotation à Londres ou à New York, où l’on en recense déjà 57. “L’opération fut une mission d’évangélisation”, atteste Claude Breuil, conseiller financier chez Invest Securities, chargé de l’offre. Elle est donc restée modeste. Dans un premier temps, les actions de China Corp Oil ne seront accessibles qu’à des investisseurs professionnels, et l’entreprise s’est contentée de lever le minimum légal, 5 millions d’euros, soit environ 7 % du capital.
“ETRE LES PREMIERS EN FRANCE”
“Nous préférons être les premiers en France que le cinquantième à Londres ou ailleurs”, explique Wang Dingli, conseiller de China Corn Oil. La société espère profiter de l’exposition médiatique de ce petit événement, qui a mobilisé une délégation chinoise de près de quinze personnes, dont l’état-major de China Corn Oil, mais aussi la maire de la ville de Binzhou où est basée la société et le conseiller économique de l’ambassade de Chine à Paris. Leader dans son pays, l’entreprise compte se faire connaître pour attirer les consommateurs européens et devenir “la” référence haut de gamme d’huile de maïs. “Nous voulons être le “Lancôme” de l’huile de maïs”, s’amuse M. Wang.
Avec un peu plus de 100 millions d’euros de chiffre d’affaires, la société profite de la flambée des matières premières. En Chine, le prix de l’huile de maïs a progressé de 40 % en un an et demi. Assez pour séduire les épargnants ?
Le moment n’est pas le mieux choisi pour s’aventurer en Bourse. Les turbulences provoquées par la crise des subprimes n’ont pas encouragé les entreprises à se faire coter sur le Vieux Continent. China Corn Oil a d’ailleurs dû reporter l’opération initialement prévue en décembre 2007.
“China Corn Oil est un cas à part”, espère néanmoins Robert Yu, de la banque ICBC, conseil de la société. Pour sa première cotation, l’entreprise chinoise a profité du rebond inattendu du marché. Le CAC 40 a progressé mardi de 3,49 %, et l’action de China Corn Oil s’est octroyé une hausse de 5 %, cotant 20,81 euros à l’issue de sa première journée de cotation.
Claire Gatinois et Yinan Qian
28 mars, 2008
2-GEO/ECO, ASIE, EUROPE, INDE, MONDIALISATION, ROYAUME-UNI, Union Européenne
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INDE:
Chef de l’état:Présidente : Pratibha Patil (depuis le 25-7-2007). Premier ministre: Manmohan Singh (depuis mai 2004)-Régime politique:République fédérale démocratique souveraine socialiste laïque (25 Etats et 7 territoires). Membre du Commonwealth-Capitale:New Delhi-Langue officielle:Hindi, anglais-Superficie:3 287 263 Km2-Population:1 103 596 000 hab. ( en 2005)-Densité de Pop.:335.72 hab./Km2-Monnaie Nationale:Roupie indienne (INR)-Cours en Euros:0.01589000 (au 28/03/2008)-Pnb:567,604 Milliard(s) de dollars-Indice de Développement Humain (rang mondial):0,602 (127) ( en 2003)
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Automobile : Avec Land Rover et Jaguar, Tata devient un groupe mondial
Jaguar. La prestigieuse marque britannique a été créée en 1922 par Bill Lyons. Elle a été rachetée par le constructeur américain Ford en 1989 pour 1,6 milliard de livres (2 milliards d’euros). Elle compte 8 000s alariés dont 2000 dans le centre d’ingénierie de Coventry, 3 000 dans l’usine de Birmingham et 3 000 autres à Halewood près de Liverpool. En 2007, le constructeur a vendu 60 000 voitures dont plus de 70 % à l’exportation. Selon les analystes, Jaguar a perdu 500 millions de dollars (320 millions d’euros) en 2007.
Land Rover. Fondé en 1947 par Rover, Land Rover a été racheté en 1994 par BMW et, en 2000, par Ford pour 1,7 milliard de livres. A Solihull près de Birmingham, 7 900 salariés fabriquent les véhicules de la marque. En 2007 et pour la première fois de son histoire, Land Rover a dépassé le cap des 200 000 voitures vendues (205 717). Ses bénéfices se sont établis, selon les analystes, à 1 milliard de dollars.
LE MONDE | 26.03.08
New Delhi, correspondance
Un an après s’être emparé du fleuron sidérurgique britannique Corus, le groupe indien Tata devient propriétaire de Land Rover et Jaguar. Tata a annoncé, mercredi 28 mars, le rachat des deux marques de luxe britanniques pour 2,3 milliards de dollars (1,47 milliard d’euros). L’opération doit être finalisée à la fin du second semestre.
Grâce à cette acquisition, le groupe indien est en passe de devenir un constructeur automobile d’envergure mondiale, huit ans seulement après avoir assemblé sa première voiture. “Tata Motors veut devenir un groupe international, ce qui veut dire qu’il a besoin d’avoir accès aux dernières technologies”, indiquait récemment Ratan Tata, le président du groupe Tata, au magazine britannique Autocar Magazine. De fait, l’accord signé mercredi prévoit le maintien avec Tata des coopérations qui existaient avec Ford.Avec un budget annuel de 600 millions d’euros consacré à la recherche et développement, soit le triple de celui de Tata Motors, Land Rover et Jaguar disposent de technologies cruciales pour le développement du groupe indien sur les marchés occidentaux. Ratan Tata n’a jamais caché qu’il espérait lancer en Europe dans quelques années la Nano, la voiture la moins chère du monde.
“En rachetant ces marques et ce savoir-faire, Tata comble dix à quinze ans de retard”, estime Amit Kasat, analyste chez Motilal Oswal, basé à Bombay. Tata Motors va emprunter 3milliards de dollars pour financer l’acquisition et le développement des deux marques britanniques. Il peut compter sur le soutien de l’empire Tata, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 28 milliards de dollars lors de son dernier exercice fiscal.
“Tata Motors n’est pas tant intéressé par les marques que par la taille critique indispensable à son développement à l’international. Pour survivre, un constructeur automobile doit être présent sur tous les segments”, note Dilip Chenoy, directeur général de l’association des constructeurs automobiles indiens. Tata Motors est surtout présent en Inde, tandis que Land Rover et Jaguar sont bien implantés sur les marchés développés. Toutefois, le constructeur indien ne peut guère compter sur les synergies du nouvel ensemble. La voiture la plus économique commercialisée par Land Rover se vend quinze fois le prix d’une Nano. De la voiture la moins chère du monde à la voiture de luxe, les circuits de distribution, la conception et le marketing obéissent à des logiques différentes. Prudent, Ratan Tata précise qu’il conservera l’autonomie de Land Rover et Jaguar : “Ce sont des marques britanniques et elles devront rester britanniques.” D’après les analystes, Land Rover a dégagé un profit de 1 milliard de dollars en 2007, tandis que Jaguar a affiché des pertes de 500 millions de dollars. La marque vend aujourd’hui l’essentiel de sa production aux Etats-Unis et en Europe. Pour redresser la barre, Tata mise sur sa connaissance des pays émergents, qui représentent un potentiel de développement gigantesque pour les marques de luxe. “Il n’est pas impossible que l’Inde serve de plate-forme de production”, s’avance même Abdul Majeed, en charge du secteur automobile au cabinet de conseil Price Waterhouse, à Madras.
Les finitions, qui sont, sur ce segment de marché, fondamentales mais coûteuses, pourraient être délocalisées en Inde. Toutefois, dans l’immédiat, les usines britanniques de Land Rover comme de Jaguar sont en surcapacité. La production ne devrait donc pas faire l’objet de délocalisations.
D’ailleurs, en novembre 2007, Tata s’est engagé devant les syndicats britanniques à ne fermer aucune usine, et à ne supprimer aucun emploi, au moins pendant cinq ans. Mais “si l’Inde est capable, dans quelques années, d’assembler des voitures de luxe à moindre coût, elle pourrait bien sauver le fleuron automobile de son ancien pays colonisateur”, espère Dilip Chenoy.
Julien Bouissou
28 mars, 2008
2-GEO/ECO, EUROPE, FRANCE, POPULATION et SOCIETE, TOLERANCE, Union Européenne
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«On ne s’intéresse à la violence raciste que lorsqu’il y a passage à l’acte»
Le vice-président de SOS-Racisme Samuel Thomas est photographié, le 05 juin 2004 à l’Hôtel de Ville de Paris (Archives AFP)
Samuel Thomas, vice-président de SOS racisme, estime que le rapport de la commission nationale consultative des droits de l’Homme, qui relève une baisse des faits racistes en 2007, n’a «aucun sens».
Recueilli par Cordélia Bonal
LIBERATION.FR : vendredi 28 mars 2008
Le rapport de la commission nationale consultative des droits de l’Homme fait apparaître une baisse de 23,5% des faits racistes, xénophobes et antisémites en 2007. Cela vous étonne-t-il?
Ces chiffres n’ont pour nous aucun sens, ils sont sans fondement. Le commission relaie là les faits recensés par les forces de l’ordre et qui ont fait l’objet d’une plainte au parquet, soit une infime minorité de ce qu’est la réalité. Ces faits seraient selon le rapport de 707 en 2007. Mais si l’on prend ne serait-ce que le nombre d’injures racistes en un an au stade de France, on est bien au delà de 707. Quant aux discriminations à l’embauche, dont on sait que très peu de victimes portent plainte, ça se compte en dizaines de milliers. Même chose pour le logement. La terminologie même de «fait raciste» pose problème: de quoi parle-t-on au juste? Nous-mêmes, nous sommes au courant d’à peine 1% des dossiers. Vouloir quantifier le racisme est aberrants
Vous contestez donc la tendance à la baisse relevée par la commission?
Ça ne baisse pas du tout. Pour qu’il y ait une baisse, il faudrait que l’Etat s’en donne les moyens, agisse en conformité avec les intentions qu’il affiche. C’est là-dessus qu’il faut s’interroger, plus que sur la question des chiffres. Prenons l’exemple de la discrimination à l’embauche. Les agents ANPE sont tenus, lorsqu’ils constatent une discrimination, de la dénoncer au parquet. Cela ne se produit quasiment jamais, au mieux cinq fois par an. On sait pourtant que dans la restauration par exemple, le Bureau international du travail a mené en France une campagne de testing d’où il ressortait que trois employeurs sur quatre pratiquaient la discrimination en privilégiant, à profil identique, un postulant blanc à un postulant noir. De même, dans le milieu du travail, on observe une hausse significative du nombre de plaintes adressées à la Halde. Or aucun inspecteur du travail supplémentaire n’a été recruté pour traiter ces dossiers.
Le rapport conclut également à une tendance à la hausse de la violence. Cela correspond à ce que vous constatez?
La violence va crescendo depuis vingt ans, plutôt régulièrement, avec c’est vrai des pics comme en 2005 avec les émeutes dans les banlieues. Il faut distinguer d’une part la violence à caractère raciste structurée par des groupes idéologiques d’extrême-droite, de plus en plus présents sur internet, qui galvanisent une jeunesse totalement décomposée, et d’autre part le racisme plus diffus qui s’installe dans un climat de violence déjà existant dans les banlieues, les cités. Cette violence là s’explique par la disparition de l’encadrement adulte, qu’il soit associatif ou salarié: animateurs, éducateurs…
Quant au racisme idéologique, qui mène par exemple aux agressions contre les mosquées et les synagogues, on ne s’y intéresse que lorsqu’il y a passage à l’acte, alors que les groupuscules qui en sont à l’origine sont connus. Pourquoi, à quelques exceptions près comme la Tribu Ka, ces groupes ne sont-ils pas dissous? L’Etat se contente d’observer alors qu’on pourrait mettre un terme à cette propagande avant d’en arriver à des drames.
20 mars, 2008
2-GEO/ECO, EUROPE, FRANCE, RISQUES, Union Européenne
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Des niveaux inquiétants de nitrates, pesticides, PCB et hydrocarbures
LE MONDE | 19.03.08
Les substances polluantes présentes dans les rivières se répartissent en deux catégories : macro et micropolluants. Parmi les premiers, qui ne présentent pas de danger majeur tant que leur concentration reste faible, on trouve :
- les matières azotées, au premier rang desquelles les nitrates, qui proviennent pour l’essentiel des engrais agricoles ;
- les matières organiques, rejetées par les collectivités ou les élevages ;
- le phosphore, issu notamment des activités domestiques et de l’agriculture.

L’excès d’azote et de phosphore provoque l’eutrophisation des milieux aquatiques, qui se manifeste par la prolifération d’algues et la raréfaction de l’oxygène.
Selon les données de l’Institut français de l’environnement (IFEN), la situation s’est globalement améliorée au niveau des macropolluants depuis le début des années 1990, hormis les nitrates, pour lesquels plus de la moitié des points de contrôle des cours d’eau présentaient, en 2003, une qualité de moyenne à mauvaise.
Les micropolluants peuvent se révéler toxiques, même à faible dose. Les plus courants sont les pesticides, les métaux, les polychlorobiphényles (PCB ou pyralènes), les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et des substances dites “émergentes”, peu documentées et réglementées, telles que résidus médicamenteux, composés bromés, etc.
L’IFEN a publié, en décembre, un rapport indiquant qu’en 2005, “des pesticides ont été trouvés dans 91 % des points de mesure des cours d’eau” et que 36 % de ces points présentaient “une qualité moyenne à mauvaise”. Si la situation s’améliore pour les métaux, dont certains sont présents naturellement dans les eaux de surface, elle est qualifiée par l’IFEN de “très préoccupante” s’agissant des HAP, qui proviennent de la combustion de produits pétroliers. Ces hydrocarbures se retrouvent dans la quasi-totalité des points de contrôle, 93 % de ceux-ci ayant une qualité “moyenne à médiocre”.
AP/DAVID VINCENT
L’estuaire de la Loire à Paimboeuf pollué par une centaine de tonnes de fioul d’une raffinerie Total, le 18 03 08
Les PCB, qui sont désormais interdits, résultent d’une pollution historique d’origine industrielle qui s’est accumulée dans les sédiments des rivières. Une étude portant sur la période 2000-2005 a montré que 31 % des sites analysés étaient contaminés aux PCB.
Gilles van Kote
19 mars, 2008
1-HISTOIRE, ALLEMAGNE, EUROPE, ISLAM, TOLERANCE, Union Européenne
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L’islam devrait rejoindre (un jour!) les autres religions au programme des écoliers allemands
LE MONDE | 18.03.08
L’introduction d’un cours de religion islamique dans les écoles publiques semble désormais incontournable en Allemagne. Le 13 mars, la Conférence sur l’islam, qui réunit depuis l’automne 2006 une trentaine de représentants des pouvoirs publics allemands et des organisations musulmanes ainsi que des personnalités indépendantes favorables à un islam sécularisé, s’est prononcée en faveur de l’instauration d’un tel enseignement en allemand.
“Nous sommes d’accord pour dire qu’il faut suivre ce chemin”, a déclaré le chrétien-démocrate Wolfgang Schäuble, ministre fédéral de l’intérieur, qui préside cette commission. Néanmoins, il va s’écouler encore quelques années avant que ce projet puisse aboutir.Alors que la Constitution allemande prévoit des cours de religion à l’école, les petits musulmans ne peuvent pas en bénéficier contrairement à leurs camarades catholiques, protestants, orthodoxes ou juifs. Les organisations musulmanes le réclament depuis plusieurs années et accusent l’Etat de mettre de la mauvaise volonté. Pour se justifier, les autorités soulignent l’absence d’une organisation représentative. Le système fédéraliste, qui délègue les questions d’école aux Länder (les régions allemandes), complique un peu plus ce débat.
FORMATION DES ENSEIGNANTS
Ces dernières années, en réaction aux nombreuses polémiques sur l’échec de l’intégration des populations d’origine turque, plusieurs Länder, tels que la Rhénanie du Nord-Westphalie ou la Basse-Saxe, ont mis en place des projets pilotes.
En parallèle, les représentants des musulmans tentent de s’organiser dans l’espoir d’obtenir le même statut que les Eglises chrétiennes. En avril 2007, les quatre principales organisations musulmanes, le conseil de l’Islam (Islamrat), le conseil central des musulmans (ZMD), l’union turque islamique des affaires théologiques (Ditib) et l’association des centres culturels islamiques (VIKZ) se sont regroupés au sein d’un conseil de coordination (KRM).
D’après les chiffres communiqués par le KRM, les quatre organisations représentent 2 000 mosquées sur un total de 2 900 outre-Rhin. Toutefois, les autorités doutent que cette fédération soit représentative des 3,3 millions de musulmans vivant en Allemagne. En effet, selon les estimations du ministère de l’intérieur, seuls 10 % à 15 % des musulmans font partie des associations de mosquées.
Aussi, pour être reconnu comme partenaire dans l’élaboration d’un cours de religion islamique, les musulmans devront former des communautés religieuses dans chaque région. “A la différence des organisations du KRM, une telle communauté a pour objectif et contenu la pratique religieuse”, souligne-t-on au ministère de l’intérieur.
Autre difficulté, la formation des enseignants. Pour l’instant, seules quelques universités allemandes proposent le cursus nécessaire. De plus, toutes les régions ne sont pas favorables à l’instauration d’un cours de religion islamique.
Cécile Calla
17 mars, 2008
2-GEO/ECO, FRANCE, MONDIALISATION
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NICOLAS CORI
Liberation QUOTIDIEN : vendredi 14 mars 2008
Voyage sur le jet de Vincent Bolloré, Martin Bouygues comme parrain de son fils… Nicolas Sarkozy est - qui ne le sait pas ? - un ami des grands patrons. Et n’hésite pas à discuter business avec eux. Cette proximité, dont l’intéressé se vante, pourrait finir par lui causer quelques ennuis judiciaires. Le président de la République a ainsi été mis en cause dans une plainte qui évoque des faits de corruption concernant la fusion entre Suez et Gaz de France. Et qui dénonce le fait que l’un des principaux actionnaires de Suez, le baron et milliardaire belge Albert Frère - un proche de Sarkozy, présent, par exemple, à la fameuse soirée au Fouquet’s, après la victoire présidentielle - a été avantagé par les pouvoirs publics français au cours de plusieurs opérations financières récentes.
Célérité. Le dossier embarasse. Contactés, ses principaux acteurs ont fait les morts, ou refusé de s’exprimer officiellement. Heureusement pour le chef de l’Etat, il n’est aujourd’hui - provisoirement ? - plus inquiété. La plainte évoquait des faits relevant de «prise illégale d’intérêt», d’«escroquerie» et d’«abus de confiance» à l’encontre de X et d’Albert Frère. Mais déposée le 24 décembre dernier, elle a été classée sans suite dès le 15 janvier. Une célérité inhabituelle, surtout que l’auteur de la plainte n’a même pas été entendu. «La procédure n’a pas permis de caractériser suffisamment l’infraction», écrit le parquet de Paris. Une attitude qui contraste avec celle du ministère de l’Economie, qui avait examiné avec beaucoup d’attention ce dossier. Alertée, la direction des affaires juridiques de Bercy avait mené une enquête en toute discrétion, mais sans prévenir l’Elysée, et Christine Lagarde avait été informée de son état d’avancement.
A l’origine de cette plainte, il y a un homme d’affaires. Il s’appelle Jean-Marie Kuhn et est lorrain. Il y a dix ans, il rachète une entreprise de distribution de vêtement auprès du groupe GIB, aujourd’hui propriété d’Albert Frère. Mais l’opération se passe mal, une partie de la marchandise disparaît. Et il dépose une plainte. Après plusieurs mois, les deux parties finissent par s’entendre et signent une convention prévoyant un dédommagement pour Kuhn. Sauf que GIB ne l’honorera jamais. Pour se venger, l’homme d’affaires lorrain se lance dans une enquête sur Albert Frère. Et ce qu’il découvre est révélateur des mœurs assez particulières du capitalisme français. Où il est finalement assez courant de voir l’Etat faire des mauvaises affaires pour le plus grand profit d’acteurs privés.
Principale opération mise en cause par Kuhn, la vente en 2006 à la Caisse des dépôts de la chaîne de hamburgers Quick, alors propriété de GIB, à un prix démesuré. La transaction s’était alors faite pour un montant de 850 millions d’euros. Soit deux fois le chiffre d’affaires officiel de Quick. Celui-ci, en plus, aurait été «artificiellement gonflé», selon Kuhn, qui a refait les calculs. La CNP, l’un des holdings d’Albert Frère, avait retiré de l’opération une plus-value de 150 millions d’euros. Somme qui lui aurait permis ensuite de se renforcer dans le capital du groupe Suez. Et d’être en position de peser sur le destin du groupe alors qu’il s’apprêtait à fusionner avec Gaz de France. En août dernier, alors que les négociations sur la fusion bloquaient, Frère avait convaincu Gérard Mestrallet, le PDG de Suez, de se séparer de sa filiale Suez Environnement. Il était allé directement à l’Elysée pour négocier avec Sarkozy. Selon Kuhn, «seuls les décisionnaires politiques au plus haut niveau pouvaient autoriser ou avaliser l’engagement de la Caisse des dépôts dans ces opérations menées au profit d’Albert Frère». Et de poursuivre, dans sa plainte : «L’enquête précisera les responsabilité et déterminera le profit que les décideurs ont pu tirer en contrepartie de leur soutien.» Mais d’ores et déjà, il met en cause «un pacte de corruption à la mesure de l’enjeu financier colossal que représente la fusion Suez-GDF, dans laquelle Albert Frère peut espérer tirer un profit de plusieurs dizaines de milliards d’euros» et dénonce une «complicité» de l’Etat.
Décoration. Fort de cette conviction, Kuhn écrit à partir du début 2007 de nombreuses lettres aux différents responsables de la majorité, dont Nicolas Sarkozy. Il veut être reçu et expliquer à la fois son affaire privée, et les avantages qui auraient été consentis à Frère. Tous lui répondent par le silence ou par des fins de non-recevoir. Sauf Bercy. A partir d’août 2007, un conseiller de Christine Lagarde s’entretient à plusieurs reprises avec Kuhn. Et ordonne une enquête. En décembre, la sous-directrice aux affaires juridiques du ministère reçoit l’homme d’affaires, et lui conseille de porter plainte «eu égard à l’extrême gravité des faits», dixit Kuhn. Ce qu’il fait quelques jours plus tard. Sans succès. Mais cela ne le désespère pas. Il contacte alors les syndicats de GDF, opposés à la fusion avec Suez. La CGT qui juge les faits «suffisamment troublants» fait alors circuler en interne un document, rédigé par l’homme d’affaires, intitulé «GDF/Suez : la face cachée». A l’intérieur, Kuhn y détaille le «pacte de corruption», en relevant un événement récent : la remise en février dernier par Sarkozy de la grand-croix de la Légion d’honneur, récompense réservée à quelques dizaines de personnes, à Albert Frère et à son associé en affaires, le canadien Paul Desmarais (les deux hommes sont co-actionnaires de Suez au travers d’un holding).
A cette occasion, Sarkozy avait fait un aveu : «Si je suis aujourd’hui président de la République, je le dois en partie aux conseils, à l’amitié et à la fidélité de Paul Desmarais.» Et de détailler comment, en 1995, alors qu’il était au creux de la vague, le financier canadien l’avait invité dans sa famille et s’était engagé à «bâtir» une «stratégie» pour lui. Dans cette optique, tous les avantages accordés à Frère et Desmarais seraient une façon, pour le Président, de renvoyer l’ascenseur. Plutôt gênant comme théorie. Pourtant, personne n’a porté plainte pour diffamation contre Jean-Marie Kuhn. Pour l’instant.