19 mars, 2008
1-HISTOIRE, ALLEMAGNE, EUROPE, ISLAM, TOLERANCE, Union Européenne
Aucun commentaire
L’islam devrait rejoindre (un jour!) les autres religions au programme des écoliers allemands
LE MONDE | 18.03.08
L’introduction d’un cours de religion islamique dans les écoles publiques semble désormais incontournable en Allemagne. Le 13 mars, la Conférence sur l’islam, qui réunit depuis l’automne 2006 une trentaine de représentants des pouvoirs publics allemands et des organisations musulmanes ainsi que des personnalités indépendantes favorables à un islam sécularisé, s’est prononcée en faveur de l’instauration d’un tel enseignement en allemand.
“Nous sommes d’accord pour dire qu’il faut suivre ce chemin”, a déclaré le chrétien-démocrate Wolfgang Schäuble, ministre fédéral de l’intérieur, qui préside cette commission. Néanmoins, il va s’écouler encore quelques années avant que ce projet puisse aboutir.Alors que la Constitution allemande prévoit des cours de religion à l’école, les petits musulmans ne peuvent pas en bénéficier contrairement à leurs camarades catholiques, protestants, orthodoxes ou juifs. Les organisations musulmanes le réclament depuis plusieurs années et accusent l’Etat de mettre de la mauvaise volonté. Pour se justifier, les autorités soulignent l’absence d’une organisation représentative. Le système fédéraliste, qui délègue les questions d’école aux Länder (les régions allemandes), complique un peu plus ce débat.
FORMATION DES ENSEIGNANTS
Ces dernières années, en réaction aux nombreuses polémiques sur l’échec de l’intégration des populations d’origine turque, plusieurs Länder, tels que la Rhénanie du Nord-Westphalie ou la Basse-Saxe, ont mis en place des projets pilotes.
En parallèle, les représentants des musulmans tentent de s’organiser dans l’espoir d’obtenir le même statut que les Eglises chrétiennes. En avril 2007, les quatre principales organisations musulmanes, le conseil de l’Islam (Islamrat), le conseil central des musulmans (ZMD), l’union turque islamique des affaires théologiques (Ditib) et l’association des centres culturels islamiques (VIKZ) se sont regroupés au sein d’un conseil de coordination (KRM).
D’après les chiffres communiqués par le KRM, les quatre organisations représentent 2 000 mosquées sur un total de 2 900 outre-Rhin. Toutefois, les autorités doutent que cette fédération soit représentative des 3,3 millions de musulmans vivant en Allemagne. En effet, selon les estimations du ministère de l’intérieur, seuls 10 % à 15 % des musulmans font partie des associations de mosquées.
Aussi, pour être reconnu comme partenaire dans l’élaboration d’un cours de religion islamique, les musulmans devront former des communautés religieuses dans chaque région. “A la différence des organisations du KRM, une telle communauté a pour objectif et contenu la pratique religieuse”, souligne-t-on au ministère de l’intérieur.
Autre difficulté, la formation des enseignants. Pour l’instant, seules quelques universités allemandes proposent le cursus nécessaire. De plus, toutes les régions ne sont pas favorables à l’instauration d’un cours de religion islamique.
Cécile Calla
16 mars, 2008
2-GEO/ECO, ALLEMAGNE, MONDIALISATION, Union Européenne
Aucun commentaire
Volkswagen veut devenir le numéro un mondial devant Toyota
LE MONDE | 14.03.08
Ni le deuxième, ni le troisième mais bien le premier. Volkswagen (VW) ambitionne de devenir le numéro un mondial de l’automobile, devant le groupe japonais Toyota. Mais pas avant 2018. A cette date, il compte vendre 10 millions de véhicules dont 6,6 millions pour la seule marque Volkswagen.
VW se donne dix ans pour “rattraper et dépasser”. Toyota. C’est ce qu’a martelé Martin Winterkorn, le président du directoire du premier constructeur européen, jeudi 13 mars, lors de la présentation des résultats 2007 du groupe.
Pour réaliser son objectif, VW compte s’appuyer sur la montée en puissance de son principal actionnaire, Porsche. Pour M. Winterkorn, c’est “une ère totalement nouvelle” qui démarre. “Nos concurrents savent l’énorme potentiel de ce partenariat, qu’un joueur apparaît ici qui, avec son rayonnement, sa rentabilité et sa force d’innovation, sera le meilleur constructeur au monde”, a-t-il lancé.Rien n’empêche désormais Porsche de monter à plus de 50 % dans le capital de VW : début mars, il a reçu le feu vert de son conseil de surveillance. Wendelin Wiedeking, le patron de Porsche, veut multiplier les synergies entre les deux groupes. Déjà, le 4 × 4 de luxe d’Audi, le Touareg (celui de VW) et le Cayenne de Porsche partagent la même plate-forme. Un moteur hybride pourrait même être développé en commun.
Pour la première fois de son histoire, VW a vendu 6,1 millions de véhicules en 2007. De son côté, son rival japonais en a commercialisé 9,369 millions et il prévoit d’en produire près de 10 millions en 2008. Pour que VW gagne son double pari de franchir cette barre et de devenir le numéro un mondial dans dix ans, il faudrait donc que Toyota stagne.
ADAPTER L’OFFRE AU MONDE ENTIER
En ce qui concerne la rentabilité, si Porsche présente la meilleure au monde, celle de Toyota se situe loin devant celle de VW. Sur son exercice 2006-2007, le constructeur japonais a dégagé un bénéfice net de 10,2 milliards d’euros contre 4,1 milliards pour VW. Toutefois, pour la première fois, les huit marques du groupe allemand ont participé à la croissance. Même l’espagnol Seat, véritable point noir du constructeur, a gagné de l’argent en 2007. Et Audi, la marque de luxe, tire les profits du groupe.
Les différences ne s’arrêtent pas là. “A l’international, Toyota est présent sur tous les marchés avec des parts significatives, alors que VW est encore beaucoup trop européen”, note un analyste.
Avant d’atteindre le cap des 10 millions de véhicules, le constructeur allemand prévoit un premier palier de huit millions dès 2011. Pour y parvenir, il va dépenser 20,9 milliards d’euros entre 2008 et 2010 dans le lancement de vingt nouveaux modèles et la modernisation des usines. “Nous allons élargir notre portefeuille et occuper des segments comme le SUV (4 × 4 de loisirs), des vans et des pick-up”, explique M. Winterkorn. Selon lui, le concept de la “voiture universelle” est mort. Désormais les constructeurs doivent adapter leur offre aux besoins des clients dans le monde entier. “Nos clients en Inde ou en Chine veulent des produits différents de ceux que l’on propose en Europe de l’Ouest ou aux Etats-Unis”, a-t-il reconnu.
Ce programme ambitieux de croissance des volumes s’accompagnera d’une augmentation de la productivité de 10 %. VW veut atteindre à moyen terme un retour sur investissement de sa division automobile de plus de 10 % contre 9,5 % en 2006. Le groupe a engagé, depuis 2004, une politique de réduction des coûts qui lui a permis d’économiser quelque 4 milliards d’euros notamment en augmentant le temps de travail de ses salariés et en supprimant environ 20 000 emplois.
Nathalie Brafman
4 mars, 2008
2-GEO/ECO, ALLEMAGNE, MONDIALISATION, Union Européenne
Aucun commentaire
L’économie allemande licencie et crée des emplois
LE MONDE | 29.02.08
Une vague de restructurations dans l’industrie allemande a jeté une ombre sur les bonnes nouvelles du marché de l’emploi outre-Rhin. Alors que le chômage a poursuivi sa décrue au mois de février, les groupes allemands BMW, Siemens et Henkel ont annoncé en l’espace de quelques jours des milliers de suppressions d’emplois. Pas moins de 7 500 postes sont menacés chez le constructeur automobile haut de gamme BMW.
Malgré cette série noire, les experts restent optimistes sur l’évolution globale du marché du travail. “Il n’y a pas de signal d’un retour à la crise, la situation sur le marché du travail reste excellente”, assure Holger Schäfer, économiste à l’institut IW de Cologne, proche du patronat. En février, l’agence fédérale pour l’emploi a comptabilisé 3,33 millions de demandeurs d’emplois en données CVS, soit un taux de chômage de 8 %. Par rapport à janvier, cela représente une baisse de 0,1 %.
Preuves de la bonne santé du marché du travail, le nombre d’emplois salariés continue d’augmenter - on comptait 72 000 postes supplémentaires en décembre 2007 -, et les entreprises se plaignent d’un manque de main-d’oeuvre qualifiée. “Il y a beaucoup d’emplois créés dans le secteur de la finance, des services aux entreprises, du commerce ou de la santé”, explique Christian Dreger, expert à l’Institut berlinois de recherches économiques (DIW).
Pour 2008, les experts tablent de nouveau sur une augmentation du nombre d’emplois. Néanmoins, “cette hausse ne sera pas aussi forte qu’en 2007″, précise M. Dreger. Selon les économistes, les annonces de licenciements de BMW, Siemens ou Henkel sont à mettre sur le compte d’une détérioration de la conjoncture internationale. “L’euro fort pèse sur un groupe tel que BMW”, souligne l’expert du DIW.
Mais l’opinion publique allemande ne l’entend pas de la même oreille. Encore sous le choc de l’annonce au mois de janvier par le finlandais Nokia de la fermeture de son usine de Bochum, avec plus de 3 000 emplois à la clé, la population y voit une nouvelle preuve de la déliquescence morale des dirigeants d’entreprise.
Le Parti social-démocrate (SPD), qui a mis en place en décembre 2007 un groupe de travail chargé d’élaborer des propositions pour contrôler les salaires annexes des patrons, s’est emparé du sujet. “Il n’est pas possible qu’une société réalise une marge de rentabilité de 20 % et réduise en même temps beaucoup d’emplois”, s’est indigné le député Rainer Wend. Le bénéfice net du constructeur de voitures haut de gamme BMW a bondi de près de 80 % en 2007, celui de Henkel, le fabricant de produits ménagers, a augmenté de 8 %. Le député chrétien-démocrate Michael Meister a fustigé, lui, des entreprises “qui, d’un côté, se plaignent du manque de main-d’oeuvre qualifiée et de l’autre licencient des salariés”.
Cécile Calla
15 février, 2008
1-HISTOIRE, 2è G. M., ALLEMAGNE, FRANCE, TOLERANCE
Aucun commentaire

Shoah en CM2 : les critiques du monde éducatif
Après la lecture de la lettre de Guy Môquet, la demande de Nicolas Sarkozy que chaque élève de CM2 - c’est-à-dire des enfants d’environ 10 ans - perpétue la mémoire d’un des 11 000 enfants déportés de France et victimes de la Shoah soulève les critiques du monde éducatif. Il souligne les « risques psychologiques » pour les élèves.A partir de la rentrée 2008, chaque élève de CM2 devra connaître le nom d’un enfant mort en déportation : il devra faire « une petite enquête sur la famille, le milieu, les circonstances dans lesquelles l’enfant a disparu », a précisé hier Xavier Darcos, le ministre de l’Éducation nationale.
« Cette relation personnelle, affective pourra ensuite permettre de construire un travail pédagogique », a-t-il estimé alors que l’enseignement de la Shoah est aux programmes du CM1 et CM2.
Le SE-Unsa s’est dit « particulièrement choqué » de cette initiative, posant la question : « A-t-on réfléchi à l’impact psychologique possible sur les élèves ? »
« Il y a le risque que l’élève ait un sentiment de culpabilité pour le destin d’un élève duquel il n’est aucunement responsable », a affirmé à l’AFP le Snuipp-FSU (enseignants, majoritaire au primaire), tandis qu’au Sgen-CFDT, on soulignait le danger du « développement d’une certaine morbidité » chez certains enfants.
Un pédopsychiatre confirme : « Je suis totalement contre l’idée de porter de manière individuelle ce genre de poids : c’est beaucoup trop lourd à cet âge-là, les enfants ne sont pas prêts. En revanche c’est un travail qui peut être fait collectivement, en classe », a déclaré Frédéric Kochman, qui dirige une unité pour pré-adolescents et adolescents à l’Établissement public de santé mentale de Lille.
« Il ne faut pas que l’enfant en retire une culpabilisation », a déclaré le président du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France (Crif), Richard Prasquier (lire ci-dessus), qui conçoit cette initiative « plutôt dans son aspect pédagogique que comme un devoir de mémoire ».
Après la demande de Nicolas Sarkozy de faire lire la lettre du jeune résistant communiste fusillé Guy Môquet, le 17 octobre dans tous les lycées, les syndicats d’enseignants s’iritent de ce qu’ils perçoivent comme une nouvelle « injonction » du président : « les collègues en ont assez », souligne le Sgen-CFDT.
Le SE-Unsa déplore que le président vienne « se situer à nouveau sur le terrain de l’émotion, après l’épisode de la lettre de Guy Môquet », au détriment de la compréhension d’un contexte.
« Chaque fois qu’un événement attire l’attention d’un homme politique, il se croit obligé de le renvoyer devant l’école, a réagi Bernard Kuntz, du Snalc-Csen, classé à droite. Il serait bon de laisser faire les enseignants et de leur faire confiance pour transmettre le devoir de mémoire. »
Édition du Ven 15 fév. 2008 DNA |
|
|
15 février, 2008
1-HISTOIRE, 2è G. M., ALLEMAGNE, EUROPE, FRANCE, POPULATION et SOCIETE, Union Européenne
Aucun commentaire
Mémoire de la Shoah : Simone Veil juge“insoutenable” la proposition de Nicolas Sarkozy
LEMONDE.FR avec AFP | 15.02.08
“A la seconde, mon sang s’est glacé.” Simone Veil, présidente d’honneur de la Fondation pour la mémoire de la Shoah et ancienne déportée, était présente mercredi 13 février, au dîner du CRIF, quand Nicolas Sarkozy a proposé d’associer chaque élève de CM2 à un enfant victime des persécutions nazies.

Interrogée par L’Express.fr, elle juge, vendredi 15 février, que cette proposition est“inimaginable, insoutenable, dramatique et surtout, injuste”. “On ne peut pas infliger ça à des petits de 10 ans, on ne peut pas demander à un enfant de s’identifier à un enfant mort, souligne-t-elle, cette mémoire est beaucoup trop lourde à porter.” La suggestion de M. Sarkozy risque d’attiser les antagonismes religieux, dit-elle encore : “Comment réagira une famille très catholique ou musulmane quand on demandera à leur fils ou à leur fille d’incarner le souvenir d’un petit juif ?” Déportée à l’âge de 16 ans, elle témoigne : “Nous mêmes, anciens déportés, avons eu beaucoup de difficultés, après la guerre, à parler de ce que nous avions vécu, même avec nos proches. Et, aujourd’hui encore, nous essayons d’épargner nos enfants et nos petits-enfants.”
UNE DÉMARCHE “NÉCESSAIRE”, POUR M. SARKOZY
Un peu plus tôt, en déplacement à Périgueux pour annoncer un plan de réforme de l’école primaire, Nicolas Sarkozy avait défendu à nouveau sa proposition très critiquée : “On ne traumatise pas les enfants en leur faisant ce cadeau de la mémoire d’un pays, pour leur dire un jour, c’est vous qui écrirez l’histoire de ce pays. Nous, nous en sommes la mémoire, ne refaites pas les mêmes erreurs que les autres.”
Et le chef de l’Etat de poursuivre : “Il s’agit d’une démarche contre tous les racismes, contre toutes les discriminations, contre toutes les barbaries, à partir de ce qui touche les enfants, c’est-à-dire une histoire d’enfants qui avaient leur âge.” “C’est d’autant plus nécessaire que les survivants de cette époque tragique de notre histoire vont disparaître (…), ce sont nos propres enfants qui, de génération en génération, se transmettront ce souvenir”, avait-il déclaré.