MONDIALISATION et REFUIGIES:une situation en constante dégradation…

2-GEO/ECO, MONDIALISATION, RISQUES, SUD Aucun commentaire

Réfugiées ou déplacées, les mouvements de populations sont “sans précédent” selon le HCR

LE MONDE | 17.06.08 

New York (Nations unies), correspondant

 Dans un camp de réfugiés, des femmes attendent pour obtenir de la nourriture. AFP . Cris Bouroncle

Après une baisse de 2001 à 2005, le nombre de personnes prises en charge par le HCR est en augmentation pour la deuxième année consécutive

Le Haut Commissariat pour les réfugiés des Nations unies (HCR) a dû s’occuper en 2007 de 25,1 millions de personnes réfugiées à l’étranger ou déplacées à l’intérieur de leur pays, un chiffre “sans précédent”, selon un rapport de l’agence onusienne paru mardi 17 juin. Après une baisse de 2001 à 2005, le nombre de personnes prises en charge par le HCR est en augmentation pour la deuxième année consécutive, principalement en raison de “la situation instable en Irak”, où le nombre de personnes déplacées dans leurs frontières est passé de 1,8 million à 2,4 millions en un an

Cette augmentation globale est “un sujet de préoccupation”, a déclaré dans un communiqué le haut-commissaire pour les réfugiés de l’ONU, Antonio Guterres. Selon l’ex-premier ministre portugais, “un mélange complexe de défis mondiaux” pourrait “engendrer un risque accru de déplacements forcés à l’avenir”. Parmi ces défis, M. Guterres mentionne “la dégradation de l’environnement liée au climat, qui renforce la compétition pour des ressources rares”, ainsi que “la très forte hausse des prix qui frappe avec une dureté particulière les pauvres et qui est source d’instabilité”.

Le HCR, qui emploie plus de 6 300 personnes dans 110 pays, opère une distinction entre les “réfugiés”, contraints de quitter leur pays pour échapper à un conflit ou des persécutions, et les “déplacés internes”, chassés de leurs foyers par des violences ou des catastrophes naturelles, mais qui résident toujours dans leur pays d’origine.

3 MILLIONS DE DÉPLACÉS EN COLOMBIE

Selon l’Internal Displacement Monitoring Center, cité dans le rapport, le nombre de “déplacés internes” victimes de conflits est passé de 24,4 millions de personnes en 2006 à 26 millions en 2007, dont 13,7 millions ont reçu une aide du HCR (contre 12,8 millions en 2006). Avec quelque trois millions de déplacés, la Colombie est le pays le plus touché, suivie de l’Irak, de la Somalie (600 000 personnes déplacées au cours de 2007) et de la République démocratique du Congo (565 000 déplacés cette même année).

Entre 2006 et 2007, le nombre de réfugiés comptabilisés par le HCR est passé de 9,9 à 11,4 millions, mais plus des deux tiers de cette augmentation sont dus à un changement de méthode statistique. A eux seuls, les réfugiés afghans (3,1 millions de personnes) vivant au Pakistan ou en Iran, et les réfugiés irakiens (2,3 millions) vivant en Syrie ou en Jordanie constituent près de la moitié du total des réfugiés. Viennent ensuite la Colombie (552 000 réfugiés), le Soudan (523 000), la Somalie (457 000) et le Burundi (376 000).

Les Irakiens figurent au premier rang des demandeurs d’asile (52 000), devant les Somaliens (46 100) et les Erythréens (36 000). En 2007, 647 200 demandes d’asile ont été soumises, un chiffre en augmentation pour la première fois depuis quatre ans. Les principaux pays de destination ont été les Etats-Unis, l’Afrique du Sud, la Suède, la France, le Royaume-Uni, le Canada et la Grèce.

L’agence de l’ONU, qui précise n’avoir “pas la prétention de fournir une image complète des déplacements forcés à l’échelle mondiale”, souligne aussi des évolutions positives. En 2007, 731 000 réfugiés ont été volontairement rapatriés, notamment en Afghanistan (374 000) et au Soudan sud (130 700). En Afrique, le nombre de réfugiés a diminué de 6 % et au total, 2,1 millions de “déplacés internes” sont rentrés chez eux.

Philippe Bolopion

BIRMANIE:la dictature laisse mourrir la population…

2-GEO/ECO, ASIE, BIRMANIE, RISQUES, SUD Aucun commentaire

“Corps éparpillés” et “situation apocalyptique” en Birmanie, selon les humanitaires

LE MONDE | 10.05.08

 REUTERS/STR

“La situation sur le terrain est vraiment désespérée”, explique Aye Win, du Centre d’information des Nations unies.

Un spectacle effarant, difficilement soutenable. Les premiers témoignages des rares équipes de secours parvenues dans le delta de l’Irrawaddy, la zone de Birmanie dévastée le 3 mai par le typhon Nargis, font état d’un véritable désastre humanitaire. Alors que le bilan officiel s’établissait, samedi 10 mai, à 23 335 morts et 37 019 disparus - les estimations officieuses continuent d’évoquer près de 100 000 morts -, les scènes de dévastation rapportées par ces témoins ne font que souligner l’urgence d’une assistance internationale que la junte militaire birmane n’accepte, selon les ONG et l’ONU, que trop lentement.

 Le programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies a affirmé, samedi 10 mai dans la soirée, avoir récupéré la cargaison d’aide arrivée à bord d’un de ses avions en Birmanie pour secourir les sinistrés du cyclone Nargis. “La cargaison est entre nos mains, ils nous l’ont remise”, a déclaré Marcus Prior, un porte-parole du PAM à Bangkok, qui n’était en revanche pas en mesure de dire quel était le statut du second avion de l’ONU arrivé samedi à Rangoun, un appareil du Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) arrivant de Dubaï et transportant des biscuits énergétiques. – (Avec AFP.)“La situation sur le terrain est vraiment désespérée, explique Aye Win, du Centre d’information des Nations unies, contacté par téléphone à Rangoun. Nous atteignons nos limites. Nos personnels reviennent du delta (de l’Irrawaddy) et les histoires qu’ils nous racontent sont difficiles à supporter. Certains sont assez affolés en revenant. Il y a des corps éparpillés.”

A Médecins sans frontières (MSF), un chargé de communication, Frédéric Baldini, rapporte depuis Genève le témoignage du chef de mission de MSF-Suisse en Birmanie : “Il a rencontré un résident d’un village du delta affirmant craindre n’être que le seul survivant.”

A Paris, Thomas Gonnet, directeur des opérations d’Action contre la faim (ACF), est en contact permanent avec une équipe de l’association présente sur les lieux. “Un paysage de désolation et une situation apocalyptique, tels furent les premiers mots de notre équipe arrivée, mercredi, à Bogalay, l’une des villes les plus touchées par le typhon”, rapporte-t-il.

Pour parcourir la centaine de kilomètres qui relient Rangoun et Bogalay, le premier convoi d’ACF, avec sept tonnes de riz, a dû faire de nombreux détours : ponts détruits, circulation bloquée, risques d’attaque sur la route. Le spectacle découvert par l’équipe d’ACF à Bogalay fait état d’une ville rasée et entourée d’eau contaminée par les cadavres en décomposition. Si les autorités retiennent le chiffre de 10 000 morts dans cette zone, le chef d’équipe d’ACF estime que près de 200 000 personnes sont en danger sur une population initiale de 350 000 habitants.

Ce responsable de terrain a, vendredi, décrit par téléphone à Thomas Gonnet la présence d’environ 60 000 ruraux, paysans ou pêcheurs - venus chercher du secours à Bogalay. “Ils n’ont plus d’eau, plus à manger, plus d’animaux, plus de semences, plus de rizières, les stocks de riz sont vides.” Il a également évoqué l’existence d’un camp de réfugiés de près de 20 000 personnes au coeur même de la ville. “Le problème, précise M. Gonnet, c’est que les autorités locales nous ont interdit l’accès à ce camp et ne nous laisse pas distribuer nous-mêmes l’aide aux victimes.”

“La colère de la population est palpable, et notre équipe sur place nous a fait état de violences”, rapporte le directeur des opérations d’ACF.

Des tensions sont apparues entre les membres du Programme alimentaire mondial (PAM) de l’ONU, présents à Rangoun, et le gouvernement birman. Vendredi, alors que des équipes du PAM déchargeaient 38 tonnes de vivres et d’équipements sur l’aéroport, des autorités locales ont saisi la cargaison. Le PAM a alors annoncé la suspension de toute livraison.

Joint au téléphone vendredi, à Rangoun, l’un des représentants du PAM en Birmanie, Marcus Prior, indique que les autorités ont expliqué leur geste par l’absence d’autorisation. “Ils nous connaissent pourtant bien, remarque M. Prior. Nous sommes dans ce pays depuis longtemps, et nous sommes déjà présents à Bogalay mais aussi à Laputta, la première ville touchée par le typhon.”

La junte a indiqué, vendredi, que “la Birmanie donne la priorité à la réception de l’aide et à sa distribution, par ses propres moyens, dans les régions frappées par le typhon”. Les organisations humanitaires suspectent le régime de vouloir en fait détourner l’aide internationale. En fin de journée, le PAM revenait sur sa décision et annonçait qu’il assurerait ses vols de samedi tout en poursuivant les discussions pour pouvoir contrôler l’ensemble de la distribution de l’aide.

Paul Risley, le porte-parole du PAM à Bangkok, où se regroupent les équipes humanitaires en attente de visa, n’en dénonce pas moins l’attitude des autorités birmanes qui ont fermé leur ambassade pour quatre jours en raison d’une fête. “C’est une attente de quatre jours qui n’a pas lieu d’être”, a-t-il déclaré.

Si le delta de l’Irrawaddy est la zone la plus touchée, les environs de Rangoun n’ont pas été épargnés. “Dans la zone de Rangoun, 80 % des maisons sont détruites, rapporte à Paris Françoise Sivignon, chef de la mission Birmanie de Médecins du monde (MDM). Les gens sont réfugiés dans les monastères, les écoles et les églises.”

Joe Larry, délégué à l’information de la Croix-Rouge, est arrivé à Rangoun de Bangkok vendredi. “Les arbres ont été arrachés, les toits des maisons rappellent des boîtes d’étain ouvertes, rapporte-t-il au retour d’une visite dans les banlieues de la cité. Il n’y a pas d’électricité, les rues les plus proches de Rangoun sont toujours couvertes d’eau. Les enfants jouent dans l’eau accumulée, sûrement contaminée, et courent le risque d’attraper des maladies.”

Jacques Follorou et Philippe Bolopion (à New York)

MONDIALISATION et crise des grands du transport aérien aux EU…

2-GEO/ECO, ETATS-UNIS, MONDIALISATION, RISQUES Aucun commentaire

United Airlines va réduire sa flotte et supprimer des centaines d’emplois

LEMONDE.FR avec AFP | 04.06.08 

United Airlines prend des mesures radicales pour répondre à la hausse des prix des carburants. La compagnie aérienne va retirer cent avions trop anciens de sa flotte et supprimer de 1 400 à 1 500 emplois d’ici à la fin de l’année. La deuxième compagnie des Etats-Unis estime ces mesures nécessaires alors que le niveau actuel des prix du carburant fera bondir sa facture pétrolière de 3 milliards de dollars (près de 2 milliard d’euros) dans ses comptes en 2008.

PRIVILÉGIER LES AVIONS NEUFS

Parmi les cent avions figurent trente appareils dont la mise à la retraite prochaine avait déjà été annoncée, précise le groupe. United Airlines envisage de faire sortir de sa flotte tous ses Boeing 737 et six Boeing 747. L’âge moyen de la flotte va être ainsi ramené à 11,8 ans. Après cette réduction de la flotte et du personnel, les capacités d’United Airlines sur les grandes lignes intérieures américaines auront été réduites de 17 à 18 % pour la période 2008-2009. “L’environnement actuel exige que nous – et avec nous l’ensemble de l’industrie – agissions de manière déterminée et responsable”, a expliqué le PDG de la compagnie, Glenn Tilton.
La compagnie a cependant souligné que la réduction de son offre devrait se traduire par des diminutions “modestes” des dessertes peu rentables et des fréquences.

Après United Airlines, Continental Airlines réduit la voilure

LEMONDE.FR avec AFP | 05.06.08 

Les difficultés s’accumulent et se ressemblent pour les compagnies aériennes américaines. Après United Airlines, mercredi, c’est au tour de Continental Airlines de prendre des mesures drastiques pour réduire ses coûts. La quatrième compagnie aérienne américaine et cinquième mondiale a annoncé, jeudi 5 juin, qu’elle allait retirer des dizaines d’avions anciens de sa flotte et supprimer des milliers d’emplois pour faire face aux conséquences de l’augmentation des prix du carburant. A compter de septembre, Continental réduira le nombre de ses vols sur les lignes intérieures aux Etats-Unis, ce qui occasionnera une baisse de capacité de 11 % au quatrième trimestre, par rapport à la même période de 2007.

 

Cette décision devrait entraîner la suppression de 3 000 emplois, sur les 45 000 environ que compte Continental. Le transporteur aérien indique espérer “que la majorité des départs se feront sur la base du volontariat”, mais n’écarte pas la possibilité de licenciements. Continental va également retirer de sa flotte soixante-sept appareils de type Boeing 737-300 et 737-500, considérés comme “les moins efficients”, donc les plus gourmands en carburant. Les retraits interviendront au rythme de trente-sept en 2008 et trente en 2009.

“LA PLUS GRAVE CRISE DEPUIS LE 11 SEPTEMBRE 2001″
Le transporteur aérien explique que ces décisions sont “nécessaires à la compagnie pour s’ajuster encore davantage aux prix extrêmement élevés du carburant”. “L’industrie fait face à sa plus grave crise depuis le 11 septembre 2001″, affirme Continental. Dans une lettre adressée aux employés de la compagnie, le PDG, Larry Kellner, et le directeur général, Jeff Smisek, ont indiqué que “le modèle d’activité du transport aérien ne fonctionne pas au niveau actuel des prix du carburant”. “Bien que plusieurs hausses de tarifs soient intervenues, ces hausses n’ont pas été suffisantes pour compenser la progression des prix du carburant”, ont expliqué les deux dirigeants. “A mesure que les prix augmentent, moins de clients vont prendre l’avion. Si moins de clients prennent l’avion, nous devrons réduire nos capacités pour nous adapter à la baisse de la demande”, ont-ils conclu.

MONDIALISATION et crise des grands de l’automobile aux EU

2-GEO/ECO, ETATS-UNIS, MONDIALISATION, RISQUES Aucun commentaire

Le spectre de la faillite ressurgit pour General Motors

LE MONDE | 05.06.08 

L'usine de la General Motors fabriquant des Pontiac G-6, Orion, Michigan. AFP/JEFF HAYNES

L’usine de la General Motors fabriquant des Pontiac G-6, Orion, Michigan.

La fortune ne sourit pas à Detroit. A peine les constructeurs automobiles américains ont-ils réglé la question du poids des retraites et des frais de santé de leurs salariés qu’ils doivent affronter un ralentissement économique et la spirale de la hausse des matières premières. Le spectre de la faillite, pour General Motors (GM) en particulier, est de retour.

Les défauts de remboursement de crédits font peser sur GM des risques de faillite plus importants que sur Ford, qui est valorisé en Bourse 50 % de plus que son rival, alors qu’il est plus petit. A l’origine du problème, la crise immobilière et la flambée des prix de l’essence. Conséquence : les ventes de pick-up et de 4 × 4, qui constituaient une véritable rente pour les “big three” (GM, Ford et Chrysler), ont chuté de 25 % en 2007. Les constructeurs étrangers dominent le segment des petites voitures, empêchant les américains de relever leurs prix sous peine de perdre des parts de marché.

GM n’est pas le seul touché. Juste après l’annonce d’un bénéfice surprise au premier trimestre, Ford a admis qu’il resterait dans le rouge en 2009. Mais le groupe a rempli ses coffres avant l’effondrement des marchés du crédit ; Ford dispose maintenant d’une trésorerie de 29 milliards de dollars, presque le double de ce dont il aura besoin dans les deux ans.

GM semblait s’être aussi bien couvert grâce à des cessions d’actifs. Mais, entre ses besoins en cash et l’arrivée à échéance de ses dettes, GM ne pourrait disposer que de 1 milliard de dollars d’ici à 2010, selon Lehman Brothers. Or les analystes évaluent à 10 milliards le besoin en fonds de roulement d’un constructeur. GM a supprimé un quart de ses effectifs aux Etats-Unis cette année, va fermer quatre autres usines, peut vendre sa marque Hummer. Mais, à moins qu’il ne persuade des investisseurs de remettre la main à la poche, le plus gros des “big three” sera à nouveau menacé de faillite.

Antony Currie

Les 4×4 continuent de tirer le marché automobile américain vers le bas

LEMONDE.FR | 04.06.08 

Les 4×4, pick-up et autres gros véhicules comme les Hummer ne font plus recette. Jugés trop gourmands en carburant, alors que les prix à la pompe battent des records, leurs ventes sont en chute libre et ils ont tiré l’ensemble du marché automobile américain vers le bas en mai, comme en avril. Au total, les ventes de véhicules sont tombées aux Etats-Unis, en glissement annuel, à 14,25 millions d’unités en mai, contre 14,4 millions en avril et une moyenne de 15,2 millions au premier trimestre selon les données du cabinet Autodata.

SUCCÈS DES BERLINES ASIATIQUES

General Motors (GM), Ford et Chrysler ont une fois encore accusé le coup face à leurs rivaux asiatiques. Fin mai, ils ne détenaient plus à eux trois que 44,4 % du marché, contre encore 51,8 % un an plus tôt. GM a vu ses ventes plonger de 27,5 % en mai sur un an, passant sous le seuil historique des 20 % de parts de marché, à 19,1 %. Ses ventes de berlines ont baissé de 13,8 %, tandis que les ventes de Hummer ont plongé de 60 %. GM avait annoncé, mardi 3 juin, un grand chamboulement de sa gamme d’ici à 2010, avec la priorité donnée aux véhicules compacts et économes en carburant. Le groupe va aussi fermer quatre usines produisant des gros véhicules.

Les constructeurs asiatiques présents aux Etats-Unis – dix marques – ont progressé à 48,1 % du marché, contre 41,4 % un an plus tôt. Les constructeurs européens ont aussi un peu avancé. Toyota détient désormais 18,4 % du marché, Honda 12 % et Nissan 7,2 %. Mais les trois principaux concurrents asiatiques des marques américaines ont cependant des résultats contrastés. Les ventes de Toyota sont en recul de 7,9 % alors que Honda affiche une hausse de 11,3 % de ses ventes, porté par un bond de 27 % des ventes de berlines.

General Motors prend un virage stratégique vers les voitures “vertes”

LEMONDE.FR avec AFP | 03.06.08 

Lors d’une conférence de presse tenue, mardi 3 juin, avant l’assemblée générale des actionnaires du premier groupe automobile américain, le PDG, Rick Wagoner, reconnaissant que le pétrole cher allait durer, a annoncé le lancement de plusieurs nouveaux modèles “compacts” et une extension de l’offre du groupe en voitures hybrides.

Il a aussi officiellement confirmé l’engagement de la production de la Chevrolet Volt, un véhicule 100 % électrique, avec pour objectif de commencer sa commercialisation en 2010. “Nous croyons que c’est le pas le plus important jamais effectué dans l’évolution de notre industrie pour se libérer de sa dépendance pratiquement totale envers le pétrole”, a-t-il noté. “Depuis le début de cette année, l’économie américaine et la situation des marchés sont devenus significativement plus difficiles. Les prix plus élevés de l’essence sont en train de changer le comportement des consommateurs et ils sont en train d’affecter le type de véhicules vendus aux Etats-Unis”, a souligné M. Wagoner, pour expliquer ce virage dans la stratégie du groupe.

FERMETURE DE QUATRE USINES

Rick Wagoner a simultanément annoncé la fermeture graduée de quatre usines fabriquant des “trucks”, des gros véhicules 4 x 4 reposant sur des châssis de petits utilitaires, qui sont de plus en plus délaissés par les consommateurs en raison de leur énorme consommation en carburant. Ces fermetures devraient permettre au groupe d’économiser plus d’un milliard de dollars d’ici à 2010, en plus des 5 milliards d’efforts supplémentaires d’ici à 2011, annoncés plus tôt cette année.

Enfin, General Motors a indiqué qu’il allait effectuer une étude stratégique sur l’avenir de sa marque Hummer, l’énorme 4 x 4 devenu le symbole des excès du “tout pétrole”. “Toutes les options sont ouvertes”, à ce jour, “d’une refonte totale de la gamme jusqu’à une vente totale ou partielle de la marque”.

MONDIALISATION et PROTECTIONNISME:l’avis de l’OMC…

2-GEO/ECO, MONDIALISATION, RISQUES Aucun commentaire

«Il y a une dose de xénophobie dans le protectionnisme»

A une réunion de l’OMC, le 24 janvier 2008. (Photo Reuters)

Pascal Lamy, le patron de l’OMC, analyse les crises mondiales et les règles nécessaires au commerce international.

Recueilli par CHRISTIAN LOSSON (à Genève)

QUOTIDIEN : vendredi 23 mai 2008 

La quadruple crise - financière, énergétique, alimentaire et climatique - bouleverse-t-elle la marche du monde ?

Ces crises s’interpénètrent, même si elles obéissent à des cycles différents. Elles matérialisent l’interdépendance du monde et illustrent les deux visages de la mondialisation. La bonne nouvelle, c’est qu’il existe désormais des amortisseurs. La crise financière ne s’est pas, pour l’instant, exportée en Chine, en Inde, ou au Brésil ; les subprimes n’ont contaminé qu’une partie du système. La crise alimentaire touche les Philippines ou le Kenya, mais pas les pays développés. En revanche, le changement climatique concerne l’ensemble de la planète, et il n’y a pas de réponse autre que collective.

Les risques sont-ils systémiques ?

Clairement. Les signaux d’alarmes n’ont pas manqué. Pourquoi les produits hors bilan des banques ont-ils échappé à la régulation ? Pourquoi la FAO [Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, ndlr] a-t-elle dénoncé en vain la baisse des stocks et le désinvestissement dans l’agriculture ? Pourquoi la lutte contre le changement climatique se met-elle si lentement en branle alors que les risques pour la planète sont avérés ? Mais il n’y a pas de déterminisme de la crise. Les hommes ont les clés en main. D’un côté, le Programme alimentaire mondial appelle à mobiliser 750 millions de dollars [476 millions d’euros] pour éviter les émeutes de la faim ; de l’autre, les banques centrales injectent des dizaines de milliards de dollars pour stabiliser des banques qui ont joué avec le feu…

Choquant ?

On peut toujours comparer. Un mois de guerre américaine en Irak avec le budget de la lutte contre le paludisme. Le prix d’une bombe nucléaire française avec le coût d’un centre universitaire d’excellence… Quand on passe, comme moi, la moitié de son temps dans les pays en développement, c’est évidemment choquant…

Les fonds souverains, néo-acteurs de la finance mondiale,«dérogent», selon vous, «aux règles du capitalisme chez eux pour les appliquer ailleurs». Pourquoi ?

C’est une évolution du capitalisme. Ces fonds viennent de pays entrés récemment dans le capitalisme, et qui n’en maîtrisent pas tous les codes. Les fonds souverains sont révélateurs d’une période de mutation qui voit arriver de nouveaux joueurs.

Assiste-t-on à une crise décisive du capitalisme ?

Le capitalisme avance par crises, il en connaîtra d’autres. Sa faiblesse, ce sont les bulles qui enflent puis éclatent ; sa force, c’est qu’il n’y a pas d’autre système qui ait pu passer l’épreuve de la réalité. Il est parvenu à trouver en lui les réponses à ces crises. Mais il a besoin de régulation. Je dirige une organisation où le capitalisme a accepté le plus de régulation. Dans les années 30, l’effet domino de pratiques protectionnistes, consécutif à la crise financière, et mêlé à la xénophobie a, parmi d’autres causes, conduit à la guerre mondiale. Je ne connais aucun protectionnisme qui ne porte une dose de xénophobie et de nationalisme. C’est sur le «plus jamais ça» d’après-guerre que s’est bâti le système actuel. Sur fond de règles communes, de réciprocité et d’évolution pragmatique. OMC, FMI et Banque mondiale sont nés de cette matrice…

Avec des résultats contestés et contestables…

La régulation financière n’a pas prospéré autant que la régulation commerciale ! Le concept de base du FMI, les taux de change fixes, a explosé dans les années 70 et n’a pas été remplacé. Le concept de base de l’OMC, lui, a été accompagné d’un concept, d’une volonté politique, plus tard d’une machinerie institutionnelle, les trois conditions sine qua non pour s’émanciper de l’attraction westphalienne de la souveraineté entière des Etats-Nations. C’est l’absence de volonté politique pour réguler la finance qui a freiné le FMI. A l’OMC, on a commencé sans outillage institutionnel, avec trois négociateurs dans un coin lors de la création du Gatt [l’ancêtre de l’OMC, ndlr]. Mais avec une réelle volonté politique…

Et le credo du libre-échange, cher à l’OMC…

Plus exactement la volonté d’ouvrir progressivement les échanges. Une ouverture équilibrée, avec des concessions réciproques. Cycle après cycle, on a traité les obstacles aux échanges. On l’a fait, en fonction de rapports de forces politiques qui ont évolué, longtemps dominés par la «Quad» (Etats-Unis, Europe, Japon, Canada) qui doivent désormais partager le pouvoir avec les pays émergents. En fonction, aussi, de l’évolution des obstacles aux échanges (tarifs douaniers, restrictions quantitatives, normes et standards). A sa naissance, en 1994, l’OMC a mis en place un système contraignant sans précédent dans le système international. Et les pays en développement ont réussi à faire reconnaître la nécessité de discipline en matière agricole, comme les pays développés l’avaient fait pour les produits industriels.

L’OMC est perçue par les ONG et des pays du sud comme une des racines de la crise alimentaire.

Au contraire ! A côté de facteurs conjoncturels, la cause fondamentale tient à l’évolution du mode alimentaire dans les pays émergents. La demande ne colle plus avec l’offre. On peut l’ajuster : il demeure des réserves de productivité importantes dans les pays en développement. Mais la courroie de transmission entre la demande et l’offre, c’est le commerce.

Ce sont donc les plans d’ajustement structurels de la Banque mondiale et du FMI qu’il faut incriminer ?

Les pays d’Afrique subsaharienne ont encore la possibilité d’appliquer des tarifs douaniers de 60 à 80 % pour les produits agricoles dans le cadre de l’OMC. Ils appliquent environ 20 % en moyenne. Leurs marges de manœuvre existent. Certains paient le prix de programmes d’ajustement négociés avec le FMI et la Banque mondiale dans les années 90 en contrepartie de financements indispensables. Heureusement, cette mode a beaucoup évolué. Il est facile de faire des institutions internationales des boucs émissaires, plus délicat de se pencher sur les politiques des pays riches.

Faut-il sortir l’agriculture de l’OMC ?

Le débat a toujours existé entre les Etats qui pensent que l’agriculture, c’est comme les pneus ou les chaussettes, et ceux pour qui ce n’est pas un produit comme les autres. Les premiers sont souvent exportateurs nets (Australie, Brésil), les seconds, importateurs nets (Japon, Suisse, UE). Le débat a évolué avec l’Uruguay round [qui a lancé l’OMC, ndlr] et la volonté des pays du Sud d’y inclure l’agriculture. De la même manière, ils ont mis vingt ans à faire admettre que le textile et l’habillement étaient un produit comme les autres.

Vous voulez «renforcer le système commercial au moyen de règles plus transparentes, prévisibles et équitables». Elles ne l’étaient donc pas ?

Évidemment. La preuve, c’est que les pays en développement, qui représentent trois quarts des membres de l’OMC, veulent obtenir des changements aux règles. Pas question pour eux de sortir l’agriculture de l’organisation. C’est le cœur du cycle de développement de Doha [lancé en 2001, ndlr]. Sortir l’agriculture, cela revient au retour à la loi de la jungle. Bien sûr, des pays comme la France ou la Suisse peuvent, sous conditions, continuer à aider leurs paysans. Mais ce ne sont pas la France et la Suisse qui vont nourrir le monde, c’est l’inverse. Si le raisonnement à Bruxelles ou à Tokyo, c’est qu’on nourrira la planète via des subventions ou des superprotections dans les pays riches, cela ne convaincra guère les pays pauvres.

Encore moins l’OMC ?

A l’OMC, on ne négocie pas des dogmes, mais des règles communes. Eliminer, par exemple, les 20 % des subventions agricoles européennes et américaines les plus perturbatrices pour l’agriculture des pays en développement. Par ailleurs, les droits de douanes sur l’agriculture restent beaucoup plus élevés en moyenne que les droits sur les produits industriels…

Vous pensez aboutir en mai sur le cycle de Doha ?

Je dirais plutôt juin pour un accord sur plusieurs points essentiels pour passer à la conclusion avant la fin de l’année. Je ne suis ni décideur, ni devin. Je suis, selon les moments, sage-femme, chien de berger, monsieur météo ou chef d’orchestre. Mais les conditions politiques et techniques sont enfin réunies sur trois sujets-clés : subventions agricoles, droits de douane agricoles et industriels.Pour boucler l’Uruguay round, il a fallu huit ans. Le Doha Round a commencé en 2001. On travaille par consensus pour changer les règles du jeu international.

L’image de l’OMC a-t-elle changé depuis son fiasco à Seattle, en 1999 ?

La notoriété de l’OMC est encore meilleure que son image. On a travaillé sur la transparence, l’accès aux documents, aux réunions, l’ouverture à la société civile. La jurisprudence a évolué : on n’est plus dans le syndrome pré-Seattle où l’OMC allait couper la tête de toute protection de l’environnement qui aurait empiété sur le commerce! Quand je discute avec les ONG et les associations, personne ne demande plus l’abolition de l’OMC.

La croissance du commerce mondial pourrait se replier à 4,5 % en 2008, contre 5,5 % en 2007.

L’objectif de l’OMC n’est pas de produire des bons chiffres, c’est des échanges plus ouverts et plus justes. La croissance du commerce, c’est un thermomètre qui varie avec la croissance. Et avec un coefficient multiplicateur. Il y a trente ans, le rapport entre croissance et commerce était de 1 à 1,5. Aujourd’hui, il est de 1 à 3 en raison de l’évolution des systèmes de production : un iPod chinois exporté aux Etats-Unis pour 100 dollars, c’est 8 dollars de chinois, 60 dollars pour la carte japonaise, 10 dollars de fabrication en Thaïlande, du transport et du marketing.

Le commerce est-il vraiment soluble dans la nécessité environnementale ?

Il peut même aider beaucoup. Si les Egyptiens devaient produire toutes les céréales qu’ils consomment, il n’y aurait plus une goutte d’eau dans le Nil ! On prend toujours l’exemple des roses kenyanes importées par des magasins britanniques. Mais quand on parle empreinte carbone, il faut voir tous les éléments de la chaîne. Si un Britannique achète des roses néerlandaises chez Tesco et rentre chez lui en 4×4, il est plus dommageable à l’environnement que s’il achète des roses africaines venues en avion et rentre chez lui en métro.

Qu’avez vous appris sur la diplomatie à l’OMC ?

Je suis passé par l’univers solide (l’administration française), l’univers liquide (la communauté européenne) pour rejoindre un univers gazeux (l’institution internationale). Produit de Paris et de son système napoléonien, centralisé ; passé par Bruxelles, vaisseau spatial institutionnel bourré d’énergie, j’ai atterri dans un monde où il est plus difficile d’agréger des molécules. C’est plus lent, aléatoire, c’est un travail de Pénélope. On jongle entre l’effroyablement technique et le déterminant politique. Et quand je parle avec le président du Brésil, ce qui l’intéresse, ce n’est pas de savoir si les produits spéciaux dans l’agriculture sont basés sur la racine carrée des produits sensibles, c’est de savoir si Bush va bouger, si l’Inde avance. L’OMC, c’est les deux.

PETROLE et MONDIALISATION:toujours plus cher …

2-GEO/ECO, MONDIALISATION, RISQUES Aucun commentaire

Les marchés spéculent désormais sur une pénurie de pétrole en 2016

LEMONDE.FR | 22.05

Partager: del.icio.us Facebook Digg! Wikio Scoopeo BlogMarks

Le baril de light sweet crude pour livraison en juillet a atteint 133,17 dollars, mercredi 21 mai, sur le New York Mercantile Exchange (+ 4,10 dollars), tandis que le Brent de la mer du Nord terminait la séance à Londres à 132,70 dollars (+ 4,76 dollars). Le baril a dépassé 135 dollars, jeudi 22 mai au matin, dans les échanges électroniques en Asie. Les marchés ont peu apprécié la chute des stocks de brut et d’essence aux Etats-Unis la semaine dernière et la baisse du dollar. Mais c’est une inquiétude plus générale et plus sourde sur la capacité des pays producteurs à répondre à la demande future qui alimente la flambée pétrolière et menace gravement la croissance mondiale.

SUR LE MÊME SUJET

Infographie

Pétrole : le cours du baril à New York

Les faits Le pétrole dépasse la barre des 130 dollars à New York

Entretien “Sur les prix de l’énergie, il n’y a aucune chance de détente avant l’automne”

Eclairage Les économistes redoutent une croissance encore plus faible en 2009 qu’en 2008

Edition abonnés Pétrole : le troisième choc

Mardi, le brut avait fortement progressé, notamment en raison des propos pessimistes tenus par T. Boone Pickens. Enrichi dans l’or noir avant de créer un fonds d’investissement, le milliardaire américain prédit un baril à 150 dollars fin 2008 – une perspective encore peu envisagée il y a quelques mois. “85 millions de barils par jour, c’est tout ce que le monde peut produire, et la demande est à 87 millions. C’est aussi simple que cela”, avait-il déclaré, la veille, sur la chaîne CNBC.

Pas de détente des cours en vue Les raffineries ne souffrent pas de ruptures d’approvisionnement. Pour autant, les spécialistes n’envisagent pas de détente des cours, comme en témoigne l’envolée des futures depuis le 1erjanvier. Dans la seule journée de mardi, le prix d’un baril livrable en 2016 (l’échéance la plus longue) a augmenté d’environ 8,50 dollars pour atteindre 139,50 dollars. Du jamais vu de mémoire de traders! Ces barils, livrables au cours de la prochaine décennie, se renchérissent plus vite que ceux livrables dans le mois à venir : depuis janvier, les premiers ont augmenté d’environ 60% et les seconds de 39% “seulement”.

Patrons de groupes pétroliers, experts ou financiers, tout le monde s’inquiète de l’offre à moyen terme. Peu de dirigeants de majors croyaient aux données optimistes de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), qui prévoyait une production quotidienne de 116 millions de barils en 2030. Comme d’autres pétroliers, le directeur général de Total, Christophe de Margerie, répétait qu’il serait très difficile, voire impossible, de dépasser le seuil de 100 millions de barils.

Défenseur des intérêts des pays consommateurs de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), l’AIE semble revenir à plus de raison. Elle va fortement réviser à la baisse ses prévisions d’augmentation de la production, indique jeudi le Wall Street Journal. Ce resserrement de l’offre, au moment où les pays émergents (Chine, Inde, Golfe persique, Russie…) consomment de plus en plus de pétrole, s’explique par le déclin des grands champs pétrolifères (Arabie saoudite, Russie, Mexique…) et le manque d’investissements dans de nombreux pays producteurs. Ainsi, au Moyen-Orient (deux tiers des réserves mondiales), l’avenir n’est pas assuré. Notamment en Iran, où la production stagne, et en Irak, qui dispose des troisièmes réserves mondiales. Toujours dans l’attente d’une loi sur le pétrole, les investisseurs ne se risquent pas dans ce pays qui est loin d’être stabilisé. Cet avenir n’est pas mieux assuré en Russie ou au Mexique.

Le renchérissement des matières premières, des équipements et de la main-d’œuvre a fait exploser les coûts des projets et réfréné l’ambition des pétroliers. “Ces coûts sont devenus un des nouveaux fondamentaux orientant les prix du pétrole”, expliquait récemment Daniel Yergin, le président du Cambridge Energy Research Associates (CERA). Selon l’index des coûts en capital des projets d’exploration-production établi par les experts de cet organisme réputé, ces coûts sont restés stables entre 2000 et 2004, avant de doubler entre 2005 et 2008. De nombreux projets ont été retardés pour des raisons financières et techniques, accroissant les tensions sur l’offre à venir.

Jean-Michel Bezat

RISQUES et catastrophes:les seismes en CHINE…

2-GEO/ECO, ASIE, CHINE, RISQUES Aucun commentaire

Une zone à forte sismicité

LE MONDE | 21.05.08

La sismicité du territoire chinois est l’une des plus fortes au monde. En cause, l’irrépressible déplacement vers le nord de la plaque indienne, qui bute contre l’Eurasie à la vitesse de 40 à 50 millimètres par an. Les forces mises en jeu sont considérables et c’est ce mouvement d’une plaque contre l’autre qui a contribué à la formation de l’Himalaya.

Partager: del.icio.us Facebook Digg! Wikio Scoopeo BlogMarks

SUR LE MEME SUJET

Vidéo

Dernier jour de deuil national en Chine

Récit Chine : 12 mai, 14 h 28, le Sichuan tremble

Les faits La peur de nouveaux séismes provoque la panique au Sichuan


Un violent tremblement de terre s’est produit, lundi 12 mai, dans la province chinoise du Sichuan. Vous ou vos proches ont été frappés par le séisme, racontez-nous.

L’Inde pousse le plateau tibétain vers l’intérieur de la Chine ; celui-ci exerce à son tour sa pression sur la Chine centrale, vers le nord et le nord-est. A ses marges orientales, le grand plateau a chevauché le bassin sédimentaire du Sichuan, provoquant le séisme du lundi 12 mai. En 1933 et en 1976, la même région avait connu des séismes de magnitude 7,5 et 6,4, cependant beaucoup moins meurtriers que le dernier à avoir frappé la zone. Egalement sous la pression du plateau tibétain, les provinces de Qinghai et de Gansu devraient aussi, dans les prochaines années, connaître des séismes de grande ampleur, selon la majorité des spécialistes.

La sismotectonique - l’étude des failles actives - est capable de prédire les régions de plus grand péril. Une étude, publiée en juillet 2007 dans la revue Tectonics par des chercheurs du British Geological Survey, pointait ainsi très précisément le risque d’un important séisme le long de la faille de Longmen Shan - celle en cause dans le tremblement de terre du 12 mai. La nécessité de surveiller cette région a conduit les autorités chinoises à investir. Le 11 avril, tout juste un mois avant que la terre ne tremble, l’agence Chine nouvelle annonçait la mise en test du réseau numérique, lancé en 2004, reliant les 1 200 stations sismiques principalement installées dans le centre du pays.

Stéphane Foucart

Risques:cyclone en Birmanie,100mille morts ?

2-GEO/ECO, ASIE, BIRMANIE, RISQUES, SUD Aucun commentaire

 100 mille morts et l’aide internationale toujours bloquée aux portes de la Birmanie?

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 08.05.08 

Des habitants de Bogalay, au sud de Rangoun, contemplent, le 8 mai, ce qu'il reste de leur maison détruite par le cyclone Nargis. REUTERS/STR   

   Bogalay, au sud de Rangoun, le 8 mai

Alors que le bilan humain du cyclone Nargis, qui a dévasté le week-end dernier la Birmanie, pourrait atteindre cent mille morts, l’aide internationale continuait, jeudi 8 mai, d’arriver au compte-gouttes dans le pays. Et la confusion entretenue par la junte militaire au pouvoir, qui ne distribue les visas qu’avec parcimonie, ne fait que compliquer encore un peu plus la tâche des humanitaires.

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a exhorté jeudi soir la junte birmane à se focaliser sur l’aide aux victimes plutôt que sur le référendum constitutionnel. Il essaie également de discuter avec le chef de la junte, Than Shwe, pour faciliter l’aide internationale. Un peu plus tôt, le responsable des affaires humanitaires aux Nations unies, John Holmes, s’était dit “déçu” du peu de coopération des autorités birmanes. 

Selon les organisations humanitaires, l’aide arrive doucement de Thaïlande, de Chine, d’Inde. La Grèce a affirmé avoir obtenu le feu vert des autorités birmanes pour faire partir en fin de journée un avion de l’armée de l’air transportant des tentes, des couvertures et des médicaments. De leur côté, les Etats-Unis ont annoncé qu’ils se préparaient pour des largages d’aide aux sinistrés, dont le département d’Etat laissait entendre que Washington pourrait se passer de l’accord de la junte pour y procéder.

LA POPULATION MANQUE DE TOUT

Mais selon les spécialistes de l’humanitaire, ce sont des centaines d’avions d’aide dont le pays a besoin. Les moyens sont en effet largement insuffisants face à une population qui manque de tout : eau, nourriture, abris, médicaments. Face à cette situation catastrophique, la communauté internationale a multiplié les appels à l’ouverture de la Birmanie. Mais le processus d’obtention de visas prend du temps. Le régime militaire en Birmanie, l’un des pays les plus fermés, avait prévenu les travailleurs humanitaires en début de semaine qu’ils devraient négocier avec lui pour pénétrer sur le territoire.

Sur place les témoins continuaient de décrire des scènes de désolation. Jeudi soir, la télévision officielle birmane recensait dix-sept morts de plus, faisant désormais état de 22 997 morts et 42 119 disparus. D’autres chiffres bien plus lourds circulent. Dans la seule localité de Labutta et les soixante-trois villages voisins, au cœur du delta de l’Irrawady ravagé par le cyclone, un responsable local, Tin Win, a parlé d’environ 80 000 morts. Selon ce chef d’arrondissement de Labutta, des dizaines de villages alentour ont été balayés. Dans l’ensemble du delta, “il pourrait y avoir plus de cent mille morts”, a avancé la chargée d’affaires américaine à Rangoun, Shari Villarosa.

MONDIALISATION et crise alimentaire:quelles solutions pour limiter les dégats ?

2-GEO/ECO, MONDIALISATION, RISQUES, SUD Aucun commentaire

Les Nations unies cherchent une stratégie

 pour enrayer la crise alimentaire mondiale

Lundi 28 avril, dans la banlieue de Manille, un organisme gouvernemental a procédé à une distribution de sacs de riz. AP/AARON FAVILA

Lundi 28 avril, dans la banlieue de Manille, un organisme gouvernemental a procédé à une distribution de sacs de riz.

LE MONDE | 29.04.08 

Convaincus que la crise alimentaire mondiale risque d’infliger à l’ONU de graves revers en matière de lutte contre la faim, de maintien de la paix ou de développement, le secrétaire général de l’Organisation, Ban Ki-moon, et les dirigeants de 27 agences et fonds des Nations unies s’efforcent d’ébaucher les contours d’un plan d’action global. Au lendemain d’une réunion à huis clos tenue lundi 28 avril à Berne, Ban Ki-moon a ainsi annoncé la création d’une cellule de crise destinée à répondre au défi alimentaire.

“C’est actuellement le problème numéro un”, estime Michael Meyer, directeur de la communication de Ban Ki-moon, qui redoute que la crise “éclipse le Darfour et le changement climatique” et “amplifie” les difficultés déjà rencontrées par l’ONU pour combattre l’extrême pauvreté ou remettre sur pied des sociétés détruites. “Nous devons mettre au diapason tous les gouvernements, toutes les agences internationales, les entreprises privées et les fondations”, ajoute le fonctionnaire onusien.

Les conseillers de Ban Ki-moon explorent la possibilité de convoquer un sommet des chefs d’Etat consacré à ces questions, en marge d’une réunion sur la sécurité alimentaire organisée par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), du 3 au 5 juin à Rome.

La flambée des prix alimentaires est devenue un thème récurrent des discours de Ban Ki-moon. “Les prix élevés menacent d’annihiler les progrès accomplis jusque-là dans la lutte contre la faim”, a déclaré le secrétaire général de l’ONU à Accra, au Ghana, le 21 avril. “Si elle n’est pas gérée correctement, cette crise pourrait en provoquer une cascade d’autres et (…) affecter la croissance économique, le progrès social et même la stabilité politique à travers la planète”, a-t-il affirmé. Selon la FAO, 37 pays sont déjà confrontés à une urgence alimentaire qui a déclenché des “émeutes de la faim”.

Dans un premier temps, Ban Ki-moon encourage la communauté internationale à fournir au Programme alimentaire mondial (PAM) les 755 millions de dollars réclamés de toute urgence pour faire face à l’augmentation des coûts de la nourriture et de son acheminement. Il appelle aussi les Etats à adopter des “mesures audacieuses pour garantir de la nourriture abordable, même pour les plus pauvres parmi les pauvres.” A moyen terme, certains analystes prédisent que l’augmentation des prix provoquera une augmentation mécanique de l’offre agricole. Mais selon le Fonds international pour le développement de l’agriculture (FIDA), dans de nombreux pays, les fermiers pauvres, acteurs clés de toute réponse à la crise alimentaire, sont incapables de profiter de la hausse des prix parce qu’ils ne peuvent plus se payer les engrais et les semences nécessaires à la prochaine récolte. La FIDA prévoit de débloquer pour eux 200 millions de dollars.

 Ban Ki-moon

A plus long terme, Ban Ki-moon préconise “une augmentation substantielle des investissements et des dépenses agricoles [notamment pour] susciter une révolution verte d’amélioration de la productivité agricole à travers l’Afrique”. “Les prix aujourd’hui élevés des denrées présentent une opportunité unique de réduire les subventions et les tarifs douaniers distordant le commerce des produits agricoles”, a par ailleurs déclaré, à Accra, le secrétaire général de l’ONU, en “exhortant tous les pays, en particulier les nations développées, à faire davantage sur cette question au cours du round de négociations de Doha”, dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

La rencontre de Berne avait aussi pour objectif de faire parler les institutions internationales d’une seule voix sur des questions centrales telles que l’impact du développement des agrocarburants sur l’augmentation des prix des denrées alimentaires. Le rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation, Jean Ziegler, estime que la transformation d’aliments en carburant est un “crime contre l’humanité” et appelle à un moratoire sur ces pratiques. Mais “il n’y a pas de tel compromis à faire entre l’agriculture et les agrocarburants”, a déclaré Ban Ki-moon à Vienne, le 25 avril. J.Ziegler

Tandis que M. Ziegler a affirmé, lundi, “comprendre” la réaction des pays qui bloquent leurs exportations de denrées alimentaires pour satisfaire la demande domestique, il leur a tout de même demandé, mardi, de ne pas y avoir recours. La Banque mondiale affirme en effet que ces pratiques “font monter les prix et frappent les personnes les plus pauvres à travers le monde”. A cet égard, M. Ziegler a salué la décision de l’Ukraine de lever ses restrictions à l’exportation de blé, ce qui a eu pour “effet immédiat de faire baisser les cours”.

Le rapporteur de l’ONU sur le droit à l’alimentation, qui arrive au terme de son mandat, s’en est également pris aux politiques “aberrantes” du Fonds monétaire international (FMI) qui a, selon lui, imposé, dans les pays où il intervient, la plantation de produits destinés à l’exportation, au détriment de l’agriculture de subsistance.

Philippe Bolopion

MONDIALISATION ,speculation,pénurie alimentaire:le JAPON aussi …

2-GEO/ECO, ASIE, JAPON, MONDIALISATION, RISQUES Aucun commentaire

La pénurie de beurre au Japon illustre le recul de l’indépendance alimentaire de l’Archipel

Le Japon vit depuis plusieurs semaines une véritable pénurie de beurre, conséquence de l'effondrement de la production de lait. AFP/YOSHIKATSU TSUNO

Le Japon vit depuis plusieurs semaines une véritable pénurie de beurre, conséquence de l’effondrement de la production de lait.

LE MONDE | 29.04.08 

Les fabricants de beurre connaissent actuellement des problèmes d’approvisionnement en matière première. Nous vous remercions de n’acheter qu’un paquet par personne.” L’avertissement apparaît sur l’étagère du rayon frais de ce supermarché de Tokyo. Habituellement pleine de divers paquets de beurre, elle est aujourd’hui vide. Quand se remplira-t-elle ? “Les livraisons ne sont pas régulières, assure un vendeur, il vaut mieux venir le matin pour espérer en trouver.”

Le problème ne se limite pas à la capitale. Le Japon vit depuis plusieurs semaines une véritable pénurie de beurre, conséquence de l’effondrement de la production de lait. Celle-ci est tombée de 8,1 millions de tonnes au cours de l’année fiscale (du 1er avril au 31 mars) 2006 à 7,3 millions à l’exercice suivant.

“La canicule de l’été 2007 a fortement affecté les rendements, explique Yasuhiko Nakamura, de l’université de Tokyo. Elle est intervenue alors que le nombre d’exploitations laitières ne cesse de diminuer.” La consommation de lait baisse au Japon depuis le début des années 1990, ce qui a mis en difficulté certains producteurs, d’autant qu’ils subissent aussi la hausse des prix de l’alimentation animale.

Face à la pénurie, l’île d’Hokkaido, principale région agricole du Japon, a augmenté la production de lait de 3 % en mars. Cela n’a pas suffi. Les boulangers et pâtissiers industriels du pays achètent tous les stocks de beurre disponibles pour éviter d’en importer. Les Japonais doivent donc patienter ou acheter des produits étrangers, français notamment, vendus en supermarché autour de 1 900 yens (11,6 euros) les 250 g.

Ce problème illustre les difficultés d’approvisionnement alimentaire du Japon. L’Archipel assure 39 % de ses besoins en calories, contre 70 % au lendemain de la guerre. Si le Japon parvient à assurer ses besoins en riz et, dans une moindre mesure, en légumes, il est loin de le faire en matière de fruits, de viande ou de poisson.

“Jusque récemment, le Japon avait les moyens financiers de compenser ce manque”, souligne le professeur Nakamura. Le secteur agricole ne s’est donc guère modernisé. Ne contribuant qu’à 1,4 % du produit intérieur brut, cette activité concerne aujourd’hui 2,9 millions d’exploitations, dont 98 % ne dépassent pas deux hectares. Et 70 % de la population de ce secteur a plus de 55 ans.

“Aujourd’hui, souligne Yasuhiko Nakamura, la hausse de la demande dans les nations émergentes et la progression des prix obligent le Japon à réagir.” En avril 2007, une loi a modifié les orientations agricoles du pays, très généreux en subventions et protectionniste face aux importations avec des droits de douane élevés.