Les exploits de Jeune-Pied-Bourlingueur
17 juillet 2008 préhistoire 0 commentaireJeune-Pied habitait une grotte cro-mignonne !!! (peinture rupestre de Bâton Danseur)
Il était une fois une tribu végétarienne, artiste, écolo et pacifique qui vivait sur un plateau rocheux près d’une rivière tranquille. Lorsque Jeune-Pied nacquit, ce fut le bonheur pour ses parents heureux d’avoir enfin un fils. Sa grande soeur, Olive-Noire, était en admiration devant le bébé, sa petite soeur trouvait qu’il était bien rouge, mais Mâ et Pâ eurent de nombreux compliments, quelquefois maladroits : “Oh ! quel beau petit homme de néanderthal ! Oh qu’il est cromignon !” Pâ répondait patiemment : “Mais non, il est né en dernier, et il est sapiens sapiens !” “Ca pionce, ça pionce, pensait Mâ en proposant à son petit du lait pétillant, on voit bien que c’est un homme qui dit ça !” Bref, se sentant fort de toute l’affection qui l’entourait, Jeune-Pied commença allègrement sa vie.
Peu de temps après sa naissance, Pâ dut faire face à une période particulièrement tourmentée, une sorte de révolte à coup de pierres de tribus jeunes contre des tribus plus anciennes. Mais Pâ sut choisir des mots pacifiques pour parler de la Loi des anciens et les jeunes gagnèrent des avantages qui calmèrent les esprits.
Le jour où Jeune-Pied-Bourlingueur connut l’expérience du feu
Pâ avait rapporté à l’abri une branche enflammée et Mâ en avait profité pour mettre à chauffer une soupe d’herbes et de racines dont elle connaissait le secret. Jeune-Pied fut attiré par ces jolies flammes et le bois rougeoyant. Il avança son pied jusqu’à le brûler gravement et découvrit ainsi le pouvoir maléfique du feu. On faillit l’appeler Jeune-Pied-Brûlé ! Un autre jour il faillit mourir en avalant par gourmandise un morceau de corail qui provenait d’un collier de Mâ. Sa petite soeur, Main-habile dut sacrifier la délicieuse galette aux noisettes qu’elle avait gagnée pour sauver son petit frère !
Cependant Jeune-Pied ne manquait pas d’habileté et de sagesse pour contribuer à nourrir la tribu. Ainsi il fut le premier à découvrir les vertu nutritives et dégustatives du fruit du prunus. Il semait les noyaux partout où il passait et contribua à la propagation de cet arbuste. Un autre jour, il estima que la diversification alimentaire était importante pour la santé et il rapporta des écrevisses qu’il avait pêchées avec son compagnon, Roc-De-Feu, dans la rivière. Hélas ! Mâ eut peur d’empoisonner la tribu et même Chien-Qui-Aboie n’en voulut pas. Pourtant Jeune-Pied insistait : “Sapiens, sapiens !” disait-il en pensant : “Ca pince, ça pince !” Il voulut expérimenter une autre recette, la sole à la broche, mais ce nouveau mode de cuisson au feu ne fut pas une réussite. Plus tard à l’occasion d’un déplacement, il découvrit cette fois-ci avec succès des coquillages incrustés dans les rochers de la mer. Il découvrit également avant l’heure l’art des tisanes fermentées à base de raisin, …
Le jour où Jeune-Pied découvrit le troc
Alors qu’il était encore petit, Jeune-Pied trouva un moyen habile de subvenir à ses besoins ! Il aimait essayer de nouveaux outils, ce qui parfois était très dangereux. Un jour, il s’aperçut que casser les cailloux pouvait donner à ceux-ci de la valeur. Dans un premier temps il alla les échanger dans une tribu voisine contre quelques ressources. Plus tard il découvrit l’art de tailler des silex qui pouvaient servir de multiples façons y compris à faire des blagues.
Il s’entraînait également à devenir un bon chasseur. Dès son plus jeune âge, il s’efforçait de galoper tant et plus sur son jouet préféré, un cheval. Un jour, alors qu’il partait en expédition avec sa grande soeur il se blessa grièvement à cause d’une branche d’arbre mais cela renforça son courage. Plus tard, il aimait grimper dans les arbres, s’exerçait à tirer dans des cibles ; il réussit ainsi à capturer un magnifique dauphin au large de la grande mer bretonne.
D’autre part Jeune-Pied creusait la terre avec une patience admirable à la recherche de vieux os de mammouth ou de bison pour confectionner de nouveaux outils. Un jour cela lui valut une blessure honorable au cinquième doigt !
Le jour où Jeune-Pied découvrit la musique
Jeune-Pied était d’un naturel heureux et il essaya avec sa voix d’imiter les oiseaux et autres animaux. Il exerça aussi ses talents en taillant dans des brins d’avoine des anches dans lesquelles il soufflait ; ou bien il pinçait des boyaux de bison sur un tronc d’arbre.
Parvenu à l’âge adulte, Jeune-Pied quitta sa tribu d’origine pour parcourir le monde. Il prenait plaisir à partir à l’aventure, escaladait des montagnes, rêvait de voler dans le ciel, … Il rencontra de nombreuses tribus avec lesquelles il partagea son savoir et son amitié. Il garda l’esprit nomade qui caractérisait ses parents. Il bourlinguait en emportant sa tente, sa gourde, ses outils, un air de musique dans la tête, …
C’était au temps d’la préhistoire, voici deux ou trois cent mille ans,
Vint au monde un être bizarre, proche parent d’l’orang-outang.
Debout sur ses patt’s de derrière, vêtu d’un slip en peau d’ bison
Il allait conquérir la terre, c’était l’homme de Cro-Magnon.
Trois cent mille ans après sur terre, comm’ nos ancêtr’s nous admirons
Les monts les bois et les rivières mais s’ils rev’naient, quelle déception !
Nous voyant suer six jours sur sept ils diraient, sans faire de détail :
Vraiment, qu’ nos descendants sont bêtes d’avoir inventé le travail !
