Les exploits de Jeune-Pied-Bourlingueur

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la grotte selon Baptiste
Jeune-Pied habitait une grotte cro-mignonne !!!
 (peinture rupestre de Bâton Danseur)

Il était une fois une tribu végétarienne, artiste, écolo et pacifique qui vivait sur un plateau rocheux près dune rivière tranquille. Lorsque Jeune-Pied nacquit, ce fut le bonheur pour ses parents heureux davoir enfin un fils. Sa grande soeur, Olive-Noire, était en admiration devant le bébé, sa petite soeur trouvait quil était bien rouge, mais Mâ et Pâ eurent de nombreux compliments, quelquefois maladroits : Oh ! quel beau petit homme de néanderthal ! Oh quil est cromignon ! Pâ répondait patiemment : Mais non, il est né en dernier, et il est sapiens sapiens ! Ca pionce, ça pionce, pensait Mâ en proposant à son petit du lait pétillant, on voit bien que cest un homme qui dit ça ! Bref, se sentant fort de toute laffection qui lentourait, Jeune-Pied commença allègrement sa vie.

Peu de temps après sa naissance, Pâ dut faire face à une période particulièrement tourmentée, une sorte de révolte à coup de pierres de tribus jeunes contre des tribus plus anciennes. Mais Pâ sut choisir des mots pacifiques pour parler de la Loi des anciens et les jeunes gagnèrent des avantages qui calmèrent les esprits.

Le jour où Jeune-Pied-Bourlingueur connut lexpérience du feu

Pâ avait rapporté à labri une branche enflammée et Mâ en avait profité pour mettre à chauffer une soupe dherbes et de racines dont elle connaissait le secret. Jeune-Pied fut attiré par ces jolies flammes et le bois rougeoyant. Il avança son pied jusquà le brûler gravement et découvrit ainsi le pouvoir maléfique du feu. On faillit lappeler Jeune-Pied-Brûlé ! Un autre jour il faillit mourir en avalant par gourmandise un morceau de corail qui provenait dun collier de Mâ. Sa petite soeur, Main-habile dut sacrifier la délicieuse galette aux noisettes quelle avait gagnée pour sauver son petit frère !

Cependant Jeune-Pied ne manquait pas dhabileté et de sagesse pour contribuer à nourrir la tribu. Ainsi il fut le premier à découvrir les vertu nutritives et dégustatives du fruit du prunus. Il semait les noyaux partout où il passait et contribua à la propagation de cet arbuste. Un autre jour, il estima que la diversification alimentaire était importante pour la santé et il rapporta des écrevisses quil avait pêchées avec son compagnon, Roc-De-Feu, dans la rivière. Hélas ! Mâ eut peur dempoisonner la tribu et même Chien-Qui-Aboie nen voulut pas. Pourtant Jeune-Pied insistait : Sapiens, sapiens ! disait-il en pensant : Ca pince, ça pince ! Il voulut expérimenter une autre recette, la sole à la broche, mais ce nouveau mode de cuisson au feu ne fut pas une réussite. Plus tard à loccasion dun déplacement, il découvrit cette fois-ci avec succès des coquillages incrustés dans les rochers de la mer. Il découvrit également avant lheure lart des tisanes fermentées à base de raisin,

Le jour où Jeune-Pied découvrit le troc

Alors quil était encore petit, Jeune-Pied trouva un moyen habile de subvenir à ses besoins ! Il aimait essayer de nouveaux outils, ce qui parfois était très dangereux. Un jour, il saperçut que casser les cailloux pouvait donner à ceux-ci de la valeur. Dans un premier temps il alla les échanger dans une tribu voisine contre quelques ressources. Plus tard il découvrit lart de tailler des silex qui pouvaient servir de multiples façons y compris à faire des blagues.

Il sentraînait également à devenir un bon chasseur. Dès son plus jeune âge, il sefforçait de galoper tant et plus sur son jouet préféré, un cheval. Un jour, alors quil partait en expédition avec sa grande soeur il se blessa grièvement à cause dune branche darbre mais cela renforça son courage. Plus tard, il aimait grimper dans les arbres, sexerçait à tirer dans des cibles ; il réussit ainsi à capturer un magnifique dauphin au large de la grande mer bretonne.

D’autre part Jeune-Pied creusait la terre avec une patience admirable à la recherche de vieux os de mammouth ou de bison pour confectionner de nouveaux outils. Un jour cela lui valut une blessure honorable au cinquième doigt !

Le jour où Jeune-Pied découvrit la musique

Jeune-Pied était dun naturel heureux et il essaya avec sa voix dimiter les oiseaux et autres animaux. Il exerça aussi ses talents en taillant dans des brins davoine des anches dans lesquelles il soufflait ; ou bien il pinçait des boyaux de bison sur un tronc darbre.

Parvenu à lâge adulte, Jeune-Pied quitta sa tribu dorigine pour parcourir le monde. Il prenait plaisir à partir à laventure, escaladait des montagnes, rêvait de voler dans le ciel, Il rencontra de nombreuses tribus avec lesquelles il partagea son savoir et son amitié. Il garda lesprit nomade qui caractérisait ses parents. Il bourlinguait en emportant sa tente, sa gourde, ses outils, un air de musique dans la tête,

 

C’était au temps d’la préhistoire, voici deux ou trois cent mille ans,

Vint au monde un être bizarre, proche parent d’l’orang-outang.

Debout sur ses patt’s de derrière, vêtu d’un slip en peau d’ bison

Il allait conquérir la terre, c’était l’homme de Cro-Magnon.

Trois cent mille ans après sur terre, comm’ nos ancêtr’s nous admirons

Les monts les bois et les rivières mais s’ils rev’naient, quelle déception !

Nous voyant suer six jours sur sept ils diraient, sans faire de détail :

Vraiment, qu’ nos descendants sont bêtes d’avoir inventé le travail !