En décembre, l'ensemble des hauts responsables politiques du monde, sous

l'égide de l'ONU, vont se réunir à Copenhague pour tenter de donner une

suite au protocole de Kyoto (1997) sur le climat et la réduction de

l'émission des gaz à effet de serre.  

Un petit rappel des enjeux en vidéo :

 

Pour comprendre les enjeux cruciaux de ce sommet, revenons sur les précédents accords

 Le protocole de Kyoto

Il a été adopté en 1997 mais il aura fallu attendre  l’année 2005 pour qu’il entre en vigueur. Ce premier traité international de lutte contre les changements climatiques est aujourd’hui signé par 175 pays , mais toujours pas par les Etats-Unis pourtant principal pays émetteur de gaz à effet de serre.

Le protocole de Kyoto prévoyait une réduction des quantités de gaz  rejetés par les pays industrialisés d’au moins 5,2 % d’ici à 2012, par rapport aux niveaux de 1990. Il arrive à expiration fin 2012 et le prochain accord devra donc couvrir la période 2013-2017 au minimum.

Aujourd’hui la quasi totalité des scientifiques et de nombreux responsables politiques et économiques s’accordent à dire que la limite de variation de température sur la terre ne doit pas dépasser les 2°C. L’enjeu du prochain Sommet de Copenhague est de réduire les gaz à effet de serre afin de maintenir le réchauffement climatique sous cette température seuil de 2°C. Si cette limite est dépassée, les effets néfastes deviendront alors irréversibles.

 Le sommet de Copenhague a un objectif majeur : limiter l’ampleur du changement climatique à + 2°C

L’ensemble des ONGs estiment que lors de ce sommet :

Les pays industrialisés doivent s’engager à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 40% d’ici à 2020 (par rapport aux niveaux de 1990). Atteindre cet objectif nécessitera de mettre en place une nouvelle économie, “l’économie verte”, qui peut être très créatrice d’emploi et une source d’innovations importantes.

Les pays en développement doivent pouvoir poursuivre leur développement mais en s’engageant eux aussi à limiter la croissance de leurs propres émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020. Pour les pays les plus pauvres, cet objectif pourra être atteint que s’ils reçoivent une aide financière et technologique des pays les plus riches.

 La divergence entre les pays industrialisés et les pays émergents sont les principaux facteurs de blocage des négociations. Les pays comme la Chine reprochent aux nations les plus riches de ne pas prendre d’engagements forts tout en espérant une forte concession de leur part. De leur côté, les pays industrialisés accusent les pays en voie de développement de ne pas s’impliquer suffisamment dans le processus de réduction des gaz à effet de serre. D’après l’ONU, si le rythme des négociations ne s’accélère pas, la signature d’un accord à Copenhague est compromise.

Les diverses tergiversations sur les mesures à prendre ne font qu’accroître le risque d’atteindre un point de non-retour climatique.

 

Et nous, que pouvons-nous faire en tant que citoyen ?

En attendant que les politiciens décident de l’avenir du monde, le mieux est que chaque citoyen agisse de manière responsable et écologique, car même si les effets bénéfiques de l’attitude éco-citoyenne peuvent sembler minimes, ils sont primordiaux.

Chacun de nous peut essayer de pousser les politiques à adopter des objectifs qui limiteront le changement climatique et ses impacts en faisant entendre sa voix.

Pour cela, vous pouvez simplement rejoindre l’Ultimatum climatique, mouvement lancé par 11 ONGs (Greenpeace, WWF, Secours Catholique…), en signant l’appel qu’elles ont publié sur internet ou encore participer aux différentes manifestations organisées tout au long de l’automne.

Vous trouverez ci dessous les détails de l’appel destiné au Président de la République ainsi que le lien avec le site de l’Ultimatum climatique pour signer cet appel.

Le lien pour rejoindre l’appel :

 

L'appel de l'ultimatum climatique :

"Monsieur le Président,
Au mois de décembre de cette année se tiendra à Copenhague le Sommet de l’ONU sur le climat. Confrontés au péril climatique, les dirigeants du monde entier devront parvenir à surmonter leurs divergences d’intérêts de court terme pour se rassembler autour d’un projet politique mondial fondé sur un constat scientifique objectif et ainsi donner une suite au protocole de Kyoto qui soit à la hauteur des enjeux que nous allons devoir tous ensemble affronter dans les décennies à venir. Le résultat de cette conférence dessinera l’avenir climatique de l’humanité. Or comme le rappelait il y a un an le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon, « nous sommes au bord d’une catastrophe si nous n’agissons pas ».
Acteurs reconnus de la protection de l’environnement, des droits humains et de la solidarité internationale, conscients des responsabilités qui sont les nôtres, nous avons décidé pour la première fois de parler d’une seule voix pour vous exprimer publiquement notre préoccupation et vous appeler à agir avec ambition et détermination lors de la Conférence de Copenhague. Au regard de l’ultimatum climatique auquel l’humanité est confrontée aujourd’hui, Monsieur le Président, vous aurez rendez-vous avec l’Histoire en décembre 2009.
Le réchauffement du système climatique est sans équivoque. L’activité humaine en est la cause. Ses impacts se font déjà ressentir en différents points du globe, notamment par la multiplication des catastrophes climatiques. Si nous n’agissons pas maintenant, ils seront sans aucun doute encore plus dévastateurs. C’est le constat sans appel de 2 500 scientifiques du monde entier qui ont reçu collectivement le Prix Nobel de la Paix en 2007 pour leurs travaux sur le phénomène des changements climatiques. Depuis, de nouveaux éléments scientifiques montrent, chaque jour, que le climat se dérègle au-delà des prévisions les plus pessimistes, avec des conséquences bien plus précoces que prévues et d’ores et déjà visibles.
S’il est encore difficile d’évaluer avec précision l’amplitude des impacts, le danger est en revanche déjà certain. Ecosystèmes ravagés, variabilité climatique extrême, hausse du niveau des océans… : les premières victimes de ces catastrophes en chaîne sont les populations déjà vulnérables en Afrique subsaharienne, en Asie centrale, du Sud Est ou dans de nombreux pays insulaires. La sécurité alimentaire, l’accès à l’eau ou à la terre sont gravement menacés et des centaines de millions de personnes risquent d’être poussées à l’exode, grossissant les rangs de ceux que l’on nomme les « réfugiés climatiques ». Dans un monde de crises, nous craignons que la guerre, l’autoritarisme, les inégalités, la misère  et la souffrance humaine prennent encore un peu plus le pas sur la paix, la dignité humaine et la démocratie.
L’urgence climatique nous commande donc d’agir à la hauteur des périls qui sont devant nous. Nous maîtrisons déjà la plupart des technologies nécessaires pour relever le défi d’un mode de développement qui intègrerait à sa juste mesure l’impératif climatique. De plus, cette rupture avec un modèle de développement hérité d’un passé révolu recèle des opportunités d’économies, d’emplois et d’innovations considérables. Encore faut-il que nous prenions la décision politique de le faire.
Tout d’abord, il faut impérativement parvenir à stopper la croissance des émissions mondiales de gaz à effet de serre d’ici à 2015 avant de les faire décroitre. C’est la seule voie pour limiter le réchauffement des températures bien en-dessous de 2°C, seuil au-delà duquel la capacité à s’adapter de nos sociétés et des écosystèmes est menacée. Pour ce faire, Les pays industrialisés, dont la France, doivent s’engager collectivement à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40% d’ici à 2020 par rapport à 1990.
Mais cela ne sera pas suffisant. Les pays en développement doivent, eux aussi, mettre en place les politiques industrielles, énergétiques et agricoles qui limiteront la croissance de leurs émissions avant de les réduire, sans compromettre leur légitime aspiration au développement économique et social. L’accord de Copenhague devra permettre à ces pays d’évoluer vers des modèles sobres en carbone. Il devra aussi leur permettre de s’adapter aux conséquences inévitables du changement climatique.
Pour nombre d’entre eux, en particulier les plus vulnérables, ces actions ne pourront se faire sans le soutien financier et technique des pays industrialisés. Les besoins d’ici à 2020 sont évalués à plus de 100 milliards d’euros par an. C’est moins de 10% des dépenses militaires mondiales.

Responsables de la majorité des émissions de gaz à effet de serre aujourd’hui dans l’atmosphère, munis de capacités d’action plus fortes, les pays industrialisés portent la responsabilité morale, légale et économique de mener le combat contre le dérèglement du climat. Monsieur le Président, vous vous devez de prendre la tête de ce combat qui est sans aucun doute l’enjeu de ce siècle. Notre avenir commun dépendra dans deux cents jours des choix politiques qui seront faits."

Serge Orru, WWF-France
Pascal Husting, Greenpeace France
François Danel, Action contre la Faim
Olivier Braunsteffer, Care France
Souhayr Belhassen, FIDH
Nicolas Hulot, Fondation Nicolas Hulot
Anne Bringault, Les amis de la terre
Michel Bruguière, Médecins du Monde
Luc Lamprière, Oxfam France Agir Ici
Sandrine Mathy, Réseau Action Climat
Michel Roy, Secours Catholique

 

 D'autres liens intéressants pour suivre cet événement important :

Le site du ministère de l'écologie et du développement durable qui permet de suivre la conférence et ses enjeux.

La partie du site de l'ONU consacrée aux changements climatiques.

Le site de "planète urgence" qui reprend avec d'autres thèmes cruciaux cette problématique du climat.

L'explication des enjeux sur le site de l'Ultimatum climatique

Le réchauffement climatique expliqué dans la documentation française.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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