L’Education à l’Environnement et au Développement Durable (EEDD)
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Yann Arthus Bertrand et ses expositions photos pédagogiques
Depuis quelques dizaines d’années, de nombreux spécialistes se sont penchés sur l’EEDD. L’Education nationale a un rôle fondamentale à assumer en matière de développement durable en tant qu’éducateur et formateur de la jeunesse et en tant que service public.
Revenons sur l’histoire et les grands principes de l’EEDD.
Des implications internationales
Depuis plus de trente ans, plusieurs réunions se sont tenues de par le monde sur le sujet. De 1977 où l’UNESCO a organisé la 1ère conférence sur l’éducation à l’environnement à Tbilissi (Géorgie) au colloque UNESCO (voir le site) de nouveau, à Paris en 2006, près de 10 réunions internationales ont permis de jeter les bases de l’EEDD en proposant des méthodes, des objectifs, en conceptualisant des pratiques éducatives sur le sujet.
Le sommet de la terre à Rio en 1992 officialise dans le chapitre 36 de son agenda 21 (voir site) l’éducation initiale et la formation continue comme des vecteurs essentiels à la construction d’un futur viable et incite les Etats à mettre en oeuvre des mesures pour favoriser l’EEDD.
Une réponse Européenne
A partir de 1993, la commission européenne met en oeuvre les recommandations de Rio : experts, enseignants et universitaires travaillent sur les différentes pratiques européennes, et, en 2000 dans la charte des droits fondamentaux de l’Union Européenne, l’article 14 consacré à l’éducation permet à l’EEDD d’émerger : » le vrai chantier de l’école est d’éduquer des acteurs lucides et solidaires qui seront capables de construire un nouveau projet de société ; une Europe durable ».
En 2003, les ministres européens de l’environnement et de l’éducation ont affirmé la nécessité de développer l’EEDD : l’éducation devient la condition sine qua non du développement durable et en 2004/2005, une stratégie pour l’éducation au développement durable est promue. Cette stratégie intègre les « principes de la décennie pour l’Education de l’UNESCO » adoptée en 2002 (voir site UNESCO) qui défini ainsi l’EEDD :
- Apprendre à respecter la valeur et les richesses provenant du passé, tout en les préservant.
- Apprécier les merveilles de la terre et de tous les peuples.
- Vivre dans un monde où chacun ait de quoi se nourrir pour une vie saine et productive.
- évaluer, entretenir et améliorer l’état de notre planète
- Construire et apprécier un monde meilleur, plus sécurisant, plus équitable.
-Etre des citoyens concernés et responsables, exerçant leurs droits et responsabilités à tous les niveaux (local, national et global).
La France et l’Education Nationale
La France avait eu très tôt une démarche éducative novatrice car en 1977 elle mettait en place un texte fondateur (texte Haby) qui contenait les objectifs, les contenus et les méthodes d’une éducation à l’environnement et insérait le terme « environnement » dans des programmes scolaires. De nombreuses mesures ont ensuite suivi mais les résultats sont restés très modestes et un rapport officiel en 2003 sur l’éducation relative à l’environnement et au développement durable demande à ce que la copie soit révisée fortement et que l’EEDD soit généralisée de manière plus efficace.
En 2003/2004, le ministère expérimente l’EEDD dans 84 établissements et dès la rentrée 2004/2005, l’EEDD est généralisée : « depuis la rentrée 2004 l’EEDD fait partie intégrante de la formation initiale des élèves de la maternelle à la terminale ». « L’étude de l’environnement dans la perspective du développement durable doit amener tous les élèves à prendre conscience des phénomènes naturels et de société qui interagissent. Les équipes pédagogiques veilleront à coordonner leurs interventions pour offrir aux élèves un parcours progressif et adapté à l’âge… » (voir site eduscol)
L’article 8 de la charte de l’environnement ( ajoutée à la constitution française en 2005) met l’éducation et la formation au centre des droits et des devoirs du citoyen (le texte ici).
A la rentrée 2007, la 2ème phase de généralisation triennale ( 2007/2010) en faveur de l’EDD veut inscrire encore plus largement le développement durable dans les programmes et s’attachera à offrir des formations aux personnels dans le domaine. (voir site eduscol)
Des campagnes d’informations de l’Etat
Les principes de l’EEDD dans un établissement scolaire
Le développement durable doit avoir une place de choix dans les établissements scolaires, l’éducation est un moyen indispensable pour permettre la mobilisation des citoyens autour des nouveaux choix de société, autour d’un monde plus solidaire, responsable et équitable. Et les pays développés, de par leur système éducatif avancé et leur responsabilité dans le monde de demain, se doivent de montrer l’exemple à l’ensemble de la planète.
Il faut faire prendre conscience aux jeunes que la terre est un espace fini et le bien commun de l’humanité dont chacun est responsable par ses actes et dans ses comportements. L’école est le lieu où l’action doit prendre le pas sur la désillusion; où la fatalité est remplacée par le choix d’être acteur de son avenir et de celui de la planète.
Les fondements de cette éducation sont les réglementations sur l’EEDD ( voir plus haut et textes officiels : page « en savoir plus »), l’éducation à la citoyennetée et la vie en communauté, le fonctionnement des établissements qui répondent à des contraintes d’éco-responsabilité .
La prise de conscience par la société civile de la nécessité du développement durable et le renforcement de la mondialisation demandent aux citoyens d’être de plus en plus responsables. Face à ces enjeux, les établissements doivent former les futurs citoyens du monde et cet apprentissage de responsabilité sociales doit se faire par l’école et par le biais des disciplines enseignées.
Le comité national français de la décennie pour l’EEDD (2005-2014) du 11 octobre 2005 ( en savoir plus sur le site du comité) a officialisé la création d’un lien transdisciplinaire entre la citoyennetée, les droits de l’homme et l’éco-responsabilité. Reprenons les termes de Gilles de Robien (ministre de l’éducation de l’époque) pour en définir parfaitement les contours : » le développement durable n’est pas une matière particulière qui s’enseigne de façon isolée mais plutôt une perspective dans laquelle de nombreuses connaissances peuvent être replacées … ». « La généralisation de cette éducation signifie aussi que l’Education Nationale soutient toutes les formes de projets utiles à l’avancement de cette idée… » . « Les établissements scolaires eux-mêmes doivent faire des efforts pour intégrer dans leur fonctionnement les normes d’éco-responsabilité… ».
Reste à mettre en oeuvre sur le terrain les outils qui sont à la disposition de tous et toute l’énergie nécessaire pour relever ce défi au quotidien dans les pratiques éducatives et dans nos principes de vie.
La mise en place d’un agenda 21 scolaire est l’une des nombreuses portes d’entrée dans l’EEDD : à votre tour de vous lancer !
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