Les formes de travail des enfants

30 08 2008

Les formes de travail des enfants

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Textes de référence

 

المستشار  فى التربية عقونى محمد

متوسطة الساحى عبد القادر سبدو تلمسان الجزائر

Le travail des enfants est un problème mondial touchant aussi bien les pays industrialisés que les pays en développement. Actuellement, on estime qu’au moins 250 millions d’enfants de 5 à 14 ans doivent travailler et que près de la moitié d’entre eux est obligée de travailler à plein temps. Des millions d’autres ne sont pas recensés et ne peuvent l’être. Ils sont partout mais invisibles.

Le travail des enfants peut revêtir plusieurs formes que l’on peut classer en sept catégories, aucune n’étant propre à une région du monde en particulier:

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Le travail domestique

Les enfants les plus vulnérables, les plus exploités et les plus difficiles aussi à protéger par le fait même sont probablement les enfants domestiques. Estimées à plusieurs millions, ils sont souvent très mal payés, voire pas du tout, et leurs conditions de travail dépendent entièrement du bon vouloir de l’employeur. Ils ont très souvent une lourde charge de travail: ils font la lessive, la cuisine, le ménage et ils s’occupent des enfants. On les fait souvent dormir par terre dans la cuisine ou dans un coin de la chambre d’enfants. Ils travaillent parfois jusqu’à 18 heures par jour et la plupart d’entre eux sont privés d’école, de jeu et d’activité sociale ainsi que du soutien psychologique de leur famille et de leurs amis. Ils sont finalement exposés à la violence physique et aux abus sexuels.

 

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L’exploitation sexuelle à des fins commerciales

En raison du secret qui entoure l’exploitation sexuelle d’enfants à des fins commerciales, il est difficile de réunir des données dignes de foi sur cette industrie illégale qui brasse des milliards de dollars. Mais les ONG sur le terrain estiment que chaque année dans le monde, au moins un million de jeunes filles sont ainsi piégées ou forcées à se livrer à cette forme d’exploitation qui confine à l’esclavage. Les garçons aussi sont souvent exploités.

Par les dommages physiques et psychosociaux qu’elle inflige, l’exploitation sexuelle est sans conteste l’une des pires formes du travail des enfants. Les enfants qui y sont soumis encourent quotidiennement de graves risques pour leur santé: VIH, maladies sexuellement transmissibles, grossesses non désirées et toxicomanie, sans parler des maladies respiratoires.

Selon le BIT, la première région en importance est l’Asie mais le phénomène se retrouve maintenant en Amérique latine, en Afrique et dans les pays occidentaux. Des réseaux de prostitution se sont d’ailleurs développés pour subvenir à la demande.

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Le travail en servitude

La forme d’esclavage la plus répandue à l’heure actuelle est le servage pour dette, qui toucherait des dizaines de millions de personnes dans une grande partie de l’Asie (Inde, Népal et Pakistan) ainsi qu’au Brésil. De riches usuriers, industriels ou grands propriétaires terriens avancent de l’argent à des familles démunies. En échange, ces familles deviennent la propriété du prêteur, une main d’œuvre corvéable à merci, soumise à des conditions de travail inhumaines dans les chantiers de construction, des briqueteries, des ateliers de tapis ou des plantations agricoles.

Leur travail n’est toutefois pas toujours rémunéré, mais quand il l’est, les gages sont si maigres qu’ils ne suffisent jamais à rembourser la dette. Alors, ce servage pour dette court parfois sur plusieurs générations…

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Le travail militaire

L’enrôlement d’enfants s’est pratiqué des siècles dans plusieurs civilisations. De nos jours, cet enrôlement est cité parmi les formes modernes d’esclave car il s’agit généralement d’un enrôlement forcé. Selon l’ONU, 300 000 jeunes de moins de 18 ans ont participé, ou participent encore, à la trentaine de conflits régionaux recensés durant les dernières décennies. Ils sont recrutés par des armées régulières ou des milices lors de guerres civiles comme au Sri Lanka, en Bosnie, en Afghanistan, au Cambodge ou au Liban. Ils ont aussi été utilisés lors de guérillas, notamment en Amérique latine (Pérou, Colombie, Nicaragua). Leurs conditions sont terribles : ils sont blessés, souffrent de la faim et de la peur en permanence. Ceux qui tentent de s’évader sont battus ou tués et beaucoup sont contraints de participer à des massacres.

L’UNICEF mentionne que l’on recruterait des enfants parce qu’ils sont impressionables, sensibles à l’autorité, moins porté à déserter ou à réclâmer leur solde que des adultes. Ensuite, parce qu’ils sont utiles aux soldats en campagne pour assurer des tâches auxiliaires (porteurs, messagers, cuisiniers,…). Les filles, quant à elles, servent souvent d’esclaves sexuelles. Enfin la diffusion des armes légères a permis leur utilisation comme combattant au front.

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Le travail dans l’industrie et les plantations

Dans le monde entier, des enfants travaillent dans l’industrie et les plantations dans des conditions périlleuses. Les industries employant de la main-d’œuvre enfantine sont très variées. Cela va du cuir dans la région de Naples (Italie) à la fabrication préindustrielle de briques au Pérou et en Colombie, où l’on trouve des enfants ayant à peine huit ans.

 

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Le travail familial

L’occupation la plus fréquente des enfants dans le monde reste le travail dans et pour la famille: travaux agricoles ou ménagers au domicile des parents. Or, s’il est bon pour un enfant de participer dans une mesure raisonnable aux activités du foyer, ce qui lui donne conscience de sa valeur, on exige malheureusement souvent beaucoup trop de lui. De trop longues heures de travail empêcheront l’enfant d’aller à l’école, et entraveront son développement corporel.

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Les métiers des rues

La rue peut être un lieu de travail cruel et dangereux, menaçant souvent la vie même des enfants. Beaucoup de gamins luttent pour exercer dans la rue un travail légal afin d’assurer leur survie ou celle de leur famille. Ils cirent les chaussures, lavent et gardent les voitures, portent des colis, vendent des fleurs et des colifichets, ramassent les objets recyclables et trouvent une multitude d’autres manières ingénieuses de gagner un peu d’argent. La grande majorité rentrent chez eux chaque soir, dans les quartiers misérables ou les bidonvilles: ce sont des enfants dans les rues, pas nécessairement des enfants des rues.




Travail des enfants

30 08 2008

Travail des enfants

 

المستشار  فى التربية عقونى محمد

متوسطة الساحى عبد القادر سبدو تلمسان الجزائر

Le travail des enfants est la participation de personnes mineures à des activités à finalité économique et s’apparentant plus ou moins fortement à l’exercice d’une profession par un adulte.

Au niveau international, l’Organisation internationale du travail (OIT)[1] le définit en comparant l’âge à la pénibilité de la tâche, du moins pour les enfants de plus de douze ans (voir plus bas pour les détails).

En pratique, parmi les enfants travailleurs, on distingue le travail « acceptable » (léger, s’intégrant dans l’éducation de l’enfant et dans la vie familiale, permettant la scolarisation) et le travail « inacceptable » (trop longtemps, trop jeune, trop dangereux, etc.) ; c’est ce dernier que recouvre généralement la notion de « travail des enfants ». On estime qu’environ 350 millions d’enfants[2] sont concernés dans le monde ; plus de 8 millions se trouvent dans une des « pires formes de travail des enfants » : enfants soldats, prostitution, pornographie, travail forcé, trafics et activités illicites.

Le travail des enfants est le sujet de nombreuses idées reçues dans le monde occidental, car il est surtout connu par les scandales médiatisés : un enfant au travail est vu typiquement comme un « enfant-esclave », dans un pays du tiers monde, employé dans un atelier textile asiatique pour une grande marque de vêtements ou enfant des rues en Amérique du Sud[3]. En réalité, il y a des enfants au travail dans quasiment tous les pays du monde, y compris des pays développés comme l’Italie ou les États-Unis ; les usines et les ateliers textiles masquent le fait que plus des trois quarts de ce travail se trouve dans l’agriculture ou les activités domestiques, dans la sphère familiale ; et si les enfants-esclaves existent, ils ne forment qu’une minorité. Il existait aussi bien avant l’industrialisation ou la mondialisation, même si ces deux phénomènes ont rendu le travail des enfants plus visible[4].

Si l’élimination des « pires formes de travail » n’est pas discutée, l’abolition est en revanche un sujet de débat pour les autres enfants ; la lutte contre la pauvreté et les mauvaises conditions de travail reste un objectif commun aux « abolitionnistes » comme aux organisations plus pragmatiques. Depuis 1992, le programme IPEC tente de fédérer les actions entreprises.

Jeune enfant travaillant seule. Photographiée à Aït-Ben-Haddou, au Maroc, le 17 mai 2008.

Jeune enfant travaillant seule. Photographiée à Aït-Ben-Haddou, au Maroc, le 17 mai 2008.

Jeune berger au Sénégal.

Jeune berger au Sénégal.

Sommaire

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Définitions [modifier]

Âge minimum et travail [modifier]

Vendeuse de bacoves à Hô-Chi-Minh-Ville au Viêt Nam.

L’Organisation internationale du travail retient les définitions suivantes dans ses publications qui servent souvent de référence lors de l’analyse du travail des enfants[5] :

  • Un enfant est une personne de moins de 18 ans[6] ; puisqu’il est souvent considéré que les enfants de moins de 5 ans sont trop jeunes pour travailler[7] (même s’il existe des cas d’abus), les statistiques ne prennent souvent en compte que les enfants entre 5 et 17 ans.
  • Le travail est défini comme une « activité économique »[8], qu’elle soit payée ou non. Ce dernier cas permet d’inclure l’économie informelle ou le travail domestique dans un autre foyer que le sien. Les enfants sont ainsi répartis dans cinq catégories : travaillant, travaillant et allant à l’école, allant à l’école et ne travaillant pas, travail domestique, et aucune activité (malade, éducation informelle, etc.).

Ces définitions sont essentiellement statistiques et ne servent pas à établir la limite entre un travail « acceptable » (au vu des conventions internationales) ou non. La convention no 138 de l’OIT sur l’âge minimum d’emploi de 1973 est le document de référence à ce sujet actuellement[9]. Elle distingue un âge minimum général, un âge minimum pour les travaux légers et un autre pour les travaux dangereux. Elle distingue aussi les « pays où les services économiques et d’éducation sont insuffisamment développés » et les autres ; pour les autres pays, l’âge minimum général est de 15 ans ou l’âge de fin de scolarisation obligatoire s’il est plus élevé (14 ans dans ces pays en développement) ; pour les travaux légers, 13 ans (resp. 12 ans) ; pour les travaux dangereux, 18 ans, voire 16 ans selon certains conditions (idem).

Type de travail, acceptabilité [modifier]

Diagramme des différents types de travail des enfants, d’après l’OIT. Les chiffres correspondent au nombre d’enfants dans ces conditions (en millions), d’après l’évaluation globale de 2002. La ligne pointillée sépare les formes acceptables et non-acceptables au sens de l’OIT.

Diagramme des différents types de travail des enfants, d’après l’OIT[2]. Les chiffres correspondent au nombre d’enfants dans ces conditions (en millions), d’après l’évaluation globale de 2002. La ligne pointillée sépare les formes acceptables et non-acceptables au sens de l’OIT.

La convention no 138 de l’OIT impose de définir également les travaux « légers » et « dangereux ». D’après cette même convention, un « travail léger » doit être sans danger pour la santé et le développement de l’enfant et ne doit pas l’empêcher d’aller à l’école ou de « bénéficier de sa formation ». C’est ce que l’Unicef appelle childwork (ou « travail conforme aux normes de l’OIT ») : ces travaux sont souvent bénéfiques pour leur éducation[10]. Dans les statistiques, cela est souvent simplifié pour devenir « un travail non dangereux prenant moins de 14 heures par semaine ». Les deux autres catégories de travaux sont les travaux dits dangereux et les « pires formes de travail des enfants » (en anglais : Unconditional worst forms of child labour).

Un « travail dangereux » est de façon générale ce qui peut « compromettre la santé ou la sécurité physique ou morale d’un enfant » ; plus précisément, cela inclut les métiers de la construction, dans les mines, avec certaines machines, au contact de pesticides, de plus de 43 heures par semaine, etc. : la convention OIT no 190 définit ces formes plus précisément, de même que les lois nationales.

L’Unicef retient la notion de child labour (ou « travail non conforme aux normes de l’OIT »)[10] en y incluant les travaux dangereux (tous âges), les moins de 12 ans qui travaillent dans une des branches de l’économie et les travaux non dangereux effectués plus de 14 heures par semaine (12-14 ans).

Les « pires formes de travail des enfants » sont définies par la convention OIT no 182, article 2, et incluent le trafic d’enfants, le travail forcé ou en remboursement d’une dette, la participation des enfants à des conflits armés (en tant qu’enfants soldats mais aussi comme messagers, porteurs, etc.), l’exploitation sexuelle par la prostitution et la pornographie ainsi que les activités illicites comme le trafic de drogue (voir les détails dans la partie dédiée).

Histoire [modifier]

Voir aussi la chronologie du travail des enfants.

Il semble que les enfants aient travaillé depuis l’Antiquité, principalement aux champs avec leurs parents et en participant aux tâches domestiques. En Europe et en Amérique du Nord, la Révolution industrielle entraîne une prise de conscience de leurs conditions de travail et mène progressivement à une restriction du travail des enfants. Dans les pays actuellement « en développement », ce n’est qu’à partir de la mondialisation du XXe siècle qu’une véritable prise de conscience s’opère[3].

Avant l’industrialisation [modifier]

Scène de gaulage d’olives par des adolescents en Grèce antique.Amphore à col attique à figures noires du Peintre d’Antiménès, vers 520 av. J.-C., British Museum, Londres.

Scène de gaulage d’olives par des adolescents en Grèce antique.
Amphore à col attique à figures noires du Peintre d’Antiménès, vers 520 av. J.-C., British Museum, Londres.

Le travail des enfants existe depuis l’Antiquité : l’enfance étant alors une période courte en raison de la faible espérance de vie, les jeunes filles sont mariées tôt (14 à 15 ans[11]) et les enfants participent aux tâches domestiques et agricoles. Le cercle familial est le principal « lieu de travail », les enfants participant ainsi à l’économie du ménage. Si les garçons apprennent progressivement le métier du père, les filles sont éduquées à la tenue de la maison puis, à partir du Moyen Âge, sont employés dans l’artisanat à domicile, par exemple avec le tissage[12]. L’éducation au Moyen Âge n’est guère répandue et reste réservée aux familles aisées. Toujours à partir du Moyen Âge, les enfants commencent à travailler hors du foyer pour répondre à la fois à la demande d’employeurs à la recherche de main-d’œuvre peu coûteuse et au besoin des familles pauvres de survenir à leurs besoins : les garçons sont affectés aux travaux des champs et les filles travaillent comme servantes.

Des contrats de travail apparaissent sous la forme de « contrats de louage »[11] ou de placement comme apprenti dans les corporations des villes et ce dès 12 ou 13 ans. On trouve ainsi des enfants et adolescents sur les grands chantiers de construction, bénéficiant toutefois d’un salaire inférieur à celui d’un adulte quand ils en reçoivent un[13]. Les enfants abandonnés et les orphelins (environ 2 000 abandonnés par an à Paris au début du XVIIIe siècle, 35 000 par an en France vers 1830)[14] sont mis au travail par les institutions qui les recueillent, comme pour des travaux de couture vendus par la suite, mais aussi placés en apprentissage. Certaines mineures sont prostituées et des enfants vivent de la mendicité comme c’est parfois le cas actuellement.

À la fin du XVIIIe siècle, l’école reste toujours aussi peu répandue et les enfants sont couramment placés comme valets de ferme à la campagne (dès 9 ou 10 ans) ou comme domestiques en ville. On en rapporte ainsi plus de 120 000 à Londres dans les années 1850[12]. Le travail informel se développe avec les grandes villes et l’on trouve ainsi de jeunes cireurs de chaussures, vendeurs de journaux, porteurs, éboueurs ; on trouve même des enfants dans les théâtres et les cirques à Paris. En l’absence de protection sociale, leur salaire sert de supplément à celui des parents et permet entre autres de subvenir à leurs propres besoins.

La Révolution industrielle [modifier]

Les enfants ouvriers [modifier]

Dans une usine américaine à Newberry, Caroline du Sud, en 1908.

Dans une usine américaine à Newberry, Caroline du Sud, en 1908.

La Révolution industrielle survient tout d’abord au Royaume-Uni et en France à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle. Alors que les nombreuses manufactures, les mines ou les chantiers embauchent des ouvriers en masse, ceux-ci, le plus souvent avec de nombreux enfants et un faible revenu, encouragent leurs enfants à entrer avec eux à l’usine où ils effectuent les tâches subalternes dans les mêmes mauvaises conditions que les adultes. On trouve ainsi des enfants dans les cotton mills du Nord de l’Angleterre, dans les docks et les ateliers textiles des États-Unis ou dans les filatures françaises[12].

Le travail des enfants, avec celui des femmes, a trois avantages pour les industriels. Il permet de faire pression à la baisse sur les salaires des ouvriers adultes masculins ; il permet de livrer la famille entière au travail ouvrier, ce qui accélère la rupture avec le monde rural traditionnel ; enfin il fournit une main-d’œuvre plus abondante, permettant d’utiliser les machines à plein rendement[15].

La souplesse et la petite taille des enfants leur attribueraient des aptitudes que les adultes n’ont pas. Ils sont employés à des travaux très précis, ils peuvent tirer en rampant les berlines dans les boyaux des mines, nettoyer les parties les moins accessibles des machines ou encore rattacher les fils brisés derrière les métiers à tisser[15]. Le travail est très précoce : les enfants de quatre ans sont assez recherchés afin d’être « formés » sur les machines dès qu’ils en ont l’aptitude physique[15].

En Angleterre, les paroisses, qui ont la charge du secours aux enfants déshérités, les vendent aux industriels, par l’intermédiaire de petites annonces dans la presse, lorsqu’elles ne souhaitent plus les secourir où font face à des surplus d’enfants. Cette traite se fait souvent sans même l’avis des parents[15].

Le travail est non seulement très dur, mais les enquêtes de l’époque témoignent en outre de sévices infligés par des employeurs : les membres trop courts des enfants sont adaptés à la machine par des appareillages, ils sont fouettés lorsque la cadence de production se met à baisser[15]. Ces conditions ont des conséquences sanitaires. Comme les femmes, les enfants travaillant dans le textile sont souvent frappés par la tuberculose, du fait de la poussière et de l’humidité. Ils subissent aussi l’asthme, les allergies diverses. Les enfants souffrent plus particulièrement de scolioses et de rachitisme. D’après une enquête de la British Association de 1878, les garçons de onze et douze ans des milieux ouvriers ont une taille en moyenne inférieure de 12 cm à ceux des milieux bourgeois et aristocratiques allant à l’école[16].

Au cours du XIXe siècle, l’importance du travail des enfants varie selon les secteurs et les périodes. Ainsi, si en Angleterre la part des enfants dans la main-d’œuvre de l’industrie cotonnière est de seulement 5 % en 1850, contre 13,3 % en 1834, elle remonte beaucoup à l’occasion des crises économiques (14 % en 1874)[15].

La prise de conscience [modifier]

Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?
Ces doux êtres pensifs, que la fièvre maigrit ?
Ces filles de huit ans qu’on voit cheminer seules ?
Ils s’en vont travailler quinze heures sous des meules ;
Ils vont, de l’aube au soir, faire éternellement
Dans la même prison le même mouvement.
Accroupis sous les dents d’une machine sombre,
Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l’ombre,
Innocents dans un bagne, anges dans un enfer,
Ils travaillent. Tout est d’airain, tout est de fer.
Jamais on ne s’arrête et jamais on ne joue.
Aussi quelle pâleur ! la cendre est sur leur joue.
Il fait à peine jour, ils sont déjà bien las.
Ils ne comprennent rien à leur destin, hélas !
Ils semblent dire à Dieu : « Petits comme nous sommes,
« Notre père, voyez ce que nous font les hommes ! »
Ô servitude infâme imposée à l’enfant !
Rachitisme ! travail dont le souffle étouffant
Défait ce qu’a fait Dieu ; qui tue, œuvre insensée,
La beauté sur les fronts, dans les cœurs la pensée,
Et qui ferait — c’est là son fruit le plus certain —
D’Apollon un bossu, de Voltaire un crétin !
Travail mauvais qui prend l’âge tendre en sa serre,
Qui produit la richesse en créant la misère,
Qui se sert d’un enfant ainsi que d’un outil !
Progrès dont on demande : « Où va-t-il ? Que veut-il ? »
Qui brise la jeunesse en fleur ! qui donne, en somme,
Une âme à la machine et la retire à l’homme !
Que ce travail, haï des mères, soit maudit !
Maudit comme le vice où l’on s’abâtardit,
Maudit comme l’opprobre et comme le blasphème !
Ô Dieu ! qu’il soit maudit au nom du travail même,
Au nom du vrai travail, saint, fécond, généreux,
Qui fait le peuple libre et qui rend l’homme heureux !

Victor Hugo, Les Contemplations, 1838 [Texte complet]

Il n’est pas certain que la révolution industrielle ait accru le nombre d’enfants au travail car nombre d’entre eux était auparavant affectés aux travaux des champs ou aux tâches domestiques. Les opinions divergent entre par exemple l’économiste Milton Friedman qui soutient que le travail des enfants avait décrû au cours de cette époque en Angleterre[17] et l’historien E. P. Thompson qui affirme que l’intensité du travail des enfants s’est considérablement accrue entre 1780 et 1840[18]. D’après Paul Bairoch, ils commencent à travailler plus jeunes, et les conditions de travail sont aggravées par l’absence des parents dans la mesure où les enfants ne travaillent plus pour leurs parents comme dans les sociétés traditionnelles. La durée du travail s’allonge (parfois à 16 heures par jour dans la première phase de l’industrialisation), et ce pour des salaires dérisoires[19]. L’absence de recensement précis ou d’inventaire des conditions de travail avant le XIXe siècle ne permet pas de tirer de conclusion définitive.

En revanche, l’arrivée d’enfants dans les usines les rend bien plus visibles et surtout expose leurs misérables conditions de travail au grand jour. Des enquêtes permettent d’obtenir des évaluations du phénomène. La Statistique générale de la France de 1840 recense 130 000 enfants de moins de 13 ans dans les ateliers de plus de dix salariés, 20 % des mineurs de Carmaux sont des enfants en 1850[20] et vers 1840, les enfants forment 12 % des ouvriers de l’industrie. Les accidents dans les usines, les éboulements et les explosions dans les mines causent de nombreux blessés et morts et attirent l’attention du public.

Les premiers rapports émanent de médecins, d’inspecteurs ou d’élus décrivant les accidents et les conditions de travail des enfants. De même, les œuvres de Charles Dickens puis d’Émile Zola ont un certain retentissement ; le travail des enfants est utilisé pour dénoncer l’exploitation de la classe ouvrière (Karl Marx et Friedrich Engels, dans le Manifeste du parti communiste, prônent ainsi l’interdiction du travail des enfants). Une partie des industriels réplique que la petite taille des enfants leur permet d’effectuer certains tâches impossibles aux adultes (un point actuellement réfuté mais couramment admis à l’époque) et que l’emploi d’enfants leur évite de devenir des vagabonds, contribue ainsi à la paix sociale et aide les familles pauvres. Entre ces deux positions, la réglementation puis l’abolition du travail des enfants en Europe et en Amérique du Nord prend plus d’un siècle[12].

Abolition progressive en Europe et aux États-Unis [modifier]

Le travail des enfants est d’abord réglementé avant d’être aboli. En Angleterre, le Factory Act de 1833 interdit, dans l’industrie textile, le travail des enfants de moins de 9 ans, et limite le temps de travail journalier en fonction de l’âge (10 heures pour les enfants de 9 à 14 ans, 12 heures pour ceux entre 14 et 18 ans) ; cette loi n’est élargie à l’ensemble des activités qu’en 1853.[21]. En France, Villermé publie son Tableau de l’état physique et moral des ouvriers, tableau horrifiant des conditions de travail des enfants, tandis que Dupin écrit Du travail des enfants en 1840, ce qui mène à la loi du 21 mars 1841 portant l’âge minimum à 8 ans et limitant le travail de nuit. La durée de travail est aussi réglementée et la scolarisation obligatoire jusqu’à 12 ans mais ces mesures n’ont que peu d’effet[12], Villermé dénonçant des industriels qui cachent les enfants lors d’inspections. En 1874, une nouvelle loi limite l’emploi avant 12 ans. Aux États-Unis, certains états industriels comme le Connecticut ou le Massachusetts limitent la durée de travail à dix heures quotidiennes en 1843.

À la fin du XIXe siècle en Europe, l’âge minimum est encore de 9 ans en Italie, 10 ans au Danemark, 12 ans en Allemagne et aux Pays-Bas mais de 14 ans en Suisse. Le travail de nuit, les dimanches et les jours fériés est prohibé avant 16 ans dans de nombreux pays. L’âge minimum pour la descente dans les mines est en général de un à deux ans plus élevés. La durée de travail est ramenée à 6 heures en Angleterre avant 14 ans, 8 heures en Italie, 12 heures en Belgique[22].

Deux filles arborant des slogans « Abolish child slavery » (« Abolissez l’esclavage des enfants »), en anglais et en yiddish, pendant la labor parade à New York le 1er mai 1909.

Deux filles arborant des slogans « Abolish child slavery » (« Abolissez l’esclavage des enfants »), en anglais et en yiddish, pendant la labor parade à New York le 1er mai 1909.

L’arrivée de la scolarisation obligatoire est le facteur le plus décisif de la baisse du travail des enfants en Europe. L’école entre d’abord en conflit avec l’usine : pour les parents, la scolarité coûte cher tandis qu’avoir un enfant qui travaille améliore l’ordinaire ; pour les industriels, les horaires de l’école concurrencent les heures de travail autorisées. En France, il faut l’imposition de l’école primaire obligatoire de 6 à 13 ans par Jules Ferry en 1880-1881. Sa gratuité permet de changer les mentalités en faisant de l’école la norme, même pour les enfants d’ouvriers. Les allocations familiales octroyées en fonction de l’assiduité scolaire contribuent encore à cette généralisation, tout en compensant pour les familles pauvres la perte de salaire associée à la fin du travail[12]. C’est aussi cette mesure qui a permis de réduire significativement le travail domestique et agricole des enfants, jusque-là invisible pour le législateur.

Les autres pays d’Europe et d’Amérique du Nord ont suivi des voies similaires tout en relevant l’âge minimum au cours du XXe siècle pour atteindre généralement 16 ans à la fin de la scolarité obligatoire (en France en 1959, aux États-Unis en 1938).

Les pays en développement [modifier]

Moulin à canne à sucre, Libéria, 1968.

Moulin à canne à sucre, Libéria, 1968.

Si le travail des enfants existe toujours dans les pays développés, son incidence y est devenue et restée faible dans la seconde moitié du XXe siècle : l’OIT indique qu’environ 3 % des enfants des pays industrialisés sont « économiquement actifs ». En revanche, dans les pays en développement, l’incidence du travail des enfants reste élevée, faute d’un développement économique ou social comparable à celui de l’Europe ou des États-Unis. De même que dans ces pays, ce travail est resté en grande partie « invisible », souvent cantonné à la sphère familiale ou aux zones rurales.

La mondialisation a changé cet état et, à l’image de la révolution industrielle, a rendu plus visible ce travail et les conditions sordides qui l’entourent parfois. Dans les années 1980, certains scandales ont ainsi attiré l’attention du public occidental sur les enfants travaillant dans les ateliers de confection asiatiques (les fameux sweatshops) ou sur les enfants des rues survivant de petits travaux. Certaines ONG, tant locales qu’internationales, se sont créées dans le but d’éliminer le travail des enfants. L’OIT a lancé le « Programme focal sur le travail des enfants » en 1992 et des campagnes ont été menées afin de pousser les entreprises européennes et nord-américaines ainsi que les multinationales à ne pas utiliser le travail des enfants. La première estimation globale du nombre d’enfants au travail paraît en 1996 puis est révisée en 2002. Cette estimation a permis de mieux saisir l’ampleur du phénomène ainsi que ses caractéristiques. Toujours en 2002, le 12 juin a été déclaré « journée mondiale contre le travail des enfants ».

Situation actuelle [modifier]

Estimations globales [modifier]

le travail avec la famille dans l’agriculture reste majoritaire, et difficilement quantifiable.

Jeune berger Maasai au Kenya en 1979 : le travail avec la famille dans l’agriculture reste majoritaire, et difficilement quantifiable.

La majorité des statistiques existantes sur le travail des enfants ne sont que des estimations en grande partie à cause du caractère informel et parfois illégal des activités concernées, de la confusion avec le travail des adultes et du fait que la plupart des activités aient lieu dans la famille. Elles proviennent de plusieurs sources : l’Organisation internationale du travail (et plus particulièrement le Bureau international du travail, BIT) a conduit deux évaluations au niveau mondial, l’une publiée en 1996 à partir de questionnaires effectués dans les années 1990 portant sur les 5 – 14 ans, l’autre une publiée en 2002 avec une méthodologie revue portant sur les 5 – 17 ans. Les chiffres sont souvent extrapolés à partir d’enquêtes de terrain et de questionnaires, ne donnant ainsi qu’une indication du nombre d’enfants concernés dans chaque pays et dans chaque secteur, mais ces indications sont tout de même utiles pour obtenir un ordre de grandeur du phénomène. L’OIT fournit ses données aux autres agences de l’ONU comme l’Unicef ou l’Unesco, ces estimations étant utilisées par de nombreuses ONG, des syndicats, des gouvernements ainsi que par la Banque mondiale et sont devenues la référence de facto[23]. Des statistiques réactualisées ont été publiées en 2006 avec la même méthodologie qu’en 2002, permettant pour la première fois une comparaison.

D’autres estimations proviennent de l’Unicef, de la CISL qui tire ses données d’études effectuées par les syndicats locaux ainsi que d’ONG impliquées dans ces domaines comme Amnesty international pour les enfants-soldats, Anti-Slavery International pour l’esclavage d’enfants ou ECPAT pour l’exploitation sexuelle des enfants ; les gouvernements produisent également leurs propres estimations. L’OIT reste la seule organisation à avoir produit une méthodologie et des estimations globales, notamment grâce au projet SIMPOC[5] (Statistical and Information Monitoring Programme) dans 29 pays différents et au programme IPEC (Programme international pour l’abolition du travail des enfants).

Dans son rapport de 2002[2], l’OIT donne ainsi le chiffre de 351,7 millions d’enfants entre 5 et 17 ans exerçant une activité en 2000, 23 % de cette tranche d’âge, dont 210,8 millions entre 5 et 14 ans (détails dans le tableau ci-dessous). Bien que ce chiffre représente près d’un quart des 5 – 17 ans, il est encore souvent considéré comme une estimation « minimale »[23] en raison d’une part de l’invisibilité du travail domestique et d’autre part de la prudence de l’OIT dans sa méthodologie. Les filles représentent 47 à 50 % des enfants au travail selon les tranches d’âge, 45 % pour les travaux dangereux, mais sont davantage impliquées dans le travail domestique qui est moins visible.

Nombre d’enfants (en millions) au travail par tranche d’âge dans le monde en 2000, d’après l’OIT[2]
Tranche d’âge Total d’enfants Enfants au travail dont travail : Enfants non scolarisés Enfants scolarisés
Total Proportion à abolir dangereux actifs non actifs actifs non actifs
5 – 9 ans 600,2 73,1 12,2 % 186,3 111,3 12 % 20 % 7 % 68 %
10 – 14 ans 599,2 137,7 23,0 % 23 % 10 % 13 % 67 %
15 – 17 ans 332,1 140,9 42,4 % 59,2 59,2 42,5 % 14 % 31 % 43,5 %
Tous 1 531,5 351,7 23,0 % 245,5 170,5        
Données mises à jour en 2004, d’après l’OIT[24]
Tranche d’âge Total d’enfants Enfants au travail Variation
p/r 2000
dont travail :
Total Proportion à abolir dangereux
5 – 14 ans 1 206,5 190,7 15,8 % - 9,6 % 165,8 74,4
15 – 17 ans 359,8 126,7 35,2 % - 9,8 % 51,9 51,9
Tous 1 566,3 317,4 20,3 % - 10,1 % 217,7 126,3

Populations touchées [modifier]

Répartition géographique [modifier]

Travail domestique à Sandakphu, au Bengale-Occidental.

Travail domestique à Sandakphu, au Bengale-Occidental.

Si le travail des enfants existe dans quasiment tous les pays du monde, c’est dans les pays en développement qu’il est le plus fréquent. En valeur absolue, c’est dans la zone AsiePacifique que se trouvent les plus d’enfants au travail avec 60 % du total mondial. En Inde, les estimations varient entre 16 millions d’enfants entre 5 et 14 ans (d’après les ONG locales[25]) et 150 millions d’enfants actifs de moins de 18 ans ; la Banque mondiale retient une valeur de 40 millions[25] et l’Unicef 60 millions[26]. En termes de proportions, c’est l’Afrique sub-saharienne qui montre les taux les plus élevés, souvent liés à la pauvreté du pays : le Niger et le Sierra Leone affichent des taux de près de 70 % d’enfants au travail tandis que le Mali ou le Burundi approchent les 50 %. Le Proche et le Moyen-Orient ne sont pas épargnés, notamment en Irak suite à l’embargo et à la guerre de 2003 ou dans les territoires palestiniens occupés. En Amérique latine, le phénomène concerne près d’un enfant sur six[26].

Mais les pays développés — ainsi que les « économies de transition » — sont également concernés : 3 % des enfants de 10 à 14 ans sont économiquement actifs dans les pays industrialisés[2] ce qui ne se limite pas aux petits « jobs » mais inclut également le travail au noir ou certaines des pires formes de travail (prostitution et trafics). Officiellement, l’Italie compte à elle seule 320 000 enfants au travail de 6 à 13 ans, nombre qui augmente de 50 % pendant la période estivale, tandis qu’en Grande-Bretagne, le Trades Union Congress estime que deux millions d’enfants travaillent régulièrement et de plus en plus souvent pour suppléer au revenu familial. Les États-Unis compteraient 5,5 millions de jeunes actifs durant l’été dont 800 000 dans l’agriculture[26]. En Europe de l’Est, 4 % des 10 – 14 ans sont actifs[2], un million en Russie et près de 100 000 en Bulgarie.

██ Pas de données ██ 0 à 10 % d'enfants au travail ██ 10 à 20 % d'enfants au travail    ██ 20 à 30 % d'enfants au travail ██ 30 à 40 % d'enfants au travail ██ Plus de 40 % d'enfants au travail

Proportion d’enfants de 5 à 14 ans au travail pour chaque pays, d’après un rapport de la Banque mondiale[27] et des données de l’OIT[28] :

██ Pas de données ██ 0 à 10 % d’enfants au travail ██ 10 à 20 % d’enfants au travail   ██ 20 à 30 % d’enfants au travail ██ 30 à 40 % d’enfants au travail ██ Plus de 40 % d’enfants au travail
██ Ratification des conventions 138 et 182 ██ Ratification de la convention 182 mais pas de la 138 ██ Ratification de la convention 138 mais pas de la 182 ██ Aucune ratification ██ Aucune donnée / pays non membre de l'OIT

Pays ayant ratifié les conventions 138 et 182 de l’OIT, en 2006[29] : ██ Ratification des conventions 138 et 182 ██ Ratification de la convention 182 mais pas de la 138 ██ Ratification de la convention 138 mais pas de la 182 ██ Aucune ratification ██ Aucune donnée / pays non membre de l’OIT

Distribution du travail des enfants par région du monde, pour les enfants entre 5 et 14 ans. La colonne verte (axe de gauche) indique le nombre en millions d'enfants de 5 à 14 ans économiquement actifs, et la colonne rouge (axe de droite) indique leur pourcentage parmi les enfants du même âge de cette région.    T = Total A = Asie / Pacifique B = Afrique sub-saharienne C = Amérique latine / Caraïbes    D = Moyen-Orient / Afrique du Nord E = Économies développées F = Économies en transition.

Distribution du travail des enfants par région du monde, pour les enfants entre 5 et 14 ans[2]. La colonne verte (axe de gauche) indique le nombre en millions d’enfants de 5 à 14 ans économiquement actifs, et la colonne rouge (axe de droite) indique leur pourcentage parmi les enfants du même âge de cette région.

T = Total
A = Asie / Pacifique
B = Afrique sub-saharienne
C = Amérique latine / Caraïbes
  D = Moyen-Orient / Afrique du Nord
E = Économies développées
F = Économies en transition.



تعريف كوكب الارض و الكرة الارضية

30 08 2008

تعريف كوكب الارض و الكرة الارضية


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تعريف كوكب الارض و الكرة الارضية

 

المستشار  فى التربية عقونى محمد

متوسطة الساحى عبد القادر سبدو تلمسان الجزائر

كوكب الأرض هو ثالث الكواكب بعدا عن الشمس , وهو أكبر الكواكب الصخرية وأشدها كثافة , والوحيد المعروف بإيوائه الحياة ورعايتها
بنيته الداخلية , الصخرية والمعدنية , هي بنية نموذجية لكوكب صخري , أما القشرة فغير اعتيادية , إذ تتكون من صفائح منفصلة , يتحرك بعضها ببطء بالنسبة لبعضها الآخر , وتحصل الزلازل والنشاطات البركانية محاذاة الحدود التي تتصادم عندها هذه الصفائح
يقوم الغلاف الجوي للأرض بدور غطاء واق , يوقف الأشعة الشمسية الضارة ويحول دون وصول الأحجار النيزكية إلى سطح الأرض
إلى ذلك , يحتبس الغلاف الجوي كمية من الحرارة كافية لتحول دون حدوث درجات قصية من البرودة
يغطي الماء حوالي 70 بالمئة من سطح الأرض , وهو لا يوجد بشكله السائل على سطح أي كوكب آخر
للأرض تابع طبيعي واحد هو القمر , وهو كبير إلى درجة يمكن معها اعتبار الجرمين , الكوكب والتابع , بمثابة نظام ثنائي الكواكب
القمر
القمر هو التابع الطبيعي الوحيد للأرض , وهو كبير نسبيا إذ يبلغ قطره 3470 كلم, أي أكثر بقليل من ربع قطر الأرض
يستغرق دوران القمر حولي محوره 27,3 يوما , وهو الوقت نفسه الذي يستغرقه دورانه حول الأرض , ولذلك فإن الجانب نفسه من القمر ( الجانب القريب ) , هو الذي يواجهنا دائما
وفي أية حال , فإن المقدار الذي نشاهده – والذي ندعوه الطور القمري- مرتبط بالمقدار المعرض لأشعة الشمس من الجانب القريب
القمر جاف وقاحل وليس له غلاف جوي ولا مياه , وهو يتألف بشكل رئيسي من صخر صلب , رغم أن لبه قد يكون محتويا على حديد أو صخورا منصهرة
سطح القمر كثير الغبار ويشتمل على هضبات مغطاة بالفوّهات الناشئة عن صدمات الأحجار النيزكية , ومنخفضات تمتلئ فوهاتها المتسعة باللأبة ( الحمم البركانية ) المتصلبة , مشكلة مناطق داكنة تسمى اصطلاحا – البحار
توجد البحار بشكل رئيسي على الجانب القريب من القمر الذي يتميز عن الجانب البعيد غير المرئي بقشرة أرق
يحيط بالعديد من الفوهات سلاسل جبلية هي بمثابة جدران لها , ويصل ارتفاع بعضها إلى آلاف الأمتار

الأرض في القرآن
ورد ذكر كلمة ( الأرض ) مفردة ومجتمعة مع مشتقاتها في القرآن ( 461 ) مرة . وجاءت الكلمة للدلالة على الأرض جميعها في بعض المواضع , وللدلالة على جزء منها في مواضع أخرى واقترن خبر خلق السماوات والأرض في مواضع كثيرة . ولعل أبرز الآيات التي وردت في تفصيل خلق الأرض وما عليها هي الآيات من سوره فصلت وفيها تقرأ
( قل أئنكم لتكفرون بالذي خلق الأرض في يومين وتجعلون له أندادا ذلك رب العالمين * وجعل فيها رواسي من فوقها وبارك فيها وقدر أقواتها في أربعة أيام سوآء للسائلين) فصلت : 9 – 10
عمر الأرض في حسابات الفلكية , وبموجب المكتشفات الجيولوجية يقدر بأربعة آلاف وخمسمائة مليون سنة
كما ذكر القرآن الكريم أن السماوات والأرض كانتا وحدة واحدة ( رتقا ) ثم ( فتقنا ) : ( أولم ير الذين كفروا أن السماوات والأرض كانتا رتقا ففتقناهما وجعلنا من الماء كل شيء حي أفلا يؤمنون ) الأنبياء : 30
وهذه حقيقة علمية صحيحة إذ كان الأرض جزءا من الغيمة الدّعيّة التي تكوّن منها النظام الشمسي .
كما تحدث القرآن عن صفات أخرى كثيرة للأرض وما عليها , فورد أن الله ( طحاها ) وأورد الله ( دحاها ) , وبرغم ما يرد في التفاسير من أن هذه المفردات تعني ( بسطها ) إلا أننا نرى أن فيها دلالات أعمق من ذلك كلها تشير إلى كرويتها وحركتها حول نفسها .
أما فيما يخص حركة الأرض حول الشمس فإن القرآن لم يورد ذلك صراحة . . بل أشار إليه إشارة , إذ نقرأ في سورة الكهف :
( وترى الجبال تحسبها جامدة وهي تمر مر السحاب صنع الله الذي أتقن كل شيء إنه خبير بما تفعلون ) النمل : 88
فها هنا إشارة أخرى إلى حركة الأرض . والأرجح أنها الحركة في الفضاء لأن قياس الحركة كان إلى شيء سماويّ يعلو الأرض وينفصل عنها . وهو السحاب ..
يقول الله تعالى : ( وألقى في الأرض رواسي أن تميد بكم ) النحل : 15
وقال تعالى : ( وجعلنا في الأرض رواسي أن تميد بهم ) الأنبياء : 31
وذكر الله تعالى في سورة لقمان أية : 10 مثل ما ذكر في سورة النحل أية 15 ولو تأملنا معنى الميد في اللغة لوجدنا ما يلي :
الميد : التحرك .. وأصابه ميد , أي دوار من ركوب البحر . هنا نلحظ في الآيات الواردة أعلاه أن الله تعالى استعمل كلمة ( تميد ) ولم يستعمل كلمة ( تميل ) .. فلو كانت الأرض كانت الأرض مستوية طافية في الفضاء أو على سطح الماء مثلما تصورها الأقدمون لكان استعمال لفظة ( تميل ) أصح من استعمال لفظة ( تميد ) .. إلا أن وجود الحركة ( وهو دوران الأرض حول نفسها ) يجعل الميل الحاصل ميلا متحركا على قوس .
ولو كانت الأرض سطحا متعرّجا كما هي عليه دون أن يكون لهذا التعرج الممثل ببروز الجبال حساب دقيق في توزيع الكتل لأدى ذلك إلى ( ميد) في حركة الأرض أثناء دورانها حول نفسها . أي كانت حركة الدوران تتمّ حول دائرة يتحرك على محيطها محور الأرض , فلا يكون عندئذ محور الدوران ثابتا .. ومثل هذه الحركة تؤدي بماعلى الأرض إلى الدوار , كما يحصل تماما لراكب البحر .
إذن فإن للرواسي ( الجبال ) المتوزعة على سطح الأرض وفق حساب دقيق يراعي توزيع الكتل بين اليابسة والماء أهمية كبيرة في استقرار حركة الأرض حول محور ثابت أثناء دورانها .. ولو ذلك لحصل دوار للناس من جراء الحركة
إن الأرض بدورانها حول الشمس تتبعها في حركتها أيضا , ولما كانت الشمس تتحرك حركتين داخل المجرّة أحداهما دوارنيّة والأخرى محليّة , فإن الأرض تتحرك معها أيضا

 




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30 08 2008
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المستشار فى التربية عقونى محمد

متوسطة الساحى عبد القادر سبدو تلمسان الجزائر

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