Construire un projet d’établissement

25 10 2008

B 1.15 – Construire un projet d’établissement, outils et méthodologie
POTTIER, Patricia
Formatrice, chef d’établissement

Public visé
Chefs d’établissement, responsables pédagogiques, coordonnateurs pédagogiques et professeurs engagés ou souhaitant s’engager dans un projet d’établissement et dans la démarche de projet.

Pré-requis
Avoir la volonté d’engager son établissement ou une structure organisationnelle dans une nouvelle dynamique pédagogique, éducative et institutionnelle, dynamique basée sur la conduite du changement.
Poursuivre avec un nouvel éclairage une démarche de projet d’établissement.

Présentation du module
Construire en équipe un projet d’établissement et définir des actions prioritaires après avoir identifié des objectifs de travail, permet de recadrer le travail des professeurs, des responsables pédagogiques, des chefs d’établissement mais aussi et surtout celui des élèves. Ces derniers sont alors inscrits au cœur d’un dispositif concerté visant la réussite scolaire et impliquant l’équipe dans le changement des pratiques. Cette réussite scolaire – dans le cadre de l’enseignement FLE, FLS ou bilingue – est l’objectif premier qui fédère les membres de l’équipe éducative : chef d’établissement, enseignants et partenaires.
Les formes de partenariat autour du projet d’établissement seront analysées et définies en fonction du cadre pédagogique, éducatif et institutionnel.
Nous verrons à travers des études de cas concrets comment construire des projets d’établissement qui placent les élèves au cœur d’un parcours d’apprentissage efficace, dynamique et structurant. Nous verrons également comment impliquer les équipes et développer de nouvelles compétences professionnelles.
Plus généralement, l’ingénierie de projet sera développée : des outils de construction à partir d’indicateurs, des outils de régulation et d’évaluation, des tableaux de bords seront présentés. Un détour par les styles de management sera proposé afin de cadrer la conduite de projet.

Objectif général
Fournir les éléments nécessaires à la construction et à l’évaluation d’un projet d’établissement en tenant compte des environnements et d’une analyse systémique.

Contenu des séances (2 h par séance)

1 – Analyse des contextes et émergence des difficultés dans la mise en œuvre d’un projet.
Définition et enjeux d’un projet d’établissement.
Analyse des résistances. Définitions de la conduite de changement.
2 – Prise en compte de critères et indicateurs pertinents au sein d’un établissement : analyse ; construction d’indicateurs.
3 – Définition d’objectifs prioritaires : articulation entre objectifs généraux et objectifs prioritaires. Mise en œuvre d’actions pédagogiques, éducatives et institutionnelles.
4 – Identification :
– des styles de management ;
– des moyens, des plans d’organisation et de communication ;
– des outils pour fédérer une équipe ;
– d’outils de conduite de réunions ;
– des formes de coopération dans une équipe.
Exemples.
5 – Identification des partenaires et formes de travail : des pistes seront définies en fonction des objectifs du projet. Présentation de différents types de partenariats.
6 – Evaluations du projet d’établissement : modalités d’évaluation d’un projet.
Suivi d’un projet. Evaluation des actions. Rôle des différents types d’évaluation.
7 – Phase d’écriture de projet :
– analyse comparative de différents projets d’établissements ;
– écriture des axes d’un projet d’établissement en atelier.
8 – Phase 2
Ecriture des axes d’un projet d’établissement en atelier (suite). Commentaires dans le groupe.
Conclusion du module.

Modalités de travail
Des activités de réflexion seront menées à partir de l’analyse de plusieurs documents vidéo, des projets seront étudiés et d’autres seront construits en fonction des demandes des stagiaires.

Compétences visées
Analyser la structure globale d’un projet d’établissement pour pouvoir construire un projet.
Réinvestir les notions abordées dans le domaine éducatif, pédagogique et institutionnel en déterminant des objectifs prioritaires et les modalités d’évaluation.
Déterminer une stratégie adaptée de changement et de management

Remarques et conseils
Il est souhaitable d’apporter des projets en cours ou un relevé de constats par rapport à l’établissement, la structure organisationnelle, afin de construire ensemble des stratégies.

Bibliographie

Ministère de l’éducation nationale.- Le projet d’école.- Paris : CNDP- Hachette Ecoles, 1992.- Une école pour l’enfant des outils pour les maîtres.

OBIN, Jean-Pierre, CROS, Françoise.- Le projet d’établissement. – Paris : Hachette, 1991.- 175 p.- Pédagogies pour demain. Nouvelles approches.

HELFER, Jean-Pierre, KALIKA, Michel, ORSONI, Jacques.- Management : stratégie et organisation.- Paris : Vuibert, 2006.- 6e éd.- 482 p.- Gestion.

FAUVET, Jean-Christian, BUHLER, Nicolas.- La socio-dynamique du changement.- Paris : Ed. d’Organisation, 1992.- 174 p.

HOUGRON, Thierry.- La conduite de projets : les 81 règles pour piloter vos projets avec succès.- Paris : Dunod, 2003.- 399 p.- Nouv. Présentation.- Fonctions de l’entreprise. Série Performance industrielle.

HUBER, Michel.- Conduire un projet-élèves.- Paris : Hachette éducation, 2005.- 141 p.- Profession enseignant.




Des conditions à respecter pour susciter la motivation des élèves

25 10 2008

Des conditions à respecter pour susciter la motivation des élèves

Rolland Viau
Département de pédagogie, Université de Sherbrooke

L’analyse des récentes recherches sur la motivation à apprendre en contexte scolaire, nous fait voir que les quatre facteurs qui influent le plus sur la dynamique motivationnelle des élèves en classe sont les activités d’apprentissage que l’enseignant propose, l’évaluation qu’il impose, les récompenses et les sanctions qu’il utilise, et lui-même, de par surtout sa passion pour sa matière et le respect qu’il porte à ses élèves.

Nos travaux sur la motivation dans l’apprentissage du français nous ont amené à porter une attention particulière à l’un de ces facteurs : les activités d’apprentissage proposées aux élèves en classe. Dans les activités d’apprentissage, l’élève est l’acteur principal ; son rôle n’est pas de recevoir de l’information comme dans une activité d’enseignement (par exemple, un exposé) mais de se servir de la matière apprise pour résoudre des problèmes, ou encore, de réaliser les exercices proposés par l’enseignant. Les activités d’apprentissage comprennent des exercices que l’élève réalise seul ou en équipe, des lectures, des rédactions de textes, des projets de recherche, des discussions et des présentations en classe, etc. Nous nous sommes demandé si les chercheurs avaient mené des études sur les conditions que devraient remplir les activités d’apprentissage pour susciter la motivation des élèves. Des travaux des principaux chercheurs sur la motivation (Stipek, 1998 ; Paris et Turner, 1994 ; McCombs et Pope, 1994 ; Brophy, 1998), nous avons pu dégager dix conditions.

Dans un premier temps, nous décrirons brièvement chacune de ces conditions. Par la suite, pour les professeurs qui aimeraient demander à leurs élèves si les activités en classe suscitent leur motivation, nous proposons un questionnaire prêt à utiliser. Mais débutons par les conditions !

Dix conditions pour motiver

Pour qu’une activité d’apprentissage suscite la motivation des élèves, elle doit respecter les conditions énumérées ci-après.

Être signifiante, aux yeux de l’élève

Une activité est signifiante pour un élève dans la mesure où elle correspond à ses champs d’intérêt, s’harmonise avec ses projets personnels et répond à ses préoccupations. Cette condition favorise particulièrement la perception qu’a l’élève de la valeur qu’il accorde à l’activité. Ainsi, plus une activité est signifiante, plus l’élève la juge intéressante et utile. Tenir compte des thèmes appréciés par les élèves dans le choix des contenus d’activités, prendre le temps de justifier l’utilité de l’activité pour le cours et pour l’ensemble du programme de formation de l’élève sont des façons pour un professeur de donner du sens à une activité.

Être diversifiée et s’intégrer aux autres activités

La diversité doit d’abord se retrouver dans le nombre de tâches à accomplir à l’intérieur d’une même activité. Lorsque l’activité ne nécessite l’exécution que d’une seule tâche (par exemple, l’application répétitive d’une procédure d’analyse de texte), elle est généralement peu motivante aux yeux des élèves.

Les activités retenues doivent également être variées. La répétition d’une même activité jour après jour (par exemple, la lecture et la discussion d’un texte) peut être une source de démobilisation pour l’élève en raison de son caractère routinier. Cette condition touche particulièrement la perception que l’élève a du contrôle qu’il exerce sur ses apprentissages. Si l’élève est invité à accomplir différentes activités et si, par surcroît, il a la possibilité de choisir celles qui lui conviennent le mieux, il aura le sentiment d’exercer un certain contrôle sur ce qui se déroule en classe.

Enfin, une activité doit être intégrée à d’autres activités, c’est-à-dire qu’elle doit s’inscrire dans une séquence logique. Pour que l’élève perçoive la valeur d’une activité, il faut qu’il puisse facilement constater que cette dernière est directement reliée à celle qu’il vient d’accomplir et à celle qui suivra. Il sera plus facile de proposer des activités intégrées aux élèves si elles se situent dans un projet ou une démarche pédagogique.

Représenter un défi pour l’élève

Une activité constitue un défi pour l’élève dans la mesure où elle n’est ni trop facile ni trop difficile. Ainsi, un élève se désintéresse rapidement d’un succès qui ne lui a coûté aucun effort ou d’un échec dû à son incapacité à réussir une activité. Les jeux vidéo, dont les jeunes sont si friands, sont de bons exemples d’activités offrant des défis à relever. Les jeunes, qui y trouvent des tâches à leur mesure, ont le sentiment qu’ils triompheront s’ils se montrent persévérants. Il devrait en être ainsi dans les cours de français. Cette condition influe sur la perception que l’élève a de sa compétence, car, s’il réussit à relever le défi, il aura tendance à attribuer son succès non pas au peu de complexité de l’activité, mais à ses propres capacités et à ses efforts.

Être authentique

Une activité d’apprentissage doit, dans la mesure du possible, mener à une réalisation, c’est-à-dire à un produit qui ressemble à ceux que l’on trouve dans la vie courante. Il peut s’agir, par exemple, d’une affiche, d’un article de journal, d’une interview, d’un document audiovisuel, d’un texte électronique dans un site Internet, d’une pièce de théâtre, d’un dossier de presse ou d’une critique de production culturelle. Un poème lyrique, un organisateur graphique ou une chanson peuvent également constituer des réalisations susceptibles de motiver l’élève. En fait, il est important d’éviter le plus possible que l’élève ait le sentiment de devoir accomplir un travail qui ne présente de l’intérêt que pour son professeur et qui n’est utile qu’à des fins d’évaluation. La réalisation d’un produit améliore la perception que l’élève a de la valeur qu’il porte à ce qu’il fait.

Exiger un engagement cognitif de l’élève

Un élève est motivé à accomplir une activité si celle-ci exige de sa part un engagement cognitif. C’est ce qui se passe lorsqu’il utilise des stratégies d’apprentissage qui l’aident à comprendre, à faire des liens avec des notions déjà apprises, à réorganiser à sa façon l’information présentée, à formuler des propositions, etc. Si, par exemple, les exercices demandés à l’élève consistent seulement à appliquer de façon mécanique une procédure grammaticale, ils seront davantage pour celui-ci une source d’ennui qu’une incitation à s’engager sur le plan cognitif. Cette condition touche la perception que l’élève a de sa compétence, car elle lui demande d’investir toutes ses capacités dans la réussite d’une activité. Il faut évidemment que l’engagement cognitif exigé corresponde à ce que l’élève est en mesure d’offrir pour assurer la réussite de l’activité en question.

Responsabiliser l’élève en lui permettant de faire des choix

Plusieurs aspects d’une activité tels que le thème de travail, le choix des oeuvres à lire (parmi une liste de titres sélectionnés), le matériel, la désignation des membres de l’équipe, la durée du travail, le mode de présentation du travail ou le calendrier peuvent être laissés à la discrétion de l’élève. Il revient toutefois à l’enseignant de décider des éléments de l’enseignement et de l’apprentissage qui demeureront sous sa responsabilité et de ceux dont il pourra déléguer la responsabilité à l’élève. La possibilité de faire des choix favorise la perception que l’élève a de sa capacité à contrôler ses apprentissages. Une activité risque de devenir démotivante si elle exige de tous les élèves qu’ils accomplissent les mêmes tâches, au même moment et de la même façon.

Permettre à l’élève d’interagir et de collaborer avec les autres

Une activité d’apprentissage doit se dérouler dans une atmosphère de collaboration et amener les élèves à travailler ensemble pour atteindre un but commun. L’apprentissage coopératif est fondé sur le principe de la collaboration et suscite généralement la motivation de la majorité des élèves, car il favorise la perception qu’ils ont de leur compétence et de leur capacité à contrôler leurs apprentissages. Des activités axées sur la compétition plutôt que sur la collaboration ne peuvent motiver que les plus forts, c’est-à-dire ceux qui ont des chances de gagner.

Avoir un caractère interdisciplinaire

Pour amener l’élève à voir la nécessité de maîtriser le français, il est souhaitable que les activités d’apprentissage qui se déroulent dans le cadre des cours de français soient liées à d’autres domaines d’études, comme la philosophie, l’histoire et même les mathématiques. À l’inverse, les activités d’apprentissage qui se déroulent dans le cadre des autres cours devraient prendre le français en considération. L’intégration du français à d’autres disciplines aide l’élève à se rendre compte que de bonnes connaissances langagières ne sont pas seulement utiles à ceux qui font des études littéraires mais qu’elles sont profitables à tous ceux qui doivent communiquer avec un public.

Comporter des consignes claires

L’élève doit savoir ce que l’enseignant attend de lui. Ainsi, il ne perdra pas de temps à chercher à comprendre ce qu’il doit faire. Des consignes claires contribuent à réduire l’anxiété et le doute que certains élèves éprouvent quant à leur capacité à accomplir ce qu’on leur demande. En ce sens, il serait sage de toujours vérifier leur compréhension des consignes, car celles-ci risquent fort d’être moins claires pour les élèves que pour la personne qui les a énoncées, généralement très familière avec le sujet.

Se dérouler sur une période de temps suffisante

La durée prévue pour une activité effectuée en classe devrait correspondre au temps réel qu’une tâche équivalente requiert dans la vie courante. L’enseignant doit éviter à tout prix que l’élève ait l’impression qu’on « lui arrache sa copie des mains », à la fin d’une activité, parce que le temps est écoulé. Le fait d’accorder à l’élève le temps dont il a besoin l’aide à porter un jugement positif sur sa capacité de faire ce qui est exigé de lui. Le pousser à agir rapidement ne peut que l’amener à éprouver de l’insatisfaction et à hésiter à s’investir dans une autre activité, de peur de ne pas la terminer à temps.

L’enseignant peut souhaiter que toutes les activités d’apprentissage qu’il propose à ses élèves remplissent ces dix conditions. Il serait toutefois plus réaliste qu’il se fixe cet objectif pour des projets ou des démarches pédagogiques complètes intégrant une séquence de plusieurs activités.

Un questionnaire pour évaluer

Afin de connaître l’opinion des élèves sur la qualité « motivationnelle » des activités d’apprentissage qu’on leur propose, nous avons élaboré un questionnaire fondé sur les dix conditions qui viennent d’être présentées. Pour chaque question, nous avons mis entre parenthèses et en italique la condition à laquelle elle renvoie. On verra à éliminer ces ajouts dans le questionnaire destiné aux élèves.

On remarquera que le questionnaire se rapporte à l’ensemble des activités d’apprentissage proposées par un professeur dans un cours. Toutefois, en modifiant légèrement la formulation de la consigne de départ et certaines questions, ce questionnaire peut servir à évaluer si une activité d’apprentissage ou un projet en particulier remplit les conditions motivationnelles.

Pour l’analyse des résultats, nous suggérons, pour chaque question, de calculer le nombre d’élèves qui a coché l’un ou l’autre des quatre choix. Ainsi, on pourra, dans un premier temps, voir où se situe la majorité des élèves et, par la suite, examiner le nombre de ceux qui se trouvent aux extrémités de l’échelle. Si à une question, plus de 70 p.100 des élèves ont coché les expressions Toujours ou Souvent, on pourra considérer que les activités d’apprentissage remplissent la condition en cause. Si, par contre, un pourcentage d’environ 30 p.100 ou plus d’élèves ont coché les expressions Rarement et Jamais, il faudrait à notre avis que le professeur voie comment il peut améliorer ces activités à l’égard de la condition à laquelle se rapportait la question.

Le choix que nous avons fait dans cet article de porter une attention particulière aux activités d’apprentissage ne doit pas faire oublier qu’il existe d’autres facteurs liés à la classe qui influent sur la dynamique motivationnelle de l’élève. Mais si nous avons choisi de traiter des activités d’apprentissage, c’est parce qu’elles forment la substance même des cours ; s’il n’y a pas d’activités, il n’y a pas de cours.




La motivation des élèves en difficulté d’apprentissage : une problématique

25 10 2008

La motivation des élèves en difficulté d’apprentissage : une problématique

particulière pour des modes d’intervention adaptés

Rolland Viau

Université de Sherbrooke (Québec, Canada)

« On peut vaincre que ce que l’on connaît bien » proverbe persan

Introduction

Les élèves en difficulté d’apprentissage ont souvent des problèmes de motivation. Leurs difficultés à apprendre, leurs nombreux échecs et l’image qu’ils ont aux yeux des autres élèves amènent bon nombre d’entre eux à se démotiver et à perdre tout intérêt à apprendre en contexte scolaire. Que pouvons-nous faire pour les aider à reprendre goût à l’apprentissage?

Par cette conférence, nous aimerions proposer un cadre de référence afin d’aider les enseignants qui travaillent auprès des élèves en difficulté d’apprentissage à mieux analyser les problèmes motivationnels que ces élèves rencontrent et à intervenir plus efficacement sur les facteurs liés à la classe qui influent sur leur dynamique motivationnelle. Trois questions guideront notre

démarche dans le cadre de cette conférence.

· Quelles sont les principales sources de démotivation des élèves en difficulté d’apprentissage?

· Quels sont les facteurs externes qui influent sur leur dynamique motivationnelle et quels sont ceux sur lesquels les enseignants ont du pouvoir?

· Comment faire en sorte que les activités en classe, l’évaluation et l’enseignant lui-même suscitent la motivation des élèves en difficulté d’apprentissage?

Intervenir auprès des élèves afin de susciter leur motivation est souvent une tâche ardue. Il est donc légitime qu’avant de répondre à ces questions, nous nous demandions pourquoi les enseignants doivent se préoccuper de la motivation des élèves en difficulté.

Pourquoi se préoccuper de la motivation de l’élève en difficulté d’apprentissage?

Plusieurs raisons peuvent être invoquées pour se convaincre de l’importance de se préoccuper de la motivation à apprendre de tous les élèves y compris ceux qui sont en difficulté d’apprentissage.

Voici celles que nous considérons les plus importantes.

· Dans bien des cas, l’enseignant est le seul modèle « d’apprenant » que l’enfant peut observer

Dans le passé, tous les adultes se donnaient la tâche d’éduquer les enfants en étant pour eux des modèles à suivre. Or, dans nos sociétés occidentales modernes, les différents acteurs sociaux (politiciens, hommes de loi, gens des communications, etc.), délèguent cette responsabilité aux enseignants.

De plus, les parents sont de moins en moins présents dans le processus d’éducation de leurs enfants. En effet, ils sont devenus rares les enfants qui ont la chance d’observer leurs parents en train d’apprendre et surtout de prendre plaisir à apprendre. Pour plusieurs enfants, l’enseignant est le seul adulte dans leur vie qu’ils peuvent observer apprendre et surtout aimer apprendre.

· Pour apprendre, il faut pouvoir et il faut vouloir

Les plus récentes recherches en psychopédagogie confirment que la motivation est une condition nécessaire à l’apprentissage et ce, pour tous les élèves. L’analyse de Wang, Haertel et Walberg (1993), de plus de 260 textes scientifiques, les amène à conclure que la motivation, tout comme des stratégies d’apprentissage efficaces, font partie des sept éléments les plus importants à considérer pour expliquer le succès scolaire. Pour apprendre, il faut donc pouvoir, c’est-à-dire avoir de bonnes stratégies et il faut vouloir, c’est-à-dire être motivé.

· Apprendre à l’école n’est pas toujours intrinsèquement motivant, il faut le support et les encouragements de l’enseignant

On ne peut espérer que l’enfant trouve toujours en lui la motivation intrinsèque qui l’amène à s’investir et à persévérer dans ses apprentissages à l’école. Les plus récentes études sur la motivation intrinsèque (Sansone et Harackiewicz, 2000) démontrent que l’on doit bien sûr viser à ce que les élèves soient motivés intrinsèquement, mais que cette motivation demande généralement d’être initiée et maintenue par des incitatifs tels que le support et les encouragements des enseignants.

· Les élèves qui ont des difficultés d’apprentissage sont plus susceptibles que les autres d’avoir une motivation faible ou une motivation « fragile »

Les nombreux échecs qui façonnent leur histoire scolaire les amènent souvent à abdiquer et se dire que quoi qu’ils fassent, le succès n’est pas à leur portée. L’école n’est pas un endroit où ils peuvent s’épanouir comme les autres élèves, mais un lieu qui leur envoie constamment une image de soi négative.

Quelles sont les principales sources de démotivation des élèves en difficulté d’apprentissage?

Pour répondre à cette question, on doit connaître les différentes composantes de la dynamique motivationnelle qui animent un élève lorsque celui-ci accomplit une activité en classe. La figure I présente le modèle sur lequel nos travaux sont fondés (Viau, 1999, 1998). Issu des recherches d’approche sociocognitive, ce modèle de la dynamique motivationnelle implique que la motivation de l’élève a pour principales sources trois perceptions : la perception de la valeur qu’il accorde à l’activité, la perception qu’ il a de sa compétence à l’accomplir et sa perception de contrôlabilité, c’est-à-dire du degré de contrôle qu’il a sur son processus d’apprentissage et sur les résultats de celui-ci. Le modèle spécifie également que les principales conséquences de la

motivation sont le choix qu’il fait de s’engager cognitivement dans l’activité, sa persévérance et sa performance.

FIGURE 1: UN MODELE DE LA DYNAM IQUE MOTIVATIONNELLE

Les trois sources de la dynamique motivationnelle se définissent de la façon suivante :

La perception de la valeur d’une activité est le jugement qu’un élève porte sur l’utilité et l’intérêt de celle-ci en vue d’atteindre les buts qu’il poursuit (Eccles, Wigfield et Schiefele, 1998).

La perception de sa compétence est une perception de soi par laquelle un élève, avant d’entreprendre une activité qui comporte un degré élevé d’incertitude quant à sa réussite, évalue ses capacités à l’accomplir de manière adéquate (Pajares, 1996).

La perception de contrôlabilité se définit comme étant la per ception qu’a un élève du degré de contrôle qu’il peut exercer sur le déroulement et les conséquences d’une activité pédagogique (Deci, Vallerand, Pelletier et Ryan, 1991). On rencontre souvent chez les élèves en difficulté d’apprentissage la forme la plus aiguë du sentiment de perte de contrôle qu’un élève puisse ressentir : l’impuissance apprise. Il s’agit d’une réaction d’abdication de la part de l’élève, qui en vient à croire en son incapacité à réussir, quoi qu’il fasse. Par exemple, dans le cadre d’ un cours de français, langue seconde, un élève souffrira d’impuissance apprise si, à l’égard d’activités d’écriture, il croit qu’il sera toujours un mauvais scripteur; il a beau essayer d’écrire sans faire d’erreurs, ça ne marchera jamais.

Ces trois sour ces motivationnelles influencent trois comportements d’apprentissage :

L’engagement cognitif correspond au degré d’effort mental que l’élève déploie lors de l’exécution d’une activité d’apprentissage (Salomon, 1983). Cet engagement se traduit par l’utilisation systématique et régulière de stratégies d’apprentissage. Un élève démotivé utilise sur une base régulière des stratégies d’évitement. Ces stratégies consistent en des comportements qu’il adopte

pour éviter de s’engager dans une activité ou pour retarder le moment où il doit l’accomplir.

La persévérance se traduit par le temps que l’élève consacre à des activités d’apprentissage, alors que la performance désigne les résultats de l’apprentissage, c’est-à-dire un ensemble de comportements indiquant le degré de réussite à une activité.

Une meilleure connaissance des sources de la dynamique motivationnelle nous permet maintenant de répondre à la question pourquoi bon nombre d’élèves en difficulté d’apprentissage sont démotivés en classe, alors que d’autres demeurent motivés.

Ils sont démotivés, car ils …

· jugent inutiles ou inintéressantes la matière et les activités d’apprentissage qui leur sont proposées;

et/ou

· se sentent incapables de faire ce qu’on leur demande ou craignent de ne pas posséder les capacités nécessaires;

et

· ont l’impression de n’avoir aucune responsabilité dans ce qu’on leur demande de faire et croient que leurs succès ou leurs échecs ne dépendent pas d’eux.

Ils sont motivés, car ils …

jugent utiles ou intéressantes la matière et les activités d’apprentissage qui leur sont proposées;

et/ou
· se sentent capables de faire ce qu’on leur demande;
et
ont l’impression d’avoir une certaine part de responsabilité (contrôle) d ans le déroulement de leurs apprentissages et croient que leurs succès comme leurs échecs dépendent en grande partie d’eux.

Bien sûr, d’autres causes peuvent être à l’origine de la démotivation des élèves en difficulté d’apprentissage à accomplir des activités en classe, mais selon l’état de la recherche, on peut affirmer que les principales raisons résident dans l’absence ou le faible niveau de l’une ou l’autre des perceptions qui sont à la source de la dynamique motivationnelle de l’élève.

Quels sont les facteurs externes qui influent sur leur dynamique motivationnelle et quels sont ceux sur lesquels les enseignants ont du pouvoir?

La dynamique motivationnelle d’un élève est un phénomène complexe qui est influencé par une foule de facteurs externes. Pour mieux juger de l’importance de ces facteurs, nous les avons regroupés en quatre catégories (voir figure 2): les facteurs relatifs à la société, à la vie personnelle de l’élève, à l’école et relatifs à la classe.

Un enseignant a peu de contrôle sur les facteurs relatifs à la société, à la vie personnelle de l’élève et à l’école. Son rôle demeure cependant crucial, car les facteurs reliés à la classe ont une influence prépondérante sur la dynamique motivationnelle des élèves. À cet égard, ces facteurs sont pour l’enseignant la « porte d’entrée » pour une intervention auprès de ses élèves qui éprouvent des difficultés d’apprentissage.

Comment faire en sorte que les activités en classe, l’évaluation et l’enseignant lui-même suscitent la motivation des élèves en difficulté d’apprentissage? 1

Dans le cadre de cette conférence, nous nous attarderons sur trois facteurs : les activités en classe, l’évaluation et l’enseignant lui-même.

Les activités en classe

Pour bien comprendre les effets que les activités en classe ont sur la motivation des élèves, il importe de distinguer les activités d’enseignement des activités d’apprentissage.

Les activités d’enseignement

Dans les activités d’enseignement, l’enseignant constitue l’acteur principal; il a pour rôle de communiquer la matière à l’élève (Viau, 1998). L’exposé magistral est l’activité d’enseignement la plus connue et sûrement la plus répandue. Les enseignants du primaire font généralement des exposés relativement courts qui prennent la forme d’échanges avec les enfants. Quant aux enseignants du secondaire, ils ont souvent recours à des exposés magistraux qui occupent une place prépondérante dans un cours.

Plusieurs chercheurs, dont Paris et Turner (1994), mettent en doute cette forme d’enseignement qui, selon eux, se limite, pour l’élève, à recevoir passivement de l’information. Fisher et Hiebert (1990) affirment avec un grain de malice que « si la majorité des activités est dictée par les professeurs, est peu exigeante sur le plan cognitif et consiste à faire ce qui est dicté par l’enseignant ou à l’écouter faire un monologue, on devrait se demander pourquoi tant d’élèves restent à l’école, plutôt que de se demander pourquoi il y a tant d’abandons » (p. 15).

Est-ce que des exposés peuvent susciter la motivation d’élèves en difficulté d’apprentissage? Le charisme naturel d’un enseignant, le ton de sa voix, son talent de comédien, son humour et sa réputation sont des caractéristiques susceptibles de rendre aux yeux de ses élèves les exposés captivants. Mais il n’est pas donné à tous les enseignants de posséder ces talents. Pour minimiser les effets souvent démotivants de l’exposé, on peut organiser les différents éléments qui le composent de façon à ce qu’il soit: (a) signifiant, du point de vue des élèves, (b) clair et accessible, et (c) dynamique, c’est-à-dire qu’il suscite des questions et des échanges.

Voici quelques recommandations pour rendre des exposés moins démotivants.

· Commencer son enseignement par une anecdote ou un problème à solutionner qui suscitera et éveillera l’intérêt et la curiosité des élèves

· Présenter le plan de l’exposé (p. ex. : sous forme de questions ou d’objectifs)
· Avant d’expliquer un concept ou un phénomène, faire appel à leurs connaissances antérieures en les interrogeant pour savoir comment, eux, se l’expliquent

· Illustrer les relations entre des concepts par des schémas, des tableaux ou des dessins

· Donner des exemples issus de leur quotidien ou de leurs intérêts

· Demander de proposer eux-mêmes des exemples qui soient tirés de leur quotidien

· Faire des analogies ou des métaphores avec des domaines qui les intéressent

· S’offrir comme modèle en faisant devant eux chaque étape qu’on leur demande de franchir

· Utiliser différents moyens pour enseigner (supports audiovisuels, affiches, etc.)

1 De larges extraits du texte qui suit ont été adaptés du livre de Viau, R. (1999). La motivation dans l’apprentissage

du français. Montréal : Éditions du Renouveau pédagogique.

Les activités d’apprentissage

Dans les activités d’apprentissage, l’élève devient l’acteur principal; son rôle n’est plus de recevoir de l’information, mais de se servir de la matière apprise pour résoudre des problèmes, ou encore, de réaliser les exercices proposés par l’enseignant (Viau, 1998).
Les activités d’apprentissage comprennent des exercices que l’élève réalise seul ou en équipe, des lectures, des projets de recherche, des jeux éducatifs, des présentations devant la classe, etc.

Pour qu’elle puisse favoriser la motivation des élèves, une activité d’apprentissage, qu’elle soit accomplie en mode individuel ou en groupe, doit répondre à plusieurs critères. Voici, sous forme de recommandations, les neuf critères les plus couramment invoqués par les chercheurs (Stipek, 1996; Ames, 1992; Brophy, 1987).

· Proposer des activités qui tiennent compte des intérêts des élèves ou qui soient à l’image du métier ou de la profession à laquelle ils aspirent (p. ex. faire faire un journal de classe avec des sections pour la musique, la mode, le sport, etc.)

· Suggérer des activités qui nécessitent l’utilisation de stratégies d’apprentissage diverses (p. ex. planification, classification, organisation, autoévaluation)

· Favoriser des activités qui nécessitent l’utilisation de connaissances acquises dans des domaines diversifiés (p. ex. une activité sur la météo où l’on doit utiliser ses connaissances en mathématiques et en géographie)

· Des activités dans lesquelles les rétroactions (feedback) sont fréquentes

· Proposer des activités qui résultent en un produit « fini » ou utile (p. ex. : des affiches, des annonces, des clips, une pièce de théâtre, etc.)

· Privilégier des activités qui représentent un défi pour l’élève (p. ex. : organiser un débat sur un thème donné comme ceux que l’on voit à la télévision)

· Offrir aux élèves l’occasion de faire des choix (p. ex. : choisir leurs sources documentaires, la façon de présenter leur travail, etc.)

· Allouer une période de temps suffisante pour l’accomplissement de l’activité

· Donner des consignes claires

Au primaire, le caractère ludique d’une activité se révèle également un atout important.

L’évaluation

Il existe un lien étroit entre les modes d’évaluation des enseignants et la motivation des élèves.

Plusieurs auteurs (Ames, 1992, Covington,1992) s’accordent pour dire que les modes d’évaluation axés sur la performance de l’élève plutôt que sur son processus d’apprentissage peuvent, dans certains cas, le motiver à réussir, mais font généralement obstacle à sa motivation.

La motivation des élèves en difficulté d’apprentissage est particulièrement touchée par l’effet négatif des modes d’évaluation centrés sur la performance. Voyons pourquoi.

Dans une évaluation axée sur la performance, on considère que l’élève a appris parce qu’il a obtenu de bons résultats. Ainsi, ceux qui ont les notes les plus élevées du groupe sont considérés comme les meilleurs de leur classe et souvent comme les plus intelligents. Ce mode d’évaluation amène les élèves à se comparer aux autres et à entrer en compétition les uns avec les autres.

Ces tendances se révèlent particulièrement fortes dans les classes où l’enseignant annonce publiquement les résultats ou les affic he à la vue de tous. De telles actions réduisent la motivation des élèves qui n’ont aucune chance de se retrouver parmi les premiers, tels les élèves en difficulté d’apprentissage. Se voyant, et étant vu, toujours « au bas de l’échelle », ces élèves se diront qu’ils ne seront jamais capables d’être parmi les meilleurs et ne seront nullement motivés à s’engager dans d’autres activités qui sont susceptibles d’être évaluées. Tout cela pour préserver la perception qu’ils ont de leur compétence et celle que les autres ont à leur égard.

Les chercheurs proposent que les pratiques évaluatives soient plus centrées sur le processus d’apprentissage, c’est-à-dire sur le progrès accompli par l’élève. Dans les pratiques évaluatives centrées sur l’apprentissage, le progrès accompli devient le principal critère d’appréciation. Le portfolio ou le dossier d’apprentissage, dans lequel sont colligés les travaux importants des élèves, est considéré comme un outil plus adéquat que l’examen pour évaluer le processus d’apprentissage. Dans ce contexte, l’élève en difficulté d’apprentissage peut voir qu’il apprend.

Il sait que, s’il travaille, il peut réussir. Sa perception du niveau de contrôle qu’il exerce sur ses apprentissages en est ainsi favorisée.

Il faut cependant adme ttre que même ces pratiques évaluatives n’empêchent pas certains élèves de se mesurer aux autres. L’évaluation de l’enseignant n’est pas le seul facteur susceptible de modifier les perceptions des élèves et leurs comportements. La valeur que la société accorde à la compétitivité et à l’excellence, les attentes parfois irréalistes de certains parents et « l’atmosphère

évaluative » qui règne dans plusieurs établissements scolaires influent inévitablement sur la représentation que les élèves se font du rôle de l’évaluation en milieu scolaire.

Faire de l’évaluation une composante de l’enseignement qui favorise la motivation de tous les élèves, y compris ceux qui ont des difficultés d’apprentissage, se révèle un défi de taille pour un enseignant, d’autant plus qu’il doit souvent se plier aux règles et aux normes édictées par son établissement scolaire.
Les six recommandations générales qui suivent pourraient aider les enseignants à relever ce défi.

· Choisir des critères d’évaluation sur a) les apprentissages réalisés, b) le progrès accompli, c) l’effort déployé, d) les améliorations à apporter

· Formuler des commentaires sur les travaux plutôt que se contenter de les noter

· Donner la possibilité à l’élève de savoir non seulement ce sur quoi il a échoué, mais aussi ce qu’il a bien réussi et ce qu’il doit améliorer

· Utiliser un objet d’évaluation qui démontre le processus d’apprentissage et le progrès accompli par l’élève (p. ex. : le portfolio)

· Fournir à l’élève des outils qui lui permettront de s’autoévaluer

· Adopter une pratique évaluative qui élimine le plus possible la compétition et la comparaison

Ces recommandations ne résoudront sûrement pas tous les problèmes motivationnels que l’évaluation provoque chez un grand nombre d’élèves. Elles montrent cependant qu’il est possible d’amener l’élève à considérer l’évaluation en classe non pas comme un simple instrument de sanction ou de sélection, mais aussi comme un moyen d’apprécier plus adéquatement ce qu’il a appris et ce qu’il lui reste à apprendre.

L’enseignant

Le niveau de compétence de l’enseignant, sa motivation à enseigner, ses conceptions et d’autres traits qui le caractérisent peuvent favoriser, tout comme nuire, à la motivation de ses élèves.

Mais un enseignant influence particulièrement la motivation de ses élèves par la relation interpersonnelle qu’il entretient avec eux. Par son sens de l’honnêteté et d’équité, son humour, son respect des différences individuelles (p. ex. : le sexe) et culturelles (p. ex. : la religion) et son empathie, il influence la motivation de ses élèves à s’investir et à persévérer dans leur travail.

Les recherches démontrent que certains enseignants ont des comportements discriminatoires envers les élèves qu’ils perçoivent faibles ou démotivés, tout particulièrement les élèves en difficulté. En effet, plusieurs enseignants vont, par exemple, les critiquer plus souvent que les autres, les faire s’asseoir loin d’eux, limiter leurs contacts avec eux, se contenter de réponses inadéquates de leur part et manifester de la pitié lorsqu’ils échouent.

Ces comportements prennent souvent leur origine dans les perceptions négatives et le manque d’attente que les enseignants entretiennent envers ces élèves. Par exemple, des enseignants jugent qu’il n’y a rien à faire avec certains élèves, car ils se disent que leurs difficultés sont infranchissables et que, finalement, ils ne sont pas assez « brillants » pour réussir.

À la lumière de ces considérations, nous sommes amenés à proposer les recommandations suivantes aux enseignants qui se retrouvent face à des élèves qu’ils considèrent faibles ou démotivés.

· Être confiant qu’ils peuvent apprendre et leur exprimer

· Créer des situations où ils peuvent réussir et éviter de toujours les mettre dans des situations compétitives dans lesquelles ils peuvent difficilement sortir gagnants

· Les valoriser auprès de leurs camarades et éviter de les réprimander devant ces derniers.

· Avoir des attentes réalistes et éviter de leur exprimer de la pitié devant un échec (« Ce n’est pas grave, tu as fait de ton mieux »)

· Leur donner autant d’attention (les interroger, répondre à leurs questions, les regarder, leur sourire, etc.) qu’aux autres élèves

· Démontrer de l’enthousiasme à leur enseigner et de l’intérêt pour leur réussite

Conclusion

Nous avons vu que les enseignants doivent continuer à se préoccuper de la motivation de leurs élèves car ils sont de plus en plus les seuls modèles que les enfants et les adolescents peuvent observer en train d’apprendre et d’aimer l’apprentissage.

Nous nous sommes donnés également un cadre de référence qui nous permet de mieux connaître les perceptions des élèves en difficulté d’apprentissage qui sont à l’origine de la démotivation d’un bon nombre d’entre eux.

Enfin, nous avons examiné brièvement les facteurs relatifs à la classe que l’enseignant a le pouvoir de modifier et d’aménager afin qu’ils influent de façon positive sur la dynamique motivationnelle des élèves en difficulté d’apprentissage. Parmi ces facteurs, l’enseignant lui-même est probablement le plus important.

Il doit se donner pour rôle d’être un modèle aux yeux des élèves en difficulté d’apprentissage, c’est-à-dire un adulte qui aime apprendre, qui aime faire apprendre et qui a la ferme conviction qu’ils peuvent apprendre.

Références

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La motivation des élèves en difficulté d’apprentissage …

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Les inscrits au Blog d’or : le meilleur blog pédagogique !

24 10 2008

Les inscrits au Blog d’or : le meilleur blog pédagogique !
LYCEE

Le blog d’anglais d’Alain Girault
J’ai créé ce blog afin d’en faire un complément aux cours d’anglais et une aide au travail personnel. Ce blog, véritable lien avec ce que nous faisons en classe, devrait vous apporter une aide immédiate et adaptée et être source d’une motivation supplémentaire (je l’espère !!!)”

Le blog SES de Claude Garcia
Ce blog s’intitule “Economie et humour”. Qui peut nier que tout citoyen a besoin de comprendre comment fonctionne l’économie pour essayer de comprendre où va notre société ? L’objectif est par l’humour de rendre plus compréhensibles les questions économiques. Dans ce blog, il y a 2 rubriques (dont un feuilleton économique) qui se veulent neutres, et 2 rubriques pour des réactions plus épidermiques. On peut distinguer présentations objectives et positions plus subjectives.

Le blog de Mme Cantaloube
Je souhaite permettre à mes élèves d’aller plus loin que le cours, de découvrir des vidéos supplémentaires, des sites complémentaires, de leur proposer des vidéos musicales, leur faire partager mes coups de cœur.
Usage du B2i.

Le blog de Maria Letizia Ribichini
Mettre en contact des classe de différents Pays du monde entier, en échangeant des informations sur la civilisation, la culture, la cuisine, les habitudes des élèves dans une optique de “mondialisation”.

Le blog de Jean-Paul Moiraud Moiraud
Blog pédagogique destiné à développer un travail collaboratif avec des élèves de design de mode.
Simulation de création d’entreprise.

Le blog de Florence Begel
Professeur agrégée de philosophie
Philochar est un blog entièrement dédié à “mes” classes passées, présentes et futures… ce blog touche en effet au-delà des salles de cours tout public intéressé.
COLLEGE

Le blog de Bruno Sentier
Tant de questions posées par les élèves en une année scolaire… En voici une sélection originale : reprises en ligne, elles m’ont toutes été posées plus ou moins directement. Quand l’histoire et la géographie mettent leur nez partout…

Le blog d’anglais de Catheline Dubois
Informer mes élèves de mes découvertes sur la toile en rapport avec ce que l’on fait en classe. Informer les parents de la vie de classe. Faciliter la tache de mes collègue en répertoriant des sites utiles

Le blog de classe (4e) de Michele Aymard
Proposer un lieu où rassembler toutes les informations concernant les membres de l’équipe pédagogique d’une classe de 4e Soutien et l’administration.

Le blog d’Allemand de Mme Lewinski
Ce blog abrite un immeuble de la Freiheitstraβe dans lequel ont emménagé six locataires en septembre 2008. Ces locataires sont les germanistes LV2 de la classe de 4A du Collège Liberté de Drancy qui apparaissent sous leur identité virtuelle (Adrian Vogt, Sylke Schmidt, Jasper Ackermann, Lorena Stockinger, Lutz Krause et Antje Weber). Signé : Frau Lewinski (alias Frau Schneider, la concierge).

Le blog de Français de Camille Schirmer
Dans le cadre d’un projet autour de la maîtrise de la langue française, le Blogolettre du Bel Air permet à tous les élèves de 6e de se perfectionner en français autour de leçons et d’exercices en ligne. Le blog offre aussi la possibilité de publier des travaux d’élèves afin de les valoriser.

Le blog CDI d’Hélène Lagardere et Pauline Pouliquen
La mise en valeur de toutes les activités du CDI.

Le blog de Bruno Chambon
Un moyen de promotion d’un échange franco-allemand et de communication entre les élèves des deux côtés du Rhin.

Le blog CDI d’Elodie Bonnat
Donner envie de lire / ouverture culturelle / Donner des outils pour la recherche documentaire, l’orientation et l’auto-formation.

Le blog de M. Salmon
Blog destiné à réhabiliter le latin : journal en ligne réalisé par des élèves latinistes en France, Belgique et Italie sur la culture, la langue et l’histoire latine sous une forme ludique et humoristique. Le latin est la seule langue qui leur est commune et ils pourront ainsi s’ouvrir au monde européen, confronter leurs cultures et collaborer au journal par l’intermédiaire du blog.

Le blog de Mme Maes
Utiliser le blog pour un apport complémentaire du cours avec l’insertion de diaporamas personnels ou de photos prises pendant les TP pour motiver l’acquisition des connaissances indispensables à la compréhension. Donner l’occasion de s’auto-corriger sur des exercices de leur livre en complément de ceux faits en cours.
Lancer des échanges sur une énigme à résoudre pour prolonger le cours.
Ouvrir le cours sur d’autres connaissances scientifiques à l’aide de liens.
Les interpeller sur le développement durable.
Proposer des liens susceptibles d’intéresser les parents qui veulent aider leur enfant.

Le blog de Christophe Saconnet
Un cahier de textes électronique pour le cours d’anglais en collège. Pour ne rien rater du cours, des leçons, s’avancer ou trouver quelques conseils.

Le blog de Régine Lecras
Permettre à mes jeunes 6èmes de prendre goût à la lecture de divers documents et leur apprendre à retrouver le document qui répondra à leur attente.

Le blog de Jean-Pierre Hervé
Un plus pour la réussite de mes élèves….. Des cours, des animations, des diaporamas de leurs travaux, des corrections de devoir etc…..

Le blog de Régine Lecras
Permettre à mes élèves mais aussi à tous les petits curieux, jeunes ou moins jeunes de trouver l’information la plus pertinente. Celle qui les aidera à réussir.

Le blog de Rita Guira
Mon blog est un outil d’information et pédagogique pour mes élèves, leurs parents, nos partenaires de Balingen (Allemagne) ou toute autre personne qui souhaite trouver une information sur la matière que j’enseigne. Dans un 2d temps, mes élèves sont devenus contributeurs, cela me permet de les motiver, de les faire écrire et de valider des compétences du B2i. Bilan très satisfaisant!

Le blog de Mohamed Aggouni (1)
Objectif :
Changement d’expériences sur le traitement des absences des élèves ainsi que leur sécurité dans l’enceint du CEM pendant les heures de cours
- chargement des expériences éducatives
- expériences dans le domaine du Project de l’établissement scolaire.
- Création de l’objet pédagogique et éducatif
- Changement d’expérience avec les facultés de psychologue et des sciences de l’éducation.
- Chargement des expériences dans le domaine de presse (création des journaux scolaire).
- Réalisation des emplois du temps de professeurs et des classes.

Le blog de Mohamed Aggouni (2)
Objectif :
Changement d’expériences sur le*traitement des absences des élèves ainsi que leur sécurité dans l’enceint du CEM pendant les heures de cours
- chargement des expériences éducatives
- expériences dans le domaine du Project de l’établissement scolaire.
- Création de l’objet pédagogique et éducatif
- Changement d’expérience avec les facultés de psychologue et des sciences de l’éducation.
- Chargement des expériences dans le domaine de presse (création des journaux scolaire).
- Réalisation des emplois du temps de professeurs et des classes.
- Le suivi des élèves.

Le blog de Laurence Caujolle
Moderniser l’approche de la lecture et de l’écriture par l’utilisation d’un blog.
Correspondre avec des partenaires éloignés pour réaliser un roman épistolaire.
Permettre un lien plus étroit entre élèves et enseignantes.

Le blog de Geoffrey Bigajski
S’appuyant sur le volet environnement du projet d’établissement 2008, et sur celui mené par votre serviteur avec une U.P.I en 6ème, J’ai souhaité développé se projet environnement.

Les objectifs visés par ce projet sont principalement :
1. Éduquer à l’environnement : Le projet vise à éduquer et sensibiliser les élèves aux problèmes d’environnement et ceci tout en leur donnant des perceptives et les clés de l’alternative pour que leur empreinte écologique soit éco-citoyenne, responsable. Ce projet permettra d’agir de manière concrète par l’animation des différentes brouettes. Il s’agit de permettre un apprentissage actif dans un milieu urbain et de le mettre en résonance avec la nature, en créant des espaces pertinents où le public / “les bénéficiaires” s’implique(ent).

2. Transmettre et partager des valeurs :
Le projet permet de développer la connaissance de l’environnement et aussi de travailler sur les savoir être. Des notions de respect sont mises en avant ; à travers la pratique du jardinage écologique, nous abordons la notion de développement durable et de gestes éco-citoyens. Les jardins sont aussi des lieux de convivialité et de partage, de découverte des individus et des cultures (au sens culturel et agricole). Le jardin crée du lien social, il améliore le cadre de vie.

3. Apports positifs à la scolarité :
Le projet permet à tous les élèves de pratiquer et de participer avec leurs moyens. Il lutte contre l’exclusion en étant fédérateur : le jardin est un lieu d’égalité pour tous les enfants, il appartient à tous et à chacun à la fois. Il nivelle les différences, les handicaps. Ce projet permettra aussi de nombreuses situations intégratives sur des bases communes entre élèves de l’UPI et les autres élèves (situations de tutorat ?)

Mettre les enfants en situation de jardiner à l’école, c’est contribuer à la réalisation de plusieurs objectifs :
-les rendre capables d’approfondir et d’organiser leur futur savoir;
-contribuer à leur formation civique et morale en tant que futurs citoyens (en les préparant à prendre des décisions rationnelles)
-les sensibiliser aux problèmes de l’environnement.
Cette éducation à l’environnement se veut également formatrice de l’intelligence : éveil, sens critique, autonomie, culture générale, méthodologie, émancipation… Objectifs disciplinaires et transdisciplinaires :
- Impliquer tout ou partie de l’équipe pédagogique pour coordonner les différentes actions de sensibilisation au niveau d’une classe. Professeur de l’UPI et le professeur d’histoire-géographie, éducation civique.
- Mobiliser une classe de 6ème autour d’un projet d’éducation au développement durable.
- Découvrir la diversité et l’interdépendance des êtres vivants dans le jardin – Prendre conscience de la fragilité des équilibres.
- Identifier et décrire les principaux végétaux.
- Appréhender le jardin avec les 5 sens – Vaincre ses phobies, mieux connaître le vivant pour mieux le.
- S’interroger sur les conséquences des activités humaines sur la vie.
- Travailler et apprendre avec d’autres : Partager, échanger, s’entraider.
- Redécouvrir les richesses naturelles qui nous entourent.
- Prendre conscience de leur caractère renouvelable ou non, prendre conscience de l’épuisement de certaines ressources naturelles.
- Identifier différents matériaux naturels comme le sable, l’argile, l’ocre, le bois…
- Connaître l’origine des matériaux naturels – Connaître les différentes utilisations des matériaux naturels, utilisés pour certains depuis la Préhistoire.
- Utiliser au moins un matériau naturel – Exprimer, développer sa créativité.
- Savoir utiliser les ressources informatiques et Internet. Mettre en forme un diaporama. Acquérir des compétences informatiques B2I.

Le blog de Maths de V. Guerin
Le premier objectif de mon blog était de fournir à mes élèves une liste pertinente et fréquemment actualisée de liens vers des sites sur les mathématiques.
Il est ensuite devenu un outil de valorisation du travail des élèves grâce à ses “galeries d’exposition”, mais aussi un fidèle compagnon dès que ma classe travaille en salle informatique. On y trouve en effet toutes les consignes et explications relatives à la séance en cours.
Un autre objectif de mon blog est de réagir à la pauvreté du contenu des blogs de certains de mes élèves en leur “montrant l’exemple” plutôt que de critiquer leur manière d’utiliser cet outil de communication.

Le blog de M. Duclos
Quelques mots”Le Petit Jules” contient des informations destinées à aider les élèves, ainsi que des compléments culturels tels des présentations de Bd, des clips de chansons sur un thème vu en classe,…

Le blog de E. Demaret
Faire découvrir à mes élèves les différentes facettes d’une langue à travers le web + fournir un outil de révisions et de travail quand on se retrouve seul à la maison face à son cahier et que l’on doit se motiver !

Le blog de M. Piret
Permettre aux élèves de combler leurs pires lacunes, d’approfondir le cours, aux parents d’aider leurs enfants grâce à des conseils. Le blog est pour moi un outil pour une pédagogie différenciée.

PRIMAIRE

Le blog Bleu Primaire d’Ostiane Mathon
Un Blog Bleu Primaire pour témoigner des réalités de l’école, participer aux débats en matière d’éducation, réagir aux questions d’actualité, rebondir sur des sujets de société, réfléchir aux problématiques majeures de notre temps. Un blog qui s’adresse à tous les hommes et les femmes de bonne volonté qui souhaitent prendre place dans la communauté éducative. Merci à tous ceux qui y contribueront.

Le blog BIBLIO-BlogBleuPrimaire d’Ostiane Mathon
Le “BB” de Blog Bleu Primaire ! Le Blog des CM1. Nos lectures, nos aventures ! Nos coups de cœur, nos livres-beurk ! Nos critiques, nos fiches techniques! Nos résumés, nos exposés ! Notre cri de guerre… “DES MOTS, DES MOTS, DES MOTS… A LIRE ET POUR LE DIRE !”

Le blog Primaire de Stéphanie Vanssay
Ce blog propose des activités motivantes pour les élèves, notamment pour les élèves qui rencontrent des difficultés. Deux grandes idées me guident dans le choix ou la création de situation :
- la complexité et/ou
- faire “pour de vrai”

Le blog de Mme Steible
Journal de vie d’une classe de Grande section de maternelle. Vécu quotidien ou hebdomadaire de la classe raconté aux parents.

Le blog de Grammaire de Robert Timon
Faire découvrir aux élèves de primaire les auteurs français et le maniement de la langue française à partir d’un questionnement sur de courts extraits littéraires.

Le blog de Mme Lamandé
Améliorer le lien enseignant/professeur
Utiliser les tice avec les élèves de petite et moyenne section.

AUTRES NIVEAUX

Le blog de William Ghibaudo
Un blog pratique, cahier de texte à ses heures, pour créer d’autres types de liens avec les élèves, pour leur montrer qu’Internet peut servir à quelque chose…, un endroit aussi pour les féliciter et pousser des coups de gueule !

Le blog de M. Canonne
Faire sortir les élèves des collèges et lycées de Madagascar de leur île géographique et culturelle. Leur donner l’occasion de concevoir qu’il existe un monde au delà du canal du Mozambique, même si 99% n’auront pas de leur vie l’occasion de le vérifier en y allant.

Le blog de Caroline Barnaud
Pourquoi ne pas faire “entrer” le cinéma (que ce soit les films eux mêmes, mais aussi les techniques, la réalisation, etc.) dans l’éducation. A notre époque, il semble que le cinéma fasse partie de la culture !

Classé dans Concours Octobre 2008




زين الدين زيدان

23 10 2008

azzaba