Elections présidentielles: le jour d’après

7 05 2007

Si, hier, dès 17H, les grands médias allemands ont mis en ligne résultats et commentaires en temps réels, aujourd’hui, c’est le jour des analyses.

Le Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ), un quotidien dont la réputation de sérieux n’est plus à faire, consacre tout un dossier à l’élection du Président de la République en France. Cette fois, il y a bien sûr de l’événementiel mais aussi une rétrospective des grands moments de la campagne et surtout un portrait de N. Sarkozy et un début d’analyse sur les enseignements à tirer de ces élections ainsi que des conséquences pour les Français, certes, mais aussi sur nos voisins européens. Car, on a souvent tendance à l’oublier, nous ne sommes pas seuls au monde et notre appartenance à l’Union Européenne est effective: alors, les Allemands et les autres peuples européens se sentent concernés par ce qui se passe en France.


Les réactions en Allemagne sont d’un grand intérêt: souvent, l’effet de distantiation permet de voir des choses que, nous, enfermés dans notre système que nous connaissons par coeur, nous ne voyons plus: c’est d’ailleurs un procédé qui a fait ses preuves en littérature: souvenez-vous des “lettres persanes” de Montesquieu: Montesquieu prend des “persans” qui viennent à Paris et leurs regards naïfs et étonnés permettent de mettre le doigt sur des choses sur lesquelles nous ne nous posons pas la moindre question mais qui ,pour quelqu’un d’extérieur , sont étonnantes: cela permet donc de prendre de la distance et de regarder notre propre monde avec un regard plus neuf et plus critique.

Quand on a la chance de parler et comprendre une ou deux langues étrangères (ou même plus… qui sait?), il faut absolument se renseigner, lire la presse étrangère ,d’abord pour se tenir au courant de ce qui se passe hors de nos frontières mais aussipour pouvoir avoir un jugement plus critique sur notre propre système de fonctionnement.

Le dossier du Spiegel est également bien documenté avec une analyse sur les conséquences de l’élections d’hier sur les rapports franco-allemands et franco-européens. Le Spiegel est rarement tendre avec la France mais cet hebdomadaire jouit d’une excellente réputation. Savez-vous que dans certains milieux (intellectuels, universitaires???), on ne téléphone pas aux amis le lundi soir: de toute façon, ils ont mis leur téléphone sur la messagerie. C’est le soir du Spiegel (publié le lundi matin), et ce soir là, on lit le Spiegel, un point, c’est tout!

De toute manière, le Spiegel est une institution en Allemagne et son opinion , même si on ne la partage pas, pèse toujours son poids dans le monde germanique.

Et puis, l’interview d’Alfred Grosser, cet allemand qui a la nationalité française et qui est spécialiste des relations franco-allemandes, publiée dans le Süddeutsche Zeitung vaut vraiment la peine d’être lue. De toute façon, ce qu’écrit A.Grosser à la fois sur l’Allemagne et sur la France est toujours digne de réflexions. Il est vraiment spécialiste de nos deux pays , disons, de 1945 à nos jours. Son statut d’historien lui confère une sorte d’autorité dans le domaine. Si on veut mieux comprendre ce qu’est l’Allemagne et ce que représente la France pour l’Allemagne, ses nombreux ouvrages ne peuvent qu’être utiles.


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