Logiciel “chaine nociceptive”.
Samedi 16 octobre 2010Logiciel sur le trajet du message nociceptif et la modulation enképhalinergique au niveau de la corne dorsale.
Tags : douleur, enképhaline, interneurone, moelle épinière, neurone, nociceptionLogiciel sur le trajet du message nociceptif et la modulation enképhalinergique au niveau de la corne dorsale.
Tags : douleur, enképhaline, interneurone, moelle épinière, neurone, nociceptionLA COMMUNICATION NERVEUSE
Quel est le trajet du message nociceptif ?
I/ LES VOIES NERVEUSES IMPLIQUEES DANS LA PERCEPTION DE LA DOULEUR.
Les nocicepteurs (récepteurs de la douleur) sont localisés un peu partout dans le corps humain. Ce sont des cellules nerveuses capable de réagir à des stimulus nocifs(qui engendre des lésions des tissus). Ces nocicepteurs se prolongent par des fibres nociceptives de type C (qui sont contenu dans les nerfs rachidiens) et dont le corps cellulaire se trouve dans les ganglions rachidiens de la racine dorsale de la moelle épinière. Puis ces fibres de type C (fibres présynaptiques) établissent une liaison (synapse) dans la corne dorsale de la moelle épinière avec des fibres nociceptives post synaptiques qui véhiculent le message jusqu’au cerveau. Dans la corne dorsale des interneurones modulateurs établissent des contacts synaptiques avec les neurones nociceptifs post synaptique.
Quelle est la nature du message nerveux et comment ce dernier est-il transmis ?
II/ LA TRANSMISSION DES MESSAGES NERVEUX
La communication nerveuse se manifeste par des combinaisons de signaux électriques enregistrables constituant des messages. Les signaux élémentaires sont des potentiels d’action(PA). Le codage de l’information ou des messages se fait par des variations de la fréquence des PA. Plus l’intensité du stimulus augmente plus la fréquence des potentiels d’action augmente. Il existe un seuil minimal de stimulation et une fréquence maximale. Ces messages sont rapidement propagés dans un seul sens par des chaînes de neurones, cellules spécialisées connectées entre elles. Les corps cellulaires sont regroupés dans les centres nerveux(cerveau et moelle épinière) et les ganglions nerveux. Des fibres nerveuses relient les centres nerveux entre eux et aux organes périphériques.
Comment le message nerveux passe t-il d’un neurone à l’autre ?
III/ TRANSMISSION DES MESSAGES ENTRE NEURONES :LES SYNAPSES.
Les neurones communiquent entre eux par des synapses. À leur niveau, l’association neurotransmetteur-récepteur assure la transmission des messages. Le message nerveux codé en fréquence de PA dans le neurone présynaptique est codé en concentration de neurotransmetteur dans la fente synaptique puis recodé en fréquence de PA dans le neurone postsynaptique(transduction).
Comment expliquer que la sensation de douleur puisse varier naturellement ?
IV/ MODULATION DU MESSAGE NERVEUX NOCICEPTIF PAR LES ENKEPHALINES
Lors d’un traumatisme, la douleur disparait parfois rapidement bien que les lésions soient toujours présentes. La transmission des messages nerveux peut être modulée par des peptides tels que les enképhalines ou morphines endogènes, qui agissent à différents niveaux du système nerveux central.
Dans la corne dorsale de la moelle épinière, les enképhalines (neurotransmetteur) interviennent au niveau des neurones nociceptifs. Elles sont libérées par des interneurones spécialisés et vont se fixer sur des récepteurs spécifiques localisés dans la membrane des neurones post-synaptiques nociceptifs et s’opposer à la création du message nerveux. Elles inhibent ainsi la transmission des messages nociceptifs vers le cerveau.
Comment expliquer les effets des enképhalines sur la sensation de plaisir ?
V/ ENKEPHALINES ET SENSATION DE PLAISIR
Il existe dans le cerveau une zone responsable de la sensation de plaisir et de la motivation (circuit de la récompense). Cette zone est activée dans des circonstances variées susceptibles d’engendrer une sensation agréable (prise de nourriture, activité physique, rapport sexuel…). Des neurones dopaminergiques, activés par des stimulus agréables libèrent de la dopamine responsable de la sensation de plaisir. Ces neurones sont soumis à des régulations positives (activatrices) et négatives (inhibitrices). Il existe notamment des interneurones inhibiteurs qui s’opposent à la libération de dopamine ce qui explique que la sensation de plaisir ne soit pas permanente. Dans le cerveau,il existe des interneurones enképhalinergiques en relation avec les interneurones inhibiteurs. La fixation des enképhalines sur les récepteurs opioïdes des neurones inhibiteurs provoque la levée de l’inhibition qu’ils exercent sur l’activité des neurones dopaminergiques. Par voie de conséquence, cette levée d’inhibition entraîne une sécrétion accrue de dopamine qui contribue à la sensation de plaisir.
Comment expliquer les effets analgésiques de la morphine et la sensation de plaisir ?
VI/ MODE D’ACTION DE LA MORPHINE.
La morphine est chimiquement proche des enképhalines. Elle peut se fixer sur les récepteurs opioïdes localisés sur les neurones post synaptiques nociceptifs de la corne dorsale de la moelle, et est à l’origine d’une puissante activité analgésique(anti-douleur) qui n’entraîne pas une dépendance. La morphine (extraite du pavot) et ses dérivés de synthèse comme l’héroïne peuvent être à l’origine d’une sensation de plaisir. La genèse de cette sensation résulte de la fixation de la morphine sur les récepteurs opioïdes du cerveau en mimant l’action des morphines endogènes (Enképhalines) au niveau du circuit de la récompense.
Comment expliquer l’addiction aux opiacées exogènes ?
IV/ LES MECANISMES DE LA DEPENDANCE
Contrairement aux enképhalines, la morphine n’est pas rapidement dégradée. Son action au niveau du circuits de la récompense va donc être amplifiée. La morphine (ou l’héroïne), prise de façon répétée au cours du temps, engendre :
- tolérance=accoutumance : nécessité pour obtenir le même effet (analgésie ou plaisir) d’augmenter continuellement les doses prises.
- dépendance physiologique(ou physique) : elle résulte de l’apparition, après l’arrêt de la prise de drogue(sevrage) d’un syndrome d’abstinence physiologique caractérisé par de nombreux symptômes (dans le cas des opiacées :diarrhée, sudation, pleur, tremblement, agitation…)
- dépendance psychique : état de manque ou besoin irrépressible de prendre de la drogue qui est une souffrance psychologique très difficile à supporter et est à l’origine de la toxicomanie.
Le phénomène de manque augmente au fur et à mesure de la prise de drogue.
La plupart des drogues (héroïne, nicotine, alcool, cocaïne, principe actif du cannabis, ecstasy) agissent, par des mécanismes différents, sur les neurones dopaminergiques des systèmes de récompense.
La dépendance aux drogues est un phénomène complexe qui est tributaire de facteurs psychologiques , mais aussi de facteurs environnementaux (la répétition d’une situation ou le retour en un lieu associé à la prise de drogue peut ré-enclencher un phénomène de manque chez une personne considérée comme sevrée). L’arrêt de la prise de toute drogue nécessite la mise en application d’un protocole de sevrage (diminution progressive des doses ou prise de molécules de substitution) qui implique un suivi médical prolongé(plusieurs mois voire plusieurs années) et une aide psychologique.
Compteur80508 visiteurs