Des pyramides au Mississippi
Mardi 2 mars 2010Les premiers Européens en Amérique du Nord eurent la surprise de s’apercevoir que d’autres peuples y vivaient déjà. Des années durant, la vie des Indiens d’Amérique a été considérée à travers les prismes mêlés du racisme et du romantisme, ce qui permettait d’idéaliser les sociétés indiennes d’avant la colonisation tout en justifiant leur destruction. On pouvait imaginer cette réalité précolombienne comme une ère de ténèbres sauvages et brutales ou comme un éden respectueux de l’écologie, où l’homme vivait en parfaite harmonie avec la nature. Mais ce monde semblait exister en dehors de l’Histoire, comme si les peuples de ce continent avaient été immunisés, pour une raison quelconque, contre la cupidité, la cruauté, la guerre et autres traits presque universels de la société humaine. Cahokia, la plus grande ville amérindienne au nord de Mexico, appartient bel et bien à l’histoire humaine. A son apogée, au XIIe siècle, ce centre urbain implanté dans les plaines alluviales du Mississippi, dans l’ouest de l’Illinois, à quelques kilomètres à l’est de la moderne Saint Louis, était probablement plus grand que le Londres de l’époque. Son influence économique, culturelle et religieuse s’étendait sur une grande partie du centre des États-Unis. Il était doté d’une place centrale de 25 hectares et abritait la troisième plus grande pyramide du Nouveau Monde (ou “colline des Moines”, de plus de 30 mètres de haut). Cahokia comptait au moins 20 000 habitants.
Il ne reste environ que 80 des 120 tumulus et (ou) temples du site.
On trouve les cités vassales à Saint Louis et East Saint Louis qui comporte des grandes pyramides-centrales mais elles ont été rasées par les colons aux XIX eme et XX siècles pour y dresser des motels ou tracer des autoroutes. Dans les années 1940 un propriétaire fait construire un lotissement et dans les 1960 un autre fait construire une piscine sur la place cérémonielle de la cité antique. Depuis, le lotissement et la piscine ont été détruits.
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