Le débarquement du 6 juin 1944


LE 6 JUIN 1944 A 6H30 LES ALLIES DEBARQUENT SUR LES PLAGES DE NORMANDIE

Le débarquement a été décidé en janvier 1943, à la demande de Staline, lors de la conférence de Casablanca. En effet Roosevelt et Churchill avaient décidé d’ouvrir un second front en Europe de l’Ouest. Le nom de code du débarquement qui devait avoir lieu sur les côtes Normandes est opération Overlord(Seigneur suprême). L’opération navale a pour nom de code Neptune. Le COSSAC(Chief of Staff to the Supreme Allied Commander: chef d’État-major du commandement suprême Allié) met alors au point le débarquement et fixe les objectifs militaires à atteindre les jours qui suivront le débarquement. Le général Eisenhower, commandant suprême Allié en Europe, ainsi que le maréchal Montgomery, commandant les forces terrestres d’invasion, l’amiral Ramsey, commandant les forces navales, et le général Leigh-Mallory, étaient impliqués dans l’opération. En face d’eux se trouvaient le feld-maréchal Von Rundstedt, commandant en chef à l’Ouest, ainsi que le maréchal Rommel, commandant le groupe d’armées B au nord de la Loire, et le général Hausser, qui commandait la VIIème armée en Normandie.

On proposa comme date le mois de mai 1944. On choisit comme lieu de débarquement la Normandie car les plages y étaient moins bien défendues que sur les autres parties du mur de l’Atlantique(l’opération Jericho et ses conséquences influèrent sur ce choix. En effet le 18 février 1944, 55 appareils de la RAF attaquèrent la prison d’Amiens, qui détenait des centaines de résistants francais, ainsi que des agents anglais et américains(capturés durant les rafles qui eurent lieues dans le Nord de la France en 1943). Les deux premières vagues s’en prirent aux murs d’enceinte avec une nouvelle arme : la bombe torpille. Une partie des prisonniers réussit à s’échapper par les brèches. Il y eu près de cent victimes. Cette opération, décidée par Churchill et Roosevelt, avait été mise au point dans le but de libérer les détenus. Mais les Alliés apprirent, suite à cette opération, que des personnes avaient parlées et que les Allemands savaient que le débarquement Allié allait avoir lieu dans le Pas-de-Calais, et ils étaient en train d’y regrouper des troupes. Les Alliés devaient donc choisirent un nouveau lieu, ce sera la Normandie). En décembre 1943 le COSSAC devient le SHAEF(Supreme Hedquarters Allied Expeditionnary Forces: commandement suprême des forces expéditionnaires Alliées). Le général Eisenhower est alors nommé commandant suprême des forces expéditionnaires Alliées.

Les Alliés décidèrent de faire croire aux Allemands que le débarquement aurait lieu dans le Pas-de-Calais ou en Norvège(c’est-à-dire là où les Allemands les attendaient): ce sont les opérations Fortitude Sud(Pas-de-Calais) et Fortitude Nord(Norvège). On mit au point pour l’opération de nouveaux bateaux(Landing Ship Tank, Landing Craft Infantry, Landing Craft Assault) qui étaient conçus spécialement pour l’échouage sur les plages. On inventa des chars lance-flammes, démineurs ou porteurs de ponts. On imagina des ports artificiels. Mais surtout on créa une « armée fantôme »(armée du FUSAG), qui était composée de décors et de chars en caoutchouc gonflables stationnés en Grande-Bretagne, le plus près des côtes Françaises. Les sodats s’entraînèrent en Grande-Bretagne. Ils réalisèrent des opérations grandeur nature qui furent effectuées sur les côtes Anglaises. Ils s’appuyèrent aussi sur les raids et les débarquements qui avaient eu lieu précédemment. Par exemple le 19 août 1942 l’opération Jubilee, à Dieppe, avait échoué et prouvée qu’il était impossible de prendre un port de front. Les Alliés décidèrent donc de construire leurs propres ports: c’est le projet Mulberry. Les Alliés essayèrent de réunir un maximum d’informations sur les fortifications Allemandes, les forces ennemies et les obstacles construits sur les plages Françaises. Ils effectuèrent pendant des mois des reconnaissances aériennes. Chaque parcelle de plage et de côte était photographiée. De plus la Résistance envoyait à Londres des renseignements sur les constructions du mur de l’Atlantique. Sur les 200 kilomètres de côtes allant de Barfleur à Antifer on comptait plus de 1 000 ouvrages(postes de tir ou de commandement, stations radars, petits blockhaus,. . . ), 150 canons ayant une puissance de feu importante. Ces fortifications étaient sous le commandement du général Rommel qui disposait de 40 000 soldats et de 500 chars. Mais Rommel avait une stratégie pour empêcher le débarquement complètement opposée à celle du maréchal von Rundstedt. Rommel voulait en effet repousser les Alliés à la mer sans leur laisser le temps de débarquer. Pour lui c’est le premier jour que tout va se jouer(il déclara le 21 avril 1944: « Pour les Alliés comme pour nous ce sera le jour le plus long »). Quant à von Rundstedt il qualifiait le mur de l’Atlantique de « bluff gigantesque ». Pour lui il fallait laisser les Alliés établir une tête de pont et ensuite les combattre sur terre avec l’aide des blindés. Cette opposition va d’ailleurs profiter aux Alliés. Pendant le mois qui précédait le débarquement, les appareils Alliés bombardèrent les objectifs stratégiques. Il faut également noter que les Allemands prévoyaient, pour le mois de juin, plusieurs semaines de très mauvais temps, ils n’attendaient donc aucun débarquement durant cette période. Les alliés devaient absolument débarquer, et les météorologistes découvrirent une période de temps plus favorable à une telle opération dans la matinée du 6 juin. Le général Allemand chargé d’évaluer les effectifs Alliés fit un rapport à Hitler dans lequel il affirmait que ces derniers ne disposaient de 90 divisions terrestres et de 7 divisons aéroportées, ce qui était largement surestimé. Hitler pensait donc qu’il y aurait un autre débarquement, encore plus massif que celui de Normandie, et n’envoya donc pas toutes ses troupes vers les plages du débarquement. Le Jour-J, huit divisions participèrent au débarquement: cinq divisions sur les plages(3 brigades de chars, et 2 de commandos) et trois dans les airs. 173 000 hommes vont ainsi participer au débarquement. Les Alliés disposaient de 5 000 embarcations d’assaut, de 1 300 navires marchands, de 1 200 bateaux de guerre, de 1 900 avions de transport, de 800 planeurs, de 10 000 bombardiers ou chasseurs et de 20 000 véhicules(Jeep, chars,. . . ). Ils avaient mobilisé le XXième groupe d’armées Allié(IIème armée Britannique et Ière armée Américaine). Le débarquement était prévu le lundi 5 juin, mais il fut repoussé au 6 à cause du mauvais temps. La Ière armée Américaine du général Bradley devait débarquer à l’ouest de la tête de pont, sur les secteurs d’Utah et d’Omaha. La IIème armée du général Dempsey devait débarquer sur les secteurs de Gold, Juno et Sword, à l’embouchure de l’Orne. Les parachutistes Britanniques de la 6ème division aéroportée devaient s’emparer des ponts sur l’Orne, et devaient faire sauter ceux de la Dives voisine. Les 82ème et 101ème divisions US aéroportées devaient sauter dans le secteur de Sainte-Mère-Eglise, et les débouchés des plages du secteur Ouest. Peu après minuit des milliers de parachutistes Alliés furent largués sur la Normandie. Les premières opérations amphibies en secteur Américain et en secteur Anglo-Canadien commencèrent à 6h30 et à 7h25. Les Américains débarquèrent sur deux secteurs de plage: le premier secteur s’étendait de Saint-Germain-de-Varreville à Saint-Côme-du-Mont (Manche), son nom de code était « Utah » ; le deuxième secteur(6,5km) allait de Colleville-sur-Mer(Calvados) à Vierville, son nom de code était « Omaha ». Les Anglo-Canadiens et les 177 Français du commando Kieffer débarquèrent sur les trois autres secteurs: le premier secteur s’étendait de Ver-sur-Mer à Asnelles(Calvados), son nom de code était « Gold » ; le deuxième secteur(7km) allait de Saint-Aubin(Calvados) à Courseulles, son nom de code était « Juno » ; le troisième secteur allait de Colleville-Motgomery(Calvados) à Hermanville, son nom de code était « Sword ». Dans les jours qui suivirent le débarquement deux ports artificiels furent construits : un à Saint-Laurent-sur-Mer(il fut détruit par une tempête du 19 au 22 juin 1944) et un second à Arromanches. 33 aérodromes provisoires furent construits au fur et à mesure de la progression des Alliés).

Utah, le 6 juin 1944 : la batterie de Saint-Marcouf fut neutralisée grâce aux bombardements aériens et navals. Le débarquement eut lieu à 6h30. La plage était entièrement contrôlée par les Alliés en fin de matinée. Une tête de pont fut établie de Sainte-Mère-Église à Sainte-Marie-du-Mont. La jonction fut effectuée avec les troupes aéroportées. Le 6 juin 1944 au soir on dénombrait 200 tués sur 23 250 soldats débarqués. 1 700 chars et véhicules furent débarqués. La 82ème et la 101ème divisions aéroportées avaient été parachutées à 0h15, avant l’assaut par mer, en arrière de la plage de Utah. La 101ème division du général Taylor se retrouva dans les secteurs inondés des marais de Carentan. Elle réussit néanmoins à prendre avec 1 000 hommes(sur 5 000 parachutés) la batterie de Saint-Martin-de-Varreville et bloqua l’accès des routes conduisant à la plage. La 82ème division du général Ridgway réussit à prendre avec 40% de ses effectifs Sainte-Mère-Église et Sainte-Marie-du-Mont.Le 7 juin1944, Bayeux fut libérée. Les Alliés voulaient prendre Caen en l’encerclant. A trois reprises on essaya d’encercler la ville. Du 10 au 13 juin c’est la bataille de Tilly-sur-Seulles et de Villers-Bocage. Les Britanniques échouèrent face à la résistance de la division Allemande « Hitlerjugend ». La bataille de l’Odon(mon de l’opération: Epsom), qui se déroula du 25 juin au 1er juillet, devait permettre aux Anglais de franchir l’Odon et l’Orne à l’Ouest de Caen. Mais ils échouèrent. On dénombrait 4020 tués ou blessés. Le 6 juillet Carpiquet fut prise par les Canadiens. Lors de l’opération « Charnwood »(115 000 hommes, 460 bombardiers) Canadiens et Américains réussirent à libérer le 9 juillet les quartiers de la rive gauche de Caen qui étaient détruits à 80%. Le 19 juillet, lors de l’opération « Goodwood », Caen fut totalement libérée.

On dénombrait plus de 3 000 tués, 6 000 blessés et prisonniers. . Le secteur le plus meurtrier fut celui d’Omaha mais au soir du 6 juin 1944, Eisenhower pouvait être soulagé, le débarquement avait réussi.

Article résumé par Romain Mazet d’après le très bon site :

http://hsgm.free.fr/lederoulementduconflit.htm

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