L’incidence des éruptions volcaniques sur le réchauffement climatique

Les particules émises lors d’éruptions volcaniques majeures refroidissent l’atmosphère par un effet « parasol », réfléchissant les rayons du soleil. Ces particules volcaniques ont un effet direct assez bref, deux à trois ans, dans l’atmosphère.

Pourtant, elles modifient pendant plus de 20 ans la circulation océanique de l’Atlantique nord, qui relie courants de surface et courants profonds, et module le climat européen.

C’est ce que viennent de découvrir des chercheurs du CNRS, de l’IRD, du CEA et de Météo‐France1 en combinant, pour la première fois, des simulations climatiques, des mesures océanographiques récentes et des informations issues d’archives naturelles du climat:

 » L’océan Atlantique est le siège de variations de la température de surface qui s’étendent sur plusieurs décennies et qui influencent le climat de l’Europe. Cette variabilité lente est due à des modifications de la circulation océanique, qui relie les courants de surface aux courants profonds, et qui transporte la chaleur depuis les tropiques jusqu’aux mers de Norvège et du Groenland. Cependant, sa cause reste mal connue.

Afin d’en décrypter les mécanismes, les chercheurs ont tout d’abord utilisé des informations couvrant le dernier millénaire et issues d’archives naturelles du climat. Ainsi, l’étude de la composition chimique de l’eau des carottes de glace du Groenland permet d’y estimer les changements passés de température. Ces données montrent le lien étroit entre la température de surface de l’océan Atlantique et la température de l’air au-dessus du Groenland, et révèlent que la variabilité du climat dans cette région est un phénomène périodique dont certains cycles, ou oscillations, durent environ vingt ans….

En utilisant des simulations numériques de plus de vingt modèles de climat différents, les chercheurs ont également mis en évidence que des éruptions volcaniques majeures, comme celle de l’Agung, en Indonésie en 1963, ou du Pinatubo, aux Philippines, en 1991, pouvaient modifier en profondeur la circulation océanique de l’Atlantique nord. En effet, les grandes quantités de particules émises par ces éruptions vers la haute atmosphère réfléchissent une partie du rayonnement solaire par un effet similaire à celui d’un parasol, ce qui entraîne un refroidissement du climat à la surface de la Terre. Ce refroidissement, qui ne dure que deux à trois ans, provoque alors une réorganisation de la circulation océanique dans l’océan Atlantique nord. Quinze ans environ après le début de l’éruption, cette circulation s’accélère, puis ralentit au bout de vingt-cinq ans, et accélère à nouveau trente-cinq ans après le début de l’éruption volcanique. Les éruptions volcaniques semblent ainsi fonctionner, sur la circulation océanique de l’Atlantique nord, à la manière d’un « pace-maker » qui met en route une variabilité sur 20 ans.

Les scientifiques ont confirmé ces résultats en les comparant avec des observations de la salinité océanique, facteur déterminant pour la plongée des eaux et donc de la circulation océanique. Ils ont décelé, dans les simulations numériques et dans ces observations océanographiques modernes, des variations similaires au début des années 1970 et 1990 liées à l’éruption du volcan Agung. Grâce à des observations issues de carotte de glace groenlandaise, à des observations effectuées sur des coquillages bivalves, âgés de plus de cinq cent ans et vivant au nord de l’Islande, et à une simulation du climat du dernier millénaire, les chercheurs ont systématiquement identifié une accélération de la circulation océanique quinze ans après cinq éruptions volcaniques ayant eu lieu il y a plusieurs centaines d’années.

Enfin, les chercheurs ont mis en évidence les interférences produites par les trois dernières éruptions volcaniques majeures, Agung en 1963, El Chichon, au Mexique en 1982 et Pinatubo en 1991, expliquant pour la première fois la variabilité récente des courants de l’océan Atlantique nord. Ils concluent qu’une éruption majeure dans un futur proche pourrait avoir une incidence pendant plusieurs décennies sur les courants de l’océan Atlantique nord et donc sur la capacité de prévoir la variabilité du climat européen. Ils souhaitent désormais consolider ces résultats en multipliant les sources de données, notamment en paléoclimatologie.

Notes :

1Du laboratoire Environnements et paléo environnements océaniques et continentaux (CNRS/Université de Bordeaux), du Centre national de recherches météorologiques – groupe d’étude de l’atmosphère météorologique (CNRS/Météo France), du Laboratoire d’océanographie et du climat : expérimentations et approches numériques (CNRS/UPMC/MNHN/IRD) et du Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (CNRS/CEA/UVSQ) appartenant tous deux à l’Institut Pierre Simon Laplace.
2Ce projet a été financé par l’Agence Nationale de la Recherche via le projet « Groenland vert » du programme Changements Environnementaux Planétaires et Société (2011-2015).

Références :

Bidecadal North Atlantic ocean circulation variability controlled by timing of volcanic eruptions. Didier Swingedouw,Pablo Ortega,Juliette Mignot,Eric Guilyardi,Valérie Masson‐Delmotte,Paul G.Butler, Myriam Khodri and Roland Séférian.Nature Communications, le 30 mars 2015. DOI: 10.1038/ncomms7545. »

Source CNRS

Antarctique ouest:fonte inéluctable des glaciers

Une nouvelle étude menée par des chercheurs de la NASA et de l’Université de Californie met en évidence une fonte rapide  et inéluctable de la calotte glaciaire de l’Antarctique Ouest.

 L’étude présente de multiples sources de données, en intégrant 40 ans d’observations:  selon le glaciologue Eric Rignot ( NASA), les glaciers du secteur Amundsen (mer de l’Antarctique occidental) « ont franchi le point de non-retour ». antarctica_amundsen_sea_sector-1source NASA antarctica_screen_grab1_2source NASA

La fonte des six plus grands glaciers de cette région, Pine Island, Thwaites, Haynes, Smith, Pope et Kohler, contribue déjà de façon importante à la montée des océans.

Pourquoi la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental est-elle considérée comme « instable »?

La majorité de la couche de glace de l’Antarctique occidental est « ancrée » sur un lit qui se trouve en dessous du niveau de la mer.

 Le contact du glacier avec la terre est appelée ligne d’ancrage.

Presque toute la fonte des glaciers se produit sur leur face inférieure au-delà de la ligne d’ancrage, sur la section flottant sur l’eau de mer.

Les courants océaniques peuvent alimenter en eau chaude la ligne d’ancrage du glacier: c’est la première étape dans une réaction en chaîne potentielle.

La chaleur de l’océan ronge la glace, la ligne d’ancrage du glacier recule vers intérieur et la calotte glaciaire perd de la  masse. Elle perd donc sa capacité à retenir les glaciers et leur marche vers la mer s’accélère (en même temps ils s’amincissent).

Pourquoi la région de la mer d’Amundsen est-elle plus à risque que d’autres parties de l’ouest de l’Antarctique?

 Non seulement la majorité de la couche de glace est « fondée » sur un lit qui se trouve en dessous du niveau de la mer, mais en plus:

  • les glaciers ici n’ont pas de très grands plateaux de glace pour endiguer le flux de glace.
  • ils ne sont pas « coincés » par des obstacles dans leurs lits, sauf dans quelques petits endroits .
  • la région est vulnérable à un courant océanique régional (proximité du courant circumpolaire profond). C’est ce courant qui fournit l’eau chaude à la base des glaciers.

La décharge de glace de cette région a augmenté dans son ensemble de 77 % depuis 1973

Qu’en serait il pour l’élévation du niveau de la mer?

La région  d’ ‘Amundsen contient assez de glace pour élever le niveau des mers de 1,2 mètres. C’est  seulement une fraction de l’ensemble de la  l’Antarctique occidental. S’il  fond complètement,  le niveau global de la mer  augmenterait d’environ 5 mètres.

Sources de l’article, NASA: nasa-uci-study ,news/antarctic-ice-sheet

Pour en savoir plus:

Autres articles:

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Le réchauffement du climat modifie la biodiversité

La biodiversité est en danger ! La  réalité du  réchauffement climatique doit modifier notre façon d’envisager le Monde et constitue donc un enjeu pédagogique majeur .

Le changement climatique et la biodiversité sont des thèmes pluridisciplinaires, ils figurent dans les programmes d’enseignement du primaire,du collège et du lycée. Aujourd’hui notre Planète entre dans une nouvelle ère, elle se réchauffe.  L’Homme par ses activités est responsable de ce changement de climat

Climat et biodiversité sont étroitement liés: au fur et à mesure que le climat change, la biodiversité est érodée.

 La biodiversité? Image de prévisualisation YouTube La biodiversité ne représente pas la quantité des êtres vivants sur Terre. Elle correspond :

  • à la  diversité entre les individus d’une même espèce (variabilité génétique) .
  • à la diversité des espèces.
  • à la variété des écosystèmes.

R. Barbault parle de « tissu vivant de la planète » .

Le réchauffement climatique ?

La Terre n’a  jamais connu des changements  climatiques aussi rapides…

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source developpement-durable.gouv.fr/

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NASA / Réchauffement des températures de 1950 à 2013 : le rouge le plus sombre indique un réchauffement de  +2°C, le bleu le plus foncé un refroidissement de  -2°c

Le réchauffement climatique est un fait avéré : les températures moyennes de l’air et de l’océan augmentent, la fonte de la neige et de la glace est généralisée, le  niveau moyen de la mer augmente…plus de détails ici

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L’accumulation dans l’atmosphère des gaz à effet de serre perturbe le climat de la Terre:

L’effet de serre ?
l’animation du CEA

C’est un phénomène naturel très important pour la survie de la planète.

Il permet d’avoir une température moyenne sur Terre de 15° C ; s’il n’existait pas, elle serait de -19°C.

Les gaz à effet de serre sont naturellement peu abondants dans l’atmosphère.

Cependant depuis le début de l’ère industrielle, l’homme a rejeté dans l’atmosphère des gaz (gaz carbonique, méthane, oxydes d’azote, etc.) qui augmentent artificiellement l’effet de serre.

ex:la concentration de CO2 a augmenté de 30% depuis une centaine d’années.

De nombreux outils pédagogiques sur le réchauffement climatique sont disponibles: sur le site du  Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie,sur le site du WWF, les climats anciens, climats futurs sur CNDP/CRDP DIjon, La mallette Biodiversite

Biodiversité, rôle de l’homme et réchauffement du climat:

  • Dans le passé, des disparitions d’espèces se sont produites ..

Prés de 99% des espèces ayant vécu sur notre planète sont aujourd’hui éteintes. L’évolution de la vie ne s’est pas faite de façon régulière au cours des temps géologiques.

Il existe des périodes où les espèces se sont diversifiées de façon très importante, d’autres, au contraire, où leur nombre restait stable, d’autres, enfin, où nombreuses d’entre elles ont disparu de façon massive

Les crises biologiques sont des périodes d’extinction massive de la biodiversité des espèces; cinq crises majeures ont déjà eu lieu:

-Fin Ordovicien (-440 Ma, 57% d’extinction des genres dans la faune marine)

-Fin Dévonien (-365 Ma, 50% d’extinction)

-Fin Permien (-245 Ma, 83% d’extinction)

-Fin Trias (-205 Ma, 48% d’extinction)

-Fin Crétacé (-65 Ma, 50% d’extinction) biodiversité  La sixième grande crise de biodiversité est liée aux activités humaines.

C’est un terme proposé par Paul Crutzen ( prix Nobel, chimiste et météorologue): Il désignerait une nouvelle époque géologique, qui aurait débuté à la fin du XVIIIe siècle avec la révolution industrielle, période à partir de laquelle l’influence de l’espèce humaine  sur le devenir de la terre serait devenue prédominante. L’impact des activités humaines l’emporterait donc sur l’ensemble des facteurs naturels et viendrait modifier le climat et la biosphère.

Depuis 1988, plusieurs milliers de chercheurs internationaux se sont réunis sous l’égide de l’ONU pour constituer le GIEC  afin de travailler sur ce bouleversement global (planétaire) et rapide.

Résumé provisoire  en français à l’attention des décideursdu volume 1 du 5e rapport d’évaluation du GIEC (Groupe Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat).

Résumé à l’attention des décideurs du volume 1 du 5e rapport d’évaluation du GIEC au format PDF ( liens actifs):ONERC_SPM_V3c PDF
Quelques exemples de modification  de la biodiversité liés au réchauffement du climat :
  •   les conséquences du réchauffement climatique en Arctique : Image de prévisualisation YouTube

Les Lemmings et autres petits herbivores arctiques : la population des  Lemmings et autres petits herbivores arctiques fluctue.

Elle est davantage limitée par une augmentation de leurs prédateurs (Ils sont mangés par l’hermine, le  renard arctique) ; l’abondance de nourriture est moins influente sur leur nombre .

À l’exception de l’extrême nord de l’Arctique, la prédation est donc un facteur plus limitant que la quantité de nourriture disponible.

Pour chaque hausse de 1 degré Celsius, l’intensité de la prédation sur les espèces situées au bas de la chaîne alimentaire augmente de 4,5% 

« Cet effet pourrait être accentué par la montée vers le nord de nouveaux prédateurs, notamment le renard roux et certaines espèces de belettes et d’hermines », signale le professeur Gauthier  »

 Le Renard arctique
Suite réchauffement climatique,il sera en concurrence alimentaire avec d’autres   nouveaux prédateurs venus du Sud.

 » Une espèce comme le renard arctique sera progressivement refoulée vers le nord, mais éventuellement elle va atteindre les limites de la terre ferme et elle n’aura nulle part où aller. Curieusement, le réchauffement climatique va augmenter la diversité biologique de l’Arctique, mais il va appauvrir celle de la planète. »

En Arctique, les chaines alimentaires sont donc modifiées par le réchauffement climatique:voir les fiches du CNES exploitables en classe: réseaux alimentaires en Arctique

Bonne nouvelle en Arctique: le phytoplancton y est très abondant , beaucoup plus que dans n’importe quel océan sur Terre où il est en déclin…..

– plus d’énergie lumineuse est absorbée par la glace… les étangs d’eau de fonte sont donc plus nombreux.   . Etangs  de fonte de la banquise en Arctique , Photo: Stefan Hendricks,Alfred Wegener Institute

– plus de lumière traverse  la banquise pour atteindre l’océan en dessous : Le phytoplancton y est très abondant , beaucoup plus que  dans n’importe quel océan sur Terre…..

Cette lumière supplémentaire sera elle bénéfique à tous les  organismes marins ? Comment vont-ils réagir à ces nouvelles  conditions de vie sous la banquise  ?

De nombreux biologistes s’ intéressent à ces problèmes de biodiversité liés à la fonte de la banquise… A voir ici

Le manchot Adélie, gagnant du réchauffement climatique

 Le changement climatique modifie les habitats des animaux vivant aux pôles: Il y a des gagnants comme les manchots Adélie et des perdants comme les ours polaires .   la surface de l’habitat du manchot Adélie augmente, les colonies sont plus nombreuses  En gris la surface de l’habitat, en noir les  couples reproducteurs : source plosone.org

Plus précisément, le recul du glacier situé au nord de la colonie des manchots Adélie et la fonte des plaques de  neige  ont  modifié  la surface de l’ habitat ( voir ci-dessus) de nidification disponible des  manchots Adélie (région sud de la mer de Ross, sur  l’île Beaufort).

Il a augmenté de 71% depuis 1958, avec une hausse de 20% au cours de 1983 à 2010; les colonies occupent ce qui était autrefois un habitat inapproprié couvert de neige et de glace… à voir ici en détail Avec l’aimable autorisation de Photos-voyages.com
Manchot Adélie nourrissant son bébé après avoir régurgité le produit de sa pêche. La tête du nouveau-né affamé disparaît dans la gueule du parent.

Certains oiseaux ont avancé leur date de ponte, d’autres non Les oiseaux de l’arctique ont besoin d’un sol dépourvu de neige pour pondre.

Les variations observées entre les espèces d’oiseaux  s’expliquent  essentiellement par les  différences de régime alimentaire et à la disponibilité de la nourriture pour les jeunes.

Par exemple, les bécasseaux semi-palmés ont  avancé leurs dates de ponte. bécasseau biodiversité

Bécasseau semi-palmé

Crédit photo:Mdf Source :Wikimedia commons Certains droits réservés : Licence GNU Free

 

 

Ces oiseaux de l’Arctique  pourront-ils  continuer à s’adapter si chaque année la fonte des neiges intervient  plus tôt ? …

  • Changements climatiques et biodiversité: les régions antarctiques et subantarctiques.

Consulter le document PDF de Yves Frénot, directeur de recherches au CNRS, directeur adjoint de l’ IPEV :UPL4863294132477689814_Yves_Frenot

  •  L’acidification des océans est un problème majeur, liée au réchauffement climatique, elle menace la  biodiversité des océans ….

L’océan est un milieu très stable depuis au moins 100 millions d’années…  Mais

l’ Homme, par ses activités vient changer cet équilibre :

– Depuis le début de la révolution industrielle, 1/3 du CO2 a été absorbé par les océans, qui contribuent ainsi à modérer le réchauffement  général du climat .

– en 100 ans l’océan est devenu 30% plus acide, il sera  50% plus acide à la fin de ce siècle …

Le projet européen EPOCA a été lancé en 2008 : il étudie les conséquences biologiques, écologiques, biogéochimiques et sociétales de l’acidification des océan… voir l’article sur l’acidification des océans .

– La mort programmée  des coraux coraux Assemblage de coraux sur la Grande barrière de corail (Australie).@Toby Hudson

Les coraux sont très fragiles  …

L’ acidification des océans provoque une diminution de la croissance des organismes à squelette calcaire (coraux, mollusques, algues…). – Une augmentation de la température de l’eau de mer provoque le blanchiment des coraux et leur mort dans 15 à 60% des cas …. voir l’article ici

Si rien n’est fait,en 2050, il ne restera plus beaucoup de récifs coralliens.

  • Les changements climatiques et les changements d’occupation des terres peuvent accentuer l’extension des espèces invasives:

Notre monde marin est en danger : la surexploitation des ressources marines, la destruction des habitats, la pollution et les changements climatiques provoquent tous une perte de la biodiversité. La menace la plus insidieuse est celle représentée par les espèces invasives marines… voir ici  

– les diatomées:

Les diatomées (encore appelées bacillariophycées ou diatomophycées) sont des organismes microscopiques de nature végétale, vivant dans l’eau, soit en suspension (plancton), soit sur le fond, libres ou fixés à des supports divers. Ce sont des algues jaunes et brunes unicellulaires dont la taille varie entre deux micromètres (micron, soit un millième de millimètre) et un millimètre. » – Extrait du « Guide des diatomées » de Maurice Loir, Editions Delachaux et Niestlé, 2004, 240 pages.

Une étude de Coste_Ector_(2007_invazive-exotic-diatoms) a ainsi montré que depuis 20 à 30 ans il y a eu apparition et/ou prolifération dans les cours d’eau français de plusieurs espèces de diatomées,  d’origines tropicales ou subtropicales …  distribution actuelle (en 1999-2000) en France de différentes espèces de diatomées thermophiles d’origines tropicales. Coste et Ector 2000, Syst. Geogr.

Le réchauffement climatique va provoquer un bouleversement important dans la distribution spatiale des espèces invasives d’ici à 2100 !

Les espèces invasives sont un danger pour la biodiversité NB: Une « espèce invasive » est un organisme étranger  à un écosystème, et dont l’introduction est susceptible d’y causer des dommages environnementaux .

Une fois établie, cette espèce constitue une menace pour la biodiversité marine ; il est extrêmement difficile de contrôler sa propagation .  

Ces espèces modifient considérablement  les écosystèmes existants, et amènent des espèces indigènes ( naturellement natives du lieu ) au bord de l’extinction … à voir ici

– Modification des aires de répartition des espèces :

Près de 30000 oies cendrées ont  hiverné en France en 2011 contre 10 en 1968 .

Les espèces doivent s’adapter aux changements climatiques ou migrer en colonisant de nouveaux territoires ….

Toutes les espèces n’en sont pas capables. il y aura donc des disparitions inéluctables .

– La biodiversité des îles françaises est menacée par la hausse du niveau de la mer

CSIRO_GMSL_figure

A l’horizon 2100, le niveau de la mer devrait augmenter de 1 à 3 mètres . Ceci aura un très fort impact sur les îles, leur faune, leur flore et leurs populations.

voir le communiqué du CNRS :Biodiversité CNRS 10 SEPTEMBRE 2013

Conséquences de la modification dans le temps des saisons:

Image de prévisualisation YouTube

La flore et de la faune sont sensibles aux  variations de température et à la  la durée du jour. Leur cycle biologique dépend pour une grande part de ces deux facteurs qui varient périodiquement au cours des saisons.

L’arrivée précoce d’un printemps chaud modifie la date de floraison des plantes ou la date d’éclosion des insectes.

Les cycles de vie d’autres espèces sont aussi modifiés. Certaines s’adaptent au décalage de l’abondance de leurs ressources nutritives et d’autres non.

Les démarches pédagogiques associées à l’ODS ?

L’ODS propose des outils d’animation et de sensibilisation variés, et d’accompagner les animateurs et/ou enseignants lors de la construction de leur propre projet pédagogique :à voir ici

– De nombreuses espèces d’oiseaux ont été en mesure de faire avancer leur date de ponte pour correspondre à un changement de l’abondance de leur nourriture( le Bécasseau  semi- palmé de l’Arctique)

Les chevreuils en forêt sont inadaptés au changement climatique: la  mortalité des faons est accrue:

la période de mise-bas n’a pas changé entre 1985 et 2011, malgré l’avancée continue du printemps depuis 27 ans.

Incapables de régler la période des naissances sur le pic printanier des ressources végétales dont ils dépendent, les chevreuils subissent une mortalité juvénile accrue, diminuant ainsi la croissance de leur population…. voir la suite ici

Cette liste n’est pas exhaustive…Nombreux sont les autres exemples…

Et l’Homme ?

L’Homme s’est toujours adapté à  presque tous les écosystèmes, ses chances de survie sont réelles. Les sociétés humaines devront faire face à de nombreux aléas : guerres, crises énergétiques, sociales et  politiques, tempêtes , montée du niveau de la mer et déplacements obligatoires  des populations…  Le sort des autres espèces de la Planète dépend pour l’essentiel de lui et de ses activités.

La biodiversité est donc un enjeu vital pour la Planète

Des politiques internationales sont déjà en place, mais l’avenir pour la biodiversité reste  encore incertain 

« Dans la dernière édition de la Liste rouge mondiale (version 2013.2), sur les 71576 espèces étudiées, 21286 sont classées menacées.

Parmi ces espèces, 41% des amphibiens, 13% des oiseaux et 25% des mammifères sont menacés d’extinction au niveau mondial. C’est également le cas pour 31% des requins et raies, 33% des coraux constructeurs de récifs et 34% des conifères. »source UICN

Le 31 Mars 2014, le  GIEC a conclu à Yokohama ( Japon) une réunion de six jours sur l’état climatique de la Terre  et surtout sur ses conséquences inquiétantes:  Le deuxième volet du rapport 2013 – 2014 du GIEC détaille les graves conséquences du réchauffement climatique ( + 4 ° à l’horizon 2100)

http://www.dailymotion.com/video/x1kxine

  Le deuxième volet de ce  rapport intitulé «Changement climatique 2014: impacts, adaptation et vulnérabilité» est consultable ici.

«Nous sommes aujourd’hui sur une trajectoire à + 4-5 degrés d’ici la fin du siècle: c’est ce qui se passera si on dit “tant qu’il y a du fossile, on l’utilise”», alerte Jean Jouzel, climatologue et vice-président du Giec. «Dans ce scénario, le niveau de la mer pourrait s’élever de près d’un mètre d’ici 2100», prévient-t-il en soulignant que cela ne sera pas uniforme au niveau du globe, tout comme la hausse de la température qui sera plus forte sur les continents que dans les océans.

Lors de la Conférence des Nations unies de 2015 à Paris, un accord mondial  doit obligatoirement être conclu pour contenir le réchauffement à 2 degrés à l’horizon 2100. Au delà de cette valeur, les scientifiques prévoient des conséquences dramatiques … Il est grand temps d’agir. 

Plus le temps passe, plus les possibilités d’intervention sont restreintes…

Les enseignants ne peuvent que s’associer à cette démarche en relayant la problématique et en faisant participer leurs élèves à des actions locales. C’est une belle façon de changer leur regard sur le Monde qui les entoure …

 

flammeklode[1]

Plus que jamais, l’Homme tient entre ses mains l’avenir de sa Planète.

Réchauffement global de la Terre:2013 confirme la tendance

Tendance au réchauffement global de la Planète: des scientifiques de la NASA montrent que  2013 est la  septième année la plus chaude depuis 1880, mettant en évidence une tendance à long terme de la hausse des températures mondiales.

« 2013 confirme un changement climatique en cours. »Dr Gavin Schmidt, NASA Goddard Institute for Space Studies

global average temperature

La température moyenne du globe a augmenté d’environ  0,8 ° C depuis 1880 .

Image de prévisualisation YouTube

NB: les tons rouges et jaunes indiquent des températures supérieures à la moyenne.( la partie continentale des États-Unis ont connu la 42e année la plus chaude jamais enregistrée;en Australie, 2013 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée)

Les causes de ce réchauffement global de la terre

Ces scientifiques soulignent que les conditions météorologiques peuvent toujours causer des fluctuations de la température moyenne d’une année à la suivante.

Mais ce sont les augmentations continues des niveaux de gaz à effet de serre dans l’atmosphère terrestre qui entraînent une hausse à long terme des températures mondiales, donc du réchauffement global: chaque année consécutive ne sera pas nécessairement plus chaude que l’année précédente, mais avec le niveau actuel des émissions de gaz à effet de serre, les scientifiques s’attendent de chaque décennie  suivante soit plus chaude que la précédente.

Les gaz à effet de serre à l’origine du réchauffement à long terme

Le dioxyde de carbone est un gaz à effet de serre qui emprisonne la chaleur et joue un rôle majeur dans le contrôle des changements du climat de la Terre. Il est produit naturellement et mais il est également émis par la combustion de combustibles fossiles pour l’énergie.

Les émissions d’origine humaine augmentent donc le niveau de dioxyde de carbone dans l’atmosphère de la Terre: il est actuellement plus élevé qu’à n’importe quel moment dans les 800.000 dernières années.

Le niveau de dioxyde de carbone dans l’atmosphère était d’environ 285 ppm en 1880, la première année de l’enregistrement de la température du GISS ( NASA Goddard Institute for Space Studies) .

En 1960, la concentration de dioxyde de carbone dans l’atmosphère, mesurée à la National Oceanic and (NOAA) Mauna Loa Observatory Atmospheric Administration à Hawaï, était d’environ 315 ppm. Cette mesure a atteint un sommet l’an dernier à plus de 400 ppm.

L’analyse de la température globale  au GISS est compilée à partir des données météorologiques de plus de 1000 stations météorologiques à travers le monde, des observations satellitaires de la température de surface, et des mesures de la station de recherche en Antarctique…

NB: trois analyses de la température globale du Globe(GISS ,  Met Office Hadley Centre au Royaume-Uni et   National Climatic Data Center de la NOAA à Asheville) ont été réalisées, elles utilisent des méthodes légèrement différentes, mais dans l’ensemble, leurs tendances montrent   leur accord sur ce réchauffement climatique .

  • Le GIEC confirme le réchauffement climatique

“Le réchauffement climatique ne fait aucun doute et est désormais attesté par l’augmentation observée des températures moyennes de l’air et de l’océan, la fonte généralisée de la neige et de la glace et l’augmentation du niveau moyen de la mer” (GIEC, rapport 4).

 

climat

Evolution du climat : volume 1 du 5e rapport du GIEC:

Consacré aux « éléments physiques du climat , ce volume 1 évalue les aspects scientifiques du système climatique et de l’évolution du climat. Sa rédaction a impliqué des scientifiques auteurs du monde entier, parmi lesquels 17 français, principalement du CNRS, du CEA, de Météo-France, du CNES et de différentes universités (notamment l’UPMC, l’UVSQ, l’UJF et l’UPS)

  • Voir le résumé provisoire en français à l’attention des décideurs duvolume 1 du 5e rapport d’évaluation du GIEC ici: ONERC_SPM_V3c PDF
  • Document ci dessous sans liens actifs:

Résumé à l’attention des décideurs du volume 1 du 5e rapport d’évaluation du GIEC

L’activité humaine pourrait doubler la fréquence d’El Niño

 Une étude internationale (IRD/CNRS/UPMC/MNHN ) vient de montrer que l’un des effets du réchauffement global pourrait être un doublement de la fréquence des événements El Niño.

 1/ El Niño?

El Niño cause des dérèglements climatiques (ouragans, inondations) et les conséquences sur les ressources peuvent être très importantes.

  El Niño se produit de manière cyclique dans le Pacifique: une diminution anormale des alizés dans l’océan Pacifique se traduit par une diminution voire une inversion des courants tropicaux, qui modifie en retour le climat : ce sont les fameux évènements ENSO (de l’espagnol El Nino et de l’anglais Southern Oscillation).

  • EL NINO est le surnom  donné par les pêcheurs péruviens au réchauffement catastrophique de leurs eaux côtières, qui survient tous les trois à sept ans environ et qui culmine en Décembre, vers Noël.
  • E.N.S.O est l’acronyme d’El Niño Southern Oscillation, nom donné par les climatologues et océanographes au XXème siècle aux variations inter annuelles de la circulation océanique et atmosphérique observées à l’échelle de l’ensemble du Bassin Pacifique équatorial et tropical.

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Pour en savoir davantage sur El Niño

2/ Des précisions sur cette étude : communiqué de presse | Marseille | 21 janvier 2014:
« Une étude internationale, à laquelle ont participé des chercheurs du Laboratoire d’océanographie et du climat : expérimentations et approches numériques (IRD/CNRS/UPMC/MNHN), évalue pour la première fois l’impact des activités humaines sur l’occurrence des événements climatiques extrêmes dans l’océan Pacifique. Elle montre ainsi que l’un des effets du réchauffement global pourrait être un doublement de la fréquence des événements El Niño extrêmes au cours du XXIe siècle. Ces résultats sont publiés dans la revue Nature Climate Change le 19 janvier 2014.

Le littoral du nord du PérouFentes de dessiccation dans un fond de lagune au Pérou après les inondations de 1983 dues à un épisode El Niño extrême. Ces épisodes pourraient être plus fréquents à l’avenir, avec environ un par décennie. © L. Emperaire, IRD

Des perturbations climatiques extrêmes difficiles à prévoir…
Caractérisés par un réchauffement anormal dans le Pacifique Est, les événements El Niño constituent des fluctuations climatiques majeures du climat global. A la différence des épisodes classiques, les El Niño extrêmes se caractérisent par un déplacement des eaux chaudes et des précipitations qui leur sont associées du Pacifique Ouest jusqu’au Pacifique Est, région habituellement froide et sèche. Ce fut en particulier le cas de l’événement El Niño de 1997-1998, surnommé « événement climatique du siècle », et de celui de 1982-1983…. » voir le communiqué en entier ici cp_el_nino_extremes_nature_climate_change