les moteurs de recherche

Lundi 5 mai 2008

Dominique Maniez enseignant à l’Ecole nationale supérieure des sciences de l’information et des bibliothèques de Villeurbanne publie “Les dix plaies d’Internet : les dangers d’un outil fabuleux” ( Dunod) où il dénonce par exemple “la face sombre de Google”.

Il est utile et lucide d’être prudent : les procédés qui permettent de placer certains sites en avant lors d’une recherche relèvent souvent de techniques savamment calculées et la pertinence de l’information ne tient pas toujours à sa place dans les “dix premiers”.

Nonobstant, nous avons avec la logique des moteurs de recherche, une autre façon “de penser”fondée non sur la classification cartésienne, mais sur l’indexation, la quantité de liens qui existe entre une page et d’autres, la fréquentation de cette page par les visiteurs qui en accroit la notoriété.

Plus nous cliquons sur une page, plus nous la rendons visible aux autres.

Sur Internet, chaque “geste” compte (écrire, une page, cliquer sur, commenter) et interagit avec les autres. C’est aussi cela qui fait du net ce que Joel de Rosnay décrit dans son ouvrage “La révolte du Pronetariat” comme une sorte d’hyper cerveau toujours en extension / interaction.

Cela pourrait sembler anodin, mais nous avons une nouvelle façon de penser le Monde où peuvent se retrouver ceux qui avaient en leur temps lu ce qui portait sur l’analyse systémique ou les visions d’Edgar Morin.

Cette prospective là, à peine explorée aujourd’hui, n’en est qu’à ses balbutiements. L’école n’y restera pas étrangère pourvu que les maîtres interrogent un peu plus la portée de l’hyperlien, de l’hypertexte, de la proximité sémantique, des différentes façons de questionner le Monde pour trouver au plus juste, en sachant ensuite construire une exigeante vision critique.

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hommage

Samedi 3 mai 2008

“Vu à la télévision” comme ils disent : un morceau de reportage. Un centre fermé pour adolescentes en rupture ayant commis quelques bêtises. Filles de la violence. Ruptures. Chemins difficiles. Destins pour lesquels on serait tenté d’abandonner. Mais là bas… une enseignante qui enseigne avec patience et conforte l’estime de soi, dit à l’élève incrédule les qualités qu’elle lui reconnait malgré les doutes de celle-ci. Educabilité en action. Plus loin, une éducatrice qui sait écouter la douleur d’une gamine en manque de chez elle. Il faut tenir jusqu’au 14 juillet. Promesse de la conduire là bas ce jour là . Volonté de changement. Courage du projet. Engagement de ces femmes. Juste l’envie de les remercier et leur tirer mon chapeau !

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redoublement

Lundi 28 avril 2008

Au courrier du site prepaclasse.net il n’est pas un jour en ce moment sans recevoir des courriers de parents d’élèves qui s’inquiètent de propositions de redoublement qui leur sont faites.

Le plus souvent, dixit ces familles, l’information est donnée oralement, sans préavis ou véritable préparation.

C’est l’enseignant seul qui donne l’information, parfois presque par hasard, un soir à la sortie de l’école…

C’est très rarement que l’enseignant semble s’appuyer sur les résultats de l’élève en évoquant des compétences précises des programmes ou en présentant les travaux écrits. On évoque les résultats en général ou parfois la maturité ou le comportement.
“Il sait lire, il est bon en numération” dit la maitresse,”mais elle veut le faire redoubler”. Et la maman comprend mal les manques de son enfant.

Souvent encore, la règlementation n’est pas respectée : pas de proposition écrite, pas de notification avec respect du délai légal de quinze jours à chaque étape, pas d’information sur les possibilités légales de recours.
Si certaines familles connaissent les possibilités de recours, d’autres sont sous informées et les courriers témoignent d’une réelle inquiétude, d’un sentiment d’échec qui ne se porte pas sur le seul enfant mais touche visiblement aussi ses parents.
Certains courriers montrent que les familles sont très affectées, que des enfants connaissent des sentiments d’angoisse qui peuvent induire du refus scolaire ou des réactions psychosomatiques.

Très peu de familles parmi celles qui nous écrivent se voient proposer un PPRE soit en amont du redoublement ce qui serait logique, soit en aval ce qui est obligatoire.

Bien entendu, nous n’avons à connaître par ces courriers que du point de vue des familles et parmi elles, celles qui ont rencontré des difficultés.
Il va sans dire que très certainement, dans la majorité des cas, les familles sont préparées, accompagnées et le redoublement est engagé avec l’aide active du directeur dont c’est le rôle et sur la décision collective du conseil de maîtres.

Les courriers reçus viennent en général de familles souvent peu favorisées et qui disposent de peu d’éléments pour comprendre le fonctionnement du système et quelle est la nature des difficultés de leur enfant.

Rôle du directeur, rôle du conseil des maîtres, respect de la règlementation mais au delà problème fort de communication.
Le redoublement est rarement proposé comme un projet , il apparait encore comme une sanction.

Il devrait pourtant rester l’exception et ne saurait se concevoir sans un long travail de recherche de l’adhésion de la famille et de l’enfant, sans l’élaboration d’un projet construit.

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Alain disait : “on devrait bien enseigner aux enfants l’art d’être heureux quand les circonstances sont passables et que toute l’amertume de la vie se réduit à de petits ennuis et à de petits malaises.”
Dans cet art, pourrait-il y avoir des exercices d’admiration de la nature et et des arts ?
Dans cet art, pourrait-il y avoir ce goût pour le savoureux savoir, ces secrets levés ?
Dans cet art, pourrait-il y avoir la complicité qui nait d’un patrimoine partagé ?
Et des mots par dessus tout pour jouer.
La partition n’est pas sans exigence : cet art se cultive comme un jardin.
Mais l’école ne doit pas s’interdire de donner ces vrais bonheurs…
Loin des succédanés des fast-food télévisuels…

ps : Alain dit “passable”. Lorsque la vie est exécrable comme elle peut l’être pour certains, peut-être faut-il d’autres stratégies, mais peut-être l’école se doit alors d’être “sanctuaire”…

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enseigner encore

Dimanche 27 avril 2008

Au fond, je ne crois pas avoir jamais enseigné parce que j’aurais aimé la compagnie des enfants. Non, ce que j’ai aimé c’est l’élève. C’est à dire l’intelligence cachée sous cette enfance. La potentialité. C’est cela qui est épatant.

enseigner

Samedi 26 avril 2008

Dans l’acte d’enseigner, il n’y a pas seulement cette responsabilité de la transmission, il y a ce bonheur de réapprendre à chaque fois, cette passion et même cet émerveillement à voir l’intelligence de l’enfant qui s’allume.

Il faut parfois frotter longtemps les deux silex pour que l’étincelle surgisse. Essayer encore, rassurer, encourager, admirer.
Au fond je crois que c’est là le vrai bonheur, lorsque le maître peut admirer l’intelligence de l’élève et qu’il accepte de le voir s’envoler plus haut.
Combien de maîtres acceptent-ils vraiment d’être dépassés par leurs élèves ? Combien le souhaitent ?

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mémoriser

Vendredi 25 avril 2008

La mémorisation est peut-être la musculation du cerveau. Elle donne aussi la possibilité de mettre en réserve ces ressources dans lesquelles il y aura bonheur à puiser… non pas pour briller en société mais lorsqu’il faudra pouvoir faire écho et relier les éléments face à de nouvelles découvertes…

Avec le “ça me rappelle …” “c’est comme…”la mémoire aide à différencier et relier, à interpréter… “je me souviens que.. ça ne peut pas être…”.

Enigme d’un cerveau probablement sous exploité, le travail de la mémoire n’est pas forcément la répétition dépourvue de sens. Pour bien mémoriser à l’école il faut élucider, accompagner de métaphores visuelles, auditives ou mentales, mettre en scène la pensée… Hiérarchiser, associer, classer… le travail de la mémoire  doit être un travail intelligent.

Reconnaître, se rappeler, pouvoir laisser aussi “le pilotage automatique” faire à sa place…

Pour cela, l’école doit oser structurer, entraîner… en séquences brèves et collectives ou face à l’ordinateur, en utilisant des référents et des repères très balisés… en laissant les élèves dire comment ils mémorisent…

La perméabilité de la mémoire enfantine, ou plutôt son élasticité devrait très tôt se trouvée valorisée. Il suffit de voir à l’école maternelle la vitesse à laquelle les comptines sont engrangées…

Les adultes à leur tour pour mieux comprendre, pourraient se confronter à la question en travaillant cette mémorisation pour eux-mêmes à l’instar de la marche à pied…

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