construire la formalisation
L’instituteur d’antan était bien connu pour son recours systématique à la norme, à une certaine formalisation qui a pu sembler formalisme : ici le titre souligné de telle façon, le recours à telle présentation du problème de mathématique, le verbe en rouge ou la correction en vert, une mise en page très précise du cahier…
Eléments rassurants et en apparence structurants, toutes ces manières de faire ont pu constituer un habitus de repères formels utiles, sauf que la forme a pu prendre le pas sur le fond et nuire à l’autonomie de l’élève.
Un professeur qui souligne autrement et désigne le verbe en rouge là où il était vert chez un autre, voilà l’élève déstabilisé : où est la vérité ?
Qui n’a pas entendu des élèves pourtant déjà “grands” demander ce qu’ils doivent faire une fois parvenus en “bas de page” ou se bloquer sur un simple problème formel, de choix de crayon ou de couleur…
Nombre de maîtres conscients des risques, abandonnèrent … pourtant ce ne sont pas les repères et une forme exigeante qui sont inutiles et dangereux, bien au contraire mais ce sont des repères qui perdent leur sens.
Une mise en page choisie ou concertée collectivement et comprise au service d’un objectif clair (rendre visible tel élément), un sujet que l’on choisira arbitrairement et collectivement de souligner en rouge “cette année” … c’est pour les élèves la chance de comprendre la nécessité d’une norme et sa provenance et que le sujet n’est pas souligné en rouge parce que ce serait une exigence immuable ou immanente.
La structuration est nécessaire et une formalisation bien pensée peut aider à la condition que la règle soit explicitée et située pour ce qu’elle est. L’élève devra même être invité ponctuellement à construire et proposer son propre modèle ou témoigner de sa capacité à transférer.
Tags : formalisation, norme, transfert
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