le bavardage
Le toujours très bon Café pédagogique nous donne ce matin une étude venant du Québec et qui a pour intérêt de nous mener vers une approche “participative” de la gestion de la classe. Prepaclasse a depuis quelques temps mis en ligne une fiche sur la question du bavardage en classe...
Nous voici avec cette injonction paradoxale aux codes bien étranges : nous voulons à la fois que nos élèves se taisent et nous voulons qu’ils parlent.
Mais comment pour un jeune enfant percevoir ce moment où il doit parler et surtout ce dont il doit parler et à qui ?
Là on lui dit de ne pas parler à ses camarades, plus tard de parler assez fort pour que tout le monde l’entende, avant de lui demander peut-être quelques minutes après de chuchoter ou de travailler dans le silence absolu…
Sans compter le risque d’exposer sa parole et d’être repris avec plus ou moins de délicatesse…
Dans les groupes d’adultes, par exemple lors de formation de maîtres, on voit combien le formateur peut dans un même mouvement s’inquiéter des murmures qui parcourent la salle (parlent-ils d’autre chose ? du sujet ? de moi ?) ou lors des temps d’échanges imposés est en attente de réactions (”la première question est la plus difficile, passons directement à la deuxième”, s’ils ne réagissent pas c’est qu’ils sont opposants, pas intéressés…).
Pour revenir à la classe, il faudra que les maîtres apprennent à ne pas faire du bavardage une affaire personnelle, une source de conflits, mais renversent à leur tour les choses et se posent la question de la communication dans la classe et des objets de cette communication.
Sans moraline, il faut traiter cette question du bavardage en classe comme un problème normal de communication et non comme une affaire de faute personnelle, puis trouver des stratégies pour se donner des objets de parole qui centrent sur les objets d’apprentissages et nous donnent non pas une parole verbeuse qui flatte le maître, mais une parole pour penser librement ensemble.
Les espaces de parole en classe, sont les premiers espaces de cette “démocratie cognitive“chère à E. Morin .

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