l'atelier pédagogique

l'enseignement à l'école primaire dans ses évolutions

Vous entrez dans la classe et vous voyez les élèves au travail, dans une qualité de silence presque palpable qui les fédère, les encourage et les engage. Une classe où chacun pense individuellement mais toute ensemble orientée vers un même projet. Le maître ne se croit plus obligé d’étayer ou de commenter, aucun élève ne penserait venir rompre le pacte du silence, tant le bonheur est grand de pouvoir se concentrer et retrouver la pleine ampleur du temps confié à la pensée.

Bien précieux et rare, il peut pourtant se gagner très tôt, dès la maternelle. C’est un fruit unique,, que seule l’école peut donner, un luxe. C’est là que l’école est sanctuaire.

Il faudrait que chaque jour le maître veille à préserver et développer dans le travail intelligent, ce moment où la classe est ensemble en silence. Cette expérience relie le plaisir à l’effort.

On conduit les enfants par la raison de l’autorité et les hommes par l’autorité de la raison : c’est au fond, la même chose, car la raison est la première autorité, et l’autorité la dernière raison.
Louis de Bonald

et hop ! déjà sept mille lecteurs ! merci de vos visites fidèles !

Je reste dubitatif lorsque l’on présente voire oppose des tâches dites de « bas niveau » à d’autres qui seraient de « haut niveau ».
Il n’est pas de mécanique pure qui n’engage pas de véritable activité intellectuelle… pourvu qu’on éclaire un peu les choses.

Ce qui serait grave, ce serait de s’en tenir aux tâches dites de bas niveau sans rien élucider, sans expliciter, sans projet, sans recherche de sens.

Le code devient du bas niveau si on ne classe pas, ne montre pas les régularités, ne questionne pas…

C’est valable avec le code en lecture, le Bled en gammes décrochées du sens, la mémorisation sans explicitation… toutes activités où l’on peut faire et même réussir sans comprendre…reste qu’on ne saura guère transférer seul et que la stabilisation sera éphémère.

Nous avons besoin de ces repères, de ces automatismes mais nous devons éviter qu’ils nous piègent.

Nous devons nous poser la question de la culture, de la connaissance, du savoir à transmettre et partager pour nous relier dans le projet citoyen… nous devrions mieux nous poser la question de l’intelligence à développer – que faisons-nous vraiment des potentialités intellectuelles de chacun ? – et de notre représentation du savoir (sociale, psychologique, cognitive).

Appelons les fées Simplexité et Systémique sur le berceau de l’apprentissage !

Tout au long de la vie disais-je.

La logique aujourd’hui de formation tout au long de la vie nous inscrit dans ce parcours à construire où le diplôme n’est plus seulement passeport et balise.
Le diplôme certifie une capacité. Mais il invite à poursuivre le chemin, à apprendre encore, à évoluer, à se perfectionner, à se coltiner l’expérience professionnelle, à s’ouvrir vers d’autres métiers qu’il nous faudra inventer.

Les acquis de l’expérience à valider sans se réduire à la voie unique de l’école et de la formation initiale.

L’innovation non pas course folle , mais au contraire, comme la capacité à intégrer en tant qu’ acteur en position de choisir son parcours dans le Monde complexe qui bouge…

Les territoires, je l’entendais aujourd’hui dans une série de conférences portant sur l’offre de formation qui implique les régions, sont déjà dans cette logique. L’Europe s’y engage. L’Etat peut-être balbutie-t-il mais se met en mouvement.

Les individus eux s’adaptent. Encore craintifs mais déjà résolus. De nouveaux repères se construisent.

L’alternance, l’apprentissage  loin du méprisable peuvent être de haute exigence et l’avenir probablement sera dans ces échanges, ces allers – retours entre des temps de métier, d’exploration, de réflexion, de formation continue ou continuée, une posture où celui qui travaille pourrait anticiper ses choix, où l’évaluation serait plutôt la capitalisation de compétences construites par chacun.

L’école primaire, ne saurait faire semblant d’ignorer ces changements.