la réussite des filles

L’actualité du 8 mars nous a rappelé que les filles réussissent mieux à l’école.

Hélas, leur choix d’orientation professionnelle et leur évolution de carrière ne sont pas en rapport avec leur excellence.

Pourquoi les filles réussissent-elles mieux et pas simplement chez nous ?
Là où l’on pourrait penser que leur maturité les rend plus à même de se conformer aux modèles, d’autres pensent que les filles sont en réalité moins conformistes que les garçons et moins dépendantes du groupe, plus en recherche d’émancipation.
Florence Robine inspectrice générale, auteure d’une communication “Pourquoi les filles sont l’avenir de la science?“nous met en garde contre les stéréotypes, y compris les fausses explications d’ordre biologique volontiers diffusées.

Une collègue conseillère pédagogique nous avait fait part d’observations marquantes où lors d’une leçon scientifique les garçons étaient surtout interrogés sur leurs connaissances scientifiques et leur réflexion et les filles… pour assurer le secrétariat ou la mise en forme. Attitude que l’enseignante développait “à l’insu de son plein gré”…
En technologie, les rares propositions faites à l’école primaire renforcent souvent les garçons dans leurs habitudes sociales.
L’image du scientifique est souvent celle d’un homme.

Yves Mariani nous rappelle par ailleurs l’ultra représentation des garçons “en rupture” dans les dispositifs de type classe relais. Ils se montrent pour certains des “empêcheurs d’école”. Pour lui la mixité est surtout la juxtaposition de deux mondes très tôt sexués.
Un véritable travail sur cette mixité serait intéressant.

Pour avoir récemment observé une structure non mixte dans l’enseignement privé, j’ai pu être étonné de voir des classes de filles calmes et engagées et des classes de garçons qui rencontraient des difficultés fortes ne serait-ce que du point de vue du vivre ensemble. Ainsi, la réponse qui viserait à séparer pour proposer un enseignement différent semblerait moins adaptée qu’une véritable mixité supposant un dialogue pensé entre les sexes et une volonté affirmée de dépasser les clivages et autres préjugés ou habitudes sociales.

On ne peut non plus s’exonérer de la question relative à la sur-représentation des femmes dans le corps enseignant : plus de 80% des enseignants des écoles sont des femmes principalement formées à l’université dans les sciences humaines ou les lettres au déficit des sciences.

Des leviers d’action existent-ils ?
Probablement dès lors que l’on osera se poser la question en conseil des maîtres ou lors des inspections. Nous verrons que la question reste occultée et que les représentations des professionnels sont probablement conditionnées et mériteraient à tout le moins un travail de réflexion.

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berlin