école et télévision
Le service public présentait hier soir une nouvelle série télévisée située dans le monde de l’école. Rien de très original au demeurant dans un feuilleton assez convenu, à la trame narrative et aux caractères sans surprise.
Toutefois, il est toujours intéressant d’observer dans une telle représentation, quelle image de l’école transparaît : elle n’est guère flatteuse.
Les problèmes de l’autorité y sont au centre, l’enseignement d’apparence très frontal ne s’attache guère aux élèves en difficulté. Quelques poncifs, avec une sortante d’IUFM qui parlerait de ses élèves comme des “apprenants” (légende entretenue soigneusement, sans réel fondement aujourd’hui) mais qui tente dans le désordre d’enseigner le complément d’objet second…pas au programme… et que l’on invite à oublier “tout ce qu’elle aurait appris”…
Plus étonnantes sont les erreurs prêtées à la directrice ou aux enseignants : elles touchent toutes à l’éthique. Là, sans précaution aucune, la directrice annonce avec détails aux élèves que le maître s’est suicidé… La même se rend dans une famille en errance, première erreur, sans faire de signalement… plus loin, la jeune institutrice obtiendra l’adhésion d’un de ses élèves au comportement agressif en menaçant son aîné avec un révolver… tandis que ses collègues se seront vertement engueulés devant leurs classes… Des classes qui tour à tour jettent des papiers ou travaillent dans un visible ennui…
La directrice déchargée flotte dans son école et s’appuie sur un gardien débonnaire, elle oublie visiblement d’appeler l’inspecteur même quand les problèmes sont graves, d’accompagner la collègue débutante…
Sombre image d’une école envahie par des problèmes d’adultes et une violence sociale terrible… pourtant un feuilleton ne puiserait-il pas matière à beaux scénarios en témoignant des bonheurs et des difficultés d’apprendre, en racontant le quotidien réel de maîtres en recherche et moins centrés sur leur vie privée que ne le laisse supposer la série ?


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