l'atelier pédagogique

l'enseignement à l'école primaire dans ses évolutions

Pour la première fois les programmes scolaires évoquent la nécessité de développer l’estime de soi.
Les évaluations PISA notamment, ont montré que nombre de petits français par manque de confiance en eux mêmes ne savaient pas, lorsqu’une situation complexe ou trop nouvelle leur est présentée, faire preuve d’initiative et d’une autonomie suffisante afin de mobiliser leurs connaissances en vue de résoudre le problème posé.

La confiance suppose à la fois d’oser, y compris de se tromper. Elle exige encore  de disposer d’un bagage suffisant, de ressources intérieures qui pourront être convoquées pratiquement de façon automatique, pour parer au plus pressé, à l’urgence du « problème ».
Construire de la confiance  demande de disposer de connaissances stabilisées parmi lesquelles puiser rapidement.

Un travail pertinent de la mémoire peut y contribuer.

Dans le même temps, la confiance suppose cette capacité à « se regarder faire » pour ajuster sa pensée ou son geste sans se laisser dépasser par ses craintes ou sans se laisser enfermer par ses automatismes .
Elle suppose une capacité réflexive et de l’esprit critique. C’est un « self-contrôle ».

L’erreur n’est pas due seulement au manque de connaissance, elle peut provenir d’une forme de brouillage intérieur provoqué par la confusion entre des choix à faire, une sur-interprétation de données qui déforme une réalité que de manière objective, « au calme », on saurait résoudre.
Il faut savoir quoi faire des éléments de contexte dont nous disposons. Prévoir sans prédire. Essayer sans se leurrer. Réajuster de la façon la moins coûteuse possible en acceptant l’incertain.
C’est le problème du diagnostic mais d’un diagnostic contraint par la nécessité d’une action rapide.

Dans les jeux télévisés, on observe que les connaissances mobilisées par les joueurs sont souvent faibles mais le stress externe vient déstabiliser les acquis antérieurs. Plus ceux-ci sont faibles, plus il est difficile d’y recourir. Plus les facteurs externes de déstabilisation sont forts, plus il faut savoir se montrer « résistant » sans se monter inhibé ou immobile.

La confiance s’inscrit dans une dynamique personnelle et interactive.

Elle est un crédit que l’on se donne et que l’on peut conforter au fil d’expériences réussies. S’il y a échec, c’est à dire des expériences négatives, blessantes, humiliantes ou qui font simplement perdre le sens de l’action, il est difficile de restaurer la confiance sans passer par un véritable travail de résilience.

La confiance ne se construit pas seul.

Françoise Pétry souligne comment un effet miroir existe. Accorder sa confiance à l’autre, c’est évaluer. Se comparer.
Dans l’évaluation du professeur, il y a souvent au delà de l’évaluation objective d’une production scolaire, la confiance qu’il accorde ou non dans les capacités futures de l’élève à progresser, mettre en oeuvre ses connaissances… « Tu n’as pas réussi mais tu as vu comment il fallait faire »… Ou bien, c’est l’avis qu’un conseil de professeurs donne pour un dossier d’examen exprimant ses réserves ou sa faveur.

Un professeur de ma classe de seconde, avait décrété et écrit sans jamais m’en parler auparavant que « je n’aimais pas la géographie ».
A partir de là, il était difficile qu’il m’accorde sa confiance pour que je puisse réussir dans cette matière.
Peu importe si après tout on devrait pouvoir réussir sans aimer ou si au fond j’aimais la géographie « autrement » que ce professeur. Il n’empêche que ce commentaire anodin me revient spontanément des dizaines d’années après.
Ce jugement m’est apparu injuste. J’ai dû attendre l’année suivante pour retrouver avec le professeur de la classe de première, les conditions d’une réussite possible en géographie en devenant l’un des meilleurs dans cette discipline. (Les mauvais esprits diront que sans le jugement négatif je n’aurais pas relevé le défi… mais j’avais perdu une année douloureuse et inutile).
Preuve s’il en est qu’il est fort facile au professeur de déstabiliser l’élève et de lui faire perdre confiance.
« L’une des meilleures façons d’aider quelqu’un est de lui donner une responsabilité et de lui faire savoir que vous lui faites confiance.  »    [Booker T. Washington]
Mais une confiance naïve et candide serait vite improductive.
Si l’enfant timide se bloque, un enfant par trop exubérant frappera par son impolitesse et se rendra vite insupportable. Avoir confiance en soi ne saurait être « piétiner les autres » et risquerait vite de s’enferrer dans ses propres erreurs…
Rien de pire qu’une personne imbue d’elle même.
Alors on pense à la nécessité de construire une stratégie.
Et l’on revient vers Edgar Morin  : »L’élaboration d’une stratégie comporte la vigilance permanente de l’acteur au cours de l’action, tient compte des aléas possibles, effectue la modification de la stratégie en cours d’action et éventuellement le torpillage de l’action qui aurait pris un cours nocif. La stratégie demeure navigation au gouvernail dans une mer incertaine, et elle suppose évidemment une pensée pertinente. Elle comporte un complexe de méfiance et de confiance, qui nécessite de se méfier non seulement de la confiance, mais aussi de la méfiance. La stratégie est un art. Tout grand art comporte une part d’imagination, de subtilité, d’invention, ce dont font preuve les grands stratèges de l’Histoire ».(La Méthode /L’éthique).

Autrement dit, il faudrait apprendre à développer la confiance et une « bonne méfiance »… comme un principe de précaution qui n’empêche pas de construire et d’avancer. Une action toujours régulée. La confiance, comme une démarche active et questionnante…

début de la mise à jour du site prepaclasse.net afin de le mettre en conformité avec le plan pour l’école primaire et les nouveaux programmes.