l'atelier pédagogique

l'enseignement à l'école primaire dans ses évolutions

Aussi surprenant que cela puisse paraitre – on croyait le terme familier déjà reconnu- , le mot souvent fustigé d’apprenant vient seulement  d’être validé par la commission générale de terminologie et de néologie qui reconnait et désigne donc ce terme avec toute une série d’autres… c’est au BO…

Ainsi la définition donnée est :

apprenant, -e, n. (langage professionnel)
Domaine : Éducation-Formation.
Définition : Toute personne, de l’enfant à l’adulte, engagée dans un processus d’acquisition de connaissances et de compétences.
Équivalent étranger : learner.
Cette définition à l’école nous rapproche du socle commun des connaissances qui de son côté pointe de nouveau (timidement) son nez dans les colloques, séminaires et autres réunions académiques.
Le terme d’apprenant fut souvent fustigé par une mouvance promouvant l’enseignement « transmissif » et l’élitisme républicain et venant s’opposer au « constructivisme » réduit dans le discours au terme péjoratif de « pédagogisme ».
On aurait tort cependant de rejeter en bloc les préventions de certains. Le risque n’est-il pas de diluer le savoir et de renoncer à son énonciation ?
Oui, mais, nous savons aussi qu’il faut aider et décrypter, tenir compte de la relation de l’apprenant au savoir, de ce qu’il est, de ce qu’il sait, de ce qu’il croit savoir… à la condition de ne pas céder à la démagogie, ou de ne pas proposer de petites connaissances, de baisser les exigences…
Une voie moyenne et raisonnable qui ne délaisse pas l’ambition d’humanités solides est-elle possible ?
Nous en aurons la certitude lorsque la philosophie et les langues anciennes bénéficieront d’un même plan d’aide et de promotion que les technologies numériques…
D’aucuns y verront non sans raison, une forme de paradoxe.
A la clarté de cette définition d’apprenant qui ne réduit pas l’apprentissage à une période initiale, une période limitée l’école ou à la scolarité obligatoire et à l’inscription résolue dans « l’apprentissage tout au long de la vie », on pourrait opposer le risque de voir l’apprenant masquer l’élève.
L’apprenant est reconnu dans ses compétences , ses connaissances et capacités au fil des acquisitions (avec une inscription dans la durée), l’élève s’élève et se voit évalué… avec souvent encore un regard trop sommatif et sélectif alors qu’il s’agirait de savoir « donner de la valeur à… » promouvoir l’estime de soi…
Mais il faudrait aussi que le savoir qui émancipe donne réellement du pouvoir, non sur les autres, mais ce pouvoir de gagner en liberté et de choisir sa vie. Aujourd’hui plus que jamais, une aristocratie de l’argent creuse l’écart et impose sa vision et ses choix en orchestrant à son service la société médiatique.
C’est la mode et l’argent que l’on promeut, pas la promotion par la connaissance, pas le savoir mais tout au plus le spectacle du savoir.
Débat sans fin qu’il faut dépasser … mais l’entrée d’un lexique dans la terminologie reconnue par l’institution n’est certainement pas anodine…
A remarquer encore l’entrée des termes suivants qui s’articulent d’ailleurs volontiers avec le premier :
apprentissage par la pratique
banque de connaissances
décrochage, n.m.
doctorant, -e, n.
formation par la pratique
harmonisation des cursus
postuler, v.
présence ( en), loc.adj.
promouvable, adj.

Le CNDP lance l’école numérique qui conjugue une revue papier et un site.

D’une vision disciplinaire des TIC, à l’utilisation de l’outil informatique comme plus value au service des apprentissages, nous entrons aujourd’hui dans l’ère de l’école numérique qui s’articule autour de « services » à l’usager qu’il soit élève, parent ou professeur.

Sans entrer dans les détails techniques, nous pouvons dire que passant de la salle informatique, à l’informatique « en fonds de classe », nous voici maintenant à l’ère du  » mini portable » sur le bureau monté en réseau (classe mobile) et associé au TNI.

Nous voici à l’orée de nouveaux usages qui devraient favoriser si besoin la réactivation de la créativité pédagogique, la réflexion sur la relation de l’élève aux savoirs et la construction de parcours personnels d’apprentissages.

Il s’agit pour les enseignants d’aujourd’hui de ne pas regarder le train passer et d’oser s’y engager.

Certes, des enjeux économiques associés doivent nous inciter à garder la tête froide, mais nous pouvons aussi tirer parti de cette « convergence d’intérêts » au moment où il s’agit de se trouver des pistes pour la relance économique.

Nos élèves en difficulté, sont aussi du mauvais côté de la fracture numérique.

Si l’on peut avoir de multiples réserves vis à vis des fichiers et des photocopies avec leur lot de cases à cocher ou de phrases à trous, ce n’est pas seulement parce que trop souvent ils contraignent la pensée par un seul chemin, c’est aussi parce qu’ils ne donnent pas assez de place à l’essai sur le papier, à l’écrit pour penser, réfléchir avant même « d’institutionnaliser » ou d’aboutir à la page parfaite…

Laisser les élèves écrire, c’est les laisser chercher sur la page du cahier de brouillon, c’est accepter que l’on barre, raye, conserve la trace du cheminement intellectuel… C’est aussi se dire que la gomme et le crayon à papier, qui semblent des outils intéressants conservent à l’erreur un statut négatif… Ecrire pour penser c’est accepter que le papier donne à voir du cheminement… et c’est dire qu’il n’y a rien de méprisable au contraire dans les traces laissées par la réflexion, la recherche…

Le droit de se tromper n’est pas un droit gratuit accordé par charité à l’élève avant qu’il ne doive se confronter au risque de l’évaluation sommative, c’est la preuve de l’effort et la reconnaissance d’une intelligence qui ne se trompe pas par hasard… L’erreur commise est bien le signe d’une représentation à un moment donné… A ce moment là, je croyais que… j’avais cette représentation du monde ou du problème, puis confronté à l’obstacle « résistant », j’ai trouvé un chemin de pensée, une porte de sortie…provisoire…

Nous confondons l’erreur et l’échec et le maitre guide souvent trop l’élève comme si se tromper était indigne et devait vite être effacé.

On fait du fichier comme si l’on produisait.

Ecrire c’est oser se risquer sur la page, pour soi, parfois pour d’autres… ce n’est pas si simple et mérite de vrais encouragements, de vrais moments…

http://www.web-libre.org/breves/Paris,10244.html
Le salon éducatice sera à Paris du 18 au 20 novembre.

Des discours s’entendent relativement à l’alourdissement des programmes, des contenus…

Ils peuvent se comprendre dans une certaine mesure. De nouvelles disciplines  ou des piliers du socle ont fait entrer à l’école les langues, l’informatique -qui n’est pas une discipline en tant que telle- , l’histoire de l’art…

Pourtant, force est de constater que souvent les maîtres s’ajoutent encore des contenus. Ceux-ci ne sont pas forcément intégrés dans le parcours d’apprentissage. Ils peuvent quasiment se trouvés « décrochés » des programmes…

On connait encore des projets d’école où l’entrée thématique ou la « production » domine. Ce sont souvent des projets qui fédèrent les classes entre elles, mais qui ne viennent pas forcément répondre à un besoin premier mis en évidence par les résultats des élèves.

Plus loin, parfois juxtaposé sans lien direct au projet d’école, on voit des projets de classes imaginés en toute autonomie par les enseignants. Intérêt personnel de l’enseignant pour un domaine, mais aussi appel et interventions de partenaires divers institutionnels, culturels, associatifs tous pétris d’excellentes intentions et tous porteurs de projets passionnants, riches, motivants…

S’ajoutent encore parfois des propositions apportées par l’actualité … tout est intéressant, encore une fois passionnant, motivant et engageant… mais on est en droit de s’interroger sur le risque pris, l’abondance de biens pouvant éparpiller, disperser et finalement nuire...

Paradoxe d’activités culturelles qui sont bien comprises par les élèves les plus favorisés et qui ne prennent pas toujours sens pour tous tant on survole grand nombre d’implicites… Le bain culturel ne suffit pas à vous apprendre à nager si vous n’avez ni les mots, ni les références…

Les activités d’entrainement, de stabilisation sont réduites… et l’on peut aussi se demander comment de jeunes enfants peuvent « tout faire » et donner du sens à toutes ces propositions parfois juxtaposées dans une course rapide… et le maître d’observer qu’il n’a plus le temps alors de « boucler le programme »…

Il n’est pas question pour autant de refuser « les projets » et encore moins les approches transversales, mais plutôt que d’empiler, il faut se faire une ardente obligation de choisir, d’ intégrer, relier… identifier dans le parcours les compétences servies dans les différents piliers du socle par le dit projet … favoriser les transferts, le recours aux référents… développer une culture commune partagée, approfondie sur certains thèmes mais qui conserve sens, se protège du consumérisme et pour le maître de la « sous-traitance » des apprentissages…

S’il est intéressant que chaque maître défende un projet, il doit être en mesure de le justifier à la fois pour son intérêt propre, dans le parcours des élèves (nécessité d’avoir une vision dans la continuité) mais aussi en fonction des besoins spécifiques des élèves

Pour « ces élèves » qui ont déjà « cette expérience », imaginer un projet qui s’inscrive dans les apprentissages (au service des programmes)  et favorise leur cohérence…

Cela suppose aussi la capacité de résister à une certaine forme de tentation…