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enseigner l’art d’être heureux

Lundi 28 avril 2008

Alain disait : “on devrait bien enseigner aux enfants l’art d’être heureux quand les circonstances sont passables et que toute l’amertume de la vie se réduit à de petits ennuis et à de petits malaises.”
Dans cet art, pourrait-il y avoir des exercices d’admiration de la nature et et des arts ?
Dans cet art, pourrait-il y avoir ce goût pour le savoureux savoir, ces secrets levés ?
Dans cet art, pourrait-il y avoir la complicité qui nait d’un patrimoine partagé ?
Et des mots par dessus tout pour jouer.
La partition n’est pas sans exigence : cet art se cultive comme un jardin.
Mais l’école ne doit pas s’interdire de donner ces vrais bonheurs…
Loin des succédanés des fast-food télévisuels…

ps : Alain dit “passable”. Lorsque la vie est exécrable comme elle peut l’être pour certains, peut-être faut-il d’autres stratégies, mais peut-être l’école se doit alors d’être “sanctuaire”…

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enseigner encore

Dimanche 27 avril 2008

Au fond, je ne crois pas avoir jamais enseigné parce que j’aurais aimé la compagnie des enfants. Non, ce que j’ai aimé c’est l’élève. C’est à dire l’intelligence cachée sous cette enfance. La potentialité. C’est cela qui est épatant.


enseigner

Samedi 26 avril 2008

Dans l’acte d’enseigner, il n’y a pas seulement cette responsabilité de la transmission, il y a ce bonheur de réapprendre à chaque fois, cette passion et même cet émerveillement à voir l’intelligence de l’enfant qui s’allume.

Il faut parfois frotter longtemps les deux silex pour que l’étincelle surgisse. Essayer encore, rassurer, encourager, admirer.
Au fond je crois que c’est là le vrai bonheur, lorsque le maître peut admirer l’intelligence de l’élève et qu’il accepte de le voir s’envoler plus haut.
Combien de maîtres acceptent-ils vraiment d’être dépassés par leurs élèves ? Combien le souhaitent ?

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espérance

Jeudi 3 avril 2008

Edgar Morin : « On peut dire que l’espérance peut croître avec la désespérance, c’est-à-dire que plus nous sommes incapables de traiter nos problèmes vitaux, plus nous approchons d’une catastrophe, plus nous approchons d’une possible métamorphose. »


Le Monde 2, 4 janvier 2005.


autorité

Samedi 29 mars 2008

On conduit les enfants par la raison de l’autorité et les hommes par l’autorité de la raison : c’est au fond, la même chose, car la raison est la première autorité, et l’autorité la dernière raison.
Louis de Bonald

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émancipation

Mardi 18 mars 2008

“Les lois et les morales sont essentiellement éducatrices, et par cela même provisoire. Toute éducation bien entendue tend à pouvoir se passer d’elles. Toute éducation tend à se nier d’elle-même. Les lois et les morales sont pour l’état d’enfance : l’éducation est une émancipation. Une cité, un État parfaitement sage vivrait, jugerait sans lois, les normes étant dans l’esprit de son aréopage. L’homme sage vit sans morale, selon sa sagesse. Nous devons essayer d’arriver à l’immoralité supérieure.”
André Gide dans ” Journal 1889-1939″


intelligence

Mercredi 12 mars 2008

Si le savoir savoureux doit être ce premier bonheur que le maître ose transmettre, la première estime de soi qu’il saura diffuser chez son élève, viendra de sa capacité d’allumer le feu vivant de l’intelligence.
Et ce joli feu de l’intelligence enfantine, un bon maître c’est aussi celui qui accepte de l’admirer, qui s’enthousiasme avec sincérité de ces vraies conquêtes qui n’ont rien de banal ou d’anodin.
J’apprends de ta façon d’apprendre, j’apprends avec toi de tes cheminements et de tes essais. Je comprends mieux ou je questionne mieux ce que je croyais savoir.

Un bon maître ose cette jubilation d’une intelligence qui s’émancipe, d’un enfant qui s’élève.
Un bon maître allume des feux, il ne remplit pas une jarre.