Tous les billets de la catégorie ‘pistes et innovations’

Qui a parlé ?

Lundi 21 janvier 2008

Il peut être intéressant d’avoir un petit carnet près de soi et d’y noter ou cocher sur une liste déjà écrite, le nom des élèves qui auront parlé lors d’une demi journée de classe.

Ce simple relevé est parlant en lui même et peut-être réitéré un autre moment de la semaine…

On peut aussi se demander parmi les élèves qui parlent, “qui a été interrogé par le maître ?”, “qui a parlé de lui même ? “

Ces petits outils d’observation que le maître peut se donner de temps à autre sont beaucoup plus révélateurs qu’on ne pense et réservent des surprises…


1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (Aucun vote pour le moment)

Loading ... Chargement ...

une fois les élèves partis…

Samedi 19 janvier 2008

Une fois les élèves sortis de la salle un soir, prendre le temps de s’installer à la place de l’un d’entre eux puis regarder sa classe.

Tenter d’avoir l’oeil extérieur : observer les murs, ce qu’ils donnent à voir et pour qui… observer les bureaux des élèves, ce que disent les casiers et pourquoi … Les tables et leur placement les unes par rapport aux autres, les voies de circulation dans la classe, le tableau…

Promener tranquillement son oeil encore du côté de la bibliothèque de classe, des espaces dévolus aux fichiers, aux rangements….

Tous ces messages, témoins de l’activité de la classe… adressés aux visiteurs, mais à la classe elle même qui peut y trouver des repères, des aides, des symboles fonctionnant aussi bien en structuration positive qu’en implicites ambigus…

Et regarder son bureau, ses écrits… tout ce qu’ils disent et qui peut être parfois le contraire de ce qu’exige le maître dans la journée.

Regarder sa classe. Prendre le temps, sereinement, repérer, noter… Ce qui dit chaque place de l’élève “qui l’habite”.

Ecouter sa classe et regarder la place dévolue à chacun. S’asseoir ici. Regarder encore. Et de là bas ? quelle impression ? quel point de vue peut-il avoir de ses camarades, du tableau et du maître ?

Et le maître ? Quels sont ses cheminements quotidiens dans la classe ? Où va-t-il et surtout quels espaces ne visite-t-il que rarement comme si existaient des frontières dans sa propre classe ?

Et que disent ces cartons sur le haut de l’armoire ? Ces sacs, ces objets construits un jour, quand, par qui ?

Regarder sa classe avec un oeil le plus extérieur possible, avec un oeil enfantin, avec un oeil professionnel, avec un oeil de parent d’élève, avec un oeil de directeur ou d’inspecteur et noter tous ces messages envoyés à chacun.

Sortir, puis revenir… Regarder sa classe avec un oeil amical, empathie, affection… puis un oeil sévère…  Se situer en exigence lucide et généreuse mais en exigence.

Prendre ces minutes pour visiter les signes extérieurs de sa pédagogie.

Sur la feuille, noter.

Très vite se manifesteront de sympathiques urgences facilement mises en oeuvre, d’utiles  leviers d’action…

Et les élèves verront ces changements et le travail du maître après la classe, agissant sur leur environnement cognitif, culturel et éducatif.

Tags : , , , ,

1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (Aucun vote pour le moment)

Loading ... Chargement ...

les écarts d’objectifs

Jeudi 17 janvier 2008

Il faudrait aux maîtres un appareil spécial qui leur permettrait lors d’une séance en classe, de mesurer les écarts d’objectifs entre ceux du maître et ceux de l’élève. Cet appareil s’appelle souvent “la reformulation” ou “la métacognition”.
Il faudrait encore que l’appareil mesure les écarts entre les objectifs du maître et ceux induits par la situation ou l’exercice proposé.

Ces écarts viennent souvent du brouillage provoqué par l’exécution de de tâches connexes (colorier, découper, coller) qui deviennent envahissantes et nuisent à la centration sur l’essentiel. Ou encore d’un exercice mal questionné par le maître et qui vient comme en illustration du thème, occuper l’espace d’un fichier, sans répondre vraiment à l’objectif.

Et d’ailleurs j’ai dit objectif plutôt qu’objectifs : car la fiche de préparation qui multiplie les objectifs finit aussi par brouiller.

Il faut que le maître s’assure lui même de son objectif premier, celui qu’il entend développer et pour lequel il se battra tout au long de la séance même si bien entendu “tout en faisant faire ça”, il travaillera aussi “ça” ou aura besoin de….

En secouant fermement l’arbre des exercices et des “activités” données aux élèves chaque jour, nous verrions que tomberaient comme autant de feuilles mortes, ces pages passées à servir un “autre chose”, à “exécuter sans penser”…

Il faudra aussi, mais c’est un autre sujet, interroger toutes ces tâches déjà élucidées avant d’être mises en oeuvre, cet étayage surabondant qui dénature la situation problème et s’en tient à des problèmes de mise en scène, ou de mise en page… qui n’aident plus à apprendre ou à conforter l’objectif à servir…

Tags : , , , ,

1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (Aucun vote pour le moment)

Loading ... Chargement ...

le bavardage

Lundi 14 janvier 2008

Le toujours très bon Café pédagogique nous donne ce matin une étude venant du Québec et qui a pour intérêt de nous mener vers une approche “participative” de la gestion de la classe. Prepaclasse a depuis quelques temps mis en ligne une fiche sur la question du bavardage en classe...

Nous voici avec cette injonction paradoxale aux codes bien étranges : nous voulons à la fois que nos élèves se taisent et nous voulons qu’ils parlent.
Mais comment pour un jeune enfant percevoir ce moment où il doit parler et surtout ce dont il doit parler et à qui ?

Là on lui dit de ne pas parler à ses camarades, plus tard de parler assez fort pour que tout le monde l’entende, avant de lui demander peut-être quelques minutes après de chuchoter ou de travailler dans le silence absolu…

Sans compter le risque d’exposer sa parole et d’être repris avec plus ou moins de délicatesse…

Dans les groupes d’adultes, par exemple lors de formation de maîtres, on voit combien le formateur peut dans un même mouvement s’inquiéter des murmures qui parcourent la salle (parlent-ils d’autre chose ? du sujet ? de moi ?) ou lors des temps d’échanges imposés est en attente de réactions (”la première question est la plus difficile, passons directement à la deuxième”, s’ils ne réagissent pas c’est qu’ils sont opposants, pas intéressés…).

Pour revenir à la classe, il faudra que les maîtres apprennent à ne pas faire du bavardage une affaire personnelle, une source de conflits, mais renversent à leur tour les choses et se posent la question de la communication dans la classe et des objets de cette communication.

Sans moraline, il faut traiter cette question du bavardage en classe comme un problème normal de communication et non comme une affaire de faute personnelle, puis trouver des stratégies pour se donner des objets de parole qui centrent sur les objets d’apprentissages et nous donnent non pas une parole verbeuse qui flatte le maître, mais une parole pour penser librement ensemble.

Les espaces de parole en classe, sont les premiers espaces de cette “démocratie cognitive“chère à E. Morin .


1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (Aucun vote pour le moment)

Loading ... Chargement ...

de la parole pour penser…

Mercredi 9 janvier 2008

Les maîtres parlent beaucoup dans la classe, pour expliquer et rassurer pensent-ils… ce qui peut faire problème, nous l’avons déjà évoqué .

Lorsque la parole est laissée à l’élève, parfois seulement concédée, c’est pour dire quoi ?

Est-il certain que nous écoutions vraiment les élèves ?

Pour les écouter, il faut peut-être les solliciter sur de bons sujets : que faire du récit interminable de la promenade dominicale au zoo ?

Le maître y apprend parfois des choses sur la vie quotidienne de ses élèves mais…

La question posée en classe, qui appelle “la bonne réponse”, ou cette quête de l’élève qui a compris “où le maître voulait en venir” et permet donc à ce dernier d’entretenir l’illusion que le consensus est là, qu’il est possible de passer à l’étape suivante… cela ne suffit pas .

Quand le maître écoute-t-il vraiment ce que l’élève peut avoir dire d’un problème, d’une question relative à une notion, une norme ?

Cela passe par le choix de ne pas considérer qu’il y a faute en classe, ni même “erreur” mais “essai”. Il faut “faire parler” l’essai de l’élève le plus incongru pour découvrir avec lui la logique de son raisonnement…

Il faut accorder ce crédit à l’élève et l’inclure dans une démarche d’intelligence où la parole en classe ne vient pas seulement raconter ce qu’on a fait ou ce qu’on fera, mais explique le “comment de ce que l’on est en train de faire ” (lever l’implicite), il faut montrer que la parole est en classe un outil de la pensée individuelle et collective…

En classe, il faut savoir “réfléchir à haute voix”… Y compris le maître lorsqu’il écrit au tableau et vérifie… mais le plus souvent possible avec tous ses élèves…

La parole est faite pour convoquer l’intelligence sur le devant de la scène scolaire et la mettre en partage.

Tags : , , , , , ,

1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (Aucun vote pour le moment)

Loading ... Chargement ...