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transmission active

Mardi 13 mai 2008

En lisant certains débats, force est de constater que perdure l’idée d’un modèle de transmission des connaissances où l’élève serait passif.

Or, où bien l’élève comprend, apprend et retient, ou bien cela ne passe pas et ne reste guère…

Ainsi, si “ça passe”, peut-on penser que l’élève serait resté passif ?

Alors ce serait un apprentissage à l’insu de sa conscience ?

Il y a des tas de choses que j’ai apprises parce qu’on me les a dites un jour. Parce que j’ai fait confiance un temps à mes maîtres. Ensuite ils ont eu l’audace  de m’inviter à l’esprit critique.

Il est aussi nombre de concepts et de résolution de problèmes que j’ai pu comprendre en manipulant, essayant, comparant… et j’ai souvent appris et mieux compris lorsque j’étais en situation réelle, devant construire un projet, trouver des solutions collectives, confronter des raisonnements…

Bien des méthodes actives ne consistent qu’à solliciter l’élève sur ce qu’il a appris au dehors, creusant par là l’inégalité entre “celui qui a pu apprendre au dehors” et en témoigner et “celui qui n’a pas eu de chance”.

Il ne suffit pas d’apprendre par coeur une règle pour la mettre en application. Réciter n’est pas comprendre.

Mais se constituer un solide patrimoine de référence, disposer d’une mémoire solide, “ça aide”.

Ne devrions-nous pas nous pencher sur ce que nous avons à enseigner et faire comprendre, en analyser les obstacles, les enjeux et rechercher les meilleures situations adaptées à l’apprentissage ?

Ne confondons pas la forme et le fond. Ne nous leurrons pas sur ce que nous enseignons et sur ce que nous voulons enseigner.

Les élèves ont besoin de contenus et de méthodes où ils puissent expérimenter divers chemins, changer de point de vue.

Mais ils ont besoin de clarté.

Nombre de séances proposées présentent un appareil pédagogique souvent très élaboré mais qui éloigne de l’objectif.

Ailleurs, d’autres séances, fondées sur la transmission verticale d’une règle, ont pour handicap de ne pas toujours être claires avec la vérité scientifique, d’affirmer sans permettre de vérifier, d’induire des généralisations abusives et de leurrer…

La vraie question est dans l’objet à enseigner, dans la relation au savoir.

A nous de dépasser parfois une vision de modèles que nous utilisons en repoussoir pour ne peut-être plus assez interroger nos pratiques.

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prélude n°1 en Do majeur Bwv 870

Samedi 10 mai 2008

Il fut un temps, peut-être inspirés d’un esprit qui soufflait avec feu “la pédagogie d’éveil”, où des maîtres faisaient écrire ou dessiner en musique.

La pratique laissait perplexe tant le hasard guidait les choix. La dispersion de la pensée ou la didacture de la musique pouvaient interroger sur son intérêt .

Notre Monde est trop accompagné d’un fond sonore inintelligible. Tout s’y confond dans un égalitarisme de bazar où l’on ne distingue plus la musique publicitaire, la guimauve standardisée et un extrait du “Clavier bien tempéré”…

La musique est revenue alors sagement dans sa discipline et les auditions sont parfois des pensums où “il faut se taire” pendant que le cédérom défile… Et les écarts culturels se creusent entre un “happy few” de plus en plus restreint et les autres qui voudraient bien aller ailleurs qu’au fast-food culturel s’ils savaient, s’ils osaient…

La musique vivante se fait rare, l’histoire de la musique portion congrue.

L’école maternelle ose parfois avec bonheur donner aux oreilles “fraîches” de la musique choisie. Je n’ai pas dit “classique” ce serait réducteur. Mais construite, avec un sens, une recherche dans ses rythmes et motifs qui touche le coeur, les sens et l’intelligence.
Mais contrairement aux apparences la musique n’est pas faite pour distraire et frapper dans ses mains, pas plus que le roman n’est là pour délasser.
L’oeuvre d’art est là pour nommer en nous ce que nous n’avions pas su dire, pas su nommer , subversive, elle prend le pari de nous élever toujours.
Le reste est flatterie, dispersion, futilité et n’a son utilité que pour nous aider à comparer pourvu que nous ne nous laissions pas piéger.

C’est si facile d’aller à la restauration rapide.

Pour avoir beaucoup écrit ces temps-ci, j’observe que la musique de Jean Sébastien Bach, le piano de Zhu Xiao-Mei par exemple, me permet à la fois de créer la bulle nécessaire à la mise en place de la pensée puis aide à dérouler le fil.

Les plans naissent avec aisance. La page se dessine, s’organise, se structure.

Leurre d’une relation individuelle à la musique, je n’en tirerais aucune généralisation… Il n’empêche qu’il y a peut-être une réflexion à mener dans ce que la musique sait construire comme relation au temps et à l’espace, sait nous replacer dans notre individualité.

La musique peut-elle aider à penser ?

Les notes bien détachées de Jean Sébastien, différenciation, éléments isolés, particules qui soudain reliées prennent un sens lumineux. Quelque chose d’appliqué, qui trace son chemin tout en s’autorisant des motifs. Différencier, relier, transmettre, resserer sur l’essentiel.

Quel autre but que celui du maître ?

Austère ? Ici pas de superflu. La musique de Bach m’aide à élaguer les longues phrases. Et si je dois me relire toujours j’ai un fil solide qui ne ressemble jamais au plan en trois parties…

Hélène Martin avait repéré des pages je crois chez Giono, écrites au rythme de Bach. Qui se souvient de Gould se parlant-chantant en le jouant, pressent que de la musique vient un chant, une parole, une pensée… miracle du génie du musicien qui nous unit, nous parle et nous montre à notre tour comment “faire de la pensée”…

Faut-il encore accepter cette transformation intime, ce pari…

Mais avons-nous réfléchi à ce que nous attendons d’un enseignement de la Musique et d ece que nous pourrions faire de la musique pour aider aux apprentissages ?

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les moteurs de recherche

Lundi 5 mai 2008

Dominique Maniez enseignant à l’Ecole nationale supérieure des sciences de l’information et des bibliothèques de Villeurbanne publie “Les dix plaies d’Internet : les dangers d’un outil fabuleux” ( Dunod) où il dénonce par exemple “la face sombre de Google”.

Il est utile et lucide d’être prudent : les procédés qui permettent de placer certains sites en avant lors d’une recherche relèvent souvent de techniques savamment calculées et la pertinence de l’information ne tient pas toujours à sa place dans les “dix premiers”.

Nonobstant, nous avons avec la logique des moteurs de recherche, une autre façon “de penser”fondée non sur la classification cartésienne, mais sur l’indexation, la quantité de liens qui existe entre une page et d’autres, la fréquentation de cette page par les visiteurs qui en accroit la notoriété.

Plus nous cliquons sur une page, plus nous la rendons visible aux autres.

Sur Internet, chaque “geste” compte (écrire, une page, cliquer sur, commenter) et interagit avec les autres. C’est aussi cela qui fait du net ce que Joel de Rosnay décrit dans son ouvrage “La révolte du Pronetariat” comme une sorte d’hyper cerveau toujours en extension / interaction.

Cela pourrait sembler anodin, mais nous avons une nouvelle façon de penser le Monde où peuvent se retrouver ceux qui avaient en leur temps lu ce qui portait sur l’analyse systémique ou les visions d’Edgar Morin.

Cette prospective là, à peine explorée aujourd’hui, n’en est qu’à ses balbutiements. L’école n’y restera pas étrangère pourvu que les maîtres interrogent un peu plus la portée de l’hyperlien, de l’hypertexte, de la proximité sémantique, des différentes façons de questionner le Monde pour trouver au plus juste, en sachant ensuite construire une exigeante vision critique.

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hommage

Samedi 3 mai 2008

“Vu à la télévision” comme ils disent : un morceau de reportage. Un centre fermé pour adolescentes en rupture ayant commis quelques bêtises. Filles de la violence. Ruptures. Chemins difficiles. Destins pour lesquels on serait tenté d’abandonner. Mais là bas… une enseignante qui enseigne avec patience et conforte l’estime de soi, dit à l’élève incrédule les qualités qu’elle lui reconnait malgré les doutes de celle-ci. Educabilité en action. Plus loin, une éducatrice qui sait écouter la douleur d’une gamine en manque de chez elle. Il faut tenir jusqu’au 14 juillet. Promesse de la conduire là bas ce jour là . Volonté de changement. Courage du projet. Engagement de ces femmes. Juste l’envie de les remercier et leur tirer mon chapeau !

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enseigner l’art d’être heureux

Lundi 28 avril 2008

Alain disait : “on devrait bien enseigner aux enfants l’art d’être heureux quand les circonstances sont passables et que toute l’amertume de la vie se réduit à de petits ennuis et à de petits malaises.”
Dans cet art, pourrait-il y avoir des exercices d’admiration de la nature et et des arts ?
Dans cet art, pourrait-il y avoir ce goût pour le savoureux savoir, ces secrets levés ?
Dans cet art, pourrait-il y avoir la complicité qui nait d’un patrimoine partagé ?
Et des mots par dessus tout pour jouer.
La partition n’est pas sans exigence : cet art se cultive comme un jardin.
Mais l’école ne doit pas s’interdire de donner ces vrais bonheurs…
Loin des succédanés des fast-food télévisuels…

ps : Alain dit “passable”. Lorsque la vie est exécrable comme elle peut l’être pour certains, peut-être faut-il d’autres stratégies, mais peut-être l’école se doit alors d’être “sanctuaire”…

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le bon lecteur

Vendredi 18 avril 2008

Le véritable bon lecteur n’est pas celui qui prend plaisir à lire mais celui qui ne peut plus s’en empêcher.
Ce besoin de lire qui fait attraper tous les mots qui passent sur les murs, sur la moindre feuille de chou, la revue, le roman, la lettre. Cette insatiable addiction.
Et puis le bon lecteur, c’est celui qui sait rester seul ou s’isoler un peu du Monde. Alors l’école, c’est ce lieu où l’on doit apprendre ensemble à s’isoler. On communiquera, mais on apprendra à se taire. On parlera de ses lectures ensuite, mais avec l’intime liberté de conserver pour soi le sel secret de sa lecture.
Le vrai but du lecteur c’est d’alimenter son addiction, d’aller chercher secrètement le texte subversif et d’en tirer son émancipation. C’est après qu’il rejoindra les autres, peut-être en leur parlant, peut-être en écrivant pour eux ou tout simplement rassuré de pouvoir devenir une femme, un homme, un “sapiens”.

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salut au poète

Jeudi 17 avril 2008

Son père était instituteur, sa mère couturière
La cascade de sa révolte, c’était ses mots qui claquaient sous la langue
Fouets de salive salvateurs…
Il était l’émancipé lucide, négrillon aux mots agiles
Ne pas l’oublier, le lire, même aux enfants
Aimé Césaire se lit à haute voix, debout, devant !
Salut !

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