l'atelier pédagogique

l'enseignement à l'école primaire dans ses évolutions

Didacticien des sciences, pédagogue à la générosité lucide, Jean-Pierre Astolfi est décédé fin décembre.

Je ne peux que vous inviter à un retour utile vers ses publications qui ont marqué l’enseignement. Ces dernières années, il intervenait en particulier dans la formation des inspecteurs de l’éducation nationale.

Quelques liens :

http://www.touteduc.fr/index.php?sv=34&aid=1245

http://cahiers-pedagogiques.com/spip.php?article6582

http://www.esen.education.fr/fr/ressources-par-type/conferences-en-ligne/detail-d-une-conference/?idRessource=818&cHash=58f44a6cc9

Si j’en crois le compteur de visites , le site a passé le cap des 100 000 visiteurs ces jours derniers…

Merci à toutes et tous.

L’occasion de vous présenter mes meilleurs voeux pour 2010 !

Dans le fil d’un post commis par ailleurs , il me semble urgent d’intégrer à l’école une approche conjuguant sans les exclure l’une de l’autre, la construction de bases solides et fortes (c’est à dire de connaissances assises donnant une véritable autonomie en matière de littératie et de numératie) , une culture solide permettant à l’apprenant d’identifier les implicites et les liens culturels et l’utilisation raisonnée et rationnelle du numérique, non pas dans une seule approche méthodologique, mais bien dans la construction de compétences croisant des connaissances, des attitudes ( dont le sens de l’éthique) et des capacités (techniques et méthodologiques)…

Les technologies numériques prennent ainsi plein sens si elles s’inscrivent dans l’idée du socle commun.

Il ne s’agit plus seulement avec le numérique, d’un outil « en plus », mais d’une approche intégrée, pour des élèves qui bientôt auront connu le numérique et les technologies liées depuis leur naissance.

Aussi surprenant que cela puisse paraitre – on croyait le terme familier déjà reconnu- , le mot souvent fustigé d’apprenant vient seulement  d’être validé par la commission générale de terminologie et de néologie qui reconnait et désigne donc ce terme avec toute une série d’autres… c’est au BO…

Ainsi la définition donnée est :

apprenant, -e, n. (langage professionnel)
Domaine : Éducation-Formation.
Définition : Toute personne, de l’enfant à l’adulte, engagée dans un processus d’acquisition de connaissances et de compétences.
Équivalent étranger : learner.
Cette définition à l’école nous rapproche du socle commun des connaissances qui de son côté pointe de nouveau (timidement) son nez dans les colloques, séminaires et autres réunions académiques.
Le terme d’apprenant fut souvent fustigé par une mouvance promouvant l’enseignement « transmissif » et l’élitisme républicain et venant s’opposer au « constructivisme » réduit dans le discours au terme péjoratif de « pédagogisme ».
On aurait tort cependant de rejeter en bloc les préventions de certains. Le risque n’est-il pas de diluer le savoir et de renoncer à son énonciation ?
Oui, mais, nous savons aussi qu’il faut aider et décrypter, tenir compte de la relation de l’apprenant au savoir, de ce qu’il est, de ce qu’il sait, de ce qu’il croit savoir… à la condition de ne pas céder à la démagogie, ou de ne pas proposer de petites connaissances, de baisser les exigences…
Une voie moyenne et raisonnable qui ne délaisse pas l’ambition d’humanités solides est-elle possible ?
Nous en aurons la certitude lorsque la philosophie et les langues anciennes bénéficieront d’un même plan d’aide et de promotion que les technologies numériques…
D’aucuns y verront non sans raison, une forme de paradoxe.
A la clarté de cette définition d’apprenant qui ne réduit pas l’apprentissage à une période initiale, une période limitée l’école ou à la scolarité obligatoire et à l’inscription résolue dans « l’apprentissage tout au long de la vie », on pourrait opposer le risque de voir l’apprenant masquer l’élève.
L’apprenant est reconnu dans ses compétences , ses connaissances et capacités au fil des acquisitions (avec une inscription dans la durée), l’élève s’élève et se voit évalué… avec souvent encore un regard trop sommatif et sélectif alors qu’il s’agirait de savoir « donner de la valeur à… » promouvoir l’estime de soi…
Mais il faudrait aussi que le savoir qui émancipe donne réellement du pouvoir, non sur les autres, mais ce pouvoir de gagner en liberté et de choisir sa vie. Aujourd’hui plus que jamais, une aristocratie de l’argent creuse l’écart et impose sa vision et ses choix en orchestrant à son service la société médiatique.
C’est la mode et l’argent que l’on promeut, pas la promotion par la connaissance, pas le savoir mais tout au plus le spectacle du savoir.
Débat sans fin qu’il faut dépasser … mais l’entrée d’un lexique dans la terminologie reconnue par l’institution n’est certainement pas anodine…
A remarquer encore l’entrée des termes suivants qui s’articulent d’ailleurs volontiers avec le premier :
apprentissage par la pratique
banque de connaissances
décrochage, n.m.
doctorant, -e, n.
formation par la pratique
harmonisation des cursus
postuler, v.
présence ( en), loc.adj.
promouvable, adj.

Gadget ou autre façon de penser ?

Un article sur explogramme.fr