l'atelier pédagogique

l'enseignement à l'école primaire dans ses évolutions

Dans le fil d’un post commis par ailleurs , il me semble urgent d’intégrer à l’école une approche conjuguant sans les exclure l’une de l’autre, la construction de bases solides et fortes (c’est à dire de connaissances assises donnant une véritable autonomie en matière de littératie et de numératie) , une culture solide permettant à l’apprenant d’identifier les implicites et les liens culturels et l’utilisation raisonnée et rationnelle du numérique, non pas dans une seule approche méthodologique, mais bien dans la construction de compétences croisant des connaissances, des attitudes ( dont le sens de l’éthique) et des capacités (techniques et méthodologiques)…

Les technologies numériques prennent ainsi plein sens si elles s’inscrivent dans l’idée du socle commun.

Il ne s’agit plus seulement avec le numérique, d’un outil « en plus », mais d’une approche intégrée, pour des élèves qui bientôt auront connu le numérique et les technologies liées depuis leur naissance.

Aussi surprenant que cela puisse paraitre – on croyait le terme familier déjà reconnu- , le mot souvent fustigé d’apprenant vient seulement  d’être validé par la commission générale de terminologie et de néologie qui reconnait et désigne donc ce terme avec toute une série d’autres… c’est au BO…

Ainsi la définition donnée est :

apprenant, -e, n. (langage professionnel)
Domaine : Éducation-Formation.
Définition : Toute personne, de l’enfant à l’adulte, engagée dans un processus d’acquisition de connaissances et de compétences.
Équivalent étranger : learner.
Cette définition à l’école nous rapproche du socle commun des connaissances qui de son côté pointe de nouveau (timidement) son nez dans les colloques, séminaires et autres réunions académiques.
Le terme d’apprenant fut souvent fustigé par une mouvance promouvant l’enseignement « transmissif » et l’élitisme républicain et venant s’opposer au « constructivisme » réduit dans le discours au terme péjoratif de « pédagogisme ».
On aurait tort cependant de rejeter en bloc les préventions de certains. Le risque n’est-il pas de diluer le savoir et de renoncer à son énonciation ?
Oui, mais, nous savons aussi qu’il faut aider et décrypter, tenir compte de la relation de l’apprenant au savoir, de ce qu’il est, de ce qu’il sait, de ce qu’il croit savoir… à la condition de ne pas céder à la démagogie, ou de ne pas proposer de petites connaissances, de baisser les exigences…
Une voie moyenne et raisonnable qui ne délaisse pas l’ambition d’humanités solides est-elle possible ?
Nous en aurons la certitude lorsque la philosophie et les langues anciennes bénéficieront d’un même plan d’aide et de promotion que les technologies numériques…
D’aucuns y verront non sans raison, une forme de paradoxe.
A la clarté de cette définition d’apprenant qui ne réduit pas l’apprentissage à une période initiale, une période limitée l’école ou à la scolarité obligatoire et à l’inscription résolue dans « l’apprentissage tout au long de la vie », on pourrait opposer le risque de voir l’apprenant masquer l’élève.
L’apprenant est reconnu dans ses compétences , ses connaissances et capacités au fil des acquisitions (avec une inscription dans la durée), l’élève s’élève et se voit évalué… avec souvent encore un regard trop sommatif et sélectif alors qu’il s’agirait de savoir « donner de la valeur à… » promouvoir l’estime de soi…
Mais il faudrait aussi que le savoir qui émancipe donne réellement du pouvoir, non sur les autres, mais ce pouvoir de gagner en liberté et de choisir sa vie. Aujourd’hui plus que jamais, une aristocratie de l’argent creuse l’écart et impose sa vision et ses choix en orchestrant à son service la société médiatique.
C’est la mode et l’argent que l’on promeut, pas la promotion par la connaissance, pas le savoir mais tout au plus le spectacle du savoir.
Débat sans fin qu’il faut dépasser … mais l’entrée d’un lexique dans la terminologie reconnue par l’institution n’est certainement pas anodine…
A remarquer encore l’entrée des termes suivants qui s’articulent d’ailleurs volontiers avec le premier :
apprentissage par la pratique
banque de connaissances
décrochage, n.m.
doctorant, -e, n.
formation par la pratique
harmonisation des cursus
postuler, v.
présence ( en), loc.adj.
promouvable, adj.

Le CNDP lance l’école numérique qui conjugue une revue papier et un site.

D’une vision disciplinaire des TIC, à l’utilisation de l’outil informatique comme plus value au service des apprentissages, nous entrons aujourd’hui dans l’ère de l’école numérique qui s’articule autour de « services » à l’usager qu’il soit élève, parent ou professeur.

Sans entrer dans les détails techniques, nous pouvons dire que passant de la salle informatique, à l’informatique « en fonds de classe », nous voici maintenant à l’ère du  » mini portable » sur le bureau monté en réseau (classe mobile) et associé au TNI.

Nous voici à l’orée de nouveaux usages qui devraient favoriser si besoin la réactivation de la créativité pédagogique, la réflexion sur la relation de l’élève aux savoirs et la construction de parcours personnels d’apprentissages.

Il s’agit pour les enseignants d’aujourd’hui de ne pas regarder le train passer et d’oser s’y engager.

Certes, des enjeux économiques associés doivent nous inciter à garder la tête froide, mais nous pouvons aussi tirer parti de cette « convergence d’intérêts » au moment où il s’agit de se trouver des pistes pour la relance économique.

Nos élèves en difficulté, sont aussi du mauvais côté de la fracture numérique.

Si l’on peut avoir de multiples réserves vis à vis des fichiers et des photocopies avec leur lot de cases à cocher ou de phrases à trous, ce n’est pas seulement parce que trop souvent ils contraignent la pensée par un seul chemin, c’est aussi parce qu’ils ne donnent pas assez de place à l’essai sur le papier, à l’écrit pour penser, réfléchir avant même « d’institutionnaliser » ou d’aboutir à la page parfaite…

Laisser les élèves écrire, c’est les laisser chercher sur la page du cahier de brouillon, c’est accepter que l’on barre, raye, conserve la trace du cheminement intellectuel… C’est aussi se dire que la gomme et le crayon à papier, qui semblent des outils intéressants conservent à l’erreur un statut négatif… Ecrire pour penser c’est accepter que le papier donne à voir du cheminement… et c’est dire qu’il n’y a rien de méprisable au contraire dans les traces laissées par la réflexion, la recherche…

Le droit de se tromper n’est pas un droit gratuit accordé par charité à l’élève avant qu’il ne doive se confronter au risque de l’évaluation sommative, c’est la preuve de l’effort et la reconnaissance d’une intelligence qui ne se trompe pas par hasard… L’erreur commise est bien le signe d’une représentation à un moment donné… A ce moment là, je croyais que… j’avais cette représentation du monde ou du problème, puis confronté à l’obstacle « résistant », j’ai trouvé un chemin de pensée, une porte de sortie…provisoire…

Nous confondons l’erreur et l’échec et le maitre guide souvent trop l’élève comme si se tromper était indigne et devait vite être effacé.

On fait du fichier comme si l’on produisait.

Ecrire c’est oser se risquer sur la page, pour soi, parfois pour d’autres… ce n’est pas si simple et mérite de vrais encouragements, de vrais moments…

http://www.web-libre.org/breves/Paris,10244.html

Le salon éducatice sera à Paris du 18 au 20 novembre.