l'atelier pédagogique

l'enseignement à l'école primaire dans ses évolutions

Certains maîtres feindront d’ignorer le fait. La classe sera peut-être énervée, impatiente… D’autres oseront la diversion et feront la promesse « qu’on en parlera ». Quelques uns, prévoyants, contents de l’aubaine,  changeront le programme prévu et auront en ressource pour la classe qui des expériences, qui des documents, des lectures… Ils auront trouvé ce temps fort où leurs élèves pourront questionner, expérimenter, apprendre, écrire, dire… et construire un patrimoine commun.

La revue « Pour la Science », donne un édito qu’elle titre « anticiper un art difficile« . Cette capacité nécessaire à l’élève pour éviter de se fourvoyer, l’est encore plus au maître qui doit sans cesse avancer tout en prenant les précautions utiles, adapter sa pratique en mesurant l’effet de ses actes par le feed-back immédiat que lui donne l’élève qui apprend.

J’anticipe l’erreur qui va être commise et je régule… parfois je gomme l’obstacle et soudain, l’activité perd de son intérêt ou de sa résistance. Le principe de précaution connait ses limites, mais n’en prendre aucune c’est le risque d’embourber l’élève…

Ici encore, le professeur qui pilote son équipage, doit solliciter dans un vrai dialogue pédagogique la parole de ses élèves pour qu’ils disent ce qu’ils font, ce qu’ils en comprennent et quelles stratégies ils mettent en oeuvre. Il faut laisser les élèves dire et ne pas dire à leur place mais élucider et donner du sens aux essais…

Anticiper c’est ajuster, nommer les contraintes. Le maitre comme l’élève travaille sur sa « zone proximale de développement ». Il avance avec son « a priori » qu’il va confronter à la réalité. Pour bien anticiper, il faut savoir interpréter.