écarts

Dimanche 20 avril 2008

Les enseignants disent souvent souffrir d’incompréhension. La Presse, les parents, leur hiérarchie, ne les comprendraient pas et ne parviendraient pas à décrire la réalité de leur quotidien.
Un malaise est né dès lors qu’avec le récent concept d’échec scolaire et la recherche de ses causes, ils se sentent désignés dans  leur responsabilité propre, leurs méthodes.

Dans ce système complexe et hautement interactif d’un Monde à la fois en évolution rapide et super-médiatisé, il est difficile d’avancer si nous ne regardons les faits qu’avec la loupe grossissante. C’est un peu ce que les médias nous proposent.

Regarder le Monde avec une loupe c’est en ignorer le contexte, c’est avoir une vision déformée du problème… mais cela ne veut pas dire que le problème n’existe pas.

Chaque acteur peut-être animé d’intentions : qu’elles soient nobles ou pas, il ne suffit pas de rejeter le point de vue de l’autre…

Si l’autre pense sur ce mode, qu’elle peut en être la cause ? Et que nous donnent à lire nos propres réactions sur notre fonctionnement, notre façon de penser notre rôle et notre action ?

Quelle est la part de “croyances” dans nos réactions ?

Si l’école d’aujourd’hui est mal perçue - et il faudrait relativiser -, qu’a-t-elle donné à voir d’elle même ?
L’école ne doit pas seulement être professionnelle, elle doit être pédagogue sur ses façons de faire, surtout si ces façons de faire innovent avec un passé ou une tradition supposée.

Lorsque l’écart est trop grand ce n’est plus audible : comme en littérature ou en musique, nous voulons en revenir à des formes plus classiques, plus rassurantes, qui semblent “aller de soi“…

L’une des grandes difficultés de l’innovation pédagogique, est de pouvoir mesurer les effets bénéfiques de son action.
L’innovation ne peut fonctionner sans souci précis d’une évaluation au plus près, de pratiques réflexives… Sans compter que la terre ne s’arrête jamais de tourner et que l’innovation d’aujourd’hui doit savoir qu’elle sera obsolète dans cinq minutes, peut-être objet de dérives…

A nous d’être “professionnels”, de faire preuve d’assertivité,

Nous savons aussi que ne pas innover, c’est prendre le risque de ne plus se poser de questions et de laisser par habitude une situation se dégrader.

Nous devons faire, expliquer ce que nous faisons, réajuster en permanence.

L’école doit apprendre à comprendre ce que le Monde dit d’elle, non pas pour se conformer ou céder aux cris mais pour mesurer l’écart entre ce qu’elle fait, ce qu’elle donne à voir et ce que le Monde en dit et intégrer qu’il faut bâtir de la professionnalité “à tous les étages”.

Dans le même temps, l’école doit veiller à une construction apaisée de son évolution : publique, nationale, démocratique, elle doit être loyale avec les choix démocratiques. Ne rien enlever, ne pas rajouter… ou alors, comment mesurer l’impact de ces choix ou comment laisser croire au citoyen que son bulletin est respecté ?

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la qualité du silence

Lundi 31 mars 2008

Vous entrez dans la classe et vous voyez les élèves au travail, dans une qualité de silence presque palpable qui les fédère, les encourage et les engage. Une classe où chacun pense individuellement mais toute ensemble orientée vers un même projet. Le maître ne se croit plus obligé d’étayer ou de commenter, aucun élève ne penserait venir rompre le pacte du silence, tant le bonheur est grand de pouvoir se concentrer et retrouver la pleine ampleur du temps confié à la pensée.

Bien précieux et rare, il peut pourtant se gagner très tôt, dès la maternelle. C’est un fruit unique,, que seule l’école peut donner, un luxe. C’est là que l’école est sanctuaire.

Il faudrait que chaque jour le maître veille à préserver et développer dans le travail intelligent, ce moment où la classe est ensemble en silence. Cette expérience relie le plaisir à l’effort.

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