simple ou difficile
Samedi 7 juin 2008Sommes-nous toujours si assurés de ce qui est simple ou difficile à comprendre pour un enfant ?
Tags : difficultéSommes-nous toujours si assurés de ce qui est simple ou difficile à comprendre pour un enfant ?
Tags : difficultéNous entendons parler des “15%”, ces élèves en échec et nous voyons souvent ce chiffre accablant renvoyé ou instrumentalisé dans des débats divers.
D’élèves ayant des difficultés aux élèves “en difficulté”, nous désignons sous des vocables mal définis ces “élèves à besoins éducatifs particuliers” aux réalités et destins divers.
Sans moraline ni culpabilisation des uns ou des autres, il serait utile aux maîtres que leur formation initiale ou continue leur permette d’approcher par la rencontre in situ ce que sont devenus ces jeunes sortis du système éducatif, afin de mesurer mieux qui ils sont et en quoi leur parcours est difficile.
Outre le fait qu’il faudra bien leur inventer “une deuxième chance”, il est probable que nous ayons beaucoup à apprendre de ce que ces jeunes auraient à nous dire.
Il nous faut sans fatalisme des points de vigilance et rechercher des stratégies concertées d’aide.
Il nous faut bien penser aussi, qu’aider les plus en difficulté, ce sera aider tous les autres “le bon, le moyen, le passable” comme disait le poète.
Sans exclure jamais les démarches fondées sur le questionnement et l’intelligence, sans opposer code et sens, sans simplifier jusqu’à dénaturer mais en posant les jalons, en explicitant, élucidant avec nos élèves, nous devons oser nous centrer sur l’essentiel et désigner nos urgences.
Sans panique, mais avec détermination.
Tags : aide, bep, difficulté, sorties sans qualificationL’enfant qui bute sur la difficulté, cet enfant souvent pudiquement nommé “élève à besoins éducatifs particuliers”, ce n’est pas un enfant “qui ne comprend pas”. C’est un enfant qui “ne comprend pas comme ça”.
Et l’obstacle sur lequel il bute parfois avec violence, c’est souvent l’implicite sur lequel nous sommes passés, mine de rien, nous laissant illusionner par d’autres élèves qui parlent mieux mais n’ont pas forcément “le concept”…
Le rapport au savoir est la vraie question des enseignants aujourd’hui avec en écho celle de l’étayage : il ne faut pas ôter les obstacles, il faut les décrypter, les faire parler, interpréter et donner à l’élève le courage d’essayer, la possibilité de reconnaître dans ce qu’il produit ce qui est première réussite.
Nous avons énormément à apprendre des élèves qui ne comprennent pas comme les autres. Il ne s’agit pas de répéter seulement, il faut expliciter - donner les références culturelles - et mettre en mots -faire du langage -.
L’un de nos enjeux forts à venir sera le traitement de la difficulté. Il ne s’agit pas seulement de faire des petits groupes et de “refaire à l’identique”, il faudra aller regarder ce qui coince, soulever le capot… et même pour le maître le plus expérimenté, se poser humblement la question de ce que cache le plus petit savoir : cette règle que l’on énonce, cette conjugaison que l’on récite, cette opération si simple… que cachent-elles d’enjeux, de problèmes et de questions pour nos élèves qui doivent dans un même mouvement apprendre et comprendre, essayer, reconnaître, refaire, mémoriser, stabiliser, transposer… mais toujours avec l’exigence du droit de comprendre ce que l’on est apprendre… ?
Tags : , difficulté, implicite, obstacle, transposer