l'atelier pédagogique

l'enseignement à l'école primaire dans ses évolutions

Alain disait : « on devrait bien enseigner aux enfants l’art d’être heureux quand les circonstances sont passables et que toute l’amertume de la vie se réduit à de petits ennuis et à de petits malaises. »
Dans cet art, pourrait-il y avoir des exercices d’admiration de la nature et et des arts ?
Dans cet art, pourrait-il y avoir ce goût pour le savoureux savoir, ces secrets levés ?
Dans cet art, pourrait-il y avoir la complicité qui nait d’un patrimoine partagé ?
Et des mots par dessus tout pour jouer.
La partition n’est pas sans exigence : cet art se cultive comme un jardin.
Mais l’école ne doit pas s’interdire de donner ces vrais bonheurs…
Loin des succédanés des fast-food télévisuels…

ps : Alain dit « passable ». Lorsque la vie est exécrable comme elle peut l’être pour certains, peut-être faut-il d’autres stratégies, mais peut-être l’école se doit alors d’être « sanctuaire »…

Dans l’acte d’enseigner, il n’y a pas seulement cette responsabilité de la transmission, il y a ce bonheur de réapprendre à chaque fois, cette passion et même cet émerveillement à voir l’intelligence de l’enfant qui s’allume.

Il faut parfois frotter longtemps les deux silex pour que l’étincelle surgisse. Essayer encore, rassurer, encourager, admirer.
Au fond je crois que c’est là le vrai bonheur, lorsque le maître peut admirer l’intelligence de l’élève et qu’il accepte de le voir s’envoler plus haut.
Combien de maîtres acceptent-ils vraiment d’être dépassés par leurs élèves ? Combien le souhaitent ?

Question piège ou bateau d’une amie sur « ce qu’il me semblait le plus important pour un maître »…

Je n’allais pas lui citer le cahier des charges de la formation des maîtres et les dix compétences… J’ai répondu : « transmettre, différencier, relier ».

Transmettre, parce qu’un enseignant doit oser mettre en partage ses connaissances.

Différencier parce qu’il faut aider l’élève à questionner le monde, classer, trier, identifier, chercher à construire de la pensée rationnelle. Histoire de devenir élève… Différencier parce que chaque élève n’avance pas du même pas vers la connaissance pas plus qu’il n’en a le même regard…

Relier parce que tout interagit et qu’il faut à la fois montrer ce qui relie l’homme et son Monde, les systèmes entre eux, la complexité et parce que le partage d’intelligences reste la chance de l’Humanité. Relier parce que vivre ensemble est difficile mais ce qui nous ressemble en nous doit nous rassembler plus que ce qui nous sépare…

L’école pour goûter à l’Universalité et revendiquer l’éducabilité de tous …

C’est un peu grandiloquent et pourtant c’est aussi là que le socle commun peut se retrouver (transmettre les connaissances, différencier les domaines et construire de la transversalité…) ou la polyvalence du maître capable d’aider l’élève à observer et classer les particularités de la langue comme il l’a fait la veille avec des catégories animales en sciences… ou bien parce qu’il lui permettra de comprendre la langue scolaire au travers des différentes disciplines… Un maître qui doit aimer apprendre autant qu’enseigner et qui doit aussi s’interroger sur le chemin et les obstacles que rencontre l’élève face au savoir…

Comme il doit savoir s’émerveiller de ces intelligences neuves que chaque rentrée scolaire conduit devant lui…

Et vous, qu’auriez-vous dit ?